Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

UKRAINE

L'Ukraine en 1997

· Inprecor n° 413, mai 1997 · p. 9 · 568 mots

L'hiver 1996 a apporté de nouvelles difficultés à la majorité des citoyens d'Ukraine. De façon visible le nombre de postes de travail a diminué dans l'industrie et cette tendance continue à se manifester. Le gouvernement a annoncé qu'il « démontait » à peu près 50 % du secteur d'Etat comportant les institutions préscolaires, l'éducation et la santé. En 1997, 20 % des travailleurs occupant des postes budgétaires seront tout simplement jetés à la rue.

Cependant que les 10 à 15 % qui représentent l"élite" s'enrichissent activement, les enseignants, les médecins, les mineurs et d'autres travailleurs du secteur d'Etat n'ont pas touché leur salaire depuis 3-4 mois.

L'Etat est débiteur devant les travailleurs mais il hausse les impôts, il augmente les prix d'accès aux moyens de transport, il 1 détruit les garanties sociales et exige une contribution pour les charges locatives et les impôts locaux. Cet Etat banqueroutier, racketteur et voleur en chef, laisse la majorité des citoyens n'être qu'une force de travail bon marché et les otages du business privé. C'est ainsi que les intérêts du capital et les privilèges de la minorité suppriment tous les droits civiques en renforcant la spéculation et la criminalisation de toute la société.

En 1996 la population ukrainienne a diminué de 300 000 personnes. On attend pour 1997 une nouvelle diminution de 400-500 000. D'après les données officielles, en 1996, près de 10% de la population est à la limite du minimum vital (dont 50 % de retraités).

Du 28 au 30 janvier, 3 000 représentants des enseignants et 400 représentants des mineurs ont mené des actions de protestation a Kiev. Dans la ville de Pervomaiskié (région du Donbass), 500 mineurs ont fait la grève de la faim pendant sept jours en exigeant le palement de leur salaire.

Pas un seul parti politique ne soutient les revendications ouvrières. Les socialistes et les communistes (SPU et KPU) semblent être des partis de masse si l'on s'en tient aux listes qu'ils présentent aux autorités (près de 800 000 membres sur le papier). Mais leurs nombreux fonctionnaires travaillant dans des organes dirigeants au niveau du district, de la ville, de la région ou même dans l'administration présidentielle, ayant la majorité au Parlement, ont en fait régulièrement soutenu le gouvernement contre les citoyens.

Pour l'instant l'ordre existant" n'a pas besoin d'avoir recours à la répression ou à des mesures policières. Les différentes décisions sont appliquées en douceur et ne menacent en rien l'élite étatique et financière.

Le business moyen et les bureaucrates prospèrent avec cet «ordre existant ». Mais par quelle voie en finir avec lui ?

Aujourd'hui on peut affirmer que tous ces Etats nationaux bourgeois-bureaucratiques (c'est-à-dire les anciennes républiques de 'URSS) sont une réaction à la « perestroika » de M. Gorbatchev et aux evenements d'aout 1991.

Alors les « démocrates du marché » et les conservateurs du PCUS comprirent que l'activité du peuple était incontrôlable et que les travailleurs étaient les ennemis aussi bien des plans de la bourgeoisie que de l'ancien ordre totalitaire.

Depuis 1988 le facteur révolutionnaire démocratique en politique a été continuellement écrasé et par le PCUS au pouvoir et par l'opposition bourgeoise en formation. Développer l'activité révolutionnaire des travailleurs, dont on a tant besoin aujourd'hui, demeure la tâche essentielle pour le futur proche. Pour réellement combattre, il faut frayer le chemin à la lutte de classe pour le socialisme !

Dniepropetrovsk, 24 février 1997 Roman Kondakov

Une erreur sur cette page ?