Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CANADA

La bourgeoisie dans la tourmente néolibérale

· Inprecor n° 420, janvier 1998 · p. 33-35 · 2 992 mots

Économie mondiale Syndicalisme États-Unis

la tourmente libre-échangiste

Par Marc Bonhomme* Le taux de chômage officiel pan-canadien stagne à 9 % depuis juillet (il est de 11 % au Québec), près de deux points de plus que la moyenne de POCDE. Le taux d'inflation, à 1,5 %, en-dessous de la moyenne de P'OCDE, est à la baisse. Conclusion : depuis juin, la Banque du Canada repart en guerre contre l'inflation en haussant les taux d'intérêt en quatre fois, dont la dernière le 15 décembre !

La bourgeoisie dans

e salaire horaire réel canadien (ajuste - pour l'intiation) continue de chutel comme il le fait depuis au moins 1983 ; et la lutte contre les déficits budgétaires a connu un succès fulgurant - l'ensemble des budgets gouvernementaux fédéral et provinciaux est passé d'un déficit de 60 milliards $ en 1993 à un surplus de près de 5 milliards $ au milieu de 1997 — si bien que le gouvernement canadien est cité en exemple au sein de l'OCDE.

Comparé aux États-Unis, il n'y a pas eu au Canada l'équivalent d'une grève victorieuse à la UPS, ni une victoire politique significative comme la défaite de la procédure fast track pour permettre au président de négocier le libre-échange sans entraves du Congrès. L'importante grève des enseignants ontariens s'est terminée en défaite, malgré un fort appui de l'opinion publique et même des tribunaux. La gauche syndicale, pas du tout organisée à la manière des Teamsters for a Democratic Union, n'a pu mettre en échec la perspective électoraliste des directions syndicales. Satisfaits d'une démonstration de force, ceux-ci attendent la défaite des Tory ontariens aux prochaines élections et la victoire des Libéraux.

La récente grève des Postes canadiennes s'est elle aussi terminée en défaite. Contrairement à UPS, la population canadienne n'a pas vu dans les postiers des victimes des inégalités sociales, par ailleurs moins grandes qu'aux États-Unis. Et le syndicat n'a pas su démontrer la pertinence de construire un service public de communications à bon marché.

Reste que l'envers du succès de la lutte contre le déficit consiste en de dures coupures dans les services publics subies par des travailleurs largement syndiqués, de plus en plus en colère, et avec lesquels sympathise une population de plus en plus excédée par la détérioration des systèmes de santé et scolaire. Les récentes courtes grèves sauvages dans les plus grands hôpitaux de Montréal, actuellement en cours (17 décembre) et le conflit latent des employés municipaux (des communes) québécois soulignent la grande tension sociale, au moins en Ontario et surtout au Québec, en retard dans la lutte contre le déficit. La disparition de l'épargne

Baisse salariale, succès de la lutte contre le déficit et tensions sociales devraient alors susciter une politique monétaire prudente, d'autant plus que la rentabilité des institutions financières n'a cessé de croître. Mais du début de 1995 à la fin de 1996, le taux d'intérêt réel à court terme est passé d'environ 5 % à environ 1 % ! Cette baisse allait bien au-delà des demandes les plus folles des sociaux-démocrates. Un si faible taux réel empêchait cependant les banques de maintenir l'écart entre leur taux des fonds empruntés et les taux des fonds prêtés. D'où l'urgence, du point de vue des banques, de remonter le taux réel à court terme, qui avait grimpé à environ 2,5 % au 17 décembre.

Cette baisse précipitée des taux à court terme depuis 1995 avait été elle-même provoquée par une chute rapide du taux de croissance du PIB, devenu négatif au premier trimestre de 1995. Un retour de la récession aurait signifié pour les banques une escalade de mauvaises créances, ce qui aurait fait chuter leurs profits. Il leur fallait donc accepter et même réclamer une baisse des taux d'intérêt, d'autant plus que le niveau des banqueroutes n'avait pas baissé après la récession du début de la décennie, contrairement à la tendance normale.

Mais doit-on se réjouir de la reprise alors que la croissance du revenu réel disponible par personne est négative depuis le début de 1996 jusqu'au deuxième trimestre de 1997 inclus, dernière statistique disponible. Si on peut parler d'une légère recrudescence des achats internes qui, dans la dernière période, ont pris le relais des exportations nettes (exportations L'auteur est responsable à la rédaction de La Gauche, journal internet hebdomadaire • http://www.total.net/~maison1/ + de la section québécoise de la Quatrième Internationale, et de la revue trimestrielle Option Paix.

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moins importations) vers les États-Unis comme moteur de la croissance, ce n'est que parce que les consommateurs ont largement puisé dans leurs épargnes, le taux d'épargne passant de plus de 10 % au début de 1993 à moins de 1 % au deuxième trimestre de 1997 ! Banques et globalisation

Alors pourquoi les banques prennent-elles le risque de précipiter une récession ? Parce que, malgré les grandes banques canadiennes, noyau dur et dominant de la grande bourgeoisie, ont un sérieux problème de compétitivité. A l'époque des trente glorieuses, plusieurs des grandes banques canadiennes figuraient parmi les 50 premières institutions financières mondiales. Par exemple, selon The Economist, la Banque Royale, la plus importante banque canadienne, plus grande banque mondiale qu'elle était en 1970, en termes d'actifs, ne figurait plus dans les 60 premières en 1995.

La décennie 80 leur a été très néfaste en termes de mauvaises créances des pays du tiers monde, dans l'immobilier et le pétrole. Il a fallu toute la générosité fiscae des travailleurs canadiens pour les tirer d'affaires. Il a fallu, ensuite, que le gouvernement canadien, à partir de 1987, leur donne la permission de s'emparer des maisons de courtage et des sociétés fiduciaire pour reprendre leur expansion, cette fois-ci, sur un mode plus interne.

Pour se tailler une place dans le marché global, les banques canadiennes se doivent d'être de meilleurs accumulateurs de capital que leurs concurrents pour compenser leur relative petite taille. Jusqu'ici, grâce à la générosité exemplaire du peuple canadien qui a accepté une politique de taux d'intérêt élevé, particulièrement durant la récession de 1990-1991 qui en fut aggravée d'autant, les marges bénéficiaires des banques canadiennes, en 1996, sont excellentes mais moindres que celles des banques les plus performantes des États-Unis

Le problème pour les banques canadiennes c'est que leurs principaux compétiteurs sont les institutions financières américaines. Contrairement à la situation oligopolistique canadienne, le très grand nombre des banques américaines a permis le déploiement d'une vague de fusions bancaires — des banques régionales cherchant à devenir des joueurs de premier niveau sur le marché global — ce qui relativise encore plus la taille des cinq grandes banques canadiennes. De plus, la titrisation des marchés financiers a favorisé fonds de pension, fonds communs de placement et banques d'investissement, où la domination canadienne est beaucoup moins forte. Qu'en pense le capital industriel ?

Mais qu'en est-il des grands monopoles industriels canadiens qui ne doivent pas être très heureux de cette hausse des taux d'intérêt à court terme menaçant une faible reprise ? D'abord ceux-ci, qui n'ont jamais dominé au Canada même des secteurs clefs comme l'automobile, le pétrole, l'électronique, le logiciel et la pharmaceutique, n'ont jamais fait réellement le poids face au pendant financier de la grande bourgeoisie canadienne.

Deuxièmement, pour plusieurs des plus gros manufacturiers canadiens, le marché américain est plus important que le marché canadien (Nortel, Alcan, Seagram, Bombardier). Certains ont meme plus ou presque autant d'actifs productifs sous leur contrôle aux États-Unis qu'au Canada (ex. Nortel, Seagram). Troisièmement, les transnationales, du Canada comme d'ailleurs, recyclent leurs profits, difficiles à réinvestir dans un marché stagnant depuis plus de 20 ans, dans la spéculation boursière et monétaire

La construction non-résidentielle — indicateur des investissements nouveaux — au premier et au second trimestres de 1997 a été moindre, en dollars réels, que pour chacune des années depuis 1979 inclusivement sauf 1986, 1993, 1995 et 1996 et ceci malgré une croissance du PIB réel de plus de 50 % entre 1979 et 1997 ! Cette sérieuse stagnation des investissements est à ce point grave que de 1985 à 1992 la productivité manufacturière canadienne a baissé de plus d'un demi pour cent l'an contre une augmentation de 1,5 % l'an aux Etats-Unis ! Tous d'accord Contrairement, donc, à ce que pensent les sociaux-démocrates, bien qu'il puisse y avoir des rivalités entre capital bancaire et capital industriel, il n'y a pas antagonisme, donc il n'y a pas lieu de faire alliance avec les bons capitalistes industriels contre les mauvais capitalistes financiers.

Quand les taux montent, comme dans la décennie 80 sous l'instigation des administrations Thatcher-Reagan, ils sont pour les emprunts massifs sans risque, c'est-àdire les emprunts d'État ou garantis par l'État, il s'agit d'ailleurs d'une conséquence inévitable de la politique de baisse des taux d'imposition des profits et des revenus élevés. Quand finalement ces taux d'intérêt se stabilisent puis baissent - pour ne pas faire crever le malade et ses dettes avec lui — les capitalistes de tout acabit deviennent contre des emprunts d'État frais, préférant se réjouir de la montée des cours des vieux placements causée par la baisse des taux à court terme

Mais non seulement les banques, même les fonds de pension ne peuvent supporter une baisse drastique des taux car ils ont besoin d'importants flux pour payer les prestations, et plus la population vieillit, plus cette pression grandit. D'ailleurs, l'ampleur de la bulle spéculative qui en résulte n'est pas sans inquiéter les grands gestionnaires eux-mêmes, témoins des crises monétaires et boursières est-asiatiques et de leurs répercussions ailleurs. Sur la corde raide

Le remède, selon ces gestionnaires, est de marcher sur la corde raide en invoquant la nécessité d'une légère hausse des taux sous prétexte de combattre une hypothétique hausse inflationniste que personne ne prévoit. Ce remède est moins fou qu'il n'en a l'air si l'inévitable pression à la baisse sur les marchés boursiers qui devrait s'ensuivre est plus que contrebalancée par une injection de capital-argent frais sur ces marchés et si la hausse des taux ne renverse pas la croissance, si faible soit-elle.

Cette quadrature du cercle est possible si la classe ouvrière y consent. Elle y consent d'abord en grugeant dans ses épargnes et en continuant à s'endetter, encouragée par les banques. Elle y consent aussi en laissant injecter ses fonds de pension sur les marchés boursiers et monétaires au lieu de prêts à l'État, changement que dorénavant réclame à cor et à cri le capital. Québec et Ottawa, non seulement y ont consenti, mais ils ont ajouté, en prime, une augmentation des contributions aux Fonds de pension publics, sous prétexte de vieillissement de la population. Ces dizaines de milliards d'argent frais constamment renouvelé sont une condition nécessaire à la montée des cours malgré des conditions économiques et financières peu reluisantes. En un mot, il s'agit d'utiliser l'épargne ouvrière (Régimes de pension publics, d'entreprise et individuels fiscalement avantagés) et petite-bourgeoise (Régimes individuels et fonds communs de placement) comme un levier pour valoriser le capital financier.

Il est paradoxal que cette valorisation du capital financier, qui ne peut être qu'une ponction sur la plus-value industrielle, doive finalement se faire au détriment du prolétariat sur le dos duquel le capital industriel finit par la répercuter. Si un quelconque ouvrier pense se consoler

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en se disant qu'il souffre aujourd'hui pour de grasses prestations plus tard, il en sera quitte pour une cruelle désillusion. D'abord, dans la mesure où les cours enflent, les employeurs s'offrent des congés de contribution qu'ils ne rembourseront pas plus tard quand les cours se dégonfleront. La bourgeoisie à l'avant-garde

Mais pourquoi donc le grand capital canadien, non sans controverses en son sein, vient-il de se mettre en position d'avant-garde dans cette stratégie de hausse des taux d'intérêt à court terme par rapport à l'Allemagne, au Japon et aux EU ? Pourtant, aux EU, le prétexte de l'inflation aurait paru beaucoup plus crédible pour hausser les taux dès maintenant étant donné une meilleure conjoncture économique qu'au Canada.

C'est que la bourgeoisie canadienne a un problème que n'a pas la bourgeoisie américaine, qu'elle croyait bien avoir réglé avec maestria mais qui revient en force avec une reprise plus dynamique : c'est le problème du déficit du compte courant qui exerce une pression à la baisse sur le dollar canadien.

D'un solde déficitaire record de 28 milliards $ en 1993, soit 4% du PIB - prétexte aux foudres des milieux financiers, quil en profitaient pour justifier un taux d'intérêt élevé envers les gouvernements fédéral et provinciaux - le Canada est parvenu, en 1996, a dégagé un surplus de 4 milliards $ à force de coupures drastiques ; à l'austérité salariale plus grande qu'aux EU de 1992 à 1995 à taux de change égal ; à la dégringolade du taux de change par rapport au dollar américain de 1991 à 1995 ; et, the last but not the least, à la croissance américaine plus forte aux EU qu'au Canada ce qui a tiré les exportations et restreint les importations.

Mais voilà que depuis la mi-1996, le solde du compte courant redevient négatif au rythme d'un taux annuel de 13 milliards $ au deuxième trimestre de 1997. Cette volatilité ne doit pas étonner puisqu'en aucune façon le problème structurel de la balance canadienne des paiements n'a été résolu, soit un service de la dette extérieure qui demeure au niveau de 26 milliards $ depuis 1993 malgré la baisse des taux d'intérêt. En fait l'équilibre du compte courant, en 1996, était à 100 % dû à un surplus de la balance commerciale de 40 milliards $ avec les EU.

La bourgeoisie canadienne sait aussi qu'un dollar canadien faible, nécessaire pour le maintien à ce niveau d'exportations nettes mais obstacle à l'achat d'actifs aux EU, nuit à sa pénétration de la bourgeoisie canadienne aux EU et facilite la remontée de la pénétration américaine au Canada malgré l'endettement international record des EU. Depuis 1975, presque chaque année, les investissements directs canadiens à l'étranger ont été plus importants que ceux de l'étranger au Canada, tant et si bien qu'en 1998, si l'actuelle tendance se maintient, ces investissements cumulés de part et d'autre seront à égalité pour la première fois dans l'histoire du Canada.

En un mot, la bourgeoisie canadienne devient une bourgeoisie impérialiste normale mais avec une base industrielle faible et tronquée. C'est dire comment la baisse précipitée du dollar canadien de près de 90e américain à 72g, de 1991 au début 1995 fut une concession obligée de la part de la bourgeoisie. Mais la hausse des taux à peine avait-elle fait remonter le dollar canadien à 73d que la crise est-asiatique l'a fait redescendre à 70,1g (17 décembre). Les petits plans des financiers canadiens ne pèsent pas lourds dans la tourmente venant de l'Asie.

Non pas que la bourgeoisie impérialiste canadienne soit devenue mondialement impuissante à cause de l'affaiblissement de son dollar. Depuis 1995, le dollar canadien a bénéficié de l'appréciation du dollar américain par rapport à presque toutes les autres monnaies du monde. La bourgeoisie canadienne a donc quelque peu réorienté vers l'extérieur des EU investissements directs et beaucoup plus ses placements. Mais elle ne peut, à long terme, laisser les EU reprendre les fortes positions qu'ils avaient au Canada dans les années 60 ni renoncer elle-même à pénétrer le marché américain où elle dirige 80 % de ses exportations et elle détient toujours plus de la moitié des ses investissements directs cumulés. Une classe ouvrière vaincue et divisée

Dans les années 80, la plus grande résistance de la classe ouvrière canadienne aux politiques néolibérales que la classe ouvrière américaine — soulignée par des écarts croissants de salaire réel plus élevé, d'heures travaillées moindres et de fardeau fiscal plus lourd qu'aux EU — n'avait pas donné d'autres choix à la bourgeoisie canadienne, dans le cadre de l'ALENA, que de jeter du lest en laissant aller le dollar pour venir à bout des déséquilibres budgétaire et surtout du compte courant. Durant la décennie 90, après la récession de 1990-1991 et la reconquête du pouvoir par le Parti libéral en 1993, elle est passée à la contre-attaque avec succès, utilisant comme principal cheval de bataille le chauvinisme anti-québécois pour imposer l'amère pilule néolibérale à une classe ouvrière profondément divisée.

Elle veut maintenant récolter les fruits de cette victoire, et surtout ne pas laisser la croissance redonner à la classe ouvrière un meilleur rapport de force social, d'où un possible UPS canadien qu'aurait bien voulu, par exemple, le Syndicat canadien des postiers. D'autant plus que, selon la bourgeoisie, persistent les rigidités du marché du travail au Canada : un plus haut taux de syndicalisation qu'aux EU (plus de 30 % contre moins de 15 %) et, malgré les coupures, un filet de sécurité social maillé plus serré qu'aux EU où il n'y a pas d'assurance-santé publique ni, désormais, d'assurance-sociale universelle.

La bourgeoisie canadienne ne veut pas non plus donner un meilleur rapport de force politique au gouvernement du Québec, en retard dans sa lutte contre le déficit, non seulement sur le fédéral, la Colombie-Britannique et l'Alberta, mais même sur l'Ontario où la croissance est plus importante qu'au Québec. Coincé entre sa lutte pour le déficit zéro et le plan B fédéral — mélange de non-reconnaissance du droit à l'autodétermination de la nation québécoise, de reniement des normes de la démocratie bourgeoise et d'un ultra-chauvin partitionnisme à l'irlandaise — le gouvernement national-populiste du Québec plie devant Ottawa tout en assommant le peuple québécois de coupures.

La classe ouvrière saura-t-elle se ressaisir en rebâtissant son unité sur la base d'un rejet militant du plan B ; de rejet donc des partis du nationalisme canadien qui mettent en avant ou appuient le plan B ; et de rejet des partis du nationalisme québécois qui recherchent le compromis dans le partenariat avec les forces chauvines au lieu de le combattre ? Seuls de tels rejets ouvriraient la porte à la possibilité d'une riposte pan-canadienne victorieuse à la UPS contre les politique néolibérales. Pour l'instant, rien n'indique une telle issue. • Sources : 1) statistiques : Statistique Canada ; Industrie Canada : Banque des règlements internationaux; OCDE. 2) revues : Commerce, The Economist, Forbes, Fortune. 3) journaux : Le Devoir, The Gazette, The Globe and Mail.

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