Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

QUATRIEME INTERNATIONALE

Le XIVe Congrès mondial, un congrès de mutation

Inprecor n° 393, juillet 1995 · p. 36 · 916 mots

IVe Internationale Stalinisme Mexique

Le XIVE Congrès mondial de la Quatrième Internationale s'est tenu du 5 au 10 juin, en présence de près de étaient représentés les organisations et groupes liés à l'Internationale dans les pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Autriche, Belgique, Brésil, Canada/Québec, Danemark, Equateur, Etat espagnol, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hollande, Hong Kong, Inde, Irlande, Italie, Japon, Liban, Luxembourg, Maroc, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pologne, Puerto Rico, Portugal, Sénégal, Sri Lanka, Suède, Suisse, Tunisie, Turquie, Uruguay. Les organisations et groupes d'Algérie, Antilles, Bolivie, Chili, Congo, Etat d'Israël, Jordanie et Maurice, n'ont pu être représentés, faute de visas ou pour des raisons financières dans la plupart des cas.

Plusieurs des organisations et personnes invitées étaient également représentées : le DSP d'Australie, François Houtart du Tricontinental Centre et Lise Thiry pour Gauches Unies de Belgique, le PT du Brésil, Solidarity des Etats-Unis, Zutik d'Euzkadi, Lutte ouvrière de France, le People's Communist Party, le MLCB et Bisig des Philippines, Alexandre Bouzgaline du Parti du Travail de Russie, un membre de la direction du Parti de la Refondation communiste d'Italie, ainsi que Landing Savané qui adressa au Congrès un message chaleureux au nom du PADS du Sénégal. Le Congrès a également reçu plusieurs messages de salutations, dont celui de la branche du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) dans les Territoires occupés.

Quatre grands thèmes étaient à l'ordre du jour de ce Congrès : une discussion générale sur la situation mondiale organisée autour de trois volets — mondialisation et crise du capitalisme, grandes tendances de l'évolution politique à l'échelle mondiale et processus de restauration du capitalisme à l'Est de l'Europe ; bilan et perspectives en Amérique latine, avec une discussion particulière sur l'évolution du régime castriste à -Cuba ; tendances générales de la situation socio-politique en général, et de la gauche en particulier, en Europe occidentale et attitude face à l'Union européenne ; voies et

QUATRIÈME

INTERNATIONALE

150 participant/es. problèmes de la construction des partis révolutionnaires et d'une Internationale dans la nouvelle période politique à l'échelle mondiale.

Des discussions spécifiques et des réunions de travail en commissions ont porté sur l'action féministe, le travail dans la jeunesse, l'écologie, ainsi que les campagnes de solidarité avec la Bosnie et le Chiapas (Mexique) et pour l'annulation de la dette du Tiers monde. Par ailleurs, le Congrès a examiné et tranché une série de problèmes organisationnels relatifs au statut de divers groupes dans différents pays. Il a pris acte de la division des forces de la Quatrième Internationale en Allemagne et au Mexique, tout en cherchant à organiser des rapports de coopération entre les parties concernées.

La mutation

Le thème de la mutation était au centre des travaux de ce Congrès mondial : mutation de la situation mondiale, marquée par-dessus tout par l'effondrement du système des Etats staliniens de l'ex-URSS et de l'Europe de l'Est ; mutations dans la gauche anticapitaliste mondiale ; mutation de la Quatrième Internationale.

La combinaison de l'écroulement du stalinisme ávec l'enlisement du système capitaliste mondial dans la crise — ce qui correspond, dans notre analyse, à la prolongation de l'onde longue récessive, en cours • depuis les années soixante-dix — produisent des effets contradictoires. Si les mythes et illusions quant à la restauration du capitalisme dans les sociétés post-staliniennes n'ont pas tardé à se dissiper devant les affres de l'économie de marché réellement existante, les réactions à la crise socio-économique, en ces temps de perte de crédibilité du projet socialiste, prennent trop souvent la forme de tendances réactionnaires au repli nationaliste, ethnique, racial ou religieux. D'où l'urgence de reconstruire un mouvement mondial de lutte anticapitaliste dans une perspective socialiste, s'articulant sur la recomposition en cours du mouvement ouvrier sous l'effet de la double faillite de la social-démocratie et du stalinisme.

Le désarroi politique dans les rangs de la gauche anticapitaliste, dans le contexte de rapports de force dominés par l'impérialisme mondial, s'est traduit par de nombreuses capitulations politiques, voire même idéologiques. Mais il a également abouti à un dépassement spectaculaire des traditions sectaires léguées par le stalinisme de la gauche anticapitaliste. Ainsi — dans un nombre de pays si important qu'il est légitime d'y voir une tendance générale de la nouvelle période à l'échelle mondiale — se sont mis en place des regroupements des forces déterminées, à la fois, à tirer les leçons de l'abomination historique que fut le stalinisme et à poursuivre, contre vents et marées, le combat contre le capitalisme.

Ces processus prennent diverses formes. Il s'agit, soit de rassemblements larges concernant des forces anticapitalistes dont la majeure partie est issue principalement, mais non exclusivement, de la décomposition du stalinisme ; soit de regroupements plus restreints de tendances issues de mutations au sein de la gauche révolutionnaire. Ils se traduisent, soit par la création de formations politiques organisées sur un mode démocratique pluraliste, respectant la diversité de leurs composantes et leur identités propres, tout en étant fondées sur le principe de l'action unifiée et de la discipline commune ; soit par des coalitions moins structurées, agissant sur le terrain électoral comme sur le terrain des luttes sociales et politiques en général.

Dans tous les pays où l'un de ces cas se présente, les organisations de la Quatrième Internationale sont partie prenante du processus de regroupement, qu'elles considérent comme un moment important de la recomposition de la gauche anticapitaliste mondiale - dans laquelle la Quatrième Internationale est une participante active, apportant les acquis d'une longue tradition de combat contre le capitalisme et le stalinisme. *

Une erreur sur cette page ?