Inprecor 1974–2004

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PAYS-BAS

Contre sommet : la réussite

Inprecor n° 415, juillet 1997 · p. 36 · 458 mots

Contre sommet : la réussite Une gauche internationaliste, européenne mais anti-

UE, a fait irruption dans la vie politique du « vieux Nouvelles du Monde

continent ». L'ensemble des activités du « contre sommet » l'ont établie comme un fait incontournable. D'abord la manifestation du samedi 14 juin, qui a duré 4 heures, est une réussite au-delà de tout espoir : entre 35 000 et 50 000 personnes (selon la police hollandaise), ont rassemblé toutes les nationalités de l'UE, et au-delà : il y avait des délégations turque, marocaine, ex-yougoslave, coréenne, égyptienne, brésilienne, américaine, etc. Propulsée par les 18 marches qui ont sillonné l'Europe (partant de Tanger au Maroc, Sarajevo en Bosnie, de la frontière germano-polonaise, de la Finlande du Nord, de l'Ecosse et de l'Irlande, etc.) la manifestation a créé un événement à la hauteur du Sommet des 15 chefs de l'UE. Les médias internationaux ne s'y sont pas trompés, en opposant presque « naturellement » cette Europe sociale en marche aux négociations diplomatiques de l'Europe monétaire. Cette percée politico-médiatique dépasse d'ailleurs l'assise de la coalition construite pays par pays dans la foulée des Euromarches : leurs forces vives étaient certainement les gauches radicales (syndicale, sociale, associative et politique), avec selon les pays, une gauche réformiste attentive mais restée largement passive. Son soutien a rarement dépassé le niveau moral ou pratique. Moins visible mais tout aussi importantes ont été deux initiatives parallèles à la manifestation. L'appel des 300 économistes (dont une partie de l'establishment académique et institutionnel) des 15 pays de l'UE a également reçu un large écho international. Il met en question la monnaie unique telle qu'elle se dessine. L'onde de choc qu'il a provoquée, en Hollande pour commencer, a brisé le monopole idéologique que les tenants de l'Euro avait réussi à imposer ces cinq dernières années. Une autre légitimité est ainsi apparue, sur le plan de l'UE. Moins spectaculaire mais certainement aussi prometteur, fut le « contre-sommet », un ensemble de débats, assemblées, groupes de travail, etc. qui ont eu lieu entre le jeudi 12 et le mardi 17 juin. En cinq jours, à peu près 2 500 personnes y ont discuté de toutes les questions qui affectent nos sociétés : emploi, écologie, exclusion, logement, militarisme, tiers-monde, etc. L'aspect le plus frappant de ce « sommet par en bas » (comme le comité organisateur l'avait appelé) ne fut pas tellement le pluralisme des opinions et approches (désormais acquis), mais le terrain commun à partir duquel ces débats ont pu être menés. Signe clair qu'une étape dans «l'européanisation » du mouvement social et politique vient d'être franchie. Au total, la force rassemblée à Amsterdam devrait constituer le point de référence et le tremplin pour les mobilisations futures que l'UE ne manquera pas de susciter.

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