Déclaration politique de la première assemblée nationale du
Front zapatiste de libération nationale au cours de laquelle ont été discutés systématiquement pour la première fois, entre autres, les orientations, les objectifs, les choix de relations et d'alliances, les tâches et les formes d'organisaune relation fructueuse et durable entre nos deux organisations. Nous vous adressons également
Mexique
Nous avons reçu, du Front zapatiste de libération nationale dont la première assemblée nationale vient de se réunir, la lettre ci-dessous.
La situation au Chiapas ne cesse de s'aggraver depuis le massacre d'Actéal, et la pression de l'armée gouvernementale s'amplifie sur les communautés indigènes. Une commission internationale d'enquête indépendante s'est
Lettre de la Commission internationale du FZLN
Mexico, le 18 mars 1998
«Camarades, tion de son travail international.
du FZLN, mandatée pour assurer les relations internationales qu'établira notre organisation.
la déclaration politique adoptée par l'assemblée à propos de la situation au Chiapas.
Un gran abrazo
Ulises, Maria, Fernanda, Marcos, Gerardo, Carmen et Jaime
•n prenant l'initiative de presenter l
- prétendue loi indigène, Ernesto Zedill adresse un message clair à tous les
Mexicains : la recherche d'une paix juste est digne n'intéresse aucunement le gouvernement fédéral et il lui tourne de plus en plus clairement le dos.
Parjure de ses engagements, il viole les accords de San Andres: le gouvernement mexicain déclare non seulement la guerre, à nouveau, aux indigènes du Mexique, mais au pays tout entier.
Les accords de San Andres représentent beaucoup plus qu'une simple négociation entre l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) et le gouvernement fédéral. Beaucoup plus, même, que la simple reconnaissance de l'effort des peuples indigènes et de larges secteurs de la société, civile et politique pour construire une paix juste et digne. Les accords de
San Andres offrent la possibilité de résoudre les graves problèmes politiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, par la voie du dialogue et de la concertation. La victoire de la raison sur la force brute.
Le 15 mars dernier, le FZLN a clos la session de sa première assemblée nationale de délégués,
Entre autres résolutions, l'assemblée a approuvé la formation de la commission internationale
C'est dans le cadre de ce mandat que nous vous adressons ce message, en espérant entretenir
Les accords de San Andres représentent une nouvelle relation entre les différentes forces politiques et sociales, pour parvenir à un consensus fondamental pour la Nation, et un nouveau cadre pour mener à bien ces négociations et le dialogue face au pouvoir d'État. La victoire du dialogue face à l'imposition.
Les accords de San Andres représentent la possibilité d'un pouvoir législatif réellement indépendant par rapport à l'exécutif, une nouvelle façon de légiférer où diverses organisations politiques et sociales, groupes et individus, participent activement et aux côtés des législateurs à l'élaboration des lois fondamentales pour assurer la convivialité entre Mexicains. La victoire de l'élaboration de consensus face au pouvoir dictatorial.
L'initiative de la prétendue loi indigène du gouvernement fédéral est, donc, un coup porté à la construction de la paix, à l'indépendance du pouvoir législatif et à la possibilité d'avancer non seulement dans la voie de la réforme de l'État, mais plus encore vers une véritable transition démocratique rendue sur place il y a quelques semaines, où elle a pu rencontrer la quasi totalité des acteurs du conflit (1).
Ses conclusions sont plus qu'alarmantes et ne laissent aucun doute sur les objectifs du pouvoir et de la «guerre de basse intensité» qu'il impose aux communautés indigênes derrière l'écran de fumée entretenu par le président Zedillo et sa prétendue proposition de loi indigène.
ace a cette situation le tront zapatis te de libération nationale appelle toutes les organisations solidaires, les partis polltiques qui n'abdiquent pas leur dignité et ne se vendent pas pour des intérêts mesquins au gouvernement de Zedillo, toutes les Mexicaines et tous les Mexicains à poursuivre leurs initiatives de paix pour s'opposer aux menées belliqueuses du gouvernement. Nous exigeons
Congrès qu'il repousse cette offensive contre son indépendance et qu'il défende le projet de loi élaboré par la Cocopa (2)
dans le cadre des accords de San Andres.
Occupons la rue et les places publiques dans tout le pays, utilisons toutes les possibilités de manifestation et d'expression civique et pacifique pour prouver au gouvernement et à tous ceux qui à ses côtés encouragent la guerre, tels le PAN et le
PRI, que les zapatistes se comptent plus que par milliers, partout présents.
Réunissons nous partout pour organiser des actions communes et nous prouverons ainsi la vanite des tentatives de nous diviser.
Aujourd'hui comme jamais, notre avenir en tant que Mexicains est lié à l'avenir de nos frères indigènes. Un Mexique où ils n'auraient pas leur place, c'est un
Mexique ou personne n'aurait sa place.
Mobilisons nous, camarades, ne supportons plus ceux qui nous veulent à genoux.
C'est notre lutte actuelle qui dira si nous méritons un avenir digne
15 mars 1998
Guadalajara, Jalisco, Mexico.
1. Pour toute information à ce sujet, on peut s'adresser au Collectif Ya Basta Paris, 22 rue
Rosenwald, 75 015 Paris (tel/fax 01 46 56 24).
2. Commission de concorde et de pacification, composée de parlementaires, créé en mars 1995.