à la tête d'un État en crise a réélection dès le premier tour de
Fernando Henrique Cardoso (appelé FHC au Brésil) à la présidence du Brésil fut salué par la grande presse comme un signe de stabilité. Las, dès son investiture le 1 janvier 1999, FHC a du faire tace à une crise monétaire, qui, en deux semaines, a provoqué une dévaluation de plus de 40 % de la monnaie nationale, le réale, face au dollar. Comme on pouvait s'y attendre, l'adoption par le Congrès des réformes exigées par le FMI (cf. l'article de Fabio Pereira en p. 14), n'a pas sutti pour stabiliser la situation. L'économie brésilienne est en effet fragilisée par les années de recettes néolibérales (cf. notre article en p. 11). Et, contrairement aux apparences, FHC entame son second mandat avec une légitimité amoindrie.
D'abord, malgré une campagne électorale menée à reculons et sans convictions par sa direction, le score obtenu par le Parti des travailleurs (PT) est en progrès. De plus, la gauche du PT, minoritaire lors du dernier congrès national du parti mais jouissant d'une implantation majoritaire dans plusieurs Etats, a pu faire preuve de sa capacité de construire et de faire gagner un parti de masse.
Principal parti de l'opposition, parti ouvrier de masse, le PT est traversé par des débats stratégiques et marqué par une polarisation grandissante entre son aile gauche, qui fut majoritaire aux congrès de 1989 et de 1994, et une aile droite attirée par les sirènes du social-libéralisme. La campagne électorale du parti en 1998 fut la scène de cette polarisation. Alors que dans l'État du Rio Grande do Sul, le PT hégémonisé par la gauche, menait une campagne d'indépendance de classe, couronnée par l'élection de Olivio Dutra, dans d'autres États des alliances électorales multiformes, voire des passerelles vers FHC comme dans le District Fédéral (où le gouverneur sortant du PT fut finalement
La gauche du PT
battu), ont vu le jour.
Les succès remportés par la gauche du PT, au sein de laquelle nos camarades de la tendance Démocratie socialiste jouent un rôle important, la placent aujourd'hui face à des responsabilités accrues. A la tête de l'État de Rio Grande do Sul et de la mairie de Porto Alegre, sa capitale, elle doit faire la preuve que sa stratégie permet non seulement de gagner les élections, mais aussi de construire un rapport de forces face à la bourgeoisie, qui domine l'Etat fédéral. Elle doit pour cela peser sur l'orientation du PT et des syndicats, pour que ceux-ci jouent à nouveau un rôle moteur dans les mobilisations sociales, que la politique d'austérité accrue de FHC met à l'ordre du jour.
Nous avons rassemblé dans ce dossier des articles publiés dans le journal de nos camarades de Démocratie socialiste, Em Tempo, qui témoignent des batailles engagées par la gauche du PT au sein du parti et dans le mouvement syndical. Et nous nous sommes entretenus avec notre camarade Miguel Rossetto, élu vice-gouverneur de cet Etat, avant l'investiture du gouvernement de gauche au Rio Grande do Sul (p. 8).