pourles Le 28 novembre 1978, à six heures du matin, 155000 travailleurs de la sidérurgie allemande sont prêts à engager un dur et difficile combat contre les grands barons de l'acier, les Krupp, les Thyssen et Mannesmann... Une revendication est au centre de la lutte : l'introduction progressive des 35 heu-
La direction du plus important syndicat allemand, l'IG Metall, choisit de ne faire entrer effectivement en 37 000 travailleurs de 8 entreprises clés de la Duisbourg, Dortmund, Düsseldorf, Dillenbourg et Brakwede. Ce mouvement ne touche pas seulement la sidérurgie, les secteurs industriels les plus directement et immédiatement dépendants de la livraison d'acier, telle l'automobile. Dans la détermination entreprises qui frappées en priorité par la grève, la direction de l'IG Metall a pris en considération l'incidence d'un arrêt de la production d'acier sur d'autres bran-
Le patronat de combat de la sidérurgie répliqua en décrétant le lock-out de plus de 30 000 travailleurs; puis il utilisa le même procédé envers les grévistes. Ainsi, plus de 70000 travailleurs sont bataille au début du mois
RFA
Les sidérurgistes our lae or harrac oo nicurco de décembre, d'une première négociation le 4 décembre.
UN REGAIN DE
MOBILISATION quelque peu troublée mouvement de grèves mière fois depuis grève grève que branche, à la branche où le codécision mais mage.
seraient s'ajoute, des dockers, des
Berlin.
Elle
1976, le regain d'activité sante d'Europe capitaliste.
tion, l'introduction engagés dans prend valeur d'exemple pour réduction vainement damentaux après l'échec tentative de En 1969, 1971 et 1973, la «paix du travail» avait été nées. Aujourd'hui, pour la pre-
50 ans, direction du syndicat. Elle se développe au sein du bastion de l'IG Metall, dans le Nordrhein-Westphalen. Ce sont les travailleurs et le syndicat de système de (Mitbestimmung) paritaire est le plus développé, qui organisent une lutte contre les licenciements et le chô- travailleurs
La grève des sidérurgistes cette année, à celle - des travailleurs de l'imprimerie, des métallurgistes du Bade-Würtemberg et travailleurs du bâtiment à confirme, après le recul des années 1974 à de la classe ouvrière la plus puis- syndicale
L'objectif de la mobilisade la semaine de 35 heures, les l'ensemble des travailleurs allemands face au front uni opposé par le patronat à toute substantielle de la semaine de travail. Mieux, cette revendication traduit le refus des ouvrers, qui ont attendu laréalisation des promesses faites par la socialdémocratie sur la relance et le plein emploi, d'accepter le chômage comme une fatalité économique. Ceci reflète les rapports de forces sociaux fon-
Centre Capital et Travail dans la période présente. Plus généralement, cette grève est la première de cette ampleur en Europe pour les 35 heures. LES 35 HEURES CONTRE LA CRISE
Pour juger plus précisément de la signification de ce mouvement, il faut tenir compte du type de crise qui frappe la sidérurgie. Dans cette branche, le chômage n'est pas provoqué par les seules fluctuations d'une production liée aux aléas de économique. Une crise structurelle y sévit. Depuis 1961, le nombre de supprimés s'élève à 120000. Cependant, la production par heure par travailleur a doublé ! Ainsi ressort fort bien le but visé par le patronat : réduire les coûts du travail pour mainhausser les profits. La récession et ses suites sont mises à profit par les patrons pour des coups plus durs contre les pour accélérer la restructuration du capital. En avançant le mot d'ordre des 35 heures dans une telle c'est objectivement stratégie patronale crise capitaliste et la politique d'austérité qui sont mises en question.
Or, malgré le manque de préparation de la mobilisation, malgré le fait que la direction n'a pas organisé de discussion dans les rangs ouvriers sur le sens de la revendication et les moyens de la concrétiser, le niveau de mobilisation dans principales entreprises est élevé. Le degré de combativité
s'est révélé lors de la consultation organisée par les syndicats avant de lancer le mouvement. Environ 95 % des ouvriers ont pris part au vote. Sur les 148111 votants, 135342 se sont prononcés pour la grève, soit 86,96 %. Le résultat indique que face aux menaces de lock-out du patronat et face à son refus proclamé de céder sur les revendications, la volonté des sidérurgistes de construire un front de lutte large et ferme s'est renforcée. Ceci d'autant plus que le patronat prévoyait une nouvelle vague massive de licenciements : Thyssen par exemple en planifiait 6000. UN ETAT D'ESPRIT COMBATIF
La participation active à la grève est aussi un autre signe de l'état d'esprit des sidérurgistes qui sont prêts à se battre durement dans cette première grève depuis un demi-siècle. Ainsi, à Düsseldorf, les piquets de grève devant Mannesmann regroupent de 200 à 800 travailleurs selon les portes.
Dans les grandes entreprises où sont présents un certain nombre de militants combatifs disposant d'une certaine expérience, des assemblées sont organisées pour discuter de la lutte. Une information commence à être faite par les grévistes en direction des autres usines. La solidarité avec les sidérurgistes se manifeste sous diverses formes à la base de nombreux syndicats, même si les directions n'ont pas encore appelé à la solidarité.
L'autorité de la direction de l'IG Metall n'est pas contestée parmi les grévistes. Ceci n'est pas surprenant si l'on considère le manque d'expérience de lutte de très vastes couches de travailleurs, l'accord fondamental qu'ils ont avec l'objectif général des 35 heures avancé par les directions et l'insolente riposte du patronat. Néanmoins, une discussion a commencé dans quelques couches d'avant-garde sur les moyens de riposter au lockeschtub der Undermehmer:
Won perden en che F
Unsere Grduld eg rationalisier ist ant Ende!
out. La proposition d'un élargissement de la grève a été faite, mais la direction s'y oppose et propose l'organisation de manifestations de travailleurs durant les heures de travail.
Le conflit avec les patrons est très dur, car il est clair qu'une victoire des sidérurgistes provoquerait un mouvement cumulatif en faveur des 35 heures dans les principales branches industrielles. Avec le lock-out, les barons de l'acier cherchent à épuiser les ressources financières des syndicats. En effet, ces derniers versent d'importantes indemnités aux travailleurs en grève. En utilisant le lock-out, en haussant ainsi les charges financières pesant sur syndicales et à obtenir un compromis. Il se ferait autour de la proposition suivante : introduction de la retraite à 55 ans en lieu et place des 35 heures hebdomadaires sans diminution de salaire.
Le patronat comme le ministre de l'économie affirment que l'introduction des 35 heures ne crée pas de postes de travail. Ici se trouvent posées les questions concrètes des rythmes d'introduction des 35 heures et des moyens que doivent se travailleurs pour contrôler l'embauche, s'opposer au système du travail posté et pour refuser une croissance rapide de la productivité
Stanlarere
Arbeitsplatzverti
Manifestation de sidérurgistes à Duisbourg en échange des 35 heures. Tout cela n'est pas encore discuté parmi les sidérurgistes, mais les éléments commencent à exister pour lancer un débat sur ces problèmes. LE SILENCE DE SCHMIDT
Schmidt se tait. Il ne peut attaquer une grève dirigée et organisée par la direction du syndicat le plus fort du DGB (Confédération des syndicats allemands). Il laisse au ministre libéral de l'Economie, le comte Lambsdorff, le soin d'attaquer les grévistes en laissant entendre qu'ils pourraient provoquer l'échec de la relance économique. Le partage des tâches entre les sociaux-démocrates et les libéraux ressort bien à l'occasion de ce conflit. La fraction parlementaire du SPD a déclaré sa solidarité avec les sidérurgistes. Le SPD ne peut prendre le risque de subir un nouveau recul dans la région de la Ruhr à l'occasion des prochaines élections.
La greve des travailleurs de la sidérurgie allemande non seulement révèle la nature des conflits qui vont marquer dans l'avenir les rapports entre Capital et Travail en RFA, mais représente, paradoxalement, une lutte d'avant-garde pour revendication qui est centrale dans toute l'Europe capitaliste pour la riposte ouvrière contre le chômage.
Le 6 décembre 1978