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Par Jaime Pastor es debats et le déroulement final de la
-Ve Assemblée tédérale d'izquierda Unida ont offert l'occasion de dresser un bilan de la crise qu'a subie cette formation dans la période récente, mais ils n'y ont pas mis un terme, pas plus qu'ils n'ont permis une meilleure clarification politique. Les thèmes phares de cette Assemblée se sont réduits au rapport de bilan du coordinateur général, aux statuts et à la discussion sur les listes en présence pour l'élection du nouveau Conseil politique fédéral. En revanche, les documents politiques - le Manifeste et les Axes programmatiques - ont été peu discutés, a pas in à la crise si on laisse de côté la prise de position critique adoptée par l'Assemblée à propos de la condamnation de la direction nationale de Herri Batasuna, et l'engagement à préparer diverses conférences sur la question des femmes, de l'Etat fédéral et de la question nationale et, enfin, sur le conflit basque.
Le rapport présenté par le coordinateur
- général, Julio Anguita, présentait une autocritique sur le fonctionnement organisationnel, mais sans que soit mentionnée la moindre erreur quant à l'orientation politique mise en œuvre depuis la IVe
Assemblée, ou quant au traitement de
certains conflits internes dont la résolution a été qualifiée par euphémisme de «normalisation démocratique». Si ce rapport réaffirmait son opposition au néolibéralisme et à la tendance de la majorité de la gauche à s'y adapter, cette critique ne s'accompagnait d'aucune politique alternative concernant l'Union européenne, le bloc des droites et la recherche de formules d'alliance avec une gauche plurielle au plan politique, social, culturel et national. 'est pour ces raisons, et d'autres enco-
. re, que les délégués de notre regroupement, Espace alternatif, se sont majoritairement abstenus lors du vote sur ce rapport, alors que ceux du courant Troisième
Pour ce qui est des statuts, la présentation de nombreux amendements par diverses fédérations, en particulier du Pays valencien, d'Euskadi et de Madrid, a permis de freiner les tentatives de la direction sortante pour imposer un projet d'organi-
Les principes de pluralisme et de fédéralisme ont ainsi été préservés, tandis que d'autres mesures de démocratisation étaient adoptées, telles que des possibilités accrues d'élections primaires et la suppression des « délégués d'office » (c'était le cas jusqu'alors des quelque 200 membres sortants du Conseil politique fédéral), ou l'amendement adopté permettant de présenter une liste incomplète (ce qui n'était pas le cas jusqu'alors, empêchant les courants minoritaires de présenter une liste quand le nombre de personnes à élire était important).
La présence, finalement, de trois listes a polarisé le débat. Celle de la majorité, résultat d'un pacte entre les partis membres d'IU — y compris les « indépendants » - a été source de malaise et de conflits avec certains secteurs du PCE (Parti communiste d'Espagne, la formation prépondérante dans IU) et du CUT (Collectif pour l'unité des travailleurs d'Andalousie), qui s'estimaient sous-représentés, à l'inverse du PASOC et de la Gauche républicaine, visiblement satisfaits.
La liste de la « Troisième voie » regroupait des secteurs encore significatifs du Pays valencien, d'Andalousie, d'Aragon et de Madrid, qui ont des relations privilégiées avec la majorité des Commissions ouvrières. Si on prend en compte leur sous-représentation au Congrès, leurs résultats ont été meilleurs qu'espéré
Pour ce qui est de notre courant, Espace alternatif, dès notre constitution en octobre 1996, nous avons affirmé notre identité propre : en défense d'un fédéralisme multinational, du droit à l'autodétermination et d'une solution négociée au conflit basque ; d'une articulation programmatique et pratique des couleurs rouge, vert et violet dans un projet émancipateur (avec notamment la question du partage du travail, du temps et de la richesse dans le cadre d'un développement durable et d'une participation paritaire); et de la transformation d'IU en formation politique d'un nouveau type qui dépasse l'étape d'une coalition de partis.
Sur la base de ces idées forces nous avons défendu des positions autonomes dans le débat qui a polarisé la majorité face à la Nouvelle gauche et à d'autres secteurs : nous avons insisté sur le fait que, bien que nous soyons aux antipodes politiques de ce courant qui n'est plus aujourd'hui dans IU, nous estimions qu'il fallait résoudre les divergences dans le cadre de la V° Assemblée fédérale, et non pas en prenant des mesures administratives qui dans bien des cas outrepassaient les règles définies par les statuts fédéraux.
Cohérents avec ces choix, nous avons décidé de présenter notre propre liste, en la déclaration « Reconstruire la gauche pour un Projet alternatif » et un numéro spécial de notre publication « Courant alternatif ».
Une semaine à peine avant la tenue de la Ve Assemblée, on nous avait proposé d'intégrer la liste de la majorité, mais dans des conditions qui nous empêchaient de préserver clairement notre identité politique et nous « pénalisaient » par rapport à des partis qui, pour avoir fait allégeance à la direction tout au long de la crise, en étaient récompensés.
C'est donc la quasi totalité de nos délégués qui a décidé de présenter une liste propre, qui incluait également la CID (Courant de la gauche démocratique, existant surtout à Madrid où il est dirigé par un ancien secrétaire général de cette fédération du PCE) et des camarades venant de fédérations d'IU à l'étranger. N les signatures de 10% des délégues ous avons obtenu largement plus que exigées pour présenter une liste (environ 150) puisque nous avons recueilli 225 signatures de pratiquement toutes les fédérations représentées. Cela nous a donné l'occasion de prononcer l'un des rares discours politiques de cette Assemblée et d'obtenir une représentation meilleure qu'espéré. Avec 9 % des voix nous avons 8 représentants élus, reflétant aussi bien la pluralité des courants au sein d'Espace alternatif - écosocialistes, alternatifs, CID — que la diversité territoriale - Estrémadure, Euskadi, Madrid, fédérations à l'étranger. la parité des sexes et une composante jeune qui n'étaient pas le fait des autres candidatures.
C'était un point de départ erroné que de penser qu'un Congrès pouvait par lui même résoudre la crise et provoquer la « clarification de fond ». Les blessures de la crise ne se sont pas encore refermées ; des conflits ouverts persistent dans certaines fédérations — Madrid, Aragon, Euskadi... — et cela s'est reflété dans les 10 % de votes blancs dans l'élection de la direction. A cela s'ajoute l'ouverture du débat préparatoire au Congrès du PCE, où doit se régler la succession d'Anguita au poste de secrétaire général de ce parti. Le risque est grand, dans ces circonstances, que faute d'avoir défini une stratégie politique pour la nouvelle période, des campagnes comme celle des 35 heures, la lutte contre les privatisations, ou pour un Etat fédéral, soient prises en charge essentiellement sur un plan institutionnel et médiatique, plutôt que dans la recherche d'une convergence réelle avec les secteurs qui au sein des mouvements sociaux peuvent partager ces objectifs..