Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BELGIQUE

Etat de développement de l'extrême-droite

· Inprecor n° 404, juillet 1996 · p. 25 · 576 mots

Belgique

Le Vlaams Blok mène depuis quelques mois une campagne « sociale » sous le slogan « des emplois, pour le peuple propre d'abord », tout un programme ! Le coup d'envoi de cette campagne a été donné lors de la célébration du 1er mai à Alost (Flandre orientale), ville à forte tradition ouvrière où, au début de ce siècle, un prêtre catholique (Adolphe Daens) s'insurgeait contre l'exploitation et l'oppression sociales et culturelles. Avec la tentative de récupération du prêtre Daens, le Vlaams Blok s'attaquait ouvertement au parti socialdémocrate, bien que le prêtre ne se soit jamais « confessé » au socialisme. Philippe de Winter, principal dirigeant du Vlaams Blok, déclarait : « nous avons pris leur voix. Maintenant nous allons leur prendre leurs symboles. Et plus tard nous prendrons leur pouvoir ».

Mais la raison fondamentale de ce tournant « social » est que le Vlaams Blok, malgré des victoires électorales succesives, continue à se trouver dans un isolement quasi total. Le « cordon sanitaire » persiste : à aucun niveau décisionnel, les partis traditionnels ne l'invitent le Vlaasm Blok à cogérer. Malgré plus de 10 % des voix en Flandre, une bonne dizaine de parlementaires nationaux et régionaux, des centaines des conseillers municipaux ... le Vlaams Blok reste sur la touche. Il lui faut donc trouver une brèche. De Winter opère un « tournant à gauche sur le terrain social » (comme c'est décrit dans le mensuel de Voorpost, groupuscule non sans influence idéologique, lié au Vlaams Blok). Pour mordre dans un PS co-gestionnaire de la crise et assez discrédité (Vlaams Blok, version «Parti du peuple »). En même temps, il mise sur une ouverture en direction des néolibéraux et la droite de la démocratie-chrétienne (Vlaams Blok, version « Forza Fiandria », cfr., l'alliance italienne entre Berlusconi et Fini). C'est à Anvers, et nulle part ailleurs, que se jouera la partie. La coalition anversoise (allant des néolibéraux jusqu'aux verts et à l'aile droite du mouvement rouge-vert) est, dossier après dossier, dominée par la droite, vu que les forces progressistes qui en font partie refusent de briser le carcan budgétaire. Dans l'opposition, il n'y a que les 18 conseillers fascistes (la plus grande fraction) et ... l'aile gauche du mouvement rouge-vert, représentée par notre camarade Nadine Peeters. C'est du bilan de cette coalition « antifasciste » que dépendront les chances pour les fascistes de rompre leur « splendid isolation ». Mais ce même bilan sera également décisif pour tracer une alternative à vocation majoritaire.

En Belgique francophone, après une percée aux dernières échéances électorales, le premier parti de l'extrême droite semble bien en perte de vitesse. Le Front national, sous direction du corrompu docteur Daniel Féret, ne sort pas des querelles et scissions, dont la plus importante est celle autour d'un ex-juge, Marguerite Bastien. Les deux groupes en appellent au père spirituel, Jean-Marie Le Pen, pour obtenir une reconnaissance « officielle ». Le FN belge ne parvient pas à se faire « respecscandales et autres péripéties. Néanmoins, il réussit à s'implanter dans toujours plus de quartiers et communes bruxelloises sur un fond de crise sociale aiguë et de politique souvent raciste et toujours sécuritaire. taire et populiste-autoritaire (réfugiés ...) du gouvernement fédéral et le déclin du mouvement antiraciste et antifasciste après les victoires électorales consécutives de l'extrême-droite. Un tableau assez peu attrayant ! *

Leur droite table » et est constamment harcelé par des

Notons finalement la politique sécuri-

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