Les « Rouges-Verts » aux affaires par Angela Klein* Leeesultel des élections en
Allemaane maraue un tournant politique majeur. Plus nettement que prévu les électeurs ont choisi un changement de gouvernement, préférant à la coalition libérale-bourgeoise une coalition "rouge-verte". Ce changement est le résultat en partie involontaire de la détermination de changer de chancelier plutôt que d'une mobilisation de l'électorat pour une politique de réformes (pendant les semaines précédant les élections tous les sondages et aussi la majorité de l'opinion publique ont misé sur la probabilité d'une grande coalition comme résultat électoral).
Celui-ci correspond aux rêves les plus osés de la gauche : défaite cuisante pour la démocratie chrétienne et moindre pour le parti libéral ; forte augmentation des voix social-démocrates et de ce fait, nonobstant un recul léger du vote pour les Verts, une majorité confortable de 21 sièges au parlement fédéral (Bundestag) ; nouvelle entrée du PDS au Bundestag, mais cette fois-ci, puisqu'il a gagné plus de 5% des voix, comme fraction à plein titre, y compris avec le droit d'avoir un poste à la vice-présidence du Bundestag (ce qui lui a valu la remarque d'une présentatrice de la télé disant que le PDS était maintenant devenu un parti "porteur d'État", staatstragende Partei). La fin du « modèle allemand »
Le résultat marque non seulement la fin de l'ère Kohl, mais aussi la fin du "modèle allemand", si on entend par là un système de relations industrielles basé sur un certain modèle d'Etat social, sur l'obligation de créer partout des conditions de vie égales (par
Inprecor nº 429 - novembre 1998 le biais de salaires et de conditions de travails égales) et sur la cogestion. Il est possible qu'à moyen terme ce changement soit accompagné aussi par un changement de système électoral — tel est du moins le désir des patrons.
Finalement ce résultat va être suivi d'une recomposition profonde des partis bourgeois et de la droite, en premier lieu de la démocratie chrétienne, qui, dans l'opposition, doit "se régénérer" de fond en comble — c'est-à-dire, trouver une nouvelle orientation. Pour mieux comprendre il faut d'abord se poser la question : Pourquoi Kohl a-t-il essuyé une aussi grave défaite, alors qu'il avait en face de lui un candidat, qui ne prétendait nullement « tout changer » lorsqu'il arriverait au gouvernement ? La campagne électorale était tout sauf polarisée, n'en déplaise aux stratèges de Kohl qui voulaient faire des élections une "alternative de système". Elle était même très peu politisée et très peu vivante. Personne (sauf le PDS) ne prétendait modifier grandement les choses et personne ne croyait à des changement plus profonds. Pourquoi Kohl a-t-il perdu ?
Il y a deux réponses à cela : Tout d'abord le chômage a occupé la première place dans les préoccupations électorales — ceci grâce aussi aux mobilisations des chômeurs. En janvier son taux tut au plus haut point dans l'histoire de l'après-guerre : près de cina millions (chiffre officiel).
La réponse du gouvernement fut presque nulle : il misait sur la reprise économique (mais qui finalement jusqu'en septembre, où le taux de chômage avait baissé à quatre millions, n'avait permis la création que de 40 000 à 50 000 nouveaux postes de travail) ; plus importantes furent des mesures d'élargissement du deuxième
L'ancien et le nouveau chancelier :
Gerhard Schröder et Helmut Kohl (D.R.) marché du travail, surtout en Allemagne de l'Est (200 000 postes nouveaux) ; la plus grande partie du recul du chômage était due à l'augmentation du travail saisonnier - un phénomène qui se produit régulièrement et notoirement au cours des mois d'été. Les syndicats et les médias continuaient donc à dénoncer la situation et ne donnaient aucune crédibilité à la présomption du gouvernement que l'on assistait à « un tournant sur le marché du travail ». En plus, la dégradation de la situation sociale s'était faite sans que le gouvernement cherche une solution conjointe avec tous les partenaires sociaux. Au contraire : Kohl avait laissé tomber l'offre, d'abord du président de l'IG Metall, Klaus Zwickel, puis de la confédération syndicale DGB, en hiver 96/97, de conclure un pacte pour l'emploi ; en même temps la répartition des richesses continuaient à se faire massivement en faveur des plus riches.
Kohl s'était donc décidément trompé lorsqu'il croyait gagner les élections avec une vieille recette qui depuis les années 50 a toujours profité aux conservateurs : « Pas d'expériences ! Continuons comme ça ! » La majorité de la population ne voulait pas d'expériences, mais surtout elle ne voulait pas continuer comme ça. Schröder, le candidat du SPD, a su très bien capter ce sentiment et a placé sa campagne sous le titre : « Nous n'allons pas tout changer, mais nous allons faire mieux dans bien des endroits ».
Angela Klein est rédactrice de Soz -Sozialistische Zeitung.
En deuxième lieu Kohl a perdu à l'Est. Là il est tombé sur ses propres promesses de « paysages florissants ». Presque dix ans après l'unification il a bien dû payer son prix. Surtout, il y a eu un retournement complet du vote ouvrier : après la réunification la démocratie chrétienne a été, dans la classe ouvrière, le premier parti. Ceci, avec les nouvelles élections, a radicalement changé : la social-démocratie est à nouveau son parti majeur et on peut parier que ce sera pour longtemps.
En troisième lieu il faut mentionner le manque d'homogénéité de la CDU autour d'un nouveau projet politique qui aurait tenté d'apporter des réponses nouvelles aux problèmes créés entre autres par le gouvernement. La chef de la fraction parlementaire, Wolfgang Schèuble, l'avait bien anticipé : au congrès électoral de la CDU il avait présenté un « programme pour l'avenir » qui devait la taire apparaître comme un parti moderniste, à la hauteur des problèmes de la société. Mais ce programme n'a joué aucun rôle dans la campagne électorale ; celle-ci a été dominé par les acquis du règne Kohl, sa politique et ses conséquences. C'est donc Kohl qui a perdu les élections. Un projet de réconciliation des classes
Schröder n'a pas seulement profité, comme son collègue anglais, Blair, de l'effondrement de la CDU ; il a gagné réellement et massivement en voix. Bien qu'il se soit adressé à un « nouveau centre » un peu mythique, il a surtout gagné le vote des ouvriers et des employés — donc d'une frange du salariat plus aisée et plus qualifiée. Il a gagné non pas avec un projet de classe, opposant les salariés aux patrons ou les pauvres aux riches (comme a fait le PDS), mais avec un projet de réconciliation des classes, en faisant campagne pour « un nouveau consensus social », dont le cœur serait le pacte pour l'emploi. La promesse c'est que si l'économie allemande gagne la compétition sur les marchés mondiaux il y en aura assez pour contenter les salariés aussi. Jusque là il faut faire des sacrifices — mais vu la force de l'économie (de la bourgeoisie) allemande, un jour ces sacrifices payeront. Le niveau de la conscience de classe est suffisamment bas, les directions syndicales suffisamment lâches et la gauche syndicale suffisamment faible pour que cette proposition paraisse sans alternative. Naturellement ce « nouveau consensus » inclut aussi la promesse que les sacrifices nécessaires doivent être — et seront — répartis de façon plus égale.
A part ça, la social-démocratie se présente aujourd'hui comme un garant de la continuité constitutionnelle et politique : après la réunification il y a eu de facto une grande coalition pour toutes les questions essentielles qui touchaient à la nouvelle place de l'Allemagne dans le nouvel ordre mondial : la mutilation du droit d'asile, l'envoi de troupes allemandes à l'étranger — il ne manque que le droit à la bombe atomique. Tous les changements de la Constitution, qu'il y a fallu pour définir cette nouvelle place, n'auraient pas été possibles sans l'accord du SPD. La politique européenne, d'ailleurs, ne fera pas exception, quoi que Schröder en ait dit auparavant contre l'introduction de l'Euro.
Les Verts sont le seul parti gagnant qui a perdu dans les élections. Cela s'explique en partie par "l'effet Schröder" , c'est-à-dire le vote utile qui a été massivement pratiqué, aussi bien par la gauche social-démocrate que par une partie des Verts, même, dans certains endroits (surtout dans des villes à forte composante alternative de gauche comme Berlin, Brême, Tübingen, Marburg etc.), par les électeurs du PDS. Cela s'explique aussi par le fait que les Verts ont eu du mal a définir, dans la campagne électorale, un profil indépendant vis-à-vis de Schröder, tant ils étaient fixés sur la tâche de clouer Schröder sur une coa-
NACH TAEN Gerhard Schröder (SPD) et Joshka Fischer (Verts) : « Après vous... » (En Allemagne on avale un crapeau comme en France on avale les couleuvres)
lition "rouge-verte" . Ils ont plus fait campagne contre la grande coalition que pour leur propre programme. (D'ailleurs là, où ils ont essayé de se démarquer, comme avec l'augmentation du litre d'essence à 5 mark, ils ont suscité une vague de protestation qu'ils n'ont pas voulu contester.) Succès et contradictions du PDS
Le PDS a atteint tous ses buts électoraux : il a gagné 5,1% des voix au niveau fédéral, dont 1,% à l'ouest ; il a gagné 4 sièges directement, c'est-àdire par vote majoritaire dans 4 circonscriptions de Berlin-Est (parmi lesquelles le centre de Berlin, qui avait été conquis jadis par l'écrivain Stephan Heym) ; il est passé au statut de fraction parlementaire à plein titre, ce qui lui confère tous les droits et beaucoup plus d'argent : entre autres la nouvelle fraction pourra se payer dorénavant 150 employé(e)s, et elle aura droit à une fondation qui travaillera, comme toutes les fondations des partis, en partie avec de l'argent d'État — ce qui à coup sûr alimentera la bataille interne pour les postes et fournit à la direction du parti un instrument fort d'interventions bureaucratiques. La plus grande augmentation des votes s'est faite à l'Est ; des 380 000 votes environ qu'il a gagnés déjà 250 000 sont venu de la CDU. C'est bien la preuve qu'une campagne "identitaire" (sans être populiste) qui a mis l'accent sur la discrimination particulière des est-allemands dans le processus d'unification, combinée à une campagne pour une autre répartition des richesses, faisant appel, entre autres, au sens égalitaire des Allemands de l'Est, a bien rencontré leur assentiment. A l'Ouest ce fut beaucoup plus difficile ; il a pu gagner dans quelques milieux syndiqués (pour qui la ligne de Schröder n'était plus acceptable) et dans certaines couches ouvrières et de chômeurs peu politisés et sensibles au discours sur une autre répartition des richesses. Ceci correspond au fait que les adhérents, que le PDS a su gagner au cours de la campagne électorale, sont pour la plupart des jeunes sans éducation politique. La gauche ouest-allemande, qui est en gros critique vis-à-vis du PDS, a massivement voté pour lui, afin qu'il puisse entrer au Bundestag. La
direction du parti juge que le résultat à l'Ouest n'est pas satisfaisant, mais elle sait aussi que les votes gagnés là lui ont permis de franchir le seuil des 5%.
Le week-end même des élections générales, ont eu lieu en Mecklenburg-Poméranie du Nord, dont Schwerin est la capitale, les élections pour le parlement régional. Là aussi le SPD et le PDS ont largement gagné, la CDU tombant au-dessous du seuil des 30%. En ce qui concerne la place du PDS dans l'échiquier politique cette victoire a un double effet :
au parlement de Bonn il se trouve dans la situation confortable de pouvoir mener une opposition de gauche pure et dure paraît qu'il veut occuper cette place, puisqu'il a tout de suite annoncé qu'il Rudolf Scharping, ex-président du SPD, ministre de ne voterait pas la Défense. (D.R.) pour un chancelier Schröder vu que celui-ci n'a pas besoin des votes du PDS (il compte s'abstenir). A Schwerin par contre tout paraît indiquer qu'il entrera dans une coalition avec les SPD. Dans le système législatif allemand le parlement est constitué par deux chambre, dont une chambre des Länder, dans laquelle siègent les gouvernements des Länder. Toute une série de lois doivent passer par les deux chambres. D'habitude, lorsque dans un Land il y a un gouvernement de coalition et qu'il n'y a pas d'accord sur un projet de loi du parlement fédéral, le gouvernement en question s'abstient à la chambre. Le SPD à Schwerin a exclu une coalition avec la CDU, parce que celle-ci voulait continuer cette pratique. Il préfère former un gouvernement avec le PDS qui l'a rassuré en promettantde ne pas saboter des projets de lois venant du gouvernement de Bonn. Il peut donc se produire la situation où le PDS vote à Bonn contre un projet qu'il soutient à Schwerin. Ceci dessine les conséquences directes, institutionnelles, de la place politique contradictoire qu'occupe le PDS. Au niveau des masses et de la politique quotidienne cela peut ne pas trop se remarquer : un mur invisible mais épais persiste entre l'Est et l'Ouest et on ne s'occupe pas trop des bagarres des voisins. Dans la masse de la population une telle balance ne va pas nuire au PDS ; l'essentiel de son électorat à l'Est n'attend rien d'autre. Cela peut lui nuire chez les activistes de gauche à l'Ouest en train de formuler un projet alternatif à la ligne de Schröder et peu soucieux des sentiments de l'électorat du PDS à l'Est. Vers une recomposition de la droite ?
Le parti libéral (FDP) a pu se maintenir au Bundestag, mais il ne peut plus jouer le rôle qui est depuis toujours sa raison d'être : celui d'aider à la formation d'un gouvernement bourgeois. Il risque même d'être remplacé dans cette fonction par les Verts, qui sont de plus en plus approchés par la CDU comme un possible futur partenaire de gouvernement. Dans cette situation il paraît assez inévitable que commence dans ses rangs un débat sur "l'identité" du parti. Celui-ci est traversé en gros par trois courants : un courant libéral de gauche devenu très marginal (remplacé désormais par les Verts), un courant qui voit sa profession dans la prédication des dogmes de la théorie économique libérale, et un courant "national-libéral" , sceptique vis-à-vis de l'euro, nationaliste et militariste, avec des liens avec des groupes d'extrême-droite.
L'extrême-droite n'a pu rien gagner dans ces élections — surtout parce que ses votes continuent à être divisés entre au moins trois partis, qui se contestent violemment l'hégémonie : le DVU (plus fort à l'Est), le NPD (de même) et les Republikaner (plus forts en Bade-Württemberg et en Bavière). Si on additionne les votes pour ces trois partis, ont arrive à 3,7%; si on y ajoute les votes pour des groupes chauvins, ultra-libéraux et opposés à l'euro qui ont scissionné du FDP, on arrive à un score entre 4 et 5%. La naissance d'un groupe d'extrême-droite crédible à l'échelle électorale reste donc une question de leadership.
L'avenir de la CDU sera fort intéressant. Ce parti est un des derniers grands parti populaires qui a pu survivre aux années 90 en Europe ; il paraît que c'est désormais terminé Les conflits entre l'aile patronale et l'aile dite "sociale" (les ouvriers catholiques), entre la grande, la moyenne et la petite industrie vont s'accroître. Après les élections, Biedenkopf, le premier ministre de Saxe, a ouvertement douté de la possibilité de continuer à intégrer tous ces différents courants. Le profil du nouveau gouvernement
Si on attend encore des négociations entre les sociaux-démocrates et les Verts, le profil du nouveau gouvernement est d'ores et déjà décidé.
Le gouvernement "rouge-vert" assurera la parfaite continuité en politique étrangère (oui à l'OTAN et à l'Union d'Europe Occidentale, oui à l'intervention de troupes allemandes à l'étranger), tout en essayant de camoufler le nouveau rôle de l'Allemagne en tant que participant à importance croissante à l'établissement d'une nouvelle "police mondiale" sous le prétexte d'envoyer des militaires pour établir la paix. Il faut voir à cette lumière la proposition de renforcer l'ONU et la doter de troupes régulières permanentes. La proposition de placer la politique d'aide au tiers monde sous le signe d'une aide au "développement soutenable" et donc soutenir financièrement des technologies "soft" alternatives, va dans le même sens.
Au niveau de l'environnement, la coalition s'est engagée à fermer dans les cinq ans les centrales nucléaires les plus vieilles — dans une Oskar Lafontaine, président du perspective SPD, ministre des finances et homme fort du régime. (D.R.) de sortie du nucléaire, qui s'étalerait sur 20 à 30 ans (c'est-àdire : on n'en construit plus de nou-
SCHLESWIG-HOLSTEIN BRÉME HAMBOURG BASSE-SAXE 7,7 RHENANIE-DU-NORDWESPHALIE 47,B Bonn HESSE THURINGE RHENANIE• PALATINAT
SARRE
BABEWURTEMBERG 0,2 Population (en millions d'hab.) Anciennes frontières entre l'Est et l'Ouest velles et on ferme les existantes après un temps de roulement raisonnable). Toutefois la coalition s'est aussi engagée à trouver un nouveau "consensus énergétique" avec l'industrie du nucléaire et de l'électricité dans le délai d'un an ; l'industrie a déjà fait savoir qu'elle n'est pas prête à mener ces négociations dans la perspective d'une sortie du nucléaire. D'autres questions comme une limitation à 30 km/h de vitesse pour les automobiles dans les agglomérations ou l'arrêt du Transrapid (train à sustentation magnétique) sont encore ouvertes.
Sur un autre champ encore la nouvelle coalition se présente comme une force de conciliation dans la société, à la différence du gouvernement sortant, qui a opéré à sa division. C'est la politique d'immigration. Elle a décidé de modifier le code de nationalité et d'y introduire le droit du sol. Toutefois cela ne va concerner que la troisième génération d'immigrés. Cette mesure ratifie dans un certain sens ce qui est la réalité en Allemagne depuis les années 60 : elle est un pays d'immigration, qui a besoin de la main d'œuvre étrangère. C'est aussi l'avis d'une partie du patronat et il n'est donc pas surprenant que le journal
MECKLEMBOURG-
POMÉRANIE-OCCIDENTALÉ
BRANDEBOURG
2,5
Berlin S
SAXE-
BERLIN
ANHALT
28
ALLEMAGNE
SAXE mande
BAVIERE
41.9 faudra
00 km
PIB par hab. (1996, en milliers de marks)
De 40 à 50
De 90 à 99
Plus de 100
De 80 à 89 racisme.
La question sociale nouveau gouvernement la question sociale, surtout le chômage. II a annoncé jeunes - et cette promesse tenue. Après il faudra regarder les ture économique mondiale le permettant, il n'est pas impossible non plus que le gouvernement parvienne faire baisser dans une certaine mesure le chômage par le pacte pour l'emploi, s'il arrive à élargir fortement le secteur du temps partiel et celui des ra des politiques néolibérales en réintique économique la nouvelle coalilation contrôlée », c'est-à-dire qu'elle va continuer les privatisations, la dérégulation du marché de travail, mais en même temps renforcer les amortisseurs sociaux et surtout aider au développement d'une main d'œuvre très qualifiée et des investissements dans vent être aussi des technologies alterconservateur, Frankfurter
Allgemeine Zeitung, ait commenté cette mesure comme un pas vers la normalisation.
Cette mesure • par contre ne changera rien à la politique dure vis-à-vis des réfugiés d'aujourd'hui ;
patrons.
les accords de Schengen vont être respectés pleinement. Aussi il ne faut pas se tromper : l'adoption de la nationalité alleprotegera les immigrés aussi peu de la violence raciste que l'assimilation a protégé les juifs contre l'agression antisémite. Les nouvelles mesures n'iront pas calmer la violence raciste ; il donner aux jeunes, aux salaries, aux chômeurs une perspective d'ensemble, une perspective de solidarité, pour vraiment combattre le
Le point crucial reste donc pour le cotisations seules, il faudra en plus un programme immédiat une assuranpour la création de 100 000 emplois ce privée et, sera le échéant, une conditions d'embauche. La conjoncaide de l'État. Les cotisations ne vont plus, à elles seules, garantir une retraite bas salaires. Toutefois il se démarque-
Cette perspective troduisant l'assurance sociale pour les fondée sur le emplois précaires. En matière de polition poursuivra un cours de « dérégudes technologies de pointe (qui peunatives). Pour mettre en place une telle perspective, qui vise à diviser ultérieurement les salariés et organiser en même temps un large consensus social autour d'elle, il faut mettre en place une nouvelle forme de collaboration de classe, c'est-à-dire de coopération entre les syndicats et les
Le « modèle allemand » a été, dans la période d'après-guerre jusqu'à la réunification, un modèle basé sur un système social construit autour du travail salarié ; les cotisations versées pour l'allocation chômage, santé et vieillesse devaient assurer le niveau de vie correspondant au travail exercé même en cas de sortie du monde du travail. La politique d'austérité du gouvernement Kohl a miné les fondements de ce système, mais il n'a pas été mis en question en tant que tel. Or, le ministre du travail désigné, Walter Riester, haut responsable de la IG Metall, a fait savoir durant la campagne électorale qu'il allait apporter des modifications qualitatives : l'introduction d'un revenu minimum et, en correspondance, une baisse des cotisations sociales. Dorénavant, paraît-il, la retraite ne sera plus assurée par les cas sociale donc décente. Andrea Fischer (Verts), est ministre de la santé. (D.R.) discours sur la « fin du travail » et sur l'impossibilité de garantir une vie décente par le travail (salarié), qui nous parvient entre autres de l'administration Clinton aux États-Unis. Ce modèle livre à la merci de l'État le nombre croissant de gens, qui ne trouvent plus ni de travail permanent ni de travail assez rémunéré pour pouvoir se permettre une assurance privée suffisante. Il s'adresse au fameux
« nouveau centre », c'est-à-dire à la frange la mieux payée des employés et des ouvriers.
Un nouveau rôle est attribué aux syndicats (qu'ils remplissent déjà partiellement de fait). Dans le passé la collaboration de classe, du moins pour des syndicats comme la IG Metali, la ÖTV (fonction publique) et autres, consistait à formuler les intérêts matériels (salaires, conditions de travail, etc.) et à les négocier avec les patrons (avec pour résultat des compromis plus ou moins mauvais). Aujourd'hui ce sont les patrons qui avancent des revendications et demandent aux syndicats d'accepter des baisses de salaire, des réductions de congé, etc. pour éviter des licenciements. En même temps ils continuent à réduire dramatiquement les effectifs. Les syndicats, mais surtout les représentations ouvrières dans les usines, Joshka Fischer (Verts), viceacceptent chancelier et ministre des affaires étrangères. (D.R.) souvent le chantage, en partie parce que (apparemment) il leur manque la force de se battre, mais en grande partie aussi parce qu'ils acceptent l'idéologie patronale que sans un bon état de l'économie (voir des profits) il n'y a pas d'espace pour des revendications ouvrières. Ils épousent donc la logique du « Standart Deutschland » : il faut gagner la compétition sur les marchés mondiaux. Dans une telle logique la collaboration de classe a une autre signification pour les syndicats qu'auparavant. « Pour une autre politique...»
Le résultat électoral a été une surprise pour tout le monde; la plupart s'attendaient à une grande coalition et les expectatives pour un gouvernement "de réformes" ont été - à l'heure des élections — quasi nulles. Le résultat est donc "plus à gauche" que le climat dans la société. Ceci reflète un long processus de dépolitisation tout au long des 16 années de gouvernement Kohl, de perte de capacité d'action et d'organisation de la gauche (fragmentation des structures de la gauche syndicale, quasi-disparition du mouvement femme, repli du mouvement des chômeurs sur des tâches d'aide individuelle, disparition du mouvement pour la paix, etc.) et une attitude passive dans la société, qui, d'un côté, soutient les discours sur la nécessaire compétitivité de l'économie allemande, de l'autre, demande plus d'égalité sociale et que tout ceci soit atteint par un large consensus social entre patrons, syndicats et autres protagonistes sociaux. Le climat était donc en faveur d'une grande coalition, que le résultat électoral, trop évident, ne permet pourtant pas.
Toutefois, les perspectives qui manquaient hier sont en train de se profiler aujourd'hui — il paraît maintenant y avoir plus d'espace pour des revendications accumulées par une frange de la gauche, qui, avant les élections, a mobilisé « pour une autre politique, non seulement un autre gouvernement » (c'était le mot d'ordre de la manifestation du 20 juin à Berlin).
Le nouveau gouvernement est devenu aussitôt la cible des attaques des patrons, pour qui le programme de la coalition est trop "vieille socialdémocratie", "redistributif". II finira par leur faire plus de concessions et ne manquera pas de décevoir l'électorat plus humble. Le danger que la droite en ramasse les fruits est donc grand. A gauche il n'est possible de parer à cela que si on mène une politique d'opposition cohérente, au parlement, mais surtout dans la société. Il faut reconquérir la rue, il faut traduire la victoire électorale en une reprise de la mobilisation sociale, il faut refaire un travail d'organisation dans les différents milieux sociaux pour recréer un cadre de militants qui sachent agir sur le terrain social et reposer le problème de la construction d'un parti socialiste. Le PDS ne répond que partiellement à ces préoccupations — notons au passage qu'il a gagné, dans cette campagne électorale, en votes et en membres, surtout parmi des couches populaires peu politisées — mais il devra en tout cas en être partie prenante.