Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MOUVEMENT NATIONAL KURDE

La question kurde à l'Est et à l'Ouest de la Turquie

· Inprecor n° 432, février 1999 · p. 22 · 364 mots

Grèce et Turquie

Même durant la période la plus intense des combats entre l'armée et le PKK à l'Est du pays, même lorsque les villages étaient détruits et vidés de leurs habitants (un ministre a récemment reconnu que près de 800 000 personnes avaient ainsi dû émigrer à l'Ouest du pays ou dans les grandes villes de l'Est), il n'y a pas eu d'affrontement entre Turcs et Kurdes à l'Ouest, en dehors de quelques événements sporadiques.

Il y a certes eu quelques morts lors des événements qui ont suivi l'arrivée d'Ocalan à Rome (deux militants kurdes ont été lynchés par les fascistes ou la police et 6 autres se sont immolés par le feu "en soutien à Apo"). Mais la fièvre nationaliste et ces quelques manifestations anti-Kurdes des fascistes turcs, doivent être remises à leurs justes proportions (surtout si on les compare aux mobilisations racistes contre les minorités chrétiennes, en 1955). On peut même affirmer que ces tentatives de mobilisations ont été un véritable fiasco pour les fascistes turcs, compte tenu surtout de leur poids électoral (estimé aux alentours de 10 % !) et de la grande tolérance de la police à leur égard. Il faut rappeler que les quelques scènes de lynchages ont eu lieu, à la suite des actions de solidarité avec Apo, organisées par une poignée de militants du PKK dans les quartiers les plus fréquentés des grandes villes de Turquie [essayons d'imaginer ce qui aurait pu aussi se passer, si de telles manifestations avaient eu lieu dans les rues de Madrid, en faveur des leaders de

Au stade actuel, en raison de l'immigration interne massive vers l'Ouest, la question kurde connaît une importante mutation sociale et politique. La population kurde s'entasse de plus en plus dans les métropoles occidentales et se prolétarise. Pour la moitié des Kurdes, cette question n'est plus aujourd'hui une question nationale à l'Est, mais une question de minorité nationale à l'Ouest (et cette tendance va en s'accentuant). Pour ceux-là, même une "solution de la question kurde" à l'Est ne résoudrait pas leur propre question à l'Ouest (voir également une analyse sur ce sujet, dans Inprecor n° 307, mai

Une erreur sur cette page ?