Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

Déclaration des 24 membres du CPN (dont Maitan, Montanile, Turigliatto, membres de la direction) (extraits)

Inprecor n° 429, novembre 1998 · p. 23 · 562 mots

Italie

En dépit du bilan critique négatif que nous dressons à propos de deux années de participation à la majorité gouvernementale, nous votons pour la motion Bertinotti puisqu'elle exprime un jugement clair et sans ambiguïté sur l'approche et les contenus de la loi de finances et en tire la conclusion de notre rupture avec la coalition du centre-gauche et donc de notre retour dans l'opposition en COMITATO POLITICO N créant ainsi les conditions d'une relance de la dimennotre projet politique. (...) Nous nous sommes battus tout au long des dernières années pour tique. C'est pourquoi nous invitons tous ceux qui ont participé à cette bataille à saisir cette occasion et à soutenir ensemble l'option politique qui se dessine. C'est d'un tel choix qu'il faut partir pour relancer l'initiative et le projet de notre parti. Pour notre part, nous assumerons toutes nos responsabilités face aux difficultés et aux pressions terribles auxquelles le parti devra faire face. La rupture ne saurait être interprétée comme un repli sectaire ni comme une panacée face aux difficultés et à la crise que la gauche dans ensemble est en train de connaître. Au contraire, il faut déployer toutes les potentialités du travail de masse où le parti est engagé. La rupture peut devenir l'instrument pour animer des mouvements sur le terrain social, des luttes et des campagnes de masse, sans renoncer à construire des alliances sociales et politiques pour des luttes spécifiques avec les autres forces de la gauche. En se plaçant dans l'opposition il est possible de maintenir des rapports unitaires à gauche pourvu que prévalent les contenus et les intérêts des travailleurs et des masses populaires Voilà le parti d'opposition dont le mouvement des travailleurs a besoin, le seul parti qui puisse ouvrir une phase nouvelle dans notre pays : pour relancer le conflit social en Italie et en Europe ; pour lutter etticacement contre la droite en indiquant contenus, mouvements et forces sociales matériellement intéressés à la contrecarrer ; pour relancer sur tous les terrains le défi pour l'hégémonie dans la gauche et dans le mouvement ouvrier, face au PDS en Italie et aux forces de la social-démocratie en Europe ; pour redevenir l'élément moteur de la réagrégation d'un bloc social alternatif à celui des classes dominantes en reconstruisant de cette façon les conditions d'une perspective d'alternative anticapitaliste. (...)

La récession qui est en train de se dessiner, va aggraver les attaques patronales contre l'emploi et les acquis ouvriers : il faut y opposer une politique adéquate en revendiquant tout de suite la loi sur les 35 heures et en luttant pour qu'elle soit anticipée. Nous devons partir de notre rupture avec le gouvernement pour réorienter et réactiver les structures du parti et les groupes dirigeants à tous les niveaux (y compris dans une optique internationale) (...)

Pour accomplir ces tâches, l'unité du parti est un instrument précieux. On peut la défendre non pas en exigeant une "synthèse" impossible, mais surtout en assumant ses propres responsabilités aussi bien dans l'expression des désaccords que dans la construction du parti, en relançant au sein du parti la démocratie et une pratique adéquate de pluralisme politique. En partant du choix que nous faisons aujourd'hui, il faut esquisser un parcours de préparation d'un congrès qui ait pour but de redéfinir nos perspectives stratégiques. (...) •

Une erreur sur cette page ?