La campagne d'essais nucléaires s'est enfin terminée en
Nouvelles du Monde
Polynésie. Mais les conséquences de 30 ans de colonialisme atomique hypothèquent plus que jamais l'avenir du pays Maohi. Une polémique s'instaure maintenant sur la restitution de Moruroa par le Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP). Une délibération de l'assemblée territoriale en 1964 stipulait qu'en cas de cessation d'activités du centre d'essais, ces atolls avec les infrastructures s'y trouvant redevenaient propriétés du Territoire. Hors depuis quelques mois, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) s'acharne à détruire tout.. Pourquoi cet acharnement ? Cette obstination ne peut avoir qu'une raison : éviter un peuplement civil de l'atoll, certaines zones seraient elles contaminées ?
Dans ce contexte, Gaston Flosse, président du territoire a obtenu le versement de 900 millions de francs par an pendant 10 ans, sans véritable projet ni contrôle. Il a négocié un nouveau statut pour la Polynésie. Ses pouvoirs se sont considérablement accrus. Il va même se donner une étiquette antinucléaire en allant signer au nom de la France le traité de Rarotonga de déclunéarisation du Pacifique.
Dans ce climat passionné, le 12 mai vont avoir lieu les élections territoriales. Flosse est quasiment sûr de les remporter, il a les moyens financiers et les principaux médias à sa botte. Son argument est le nouveau statut rempart contre l'indépendance, qui conduirait selon lui au sous-développement. En dehors de petites listes, il a principalement deux adversaires. Emile Vernaudon, le populiste, promet une terre et une maison à chaque famille. Oscar Temaru, le leader du principal parti indépendantiste, le Tavini, a multiplié les erreurs depuis 1995. Sa force était d'avoir su garder les mains propres de toute corruption. Peu de temps après, il accueillait sur sa liste Alexandre Léontieff, un des plus corrompus qui sortait juste de prison ! Enfin, son programme est un peu léger : l'indépendance réglera tout. Deux faits sont à noter pour ces élections : l'apparition de partis locaux d'archipels et la présence pour la première fois d'une liste du FN.
Dans ce tableau bien sombre, l'alternative est à chercher du côté de la société civile, plus spécialement du côté de Hiti Tau. Ce réseau associatif est actif dans un certain nombre de domaines : questions d'environnement, défense des droits de l'homme et des peuples autochtones, micro projets de développement durable, question des femmes, etc. Sa conception de base est de « décoloniser les esprits », d'élaborer un projet alternatif aux millions de Flosse. Mais la cause nationale 1996 pour Hiti Tau est la mise en place d'une commission d'enquête indépendante sur l'impact des essais nucléaires sur la santé des populations autochtones. Pour les soutenir : Hiti Tau BP 4611 Papeete, Tahiti, Polynésie Française fax: (689) 572880. Compte Bancaire WESTPAC 102582 C23