Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CUBA

Rencontre internationale de la jeunesse

· Inprecor n° 418, novembre 1997 · p. 33-34 · 1 128 mots

Cuba Femmes

La rencontre de la jeunesse et les cales de changement socal

Cuba Par Monica Gaona Romero Onze mille trois cent jeunes de 132 pays ont suivi les travaux du Festival mondial de la jeunesse à Cuba cet été. Notre camarade Monica Gaona Romero, du PRT, y a participé dans le cadre de la délégation mexicaine de son parti, elle en propose une analyse.

Jeunes, etudiants, travailleurs et tra-

vailleuses, homosexuel(le)s, croyants et croyantes, téministes et animateurs des luttes sociales, tous sont tombés d'accord pour affirmer qu'il existe une alternative de transformation de la société, qui peut nous permettre d'atteindre une vie juste, pacifique et réellement humaine. Les échanges d'analyses au sujet des conséquences des politiques libérales sur nos régions respectives, ont montré leurs effets dévastateurs. Assurément, la seule solution aux problèmes économiques, politiques et sociaux que nous vivons actuellement est le changement radical de la société capitaliste.

Le désir de la jeunesse mondiale pour la transformation du monde qu'elle subit aujourd'hui, s'oppose profondément aux décisions quotidiennes des gouvernants en faveur de politiques dévastatrices et inégalitaires qu'ils imposent partout sous l'influence de la première puissance économique mondiale et avec la complicité des principaux centres financiers internationaux comme le FMI, la BM et la BID.

Outre la participation de milliers de jeunes du monde entier, de la gauche socialiste et d'organisations démocratiques aux différentes activités du Festival, nous ne pouvons pas oublier la participation de la délégation des États-Unis. Non seulement parce qu'elle a dû défier l'interdiction imposée par son gouvernement qui voulait l'empêcher de sortir « légalement » de son pays, mais aussi parce qu'elle était composée de 849 délégué(e)s, c'était la délégation la plus nombreuse à la Havane : la délégation la plus importante à se prononcer contre l'impérialisme et le néolibéralisme venait du pays dont le gouvernement depuis plus de 35 ans impose un blocus à Cuba.

Il convient aussi de signaler que cette délégation était composée d'un nombre important de membres des minorités qui vivent dans ce pays (chicanos, mexicains, latino-américains en général, noirs et asiatiques) ; il y avait ainsi tous ceux et toutes celles qui participent aux luttes dans les différentes villes nord-américaines en faveur du respect des droits de l'homme et de l'autodétermination des peuples

Le nombre de participants à ce Forum contre le néolibéralisme a été supérieur de plus du double à ce qui était prévu. Ceci explique en partie que la dynamique des débats ait parfois été décevante Néanmoins, les participants ont pu discuter de la montée de l'intolérance, de la misère à l'échelle mondiale, de la recrudescence du fascisme, de la marginalisation dont souffrent partout les travailleurs migrants, du chômage, des carences de l'éducation et de la santé qui s'accroissent partout....

On a essayé à chaque fois de rassembler les éléments de propositions et d'expériences apportés par les participants.

Mais le temps et l'espace réservés à chaque débat étaient cruellement insuffisants pour permettre le plein développement des discussions. La table-ronde sur la place des jeunes femmes n'a pas été une exception à cet égard. Elle se déroula même dans l'un des espaces les plus réduits de la conférence. Ce ne fut pourtant pas par manque de participants : un grand nombre de très jeunes femmes ne purent accéder à l'espace de débats par manque de place.

A cette tribune on eut de nombreuses surprises. Par exemple la délégation cubaine était composée de femmes de plus de quarante ans. L'une d'elles se chargea de présider la séance, et l'autre - membre du Bureau politique du PC cubain - se chargea de lire un document d'où il ressortait que les Cubaines vivent dans le paradis de l'égalité grâce aux multiples lois qui ont été adoptées pour assurer leur bien-être social. Le trotskysme en débat

Une autre table ronde qui fut l'objet de beaucoup de débats a été consacrée au trotskisme et à sa présence dans les mouvements sociaux. Des camarades cubains

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Cuba firent un exposé sur les différents événements qui marquèrent des étapes importantes du developpement de la révolution, toujours vivante dans ce pays : depuis les grandes grèves dans les années 30, jusqu'à la participation continue du trotskysme à la vie révolutionnaire du pays, comme en témoigna l'échange d'opinions entre le camarade Ernest Mandel et le Che à propos de l'orientation que devrait suivre l'économie cubaine, quand ce dernier était ministre de l'Industrie. Le Festival et la jeunesse cubaine

Un des motifs qui nous avait incité à participer avait été, parmi d'autres raisons, l'espoir d'avoir un contact avec la jeunesse cubaine en général. Ceci fut une des grandes déceptions : la participation populaire fut fortement limitée.

Tous les membres de la délégation cubaine devaient être au Parti communiste. La population n'était pas intégrée aux différentes activités du Festival, ni à celles qui eurent lieu sur les principales esplanades de la ville. Par exemple quand à La Piragua il y eut un concert avec un groupe cubain, des barrières furent installées pour séparer l'auditoire étranger de l'auditoire national; lors des rares moments où les délégués étrangers auraient pu échanger des points de vue avec le peuple cubain. Pourtant le mécontentement qui règne dans la population jeune doit être pris en compte. Le malaise des jeunes Cubains est réel face aux mesures que le gouvernement a prises pour pouvoir affronter le blocus économique. Par exemple, les Cubains ne peuvent pas accéder à certains sites touristiques ; il existe des hôpitaux réservés aux étrangers, mieux équipés que les hôpitaux destinés à la population de l'ile, qui sont chaque jour plus détériorés; le système d'éducation est de plus en plus marqué par la corruption et le désenchantement révolutionnaire ; ou bien on est frappé par le manque de moyens de transport, l'existence d'une bureaucratie qui se charge de rendre fastidieuse la vie administrative et qui bénéficie de certains privilèges... et surtout par le contrôle politique qui est maintenu sur l'ensemble de la population ainsi que par le manque de démocratie et de liberté pour exprimer des positions qui vont contre le régime. Quelques conclusions significatives du Festival

La principale conclusion a été la nécessité urgente et la nécessité de construire une alternative à la présente société et à son modèle barbare d'accumulation capitaliste: le socialisme démocratique. Cette conclusion a fait l'objet d'un large consensus, au pays de la résistance des hommes et des femmes contre l'impérialisme et le néo-libéralisme, et a inspiré chez tous et toutes les participant(e)s l'espoir d'une transformation sociale. Beaucoup de jeunes sont rentrés dans leur pays avec dans les oreilles le cri des Mères de la Place de Mai, rêvant de la révolution continue : nos fils ont consacré leurs vies à un projet révolutionnaire, leurs rêves et espoirs se basaient sur le marxisme et sur les exemples magnifiques de la révolution cubaine et de la passion internationaliste du Che. •

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