Repères... Repères... un peu plus orpheline. Du haut d'une sta-
La droite politique, l'opposition parlementaire, est à ce jour regroupée au ture présidentielle qu'on ne lui connaissait sein de l'Alliance pour la France, sorte de coalition électorale, mise eu place en guère, celui-ci a paru se désintéresser totamai 1998 au lendemain de la débâcle des élections régionales et cantonales. lement de la crise de son propre camp, ('elle-ci disposait au départ d'un directoire de cinq membres fondateurs, les traitée sur le mode des querelles subalgaullistes Philippe Seguin et Nicolas Sarkozy pour le RPR, les libéraux François Léotard et Alain Madelin ainsi que le centriste François Bayrou, tous trois issus ternes. Il reste qu'avec la rentrée qui se de l'UDF. Cette structure de type fédéral se voulait l'incarnation d'une droite profile, des sénatoriales où la droite perdra unie en vue de futures et difficiles échéances électorales. Si elle s'est dotée de encore quelques plumes avant que la ratistatuts, elle n'a aucune instance représentative, élue, au plan national et enco fication du traité d'Amsterdam re moins au plan local. C'est tout juste si elle a pu jeter les bases d'un groupe à l'Assemblée sans parvenir réellement à dépasser les frontières des divers l'Assemblée ne vienne aviver ses divisions, l'avenir apparait lourdement chargé pour
Quant aux partis, le courant gaulliste se retrouve au sein du Rassemblement ses partisans. pour la République (RPR). Issu du coup de force de Jacques Chirac soutenant avec 43 autres "conjurés" la candidature de Valery Giscard d'Estaing contre la
Institutions, candidature officielle des gaullistes, celle de Jacques Chaban-Delmas, à l'élection présidentielle de 1974, le RPR se veut le parti de l'actuel président de la l'exception française République. Dirigé par Alain Juppé, premier ministre jusqu'aux élections légis- et le malentendu de 1995 latives de mai-juin 1997, il est depuis présidé par Philippe Seguin, ancien maire d'Epinal dans les Vosges et animateur de la campagne contre la ratification du Quoi qu'elle en pense, la droite devra traité de Maastricht avec Charles Pasqua, avant que d'être l'un des principaux en effet faire avec des Institutions qui, si soutiens de Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995. Dans sa volonté elles assurent une certaine stabilité et de "rénovation", il s'est toujours heurté au contrôle à distance de l'Elysée et de ses réseaux, en particulier lorsqu'il a voulu changer de nom pour éviter l'héri- continuité de l'État, sont dans les conditage des affaires de corruption qui le menaçait. Alain Juppé et près d'une ving- tions présentes le principal obstacle à sa taine d'autres membres du RPR sont mis en examen pour "abus de biens recomposition. Elles protègent le présisociaux" et "détournement de fonds publics". A noter que Jean-François Mancel, élu dans l'Oise, secrétaire général du RPR jusqu'en mai 1997 et chaud dent qui l'a entraînée vers sa perte. Issue partisan de l'alliance avec l'extrême droite, a depuis rejoint La Droite de Millon. du coup gaulliste de 1958, la Constitution
Dans cette mouvance gaulliste, Charles Pasqua et les siens, regroupes au la plus antidémocratique des États sein d'un réseau dénommé Demain la France, réactivé en juin 1998, occupent membres de l'Union européenne figent en une place particulière. Antimaastrichiens d'hier et d'aujourd'hui, ils dévelopeffet le fonctionnement de la vie politique pent une orientation nationaliste très marquée à droite sur un créneau comparable à celui du Mouvement pour la France, fondé en 1992 par le vicomte en assurant la prééminence sans partage Philippe de Villiers, lui même issu de l'UDF et qui a, depuis, souvent présenté de l'exécutif, avant tout du président. des candidats indépendants contre ceux des autres formations de droite à
Avant d'en tirer lui-même parti, François chaque élection importante
L'Union pour la démocratie française (UDF), fondée en 1978, avait vocation Mitterrand l'avait qualifiée non sans raison à regrouper la droite qui ne se reconnaissait pas dans le courant gaulliste. Elle de « Constitution du coup d'Etat permafut longtemps présidé par Giscard d'Estaing avant que celui-ci ne cède, nent ». Ce n'est pas un hasard si en quacontraint et forcé, la place à François Léotard, maire de Fréjus, qui abandon- rante ans, cette anormalité française n'a nera son mandat d'ici quelques semaines. Regroupement de type confédéral, son principal pilier fut longtemps le Parti républicain (PR), aujourd'hui trans- connu que deux monarques constitutionformé en Démocratie Libérale (DL), depuis qu'Alain Madelin en a pris récem- nels collant parfaitement au rôle titre, ment le contrôle. La nouvelle direction se fait le chantre de l'ultralibéralisme Charles de Gaulle et François Mitterrand Son principal inspirateur, Madelin, cumule un lourd passé d'extrême droite à
Les autres, de Pompidou à Chirac en pasOccident, organisation fasciste des années soixante et soixante- dix. Les dirigeants de l'ex-PR, dont Léotard, sont mis en examen pour financement occul- sant par Giscard d'Estaing, ont dû faire te. Madelin n'a pas hésité à se porter partie civile contre ses anciens amis. De ce face à des crises internes de leur propre courant est issu le Pôle républicain indépendant et libéral (PRIL), qui a scission- majorité présidentielle d'autant plus fortes né, à l'initiative de Gilles de Robien, maire d'Amiens, refusant la compromission que leur légitimité était fragile ou déclide leur formation avec le Front national (FN) de Le Pen.
Autre composante de l'UDF, les centristes, héritiers des démocrates-chré- nante. tiens et regroupés dans le Centre des démocrates sociaux (CDS) dont la plupart La légitimité de Jacques Chirac fut des anciens dirigeants, dont Pierre Méhaignerie et Jacques Barrot, sont mis en d'emblée mise en cause par les conditions examen pour des affaires de financement occulte. Le CDS transformé de ce fait en Force démocrate est aujourd'hui dirigé par François Bayrou. Ce dernier de son élection contre le candidat de fait brigue la présidence de l'UDF. C'est le courant en principe le plus opposé aux des secteurs dominants du grand capital alliances avec le FN, ce qui n'a pas empêché Charles Baur, un de ses membres, français et européen, le premier ministre de se faire élire à la présidence de la Picardie avec les voix des fascistes tandis sortant de l'époque, Édouard Balladur. Le que Claude Coasguen le quittait pour DL
Sont également membres de l'UDF, le Mouvement des réformateurs de premier était presque unanimement Jean- Pierre Soisson, élu président de la Bourgogne avec les voix du FN, le Parti décrié comme un homme imprévisible et populaire pour la démocratie française (PPDF) d'Hervé de Charette, le chira- incontrôlable, aux convictions euroquien" de l'UDF; le Parti radical de Cornillet et le regroupement des adhérents péennes incertaines. Il fut pourtant élu sur directs de Wiltzer. Mais il ne s'agit que de réseaux autour d'une personnalite au demeurant pas forcément de premier plan Est enfin issu de la confédéra- la base d'une campagne contre la "fractution, Charles Millon, élu président de Rhône- Alpes avec les voix du FN et fon- re sociale" suscitant un intérêt certain dateur en avril 1998 du parti La Droite. dans l'opinion, y compris dans la jeunesse,
A noter encore qu'à de rares exceptions près, le gros de l'UDF avait fait d'Edouard Balladur (RPR) son candidat contre Chirac à l'élection présidentielle qui devait se retourner comme un gant au de 1995 ; l'un de ses principaux lieutenants à l'époque, Nicolas Sarkozy, est contact d'un exercice du pouvoir aussitôt aujourd'hui secrétaire général de la formation gaulliste. placé sous les feux de l'austérité par Alain
(J.-L. M.) Juppé, à la tête du gouvernement. Jamais