Le centre des discussions de politique économique des gouvernements impérialistes est présent occupé par les thèmes de la politique monétaire : la crise du système monétaire international et les réponses différentes que les puissances impérialistes cherchent à lui apporter. Karl Marx a souvent indiqué que les phénomènes monétaires ne sont que des reflets de l'évolution d'ensemble de l'économie capitaliste; les causes des transformations monétaires doivent être recherchées dans la sphère de la production elle-même et non dans les mouvements se produisant à la surface de la vie économique. Cette approche des questions monétaires reste aujourd'hui aussi valable qu'il y a cent ans.
A la lumière de la crise économique générale de 1974-1975, cette méthode peut être encore mieux démontrée comme étant la seule valable. Si les économistes et politiciens bourgeois concentrent de nouveau leur attention presque exclusivement sur les problèmes monétaires, comme ils le firent déjà en 1972-1973, et s'ils discutent de recettes pour surmonter la crise du système monétaire mondial comme le SME (Système monétaire européen), le rappel de la crise économique mondiale de 1974-1975 est particulièrement approprié. Car
Les « problèmes monétaires» ne sont jamais que l'expression de phénomènes économiques profonds. Il n'y a donc aucune solution « monétaire» à trouver. Le modèle de SME mis en place par Schmidt et Giscard est fonction du rapport de forces entre les principales économies capitalistes.
Il ne résoud aucun problème fondamental.
cette crise avait été précédée de changements dans le domaine monétaire, qui étaient à plus d'un égard similaires à ceux qui sont actuellement en cours.
Et pendant la période 1972-
1973, on discuta également de différents «modèles» pour surmonter la «crise monétaire» - en passant largement à côté de ce qui se passait dans le domaine de la production.
Il est vrai qu'il y a une
«petite» différence, mais signilicative, entre les discussions monétaires de 1972-1973 et celles d'aujourd'hui. Alors que les premières se concentrèrent autour de la question : «Comment créer un nouveau système monétaire mondial ?», dernières centrées sont ces sur des solutions régionales - surtout dans le cadre de la
CEE, partiellement en relation avec le Japon. On a pratiquement abandonné la prétention de trouver une solution globale.
L'économie capitaliste internationale se trouve beaucoup plus ébranlée qu'en 1972-1973.
Malgré une reprise prudente, des crises structurelles, une concurrence inter-impérialiste agprotectionnisme gravée, un croissant et une inégalité de plus en plus prononcée des pays et des secteurs marquent l'évolution économique d'ensemble. L'éventualité de plus en plus nette d'une nouvelle récession aux Etats-Unis menace l'économie capitaliste internationale d'une nouvelle récession économique généralisée. L'accroissement des taux d'inflation depuis le milieu de 1978, et les perturbations croissantes sur les marchés des changes, en sont les signes avant-coureurs. UN NOUVEAU DEPART POUR L'EUROPE CAPITALISTE ?
Pour le moment, nous nous trouvons entre deux crises économiques. Depuis 1976, les principales puissances impérialistes connaissent une «reprise économique freinée» - les deux freins principaux étant les difficultés accrues d'augmenter les exportations et le retard relatif du pouvoir d'achat des masses. Cela s'applique surtout aux puissances capitalistes européennes. Cette reprise signifie qu'il y a certaines marges de manœuvre en vue de faire progresser l'intégration économique et politique en Europe capitaliste.
D'un point de vue bourgeois, c'est certainement un mérite du duo Helmut Schmidt - Giscard d'Estaing, d'avoir cherché à matérialiser un tel progrèspar la proposition d'un modèle de système monétaire européen (SME), en vue d'exploiter cet intervalle avant la prochaine récession. Mais «mérite» s'explique aussi par les intérêts particuliers des deux bourgeoisies ouest-allemande et française. Il n'est nullement dû au «génie en matière de politique économique» qui s'appelle Helmut Schmidt, comme veut le faire croire une certaine presse bourgeoise, ni à la «facilité du dialogue» entre Schmidt et Giscard.
N'oublions pas qu'il y eut déjà une tentative antérieure de répondre à l'effondrement du système de Bretton-Woods : le système des cours de change fixes autour du dollar en tant que principale monnaie de réserve de toutes les autres devises capitalistes. Ce fut le fameux «serpent européen».
En 1972, la RFA, la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark constituèrent • une sorte d'«alliance monétaire» au sein de laquelle les fluctuations des taux de change étaient strictement limitées à 2,5 % dans le sens de la hausse ou de la baisse.
Mais cette tentative de préune «Union monétaire européenne» révéla immédiatement sa contradiction fondamentale. Aussi longtemps qu'il n'y a pas un véritable Etat européen supra-national; aussi longtemps que subsistent des Etats bourgeois nationaux souverains connaissant une évolution inégale (notamment de leur production, de leur productivité, de leur taux d'inflade leurs paiements), pareille «alliance monétaire» naissance les germes de sa future décomposition.
Le franc français s'avéra trop faible par rapport au Deutsche Mark, précisément en fonction des inégalités que nous venons de mentionner. Pompidou dut se retirer du «serpent » en 1974. Il en résulta un «serpent résidu» ou « petit
Il est vrai que ce «petit serpent» fut rejoint par la Norvège. Mais les trois pays du Benelux et deux pays scandinaves ne font pas le poids l'impérialisme ouestfut et reste donc essentiellement une «zone monétaire DeutscheMark» avec des devises satellites de petits pays capitalistes relativement plus stables.
Au cours des quatre années suivantes, il n'y avait pas de possibilités que les autres «grandes» puissances de la CEE -la France, la Grande-Bretagne et l'Italie - rejoignent le «serpent». Au contraire, la survie du «petit serpent» lui-même, à travers les années de récession, peut être considérée comme le maximum de ce que la bourgeoisie européenne put espérer réaliser pendant cette période-là.
Il est dans la nature du mode de production capitaliste que la politique bourgeoise - et davantage encore la politique économique de la bourgeoisie -soit réactive et non active : elle représente une réaction à l'évolution des rapports économiques réels qui se transforment spontanément, derrière le dos des producteurs et des autres «agents» dits «économiques», avant tout les bourgeois. Il en va de même du SME. Ce modèle n'est qu'une réaction à la chute libre du dollar qui a commencé au milieu de 1977 et qui a ramené le taux de change du Deutsche Mark par rapport au dollar de 2,34 en juin 1977 à 1,99 en août 1978 et à 1,77 au début de novembre. C'est cette chute du dollar qui fut le point de départ de l'initiative monétaire de Helmut Schmidt.
Alors que la plupart des commentateurs bourgeois comprennent pas - ou insuffisamment - les causes réelles de cette chute (1), ils sont tous d'accord en ce qui concerne ses conséquences. Comme le dollar continue d'être accepté comme le principal moyen de paiement international, Etats-Unis peuvent couvrir l'énorme déficit de leur balance des paiements en jetant une quantité supplémentaire de dollars de papier dans la circulation internationale.
Ainsi se produit un mouvement cumulatif. Plus le taux d'inflation USA dépasse celui de la RFA et du Japon, plus augmente le déficit de leur des paiements, s'accroît la quantité de dollars en circulation internationale, plus s'abaisse le taux de change du dollar, plus s'accentue le taux d'inflation aux Etats-Unis et ainsi de suite. Le mouvement cumulatif est en outre nourri d'une part par une spéculation qui anticipe sur les futures baisses du taux de change du dollar, et d'autre part par une fuite de plus en plus prononcée de la bourgeoisie vers les « valeurs de refuge » (or, diamants, œuvres d'art, biens immobiliers, etc.), deux mouvements qui accentuent encore la perte de pouvoir d'achat du dollar (selon Blick durch die Wirtschaft du 7 septembre 1978 et Wirtschaftswoche du 4 août 1978, la valeur des exportations des diamants de l'Afrique du Sud passerait de 95 millions de Rand en 1976 à 155 millions en 1977 et 300 millions en 1978).
Cela confirme l'analyse «orthodoxe » de Karl Marx selon laquelle l'étalon de valeur de toutes les marchandises est le temps de travail socialement nécessaire qui est matérialisé en elles, et que dans une économie marchande généralisée, cette valeur ne peut s'exprimer que par une valeur d'échange qui est elle-même marchandise, une marchandise particulière utiéquivalent néral de cette valeur, les métaux précieux. En période de prospérité, la fonction pratique de lor peut effectivement nuer, dans la mesure où la circulation ne s'interrompant guère, les capitalistes ne craignent pas de rester avec des marchandises invendues et des monnaies de papier (ou des dépôts bansées sur les bras. Mais lorsque une phase de crises successives s'ouvre, et qu'on s'attend à de nouvelles aggravations de celles-ci - c'est-à-dire une phase comme celle que nous traversons à présent - l'or et d'autres «valeurs réelles», produits directs du travail humain, et non des morceaux de papier, simples signes de remplacement de l'or, regagnent de plus en plus leur fonction originelle dans la circulation, l'accumulation et la thésaurisation capitalistes.
Mais ces changements dans le domaine monétaire - la fuite hors du dollar, vers for et les d'avoir un effet déflationniste sur le commerce international. C'est comme si on retirait de plus en plus l'huile et la graisse d'un mécanisme gigantesque, ce qui risque de le réchauffer de plus en plus par des effets de friction jusqu'à ce que tous les engrenages tombent en panne l'un après l'autre. Le principal quotidien bourgeois ouest-allemand, la Frankfurter Allgemeine Zeitung a dressé, dans son numéro du 9 août 1978, un tableau presque apocalyptique de ce danger :
traction prononcée du commer- et italien à accentuer leur poli-
«Les risques d'une dégradation ultérieure (du dollar) pourraient être terribles... Les détenteurs de dollars de par le monde s'impatientent. Une fuite massive vers l'or - une valeur réelle - a déjà commencé. Le prix de l'or a atteint des niveaux record. Si la peur d'une chute ininterrompue du dollar se précise, si son taux de change continue à diminuer, le point de non retour pourrait être atteint... Au bout de ce chemin, il y a l'isolement (de l'économie américaine), l'isolement économique de toutes les nations, la mort par asphyxie du commerce mondial libre»
Voilà la situation économique et monétaire internationale en juillet 1978, à la veille de la «réunion au sommet » des neuf chefs de gouvernement de la CEE à Brème. C'est là qu'il faut chercher le point de départ de l'initiative de Helmut Schmidt. Le projet de SME qu'il avait négocié au préalable secrètement avec Giscard d'Estaing devrait constituer une réponse à cette situation et à ces menaces. LE MODELE ORIGINEL DU SME
Le système monétaire européen que les neuf pays de la CEE avaient décidé de créer «en principe» en juillet 1978, et qui a été depuis lors « concrétisé » (c'est-à-dire fort affaibli), signifie au départ une tentative, sur le plan de la politique monétaire, de constituer l'Europe capitaliste face à ses concurrents nord-américain et japonais.
Dans le modèle originel, les monnaies des neuf pays membres de la CEE auraient éte fermement liées entre elles. Les fluctuations permises de leur taux de change seraient réduites à 1%. Toute fluctuation supplémentaire devrait être contrée par la Banque centrale concernée, par des achats ou ventes massifs de devises. Un Fonds monétaire européen serait constitué, d'un montant de 32 milliards de dollars, et appuyé par des réserves de devises de 100 milliards de dollars ( 440 milliards de FF, quelque 200 milliards de DM). Ce Fonds n'aurait pas le pouvoir d'émettre sa propre monnaie européenne, mais il pourrait accorder des crédits aux banques de chaque pays. Comme la RFA dispose avec 84 milliards de DM, de plus de 40% de l'ensemble des réserves de change des pays de la CEE, elle apporterait la part du lion de ce Fonds monétaire européen, - mais y exercerait aussi l'influence prépondé-
L'initiative Schmidt s'est d'abord heurtée à la critique de nombreux milieux bourgeoisie ouest-allemande. Les réactions de la bourgeoisie européenne ne furent pas non plus tellement positives. Il est vrai que Le Monde se répandit en louanges : « L'Allemagne fédérale, déçue par le caractère égoïste et peu responsable de la politique économique des Etats-Unis, pratique désormais une politique européenne active sous la direction résolue du Chancelier... La naissance d'un bloc monétaire européen puissant représente un pour l'hégémonie du dollar, et au-delà pour l'hégémonie commerciale des EtatsUnis» (Le Monde du 9 juillet 1978).
En réalité, le projet de Helmut Schmidt ne s'explique pas seulement par la situation conjoncturelle immédiate mais également par les intérêts à moyen terme du capitalisme ouest-allemand. La RFA est devenue en fait la première nation commerciale du monde. Mais contrairement à son principal concurrent, les Etats-Unis, elle souffre d'une double déficience. Elle ne dispose pas d'un large marché intérieur. Elle est de ce fait, beaucoup plus dépendante des exportations (celles-ci représentent 25% du produit national brut de la RFA; elles ne représentent que 6% du PNB des USA). Cette déficience pourrait devenir le talon d'Achille de l'économie ouest-allemande.
cas d'une future récession, qui coïnciderait avec un protectionnisme renforcé aussi au sein de la CEE et une conce mondial, les exportations pourraient se transformer d'un facteur de «force relative» en une source de «faiblesse absolue» pour cette économie.
Helmut Schmidt est plus ou moins conscient de cette situacommentaires sur «l'économie mondiale» thème préféré ses discours. La seule issue de ce dilemme est la suivante : la RFA s'assure un « large marché intérieur » grâce à la consolidation de la CEE, qui d'ailleurs déjà plus de 60% des de marchandises et près de 60% des exportations ouest-allemandes de capitaux.
Pareille possibilité est ouverte par le SME ou plus généralement par tous les pas en direction d'un Etat ouest-européen supra-national. Du point de vue économique, la RFA ne pourra pas ne pas jouer toute seule le premier violon au sein d'une telle Europe. Mais politiquement, elle s'engagerait sur du verglas si elle assumait ce rôle. L'alliance avec la France permet de briser la pointe de critique, selon laquelle il s'agirait d'un projet pour asseoir l'hégémonie ouest-allemande. Helmut Schmidt a donc délibérément choisi de jouer la carte de cette alliance. Son projet de SME doit être compris en premier lieu comme un projet politique, dont le but «subjectif» et «objectif» à la fois serait celui de renforcer la marche vers une « Europe capitaliste intégrée » fondée sur l'hégémonie conjointe de deux puissances alliées, la RFA et la France.
A cet objectif politique primordial s'ajoute un objectif supplémentaire, celui d'exercer une pression accrue sur les autres puissances de la CEE en vue de coordonner davantage leur politique économique au sein du Marché Commun, et surtout de mener une lutte plus résolue contre les tendances inflationnistes au moyen d'une «politique de stabilisation». Il s'agit surtout d'amener les gouvernements britannique
tique d'austérité anti-ouvrière, ce qui est d'ailleurs bien conforme aux intentions du gouvernement italien.
En plus, le projet initial du SME partait de l'hypothèse sez justifiée qu'une liaison réciproque de toutes les monnaies d'Europe occidentale permettrait de construire une digue plus solide contre la dévalorisation du dollar et les spéculations qu'elle déclenche. pareille digue profiterait évidemment avant tout aux économies européennes les plus fortes, qui sont justement menacées par la chute verticale du dollar. • Une liaison réciproque entre toutes les devises européennes et la création de l'ECU (unité de compte européenne résultant d'un mélange pondéré des 9 monnaies) revaloriserait le Deutsche Mark, le florin, le franc belge, et partiellement le français, moins rapport au dollar, sous l'influence des devises moins fortes dans la corbeille. Dans ce sens, le SME constitue une assurance pour les exportations de la RFA, sans nécessiter un processus d'inflation du Deutsche Mark riposte. Le fait que jusqu'ici - surtout sous l'influence de la conjoncture plus forte aux USA - les exportations souffert de la chute du dollar (qui rend les exportations américaines meilleur marché sur le marché mondial) n'enlève guère l'inquiétude aux capitalistes ouest-allemands qu'à moyen terme, pareille menace pourrait se matérialiser. Si dans le cadre du SME, les appréciations de change du DM et du franc par que dans le d'une autonomie monétaire de la RFA et de la France, les industries d'exportation de ces deux principaux partenaires de pourraient qu'en Le SME constituerait également un frein prudent à l'expansion des exportations des capitaux ouest-allemands (et européens) vers les USA, une des tendances principales de l'économie capitaliste européenne au cours des cinq dernières années. Le processus tation des capitaux se réorienterait plutôt membres de la CEE. Pareille réorientation ne serait dans l'intérêt rect et immédiat trusts et des grandes banques. Mais si elle correspond possibilités réellement accrues d'exportation de capitaux vers les pays membres de la CEE, elle n'est pas non plus contraices intérêts, du moins moyen et long terme. Elle renforcerait en outre les tendances à l'interpénétration européenne des capitaux, qui stimulerait fortement l'intégration euro-
Si l'on se rappelle le moment où Helmut Schmidt a tiré le projet du SME de sa poche, on remarquera «sommet de Brème» se situe une semaine avant le «sommet économique mondial» de Bonn. Le Président Carter avait annoncé des revendications concrètes pour ce dernier sommet-là, qui ne plaisaient point à Schmidt et à la bourgeoisie ouest-allemande : le gouvernement de la RFA devait présenter des chiffres précis de croissance du PNB (4% pour l'année 1978) et pour la relance conjoncturelle. La RFA devait reprendre le rôle de «locomotive» de l'économie mondiale, «conformément à sa force».
Cela signifierait de manière pratique que le gouvernement Schmidt devrait éliminer des aspects essentiels de sa «poliniste de la conjoncture, notamment par l'accroissement du déficit budgétaire et par le relâchement de la politique du crédit.
Les Etats-Unis n'étaient pas les seuls à présenter ces revendications. Elles correspondent aux intérêts de toutes les puissances impérialistes plus faibles, notamla Grande-Bretagne l'Italie. Mais en reconstituant un «bloc européen» au met de Brème», Schmidt et Giscard d'Estaing ont pu éviter qu'à Bonn, Carter ne concentre son feu avec succès sur la politique économique du gouvernement ouest-allemand. Le fait que ce gouvernement a quand même fini par présenter un programme modéré de relance conjoncturelle a permis à Carter de sauver la face - tout en fermant les yeux sur le fait que la «relance conjoncturelle» ouest-allemande consistait essentiellement en des réductions d'impôts, ce qui est tout le contraire d'une expansion des dépenses publiques. DE JUILLET A NOVEMBRE 1978 : LE DESORDRE MONETAIRE S'ACCENTUE
«Le sommet de Bonn n'a pas bien réussi au dollar», a écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung en septembre. Et deux mois plus tard, elle ajoutait «les marchés des changes ont perdu toute retenue» (ler novembre 1978). En effet, le cours du dollar de nouveau fortement décliné depuis l'annonce du projet du SME. Alors qu'il fluctuait encore autour de 2 DM pour 1 dollar en juillet, il était tombé à 1,7735 DM à la Bourse de Francfort le 2 novembre 1978. Il est d'ailleurs possible que l'annonce de la création du SME à partir du ler janvier 1979 ait directement accentué la chute du dollar, alimentant la spéculation contre le dollar dont on s'attendait à un nouvel effritement par rapport à l'ECU à créer. Mais les causes fondamentales de cet effritement restent ce qu'elles sont depuis les dernières années.
Mais si Carter s'était contenté de déclarations creuses au sujet de la chute du dollar dans la phase précédente, il annonça le ler novembre un programme plus substantiel de soutien du dollar. Un fonds de 30 milliards de dollars d'appui au dollar fut constitué. Une politique de crédit plus restrictive fut inaugurée aux USA, le taux d'escompte étant relevé à 9,5 %.
Jusqu'ici, trop peu de temps s'est écoulé pour tirer le bilan de ces mesures. Mais deux constatations semblent d'ores et déjà justifiées. A moyen terme, ces mesures ne suffiront pas pour sta-
biliser le dollar, même si, dans l'immédiat, il est remonté à un peu moins de 2 DM pour 1 dollar (ce qul, en sol, ne peut déja pas etre considéré comme une stabilisation). En outre, ces mesures augmentent la possibilité d'une nouvelle récession aux Etats-Unis.
Un autre événement a obscurci l'horizon monétaire en octobre 1978. Le 19 octobre, le Deutsche Mark a dû être réévalué en moyenne de 3 % par rapport aux autres devises du «petit serpent monétaire européen» : celles des Pays-Bas, de la Belgique, du Danemark et de la Norvège, ainsi que par rapport au Schilling autrichien La Deutsche Bundesbank, la banque centrale de la RFA, avait dû dépenser pendant les semaines précédentes 10 milliards de DM pour soutenir les cours de ces devises (c'est-àdire acheter pour ce montant des florins, des francs belges, des couronnes danoises et norvégiennes). Comme elle craignait de gonfler ainsi la masse monétaire en circulation en RFA elle-même, ce qui y réallumerait l'inflation, elle a dû prendre des mesures restrictives assez semblables à celles décidées début novembre par l'administration Carter, notamment une restriction du volume des crédits bancaires.
La Deutsche Bundesbank prit soin de préciser qu'il ne s'agissait là que d'une mesure de «déblaiement prudent» qui ne marquerait en aucune manière «un tournant dans la politique du crédit». Elle voulut éviter l'impression que les autorités monétaires ouest-allemandes étaient en train de freiner la conjoncture. Cela peut être vrai jusqu'ici. Mais dans ce contexte, une inquiétude s'est manifestée à juste titre. Si même le « petit serpent» conduit à de telles turbulences monétaires - avec des effets plus ou moins automatiques sur la politique conjoncturelle de la RFA - quelles seraient les conséquences inévitables du SME pour la banque centrale et la politique conjoncturelle en RFA, et éventuellement dans d'autres pays à devises fortes ?
Finalement, il faut signaler un troisième événement monétaire qui a suivi l'annonce du septembre 1978, le Fonds monétaire international a accru de 50 % ses lignes de crédit pour les 135 pays membres. Cette augmentation doit être jointe à l'augmentation des quote-parts qui avait été décidée en 1977. Ces deux augmentations doublent le volume des «droits de tirage spéciaux» du FMI, qui s'élève maintenant à 58,5 milliards de dollars ou 146 milliards de DM (Frankfurter Rundschau du 6 septembre 1978). Cet accroissement massif des « liquidités internationales» - auquel le gouvernement ouest-allemand s'était en vain opposé - conduira inévitablement à un nouveau gonflement des crédits internationaux et de l'inflation internationale.
Il est vrai que le FMI essaie ainsi d'accroître de nouveau son importance - celles des crédits internationaux publics - par rapport aux activités accrues crédit international privé des grandes banques et des détenteurs de «pétro-dollars». Il s'agit donc d'une mesure qui transfère vers les institutions de crédit publiques quelques-uns des risques que les banques privées prirent au cours des dernières années en étendant dangereusement - et sans beaucoup de garanties -leurs crédits aux pays impérialistes les plus faibles, pays semi-coloniaux et aux Etats bureaucratisés, contrepartie matière de politique économique et monétaire. Lorsque le FMI accorde ces crédits, il pose en général des conditions rigoureuses, c'est-à-dire il impose aux gouvernements qui ont besoin de ces crédits des mesures de «stabilisation » et d'austérité.
Mais l'effet global de ces decisions du FMI est bien celui d'une expansion mondiale du volume du crédit. Elles aggravent donc l'accumulation de matières explosives dans le cas d'une future récession.
L'ombre que ces trois événements dans le domaine monétaire ont jeté taire ont jeté sur l'économie capitaliste des Etats-Unis, du Japon et de l'Europe occidentale réduit objectivement la marge de manœuvre disponible pour l'Union monétaire et économique européenne. Helmut Schmidt et Giscard d'Estaing sont donc engagés dans une véritable course contre la montre. Ce qui est clair cas, c'est qu'une union monétaire européenne pourra difficilement se réaliser d'une nouvelle récession économique internationale, et certainement pas au cours d'une telle récession. C'est la conclusion gouvernements ouest-allemand et français peuvent dégager de l'expérience de la crise de 1974-1975 et du sort du serpent». C'est cette marge de manœuvre réduite et la menace d'une nouvelle récession qui expliquent l'actiHelmut Schmidt, afin de réaliser le SME encore avant la fin de l'année 1978. LES RESISTANCES ITALIENNE ET IRLANDAISE, ET LE REFUS BRITANNIQUE
Schmidt était prêt à aller très loin dans ce contexte. Vu la résistance massive des gouvernements britannique et italien contre le projet initial du SME, il proclama d'abord sa résolution d'aller de l'avant avec le projet sans y inclure «au début» l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Irlande. Il ajouta que si le gouvernement britannique dede création du SME au sein du Conseil des ministres de la CEE, le gouvernement de la RFA serait prêt à arriver à un accord à ce propos «en dehors du cadre de la Communauté» (Frankfurter Allgemeine Zeitung du 30 octobre 1978). Cela aurait soumis la CEE à une grave épreuve politique.
Il est vrai que la résistance ou l'opposition italienne et irlandaise au SME ont été plutôt mitigées et ambigües. Le SME aurait en effet des conséquences pour le moins ambivalentes sur l'économie sur l'économie
plus faible de ces pays. Ils seraient soumis à une pression plus forte dans le sens d'une politique dite «de stabilisation», c'est-à-dire d'austérité. cette pression viendrait de l'extérieur, et elle pourrait donc être plus facilement «vendue» aux frais des salariés.
En outre, comme compensation, il y aurait des aides et des crédits supplémentaires en provenance du Fonds monétaire européen, ainsi que d'un afflux de capitaux ouest-allemands et français dans les régions sous-développées.
L'Italie a reçu comme concession une marge de fluctuation supplémentaire pour la lire au du nouveau (6% à la place de 2%). Quant à l'Irlande, elle ne voit pas sans déplaisir la possibilité de décrocher, pour la première fois depuis la conquête de indépendance après la première guerre mondiale, sa monnaie de livre sterling même si cette opération implique des risques, vu que plus de 40 % des exportations irlandaises vont en Grande-Bretagne.
En Grande-Bretagne, problème de l'adhésion au SME a été un sujet de controverse et de conflit politique assez grave. Le Congrès du Parti travailliste s'est prononcé en septembre 1978 contre cette adhésion, ce qui n'a pas Callaghan d'aller négocier avec Helmut Schmidt à Aix-la-Chapelle des concessions supplémentaires qui permettraient la participation britannique.
Mais le Chancelier de l'Echiquier Healey reste l'adversaire d'une telle participation dans les conditions actuelles, exprimant d'ailleurs l'avis des technocrates de la Treasury qui, dans un document secret, rent que «l'adhésion au SME aurait des conséquences dangereusement déflationnistes pour la Grande-Bretagne». L'hebdomadaire The Economist y ajoute que cette adhésion « influencerait négativement tant le taux d'inflation que celui de la production et de l'emploi» (numéro du 17 novembre 1978).
Mais continue ble que le autres pays d'Europe.
l'espoir
5 décembre 1978).
VERS UNE COMMUNAUTE
INFLATIONNISTE?
«serpent» suivants:
1)
son former la britannique, tamment en-dessous le porté» en RFA, empêché la masse monetaire, supplémentaire la RFA.
2)
grande partie soustrait affirmè exclusif appuyer rejette.
3)
Cette position n'est cependant pas unanime en Grande-
Bretagne. Une fraction de la bourgeoisie britannique craint qu'en restant à l'écart du SME, le le capitalisme du Royaume-Uni à rester plus instacapitalisme banquiers
Sir Jeremy Morse, le président de la Lloyds Bank, s'est prononcé sans ambiguités en faveur de la participation de la Grande-
Bretagne au SME (Le Monde du
Mais les objections les plus massives contre le SME ont été formulées en RFA elle-même, surtout dans les sphères de la
Banque centrale et d'autres miprécisément lieux du capital financier. Ces objections concernent les points
Le SME risque de trans-
CEE en une communauté inflationniste.
Si la Bundesbank doit consintervenir pour éviter que les devises les plus faibles ne tombent du palier de fluctuation fixé, le taux d'inflation supérieur des partenaires est en fait «im-
RFA car ces
Pays-Bas achats de devises commu-
Belgique nautaires mettent en circulation une quantité supplé-
France mentaire de DM, c'est-à-dire
Danemark accroissent dangereusement
Italie sans qu'à cette augmentation ne corresponde une quantité de marchandises sur le marché de
Les réserves de change de la RFA doivent être à la mises disposition du Fonds monénement taire européen, ce qui les à contrôle son et pourrait même aboutir à une situation où elles seraient utilisées pour
Lorsqu'il une politique crédits «laxiste» que le gouvernement ouest-allemand
Cela restreindrait les possibilités de la Bundesbank de s'en tenir à une politique dite de stabilité, et ferait dépendre la conjoncture en
RFA de plus en plus des avatars du SME, sur lequel gouvernement ouest- allemand n'a pas directement prise.
Ces arguments de la part des ouest-allemands ne sont pas sans fondement. Leur Schmidt, qui a dû leur faire des concessions et «remodeler» son projet de SME. Il est clair que la création du SME constitue en quelque sorte une tentative de mettre la charrue avant les bœufs. Au lieu de déterminer d'abord une politique économique et conjoncturelle commune au sein de la CEE, on commence avec un système monétaire commun qui soumis à rude épreuve en fonction de la disparité des politiques économiques suivies par les neuf gouverdisparité des situations économiques. Celle-ci manifeste en ce qui concerne la disparité des taux d'inflation : Taux d'inflation des douze derniers mois
2,0% (octobre) 4,0% 3,8% Grande-Bretagne 8,5 % (septembre)
9,2 % 9,1 % 12,0% (The Economist du 18 novembre 1978 -
OCDE note du 9 novembre 1978)
Quant à la politique économique et conjoncturelle commune, elle est impossible sans des pas décisifs vers un gouvercommun, c'est-à-dire un Etat supra-national. Helmut Schmidt le comprend fort bien. Mais les obstacles sur cette voie restent formidables.
lança un prudent ballon d'essai au début de novembre en suggérant que le Parlement européen élu au suffrage universel pourrait s'approprier des pouvoirs supplémentaires, la réaction furieuse des gaullistes et des «national-
communistes» français obligea Giscard à répondre, lui aussi,
«non» corrigeant son «ami» Schmidt.
Les perspectives concernant l'évolution des taux d'inflation vont d'ailleurs dans le sens d'une hausse, ce qui n'implique pas nécessairement que entre le taux le plus bas et le taux le plus élevé - qui déjà de un à six ! - s'élargirait lui aussi. N'empêche que cet accroissement prévu des taux d'inflation créerait des blèmes multiples, implique que l'inflation lienne devienne de nouveau incontrôlable.
Par ailleurs, il est vrai que de plus de 40 % des réserves de change des pays de la CEE :
Réserves de change de Pays RFA Grande-Bretagne Italie France Pays-Bas Belgique-Luxembourg Danemark Irlande Total
D'après le modèle actuellement prévu du SME, la RFA lui apporter quelque dix milliards de dollars, soit près de 20 milliards de DM, change. Mais en compensation, l'influence de la Bundesbank serait sans doute prépondérante au sein du Fonds monétaire
Sur ce point, critique est donc moins fondée et plutôt préventive que correc-
Mais la troisième critique est de nouveau plus sérieuse. S'il n'y a pas d'unification des politiques économiques et conjoncturelles d'ici trois ans - ce partenaire contributions pour freiner la disparité l'éventail plus rapide de la est politique pays jugent souhaitable.
prosurtout s'il
LE «NOUVEAU MODELE» ita-
DU SME aujourd'hui
«correctifs» apportés pression des banquiers ouestla CEE au milieu de 1978 en milliards de dollars part en % montants
40,7
17,3
13,2
11,6
8,0
5,9
2,7
2,0
101,4
(Frankfurter Rundschau du 20 octobre 1978)
allemands d'autre part, du SME que personne ne prévoit sérieusement - alors la diversité de ces politiques obligera en effet la Bundesbank, c'est-à-dire le financièrement plus puissant, à effectuer les taux de change, ce qui amènerait probablement une expanmonétaire en RFA, au-delà de ce que les responsables de la économique ET LE «MODELE PROBABLE»
Le résultat conjoint des critiques britannique, italienne et irlandaise d'une part, et des crises». Or, 40,1 % 17,6 % zone 13,2 % 11,4 % 7,9 % 5,8% 2,7 % 2,0% 100,0 % naître dans les faits un modèle» du SME. Il s'agit d'un véritable bâtard : 1) Il y aura un «noyau dur»
Le «noyau dur» comportera les pays membres du
«petit serpent monétaire» s'agit donc en définitive simplement d'un retour de la France dans le «serpent».
La lire et la devise irlandaise recevront des marges de fluctuations majeures.
On prévoit des «conditions incriminé, d'intégration progressives» pour la livre sterling - qui restera pour le moment en dehors du SME. 2) Il n'y aura plus d'intervention obligatoire si les devises crèvent soit les plafonds soit les paliers de fluctuation prévus - fluctuations d'ailleurs élargies par rapport au projet initial, c'est-à-dire 2,25% à la place de 1%. Cela devra d'une part décourager la spéculation, et d'autre part laisser une place plus large à des réévaluations et dévaluations de devises, au lieu d'interventions des banques centrales. donc du projet initial, c'est la création du Fonds monétaire européen - elle-même entourée de difficultés accrues du fait de l'abandon des autres éléments du projet initial. Les banquiers ouest-allemands réclament en effet des garanties pour que «le système puisse résister au moins pendant deux ans à des le SME nouvelle mouture n'offre point de telles garanties. L'idée d'une véritable de stabilité monétaire étant tacitement abandonnée, le SME n'offre même plus aux capitalistes l'avantage de taux de change fixes au sein même de la CEE, en vue de pouvoir «digérer en commun» les effets de la dévaluation du dollar et de la revalorisation du yen.
Ainsi, le caractère véritable du Marché commun est confirmé à travers les avatars du SME. Vu l'aggravation des crises tendancielles de l'économie capitaliste internationale, il n'est pas en état d'avancer effectivement vers un Etat supranational, et ne peut pas, de ce fait, riposter comme un front commun à l'impérialisme américain et japonais dans le cadr de la inter-impérialiste accentuée. Ses pays membres sont trop frappés par les microbes de la crise capitaliste pour pouvoir abandonner complètement le nationalisme économique et le protectionnisme.
A la réunion de Bruxelles, le refus (momentané) de l'Italie et de l'Irlande d'adhérer au SME a fait l'effet d'une bombe. On a à ce propos, la brusque opposition du PC italien à
l'adhésion de l'Italie. La raison réelle des difficultés surgies en dernière minute semble plutôt résider dans le refus de Giscard d'accorder les « contreparties financières » réclamées par l'Irlande et l'Italie, respectivement 1,3 milliards de dollars et plus de 2 milliards de dollars de dons échelonnés sur 5 ans.
Le refus français - contraire à l'attitude plus conciliatrice de la RFA - aura d'ailleurs des conséquences fort négatives pour l'économie française. Car sans la lire italienne, la du «serpent» par rapport à laquelle les fluctuations du franc sont limitées à 2,25% sera plus élevée, ce qui risque de nuire aux exportations françaises. A moins qu'en guise de compromis, on décide de maintenir le calcul des fluctuations par rapport à l'ECU qui inclut la livre britannique, la lire et la livre irlandaise, même si ces trois pays ne participent pas au « serpent ».
Andreotti peut d'ailleurs revenir sur la décision de nonadhésion. La pression dans ce sens est très forte de la part de la bourgeoisie italienne. Et rappelons que l'UNICE, l'association patronale au sein de l'Europe des Neut, s'est prononcée a l'unanimité en faveur du SME et d'une discipline monétaire communautaire stricte (Neue Zürcher Zeitung, 8 novembre 1978). LE SENS DU SME DU POINT DE VUE DE LA LUTTE DE CLASSE
A première vue, les débats autour du modèle du SME peuvent apparaître comme des conflits purement inter-capitalistes. Mais certains dangers du point de vue des intérêts de la classe ouvrière et du mouvement ouvrier peuvent être dégagés de ces débats, dangers liés aux tendances vers l'unification capitaliste de l'Europe occidentale, et qui sous-tendent notre attitude de rejet du Marché commun.
De même que les modifications des taux de change résultent du développement inégal entre pays capitalistes, le nouveau SME accentuera cette inégalité de développement. aggravera la concurrence interdomination dans cette partie du monde ?
les forces de libération nationale.
A partir d'archives provenant d'Angola, l'auteur civile angolaise en les replaçant dans leur contexte international.
Zaïre, en Ethiopie, en Afrique du Sud.
ant que rédacteur de la revue « Afrique en Lutte» impérialiste - non seulement entre les USA et la CEE, mais également au sein de la En même temps, il accentuera la pression en vue d'égaliser les taux de profit et l'accès aux débouchés aux dépens de la classe ouvrière. L'« ouverture » de la CEE prévue vers la Grèce, le Portugal et l'Espagne constitentative d'assurer à la grande industrie du Marché commun des «arrières» élargis (ceux-ci sont pour le moment constitués par l'Italie méridionale et l'Irlande).
Le Fonds monétaire européen en lui-même remplit une fonction importante dans la de classe. L'octroi de crédits aux pays membres serait lié à partir d'un certain montant à des conditions de économique, comme c'est déjà monétaire international. Ainsi, essaie de marquer d'une pierre deux coups. D'une part favoriser la «stabilisation» des pays impéplus faibles mouvement ouvrier est généraplus militant en leur imposant des attaques aggravées niveau de vie de la classe ouvrière, un taux de chômage plus élevé comme résultat d'une «modernisation» de l'économie,
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etc. D'autre part, faciliter aux gouvernements de ces pays la en pratique d'une politique contre la résistance des syndicats, en insistant sur le fait que ce ne sont pas ces gouvernements qui en portent la responsabilité, mais qu'elle découle pour l'essentiel d'instances anonymes de la CEE. Ce appliqué avec un succès partiel lors des prêts du Fonds monétaire international à l'Italie et à la Grande-Bretagne.
Finalement, la mise en pratique du SME signifierait en tous cas un renforcement de la puissance impérialiste des pays membres de la CEE et de la bourgeoisie européenne. Ce sefractions les plus fortes de cette bourgeoisie - en tête celle de la RFA - qui en cela impliprofiteront. Tout querait un affaiblissement du ouvrier européen mouvement et faciliterait pour la bourgeoisie le déclenchement d'aggressions plus massives contre le mouvement ouvrier lors de futures crises plus graves.
6 décembre 1978
1) Voir à ce sujet les articles d'Ernest
Mandel et de Jon
Britton dans ce numéro spécial d'Inprecor.