Dans le cadre de ces législatives, la LCR a mené une campagne dynamique, aux effets indéniablement positifs pour sa construction. Elle présentait ou soutenait directement 154 candidatures, qui ont recueilli 101 251 voix. A quoi, il convient d'ajouter les résultats des candidats communistes qu'elle soutenait, dans les Bouches-du-Rhône ou les Yvelines, au terme d'accords avec les fédérations du PCF.
Logiquement, les meilleures performances proviennent des candidatures autour desquelles s'étaient formées de larges convergences unitaires. Leurs résultats s'échelonnent entre 2,74 % et 5,97 % des voix. Lorsqu'ils se retrouvaient seuls, les représentants de la Ligue réalisent une moyenne de 1,26 % des suffrages. Ce qui constitue une progression par rapport à 1993, où les candidats qu'elle soutenait avaient obtenu une moyenne de 1,08%.
Ces scores sont sensiblement équivalents à ceux des composantes de la gauche alternative — qui, à l'instar de l'AREV et la CAP, avaient refusé tout accord avec la LCR, en dehors de quelques circonscriptions — et du MDC dans les zones où il n'était pas investi par le PS (pour ses députés sortants) ou le PCF (au terme de plusieurs accords départementaux entre les deux partis).
Seule Lutte ouvrière sera parvenue à traduire, aux alentours de 3% dans les circonscriptions où elle se présentait, les scores présidentiels d'Arlette Laguiller. Mais cette organisation stérilise totalement ce vote en sa faveur et le dévoie dans un positionnement sectaire et gauchiste qui la marginalise sur le champ politique.