Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PAYS-BAS

Ça pousse à gauche à Amsterdam

Inprecor n° 423, avril 1998 · p. 6 · 663 mots

Pays-Bas & Danemark ça pousse a g e 4 mars 1992 ont eu lieu à

_ Amsterdam les élections municipale: La nouveauté a été constituée par la participation d'une liste appelée Amsterdam Anders/de Groenen (Amsterdam autrement/Les Verts).

"Amsterdam autrement" s'était formée en octobre de l'année dernière à l'initiative du SAP, section hollandaise de la IVe Internationale, et avait réalisé un accord avec les Verts pour participer ensemble aux élections. Les Verts (à ne pas confondre avec Groen Links, Gauche verte, organisation née de la convergence d'anciens membres du Parti communiste, d'anciens maoistes, de chrétiens de gauche et de sociaux-démocrates pacifistes) sont connus dans la d'Amsterdam en vertu de leur opposition conséquente à de grands projets d'infrastructure comme la construction d'une nouvelle ligne de métro et d'un nouveau quartier dans une zone dont l'environnement devait être protégé. A ce sujet il y avait eu trois référendums par lesquels une majorité de citoyens avaient réjeté les projets de l'administration. Le SAP s'était engagé notamment dans la campagne contre une nouvelle ligne de métro (l'un de ses militant, Ernst van Lohuizen, avait été l'un des principaux porte-parole de cette campagne).

La liste Amsterdam autrement/Les Verts était composée de militants actifs de différents mouvements sociaux dont un syndicaliste qui avait joué un rôle important lors de la grève des dockers de la ville. Le programme présenté aux électeurs prenait position contre les grands projets d'infrastructure, contre la privatiauche a Amsterdam sation des transports publics, pour une diminution du temps de travail sans réduction de salaire et pour une augmentation du salaire minimum. Au cours de la campagne ont été également avancés des projets audacieux de nouveaux logements qui devraient surgir au-dessus des autoroutes en les couvrant, de projets expérimentaux de transports publics gratuits et d'une taxe sur les opérations boursières à Amsterdam par laquelle sociale serait financée

Les résultats du scrutin ont été supérieurs à toute attente. La liste a obtenu 5,7% des voix et trois élus (Ernst van Lohuizen, membre du SAP, Roel van Duijn des Verts et Hansje Kalt, une indépendante). Le PDVA (parti social-démocrate) a eu 15 sièges et Groen Links 7; l'extrême droite a perdu les 4 sièges qu'elle avait Un accord éventuel pour une coalition avec un programme de gauche pourrait, en principe, compter sur 28 sièges sur un total de 45 (en incluant les 3 sièges remportés par le Parti socialiste, organisation d'extrême gauche populiste d'origine maoiste). Il s'agit toutefois d'une variante très peu probable dans le contexte donné. Soulignons en tout cas que les formations à la gauche de la social-démocratie disposent ensemble de 13 sièges.

Le vote d' Amsterdam est d'autant plus significatif qu'il reflète des tendances qui s'esquissent aussi au niveau

Élections ant

au Da

national. En effet, le PS et Groen Links, les chrétiens-radicaux et les sociaux-démocrates pacifistes ont gagné du terrain de même que des partis locaux, alors que l'extrême droite a été balayée. Par ailleurs, le taux d'abstention a été assez élevé : n'ont voté que 61% des inscrits au niveau national et 45,7% à Amsterdam.

Tous ces comportements électoraux sont le produit d'un dégoût assez répandu à l'égard de l'establishment politique. Mais ils reflètent également une sensibilité croissante en matière d'inégalité sociale. Malheureusement, cela ne s'exprime jusqu'ici qu'au niveau électoral : il n'y a eu aucune mobilisation sociale un tant soit peu importante. Quant au recul de l'extrême droite, on peut l'expliquer par le fait que le gouvernement mène une politique visant à satisfaire, du moins en partie, ses demandes : la chasse aux "irréguliers" a été intensifiée, le droit d'asile a été limité et l'éducation bilingue est menacée. Par ailleurs, suite au resserremnt du marché du travail, la Hollande n'a pas besoin de travailleurs "illégaux".

Le 6 mai prochain auront lieu des élections législatives. Elles représenteront une échéance importante, même s'il n'est pas certain que les électeurs réagiront comme ils l'ont fait aux administratives du 4 mars. L'establishment et ses médias feront de leur mieux pour ramener au bercail les brebis égarées.

nemark

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