BLOC DE GAUCHE AU PORTUGAL : LA RESPONSABILITÉ DU RISQUE L réunions ose congrès ou réunions plénières de trois organisations de la gauche alternative portugaise — le Parti socialiste révolutionnaire (PSR, section portugaise de la Ive Internationale), l'Union démocratique populaire (UDP, ex-pro-albanais) et Politica XXI (petite organisation d'intellectuels critiques) - ont décidé d'adhérer au processus de préparation d'un Bloc de Gauche. Au congrès du PSR, environ trois quarts des délégués ont approuvé cette démarche. A l'issue de leur congrès, qui s'est tenu les 8, 9 et 10 janvier 1999 dans la banlieue de Lisbonne en présence d'une centaine de délégués, les camarades du PSR nous ont fait parvenir le communiqué, que nous reproduisons ci-dessous. Communiqué du PSR
« Un tel projet est déjà ancien. Aussi ancien que la conviction de nombreux militants indépendants du besoin d'une alternative électoralement viable, ou que l'intervention de militants organisés dans le sens de concrétiser une force politique et culturelle représentative d'un courant alternatif dans la gauche portugaise. Mais ce qu'il y a de nouveau c'est la décision d'assumer la responsabilité et le risque. |/ était temps.
« Les voix du scepticisme et du cynisme sont sans doute nombreuses — elles dominent les médias, peuplent les commentaires illustres, déterminent la politique portugaise. Une "troisième voie" peut être discutée, par d'obscurs journalistes ou par des caciques socialistes se disputant la pôle position de son congrès, les places d'euro-députés ou même de président du Parlement Européen (M. Soares), de commissaire européen, des Expos 98, des post-Expo 98, du Portocapitale européenne de la culture ou du football 2004. Mais une alternative consistante, qui porte sur les causes qui frappent le consensus et donne la voix aux sans-voix, est regardée sous un mauvais œil - et avec raison.
« Le risque, le vrai risque, ce n'est pas celui de la critique des adversaires de ce projet. Le risque est évidemment de ne pas répondre au défi, de ne pas parvenir a créer la force exigée, de ne pas mobiliser l'indispensable capacité de convocation, de ne pas bâtir un mouvement où puissent se rassembler les combats permanents contre le chômage et pour une politique économique et européenne pouvant répondre aux revendications fondamentales des travaillleurs, ou pour la réforme fiscale, ou pour la défense et le développement de la Sécurité sociale, ou contre l'Eglise, pour la laïcisation de la relation politique ou pour les droits des femmes, ou pour la culture critique contre le spectacle pharaonique. Le vrai risque est d'en rester aux paroles et de ne pas parvenir de passer aux actes, de se limiter aux intentions et de ne pas parvenir à réaliser les ruptures, d'être présents aux élections mais pas dans l'action.
« Pour cela, les volontés ne sont pas suffisantes, et, moins encore, les déclarations. L'Europe va vers une récession et le chômage tend à augmenter; la dérégulation sociale, les conflits ethniques, les guerres yougoslaves, la pauvreté, l'exclusion intolérable tendent à augmenter. La culture de l'éphémère, de la superficialité, de la banalité, tendent à s'affir-
Grèce & Portugal
n° spécia meres once
IV° internationale
1938
1998
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« La voix de la protestation est plus que nécessaire. Il faut arriver sur place et faire face. C'est cela le seul risque de la responsabilité.»