Le taux de croissance économique élevé et persistant de la Corée du Sud est entraia de tour fe prer ce a oue ce prot te riste n lante de ils 2912 de campagnes massives de « globalisation » et contre la corruption afin d'aligner la pratique des capitalistes coréens sur celle de leurs partenaires et de
Corée du Sud
leurs concurrents les plus importants
Séoul, mai 1996 LE RÉSULTAT PRINCIPAL DE LA DIVISION de la nation coréenne en 1953 a été ce que le révolutionnaire irlandais, James Connolly aurait appelé un « carnaval de réaction des deux côtés ». Le Sud a mis en œuvre un projet capitaliste de « modernisation » dans lequel les protestataires et les dissidents étaient traités comme des collaborateurs du régime communiste du Nord et durement condamnés à de longues peines de prison, voire à la peine capitale. En avril 1960, après des élections, de toute évidence truquées, la protestation radicale des étudiants provoqua la démission du gouvernement de Sygman Khee — corrompu et faible mais soutenu par les Américains — qui avait géré la période de reconstruction depuis la fin de la guerre de Corée. Après une période de relative ouverture politique, un homme fort de l'armée, Park Chung-Hee, s'affirma au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat en mai 1961. Park a dominé la vie politique sud-coréenne pendant de nombreuses années en gouvernant d'une façon de plus en plus arbitraire et personnelle, notamment après la promulgation de la loi martiale en octobre 1972. A partir du milieu des années 70 Park a toutefois dirigé le début d'un projet tardif d'expansion économique, lancé, guidé et financé par l'État. Il'estimait qu'une telle intervention de l'État était indispensable pour que la République Sud coréenne puisse continuer à jouer le rôle d'un bastion vital de l'anticommunisme. En octobre 1979, Park a été assassiné par le chef de la CIA coréenne, un événement qui a provoqué une deuxième crise politique surmontée encore une fois par la promulgation de la loi martiale en décembre 1979. Cette fois l'initiative avait été prise par un groupe au sommet de l'armée et dirigé par Chun Doo-Hwan. L'arrestation de Kim Dae-Jung, qui a été une étape de la consolidation du pouvoir militaire, a été le signal, au mois de mai 1980, d'une vaste protestation, notamment, à Kwangju, ville natale de Kim. Tout au long des années 80, les souvenirs du massacre brutal de Kwangju au moment de sa reconquête par l'armée, a été la honte, à
Par Terry Murphy moitié avouée, d'une bourgeoisie qui voulait de plus en plus se présenter comme moderne, démocratique et technologiquement sophistiquée. DE FAIT, LA RÉPUBLIQUE AVEC SA PLÉTHORIQUE bureaucratie administrative, avec ses forces armées massives, une CIA omniprésente et une censure politique totale, a réussi à réaliser d'une façon spectaculaire ses principaux objectifs économiques. Au début des années 80 le projet de Park avait donné ses fruits : la Corée disposait d'un certain nombre de chaebols vastes et internationalement concurrentiels (des conglomérats de type japonais) tels que Hyundai, Samsung et Daewoo. Tout cela a été mis sur pied sous le regard attentif d'un État autoritaire. Les cinq principaux chaebols prévoient un chiffre d'affaire de 130 milliards de dollars pour l'an 2 000. Samsung et Hyundai se sont fixés comme objectif annuel dans cing ans 200 milliards de dollars. En même temps, notamment au cours des années 80, se sont développés un puissant mouvement d'étudiants et une nouvelle classe ouvrière. La radicalisation des étudiants et du mouvement ouvrier a été le sous-produit inévitable de la nodernisation autoritaire bourgeoise. Ces deux forces ensemble ont aidé à accumuler la dvnamique sociale critique qui explosa au mois de juin 1987, au moment où Park avait commencé à préparer la transmission du pouvoir à son copain Roh Tae-Woo. Juste quelques mois avant que la campagne de modernisation ne connaisse son couronnement avec l'organisation des jeux olympiques à Séoul, le pays était secoué par une vague sans précédent de protestation étudiante et ouvrière. Roh et Park étaient à deux doigts de déclencher une guerre civile. Mais finalement ils ont reculé et ont accepté la plupart des revendications de l'opposition : élection présidentielle populaire libre et directe ; libération des prisonniers politiques ; liberté de presse et davantage de droits pour la classe ouvrière. Le mouvement ouvrier a exploité la crise pour faire valoir sa nouvelle force, en arrachant de nouveaux accords en matière de salaires et de condition de travail. En 1987 et 1988, il y a eu plus de grèves et de mobilisation ouvriè-
Ouvrier du complexe sidérurgique de la Posco à Pohang. re que dans n'importe quel moment de l'histoire coréenne. Mais l'opposition électorale à Roh était encore entièrement bourgeoise. Sans doute était-elle déjà complice de la tentative de limiter au maximum l'impact démocratique de 1987-1988. Kim Young-Sam et Kim Dae-Jung, les deux principaux leaders de l'opposition, qui ensemble recueillaient de 55 % des voix populaires, n'ont pas réussi à s'unir lors des élections de 1988 et ainsi Roh est devenu président avec 37% des voix. Le pire n'était pas encore arrivé : en 1990, Kim Young-Sam s'est rallié avec ses ex-opposants pour former le Parti libéral démocrate, en unissant sa puissante machine politique basée à Pusan avec celle de Roh et Park basée à Teagu et Kyongsang. L'ambassade américaine à Séoul fut particulièrement heureuse de cette union entre la bourgeoisie dure et la bourreoisie souple en estimant que par ce chemin l'Etat coréer onctionnerait jusqu' au siecle prochain. Le 18 décembre 1992, Kim Youg-Sam a battu Kim Dae-Jung aux élections présidentielles. Dans le but d'en finir avec la corruption du passé et en même temps de préparer la Corée à jouer un rôle plus actif dans l'économie mondiale, le président Kim a lancé une campagne de transparence politique, a révélé sa richesse personelle (2,1 millions de dollars) et a invité les autres à faire la même chose. Il a aussi fait adopter une loi « Real name financial transaction act » qui a permis de faire la lumière sur les fortunes gigantesques accumulées par l'élite au gouvernement, y compris, par Roh et Park. La signification des arrestations de Roh et Park est discutable. Il s'agissait soit du lancement de la campagne pour une plus grande transparence, soit d'une mesure pour empêcher qu'on découvre la quantité d'argent donnée par Roh pour aider financièrement la campagne présidentielle de Kim Young-Sam. L'élargissement des accusations allant jusqu'aux événements en rapport avec la promulgation de la loi martiale et les massacres de Kwangju en 1979-1980 prête également à discussion. S'agit-il de la confirmation du renforcement d'un régime basé sur le droit, comme l'a expliqué le professeur Bruce Cummings dans une intervention à l'université de Séoul, ou d'une tentative de briser l'emprise régionale de l'élite de Teagu et Kyonsang qui a gouverné la Corée depuis l'époque du Président Park. Affaire à suivre.
COREE DU SUD * LES ELECTIONS DE 11 AVRIL Les élections du 11 avril 1996 se sont déroulées dans une ambiance de deception croissante par rapport aux promesses de lutte contre la corruption qui avait amené Kim Young-Sam au pouvoir en 1992. Néanmoins, le parti de la nouvelle Corée (NKP) de Kim Young-Sam a remporté 139 sièges (sur 299). Le congrès pour une nouvelle politique de Kim Dankun, obtenue scissione ba de kim les de-
, issus d'une scission du parti de Kim Young Sam en 1994, 50. Le Parti démocratique a obtenu 15 sièges, 5 de moins de ce qui était nécessaire pour former un bloc pour la négociation. Un nombre suffisant de ces députés se sont ralliés au NKP pour permettre à Kim Young-Sam d'obtenir une majorité absolue le 21 mai. Pour l'instant le parti au gouvernement a arrêté sa campagne de recrutement qui avait eu beaucoup de succès dans le but d'essayer d'apaiser les deux principaux partis de l'opposition troublés tous les deux par cette perversion du processus démocratique. Pourquoi le NKP n'a-t-il pas été rejeté par un plus grand nombre d'électeurs ? L'une des explications pourrait être les incursions de la Corée du Nord dans la zone neutralisée et son intention proclamée de ne pas reconnaître d'armistice signée à la fin de la guerre. Mais l'explication la plus substantielle est l'absence d'un choix réel entre les principaux candidats : Kim Dea-Jung et Kim Jong-Pil se sont engagés dans la vie politique depuis les années 60. Jong-Pil aime caractériser le coup d'État de Park de 1961 comme une révolution parce que lui-même y avait joué un rôle central. Sur la base des informations disponibles il n'a pas beaucoup changé depuis. Dans un meeting avec le président qui s'est tenu après les élections, il a demandé au gouvernement d'adopter une attitude plus ferme vis-à-vis des étudiants radicalisés. Kim Dea-Jung avait été deuxième après Park aux élections de 1971 avant que le vieux soldat, fatigué des risques d'une démocratie même limitée, ait déclaré la loi martiale. Pendant cette campagne il a été révélé que Kim Dea-Jung exigeait de grosses sommes de la part des candidats de son parti lorsque un candidat rompait avec lui et l'annonçait à la presse. En d'autres termes les déceptions semblaient aider le gouvernement plutôt que l'opposition. Un scandale de corruption qui éclata quelques jours avant les élections, impliquant un ami personnel du président a eu très peu d'effet. Ainsi, le faible taux de participation aux élections a davantage aidé le parti au gouvernement que l'opposition. La politique coréenne est très régionalisée, souvent les commentataires coréens dénoncent l'absence d'une forte culture politique bourgeoise dans le pays : les fortunes des partis politiques varient en fonction du sort de leurs dirigeants politiques, ce qui conduit à une situation très instable et nourrit l'opportunisme au plus haut degré. On dirait que la bourgeoisie elle-même après une si longue période de gouvernement militaire a besoin d'apprendre ce qu'est une démocratie parlementaire adéquate. Si on tient compte du fait que 100 candidats, dont la plupart sont de l'opposition, sont incriminés pour violation de la loi électorale, on comprend que la bourgeoisie n'a pas bien appris la leçon L'époque « des trois Kim » n'est pas révolue L'ÉCONOMIE Le 24 avril 1996, moins de trois semaines après les élections, le président Kim a annoncé « une réforme de travail coup de balai ». Lors d'un meeting à Chong Wa Da, au palais prési-
* COREE DU SUD dentiel, avec la participation des représentants du patronat, des syndicats et du gouvernement, on a annoncé la formation d'une commission présidentielle qui devrait s'occuper d'élaborer de nouvelles lois du travail. Le quotidien en langue anglaise Korea Times a écrit que : « les réformes du travail sont liées étroitement à la démarche coréenne pour obtenir une reconnaissance explicite par la communauté internationale au moment de son entrée dans l'OCDE ». Du point de vue de la classe ouvrière, l'aspect le plus significatif de cette nouvelle loi c'est qu'elle envisage l'interdiction de l'intervention d'une tierce partie dans les conflits du travail ainsi que la participation des syndicats dans la vie politique et la présence de plus d'un seul syndicat sur un lieu de travail donné. Plus généralement, le cadre fondamental de la loi coréenne du travail qui se base encore sur une loi américaine de 1930 (Wagner act) sera remplacée par des décisions d'une commission modelée sur la commission Clinton-Dunlop de 1993. Selon le Korean Times, le nouveau code du travail, dont le but est d'adapter la Corée au standard exigé par 'OCDE et le Bureau international du travail (BIT), conduira probablement à la reconnaissance légale de « Minchu Nochong », alliance progressiste du travail ou Conseil coréen des syndicats (KCTU). Cette organisation, qui fut créée par des syndicats dissidents au mois de novembre 1995, est restée illégale en raison de ce que l'État et le Korean Times appellent sa ligne « excessivement progressiste » et son défi direct aux lois du travail en vigueur Le président Kim avait invité des membres « Minchu Nochong » à un meeting pour aider à fixer le cadre de la commission, mais ses représentants refusèrent parce que le gouvernement n'avait pas reconnu leur organisation comme légale. Un représentent du « Minchu Nochong » a léclaré au Korean Times que la réforme du travail permet rait aux entrepreneurs d'avoir les mains plus libres dans l'exploitation des travailleurs. La Fédération conservatrice des syndicats coréens (FKTU) a depuis lors accepté l'idée de permettre la formation de plus d'un syndicat sur un lieu de travail et s'oriente vers la reconnaissance de la légitimité de « Minchu Nochong ». LA FETE DU PREMIER MAI le 1er mai dernier, les deux principales organisations syndicales ont tenu à Séoul deux meeting séparés. Dans un meeting de 45 000 personnes organisé par le FKTU avec la participation de Kim Dae-Jung et du premier ministre Lee See Song, le président de la Fédération Park In-Saing, a revendiqué le droit pour les enseignants et les travailleurs de la onction publique de constituer des syndicats. Il a soutenu en même temps l'idée que les travailleurs syndiqués devraient avoir le droit de s'engager dans une activité politique et que sa fédération luttera contre l'intention du gouvernement de réviser les normes du travail parce que cela favoriserait les employeurs. Au meeting organisé par « Minchu Nochong » ont assisté 30 000 travailleurs et des milliers d'étudiants solidaires avec les syndicats dissidents. Dans une enquête établie par l'Institut d'éducation coréenne du travail sur un échantillon de 1 500 personnes, 23,6 % ont déclaré qu'elles soutiendraient un parti du travail si les syndicats décidaient de le former. Le gouvernement a reconnu officiellement en 1995 le 1er mai comme fête nationale, en remplaçant la date du 10 mars arbitrairement fixée auparavant. La plupart des entreprises étaient fermées le mai alors que l'administration gouvernementale, les écoles et les institutions de l'État où il n'y a pas de syndicats sont restées ouvertes. En même temps que le président Kim se prononçait pour une « relation symbiotique » entre le patronat et les travailleurs, le gouvernement se prépare à écraser ce qu'il appelle « le niveau dangereux d'activisme gauchiste dans les universités ». Dans un meeting d'inspecteurs gouvernementaux, un des principaux responsables a annoncé « une campagne contre la diffusion de l'idéologie communiste dans les universités ». Il a prétendu également que le manifeste distribué par la Chonhaknyon, une ligue militante des étudiants, est une reproduction de la propagande nord-coréenne. Le Korea Herald a écrit dans son éditorial du 26 avril que le docu ment publié à Séoul par le conseil des étudiants de l'université de Sogang contenait des citations du Manifeste communis te et de l'Idéologie allemande de Karl Marx. L'université Yonsei, elle aussi à Séoul, a été également citée comme un endroit où les étudiants radicalisés sont très actifs. Tout en admettant que les étudiants sont libres de lire individuelle ment la littérature marxiste, le Korea Times a insinué dans un éditorial que la présence de telles citations dans un livre pour les étudiants était une tentative d'endoctrinement collectif Rappelons que jusqu'en 1987 posséder des exemplaires du Capital était considéré en Corée comme un crime. XIII° camp international de jeunes du 20 au 26 juillet, à Amarante, au Portugal. Prix du séjour : 660 FF. L'hébergement se fait sous tente. Coût du transport en plus.
Des formations
• Conséquences de la mondialisation de l'économie, des politiques du FMI et de la Banque mondiale sur les femmes. • La libération sexuelle. • Histoire et actualité de la Quatrième internationale. Des commissions, notamment sur les questions scolaires et universitaires, le chômage et la précarité des jeunes, Tchernobyl, la lutte antifasciste, l'auto-organisation des immigrés, le retour de l'ordre moral et ses conséquences sur les droits des femmes; Cuba aujourd'hui, la Bosnie. Des débats Des journées à thème : Europe, écologie, féminisme, médias, internationalisme. Des expositions Un atelier de chant. Des activités sportives. Des délégations de tous les pays d'Europe (Italie, Belgique, Suisse, Pays-Bas, Pologne, Danemark, État espagnol, Suède, Grande-Bretagne, etc.) Un vidéoclub
Fraise et chocolat, La haine, Land and freedom
Une discothèque
Des fêtes thématiques et un concert de rap avec le General D.
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