Inprecor 1974–2004

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Haïti : Onu, un pied dans le plat

Inprecor n° 410, février 1997 · p. 17 · 381 mots

Économie mondiale

Les Nations unies, dans une étude sur les secteurs industriel et commercial de la République d'Haïti (1) viennent d'attaquer violemment la Banque mondiale et l'USAID (Programme d'aide au Tiers monde des Etats-Unis). L'étude cite un document de la Banque mondiale qui affirme que « le principal avantage comparatif d'Haïti continue d'être la faiblesse des coûts de main d'œuvre » (2), puis un document de l'USAID qui cite parmi les facteurs positifs d'investissements « une économie de bas salaires » (3). L'étude des Nations unies rappelle également qu'en 1991, l'USAID s'était opposé à la proposition du Président Aristide de relever le salaire minimum de 22 à 37 centimes de dollars l'heure. Voici les commentaires de l'étude commandée par les Nations unies : « On peut pardonner à des dizaines de milliers de travailleurs haitiens — qui n'ont pas la connaissance des théories économiques conservatrices et qui ont des parents aux Etats-Unis gagnant facilement 20 à 30 fois ce montant pour des tâches semblables — d'avoir mis en doute le fait que 37 centimes au lieu de 22 par heure pourraient dissuader les investisseurs ». Puis plus loin : « cette perception (de la Banque mondiale et de l'USAID) est fondamentalement mauvaise. Une perpétuelle pauvreté, même du type supposé pénible créée par des bas salaires, par opposition au chômage direct, n'est pas un avantage ... Non seulement la notion de bas salaires en tant qu'avantage-clé est incorrecte, mais le fait que les bailleurs de fonds la répètent est une source de ressentiment populaire non déclaré envers la privatisation, envers des politiques de toutes sortes associées au FMI et fait que les gens soupçonnent les grands marchés de vouloir qu'Haïti maintienne ses bas salaires indéfiniment pour se garantir une source de produits à bon marché. » Enfin voici l'estocade : « Les consultants étrangers grassement payés peuvent considérer ceci comme une paranoïa sans fondement, mais très peu d'entre eux sont le produit du pénible creuset de l'histoire haïtienne ». 1) Redémarrage et transformation — Un défi pour les secteurs industriel et commercial, PNUD-ONUDI-CNUCED-CCI, juillet 1996. 2) Ebauche de stratégie d'aide du groupe de la Banque mondiale à la République d'Haïti, Port-au-Prince, 11 avril 1996, page 3. 3) Situation of agro-business in Haiti, avril 1995, p XI.

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