En réponse aux attaques à l'encontre des dispositions de « l'affirmative action » (discrimination positive) en Californie, l'Organisation nationale des femmes (National Organization for Women, NOW) a pris l'initiative d'appeler à une marche nationale de lutte pour les droits, le 14 avril 1996 à San Francisco.
Le but de la marche est d'exiger la non remise en cause des dispositions relatives à la « discrimination positive » et d'organiser une large mobilisation sur les objectifs féministes et progressistes. Il s'agit d'une mobilisation pour la justice économique (la fin de la « guerre contre les femmes pauvres », contre la remise en cause de la sécurité sociale des mères célibataires, etc.), pour le droit de choisir, contre le racisme, pour un soutien aux droits des lesbiennes, des gays et des bisexuels et pour refuser la violence à l'égard des femmes.
L'action du 14 avril inaugurera une nouvelle opportunité pour la construction d'une large alliance entre le mouvement des femmes (qui reste majoritairement blanc) et le mouvement des droits civils pour les Afro-américains et les communautés de couleurs. Par ailleurs, cette marche devrait renforcer NOW, les syndicats et le mouvement des lesbiennes et des gays. L'appel a déjà reçu le soutien de plusieurs associations telles que Rainbow Coalition (Coalition Arc-en-ciel, de Jesse Jackson), le Mouvement américano-indien (AIM), le National Welfare Rights Union (Coalition nationale pour la généralisation de la sécurité sociale), l'Association nationale pour le progrès des gens de couleurs en Californie (NAACP) et plusieurs sections de la Confédération syndicale unifiée (AFL-CIO) dans plusieurs États. Dans une récente lettre adressée aux centaines d'organisations qui ont demandé à participer à la marche, la présidente de NOW, Patricia Ireland expliqué le sens de cette manifestation : « Cette marche démontrera que le féminisme aujourd'hui se bat pour le retour aux valeurs communautaires, pour une politique qui favorise les besoins de la majorité des gens au-delà des profits corporatistes et du bien-être d'une minorité. Tout le monde doit comprendre que les politiques de division et de diversion de l'aile droite ne fait que trahir notre pays et notre futur ».*