Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TUNISIE

L'échec d'une visite

Inprecor n° 393, juillet 1995 · p. 35 · 360 mots

Maghreb

TUNISIE L'échec d'une visite

Le 8 juin 1995, le Président tunisien Ben Ali était présent en Suisse, à Genève, pour l'inauguration d'une exposition organisée par TOrganisation internationale du travail (OIT).

La presse helvétique — pourtant peut portée à la critique avec les régimes autoritaires n'a pu s'empêcher de faire remarquer que cette visite était peu opportune : «compte tenu des très graves, reproches au régime tunisien et à son président, on se demande pourquoi l'OIT a invité le dirigeant de Tunis à venir inaugurer une exposition» (Nouveau Quotidien, 07/06/1995). L'hebdomadaire le plus lu en Suisse française fit une description sombre du régime tunisien. «Toute opposition, quelle qu'elle soit, est tuée dans l'œuf. Les prisons recèlent de milliers de prisonniers politiques, la torture est généralisée et aurait abouti à plusieurs dizaines de morts. L'économie privée ferait l'objet d'un racket systématique au profit de la famille du chef de l'Etat, plébiscité l'an dernier (99,9 % des voix), après mise à l'écart de tout rival. Le 23 mai dernier, son parti a encore triomphé aux municipales avec 99,86 % des voix. La lutte contre des "complots islamistes" réels ou

Une pétition largement signée lancée par l'Organisation pour la défense des requérants d'asile indiquait : «Encore une fois l'Organisation des nations unies, à travers ses divers organes et institutions, montre sa vocation non pas de promotrice des nations, de toutes les nations, mais celle d'instrument au service d'une minorité d'usurpateurs (Etats ou individus) au détriment des intérêts vitaux des peuples. Aujourd hui c'est au tout de l'organisation international du travail de suivre le sinistre exemple de compromission avec les en nemis des peuples, en acceptant de recevoir avec les honneurs d'un chef d'Etat légitime, le dictateur de Carthage qui a accédé au pouvoir en Tunisie par un coup d'Etat militaire et qui s'y maintient par la terreur et le sang».

Ces quelques informations indiquent que le coup de publicité organisé par Ben Ali avec l'appui de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a échoué. Au contraire, pour la première fois, à une échelle assez large, le vrai caractère du régime de Ben Ali a été mis en lumière devant l'opinion publique en Suisse.M

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