Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

RWANDA

Toutes ensemble pour la paix

· Inprecor n° 411, mars 1997 · p. 22 · 733 mots

Femmes

« Twese Hamwe»,

FEMMES

•

DOSSIER PAIX

RWANDA

POUR

LES FEMMES CONSTITUENT environ 70 % de la population au Rwanda, situation unique au monde. Elles représentent une force de changement décisive sans laquelle aucune action d'envergure nationale ne peut se faire. Confinées dans un système traditionnel d'inégalité avec un statut social inférieur, elles furent victimes de violences spécifiques (50 000 viols perpétrés pendant le génocide). Ces femmes ont rassemblé leur courage et uni leurs forces pour constituer un collectif nommé « Pro-femmes, Twese Hamwe » (toutes ensemble). Formé de 35 ONG, Toutes ensemble, rescapées du génocide et des massacres, femmes rapatriées après de longues années d'exil, femmes victimes de viols et autres sévices corporels et psychologiques, veuves ou abandonnées, se sont levées pour s'engager autour d'un programme national baptisé « Campagne action pour la paix ».

Le collectif Pro-femmes Twese Hamwe, se présente comme un cadre de concertation et de coordination afin de « conjuguer les efforts pour opérer des changements indispensables dans le but d'éradiquer toute forme de discrimination à l'égard de la femme ; faciliter les échanges entre les différentes associations membres et promouvoir le partenariat avec les organismes œuvrant pour la promotion de la femme ; renforcer les capacités organisationnelles et institutionnelles des associations Pro-femmes, Twese Hamwe ; promouvoir la paix et le développement du pays notamment à travers la Campagne Action pour la paix. »

Les objectifs de cette action pour la paix sont de :

• renforcer le pouvoir et le rôle de la femme dans la société rwandaise ;

• promouvoir une culture de paix dans la société nationale, régionale et internatiotoutes ensemble pour la paix

Par Sabra Martin nale. Une des premières manifestations de la Campagne action pour la paix pour que le génocide de 1994 ne puisse se reproduire dans d'autres pays africains, est l'organisation par le Collectif Pro-femmes, Twese Hamwe, le Comité national consultatif pour la femme (CNCF) et le Ministère de la famille et de la promotion de la femme (MIFAPROFE), d'une Conférence panafricaine de « Paix, genre et développement » qui se tiendra à Kigali-Rwanda du 1 au 3 mars 1997.

Première du genre, cette conférence vise

Pour tout contact : Pro- femmes, Twese Hamwe, C/O,

BP 1049 Kigali Tel : 250 75619; Fax: 250 74671 à : « amener les Africains, et plus particulièrement les Africaines, à discuter sur le sort de leur Continent aujourd'hui marginalisé du fait de ses multiples conflits armés internes, son extrême pauvreté et l'incapacité de ses populations à atteindre un développement durable. En effet, la qualité de la vie des populations s'est fortement dégradée, le PNB par habitant en Afrique subsaharienne a diminué de presque 10 % entre 1980 et 1990, les prix mondiaux des produits d'exportation (café, thé, cacao, coton, etc.) ont chuté de 50 %. La population actuelle des réfugiés en Afrique est estimée à 7 millions sur un total mondial de 20 millions. sans compter qu'il y a 25 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays, plus de 80 % étant des femmes et des enfants. »

L'importance de cette conférence réside dans le fait qu'elle met l'accent sur l'intégration sous-régionale et régionale dans le maintien d'une paix et d'un développement durable basé sur la justice sociale.

Tels qu'ils sont présentés dans le document officiel de la conférence, les objectifs de ces trois jours de débats sont :

« D promouvoir une conscience panafricaine pour la paix, le développement et l'égalité des sexes en faisant référence à l'expérience rwandaise ;

• définir le rôle participatif de la femme africaine, dans la prévention, la résolution des conflits, le maintien de la cohésion sociale et dans les efforts de reconstruction des pays sortant de conflits;

• renforcer les liens entre différents partenaires, à savoir, les Gouvernements, la société civile, la communauté internationale et le secteur privé, en vue de soutenir la pleine participation de la femme dans le processus de recherche de la paix et du développement ;

• renforcer l'esprit de solidarité et d'entraide entre les pays africains surtout dans des circonstances difficiles et resserrer les liens du continent avec la communauté internationale;

• identifier les grandes causes communes des conflits dans la perspective de mieux les comprendre et d'élaborer des mécanismes pour une paix durable en Afrique, fondée sur la participation de tous au développement économique, culturel, politique et social. »

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