D'avril à juin, de Sarajevo à Belfast, chômeurs et salariés marcheront contre le chômage et la précarité
Extrait du Soir, Bruxelles 24 février 1997
Pendant le week-end du 22-23, les auditoires de l'Université libre de Bruxelles (ULB), avaient retrouvé une allure joyeusement soixante-huitarde, oscillant entre assemblée libre et rassemblement du Larzac. Des dockers de Liverpool y côtoyaient des féministes, des sans-logis flanqués de leurs chiens bergers écoutaient le sénateur écologiste Pierre Jonckheer, des jeunes banlieusards frayaient avec des syndicalistes chevronnes. Rassemblant 600 personnes issues de 15 pavs. le tohu-bohu des assises de Bruxelles préparait les « Marches européennes contre le chômage, la précarité et l'exclusion ».
Cette manifestation au long cours prendra le départ le 14 avril de Sarajevo et de Tanger, pour ouvrir l'Europe vers le Sud et vers l'Est. Elle sillonnera toute l'Union, les marcheurs internationaux étant escortés de sympathisants, au gré des localités traversées. Trois des marches aboutiront à Bruxelles, le 28 mai, pour se joindre à la manifestation européenne organisée ce jour-là, par les syndicalistes. Fusionnée avec les cortèges allemand, scandinave et britannique, la troupe convergera vers Amsterdam pour manifester, le 14 juin, lors du sommet européen, point d'orgue de la ran-
La marche contre le chômage n'accueillera pas dans ses rangs que des chômeurs. L'invitation est lancée aux salariés, aux retraités, aux jeunes, aux agriculteurs.
Accueillant des participants aux assises, Mateo Alaluf, sociologue du travail à l'ULB, leur a dit : « En Europe, il y a 20 millions de chômeurs et 50 millions de personnes vivant dans la précarité. L'Union européenne est en train de devenir un cauchemar. Les mesures prises dans les diffé rents pays se ressemblent toutes : stages, parcours d'insertion, dispositifs pour faire "bouger" le chômeur. On ferme les yeux sur les effets pervers de ces mesures, qui déstabilisent le système d'indemnisation. »
Le 23 février, à l'ULB, les futurs participants se sont déjà mis d'accord sur la nécessité urgente d'une réduction du temps de travail massive, à mener simultanément à l'échelle européenne et dans chaque pays, sur la nécessité d'étendre le droit d'asile au-delà de la convention de Genève, sur la priorité à accorder aux droits des femmes, forcées au temps partiel ou renvoyées à la maison.
Secrétariat européen : 104, rue des Couronnes, 75 020 Paris. Fax : (33 1) 44 62 63 45.