Inprecor 1974–2004

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NOTES DE LECTURE

Ernest Mandel, Le Troisième âge du capitalisme

· Inprecor n° 421, février 1998 · p. 36 · 560 mots

Notes de lecture Ernest MANDEL, Cel setup principale de recome maque de Mandi, est pane espe e en en de 0 il Le Troisième âge du capitalisme, y a toute une série de raisons qui justifient l'achat de cette nouvelle édition, et pas seulement le soutien Editions de la militant aux Editions de la Passion, ni la révérence posthume à celui qui fut le dirigeant et l'intellectuel que l'on sait. Le marxisme révolutionnaire n'est pas tourné vers la célébration du passé, mais vers la comPassion.

préhension et la transformation du monde. La vraie raison de l'actualité de l'ouvrage de Mandel est qu'il constitue un passage obligé pour qui veut prendre le recul nécessaire à la construction d'une vision critique du monde. 25 ans après, c'est une démarche riche d'enseignements que de confronter à l'évolution du capitalisme concret ce livre monumental qui dresse le tableau d'ensemble de ce système économique qui était au sommet de sa réussite. Rappelons qu'il a été écrit deux ans avant la récession généralisée de 1974-75 qui devait précipiter le basculement de l'économie mondiale capitaliste dans une longue période dépressive dont nous ne sommes pas sortis. C'est dans cette conjoncture qu'il faut replacer la thèse centrale du livre d'Ernest Mandel, formulée au début du dernier chapitre : « Le troisième âge du capitalisme est l'époque de l'histoire du mode de production capitaliste au cours de laquelle la contradiction entre la croissance des forces productives et les rapports de production capitalistes vieillissants a pris une forme explosive. Cette contradiction déclenche une crise généralisée de ces rapports de production ». Cette brève note de lecture ne saurait offrir un bilan détaillé, mais elle peut au moins donner quelques indications de méthode. La lecture linéaire des dix-huit chapitres peut décourager les bonnes volontés et, au risque de l'irrespect, on fera la suggestion de se laisser accrocher par les têtes de chapitre, et d'entrer par la porte qui semble la plus alléchante. Pour qui s'intéresse par exemple à la mondialisation, on recommandera les chapitres 10 et 11 sur la concentration et la centralisation internationales du capital, et sur l'échange inégal, non pas (ce serait de l'imbécillité dogmatique) pour y trouver une analyse toute faite du capitalisme mondialisé d'aujourd'hui, mais pour y mesurer l'ampleur des transformations et y chercher des outils théoriques et des questionnements fertiles. Par exemple, la critique par Mandel des thèses de l'échange inégal repose sur l'idée qu'il n'y a pas de peréquation internationale du profit et suggère a contrario une réflexion sur une détermination plus homogène à l'ère d'un marché mondial tendant à l'unification. Le chapitre 4 sur les ondes longues est un texte incontournable pour poser en termes rigoureux la question de la dynamique actuelle du capitalisme. Enfin, cette édition est opportunément complétée de deux textes inédits de Mandel. Le premier résume la théorie économique marxiste en dix propositions et ébauche le concept passionnant de - variables partiellement indépendantes * — en dépit d'une appellation peu parlante. Le second texte est un entretien qui contient l'esquisse d'un modèle économique alternatif. On trouvera également une postface de Jesus Albarracin et Pedro Montes qui jette les bases du nécessaire travail de confrontation de l'approche de Mandel avec les tendances du capitalisme fin de siècle. Enfin, il faut signaler le très riche appareil éditorial qui propose, outre un utile glossaire, une monumentale bibliographie, ainsi qu'une biographie de l'auteur. Maxime Durand

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