Inprecor 1974–2004

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FRANCE

Une liste LO-LCR aux élections européennes

Inprecor n° 432, février 1999 · p. 18 · 1 062 mots

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France UNE LISTE LO-LCR AUX ÉLECTIONS EUROPÉENNES Plus set sections de es des villes et sections de la LCR, réunis à Paris le 16 janvier 1999 en conférence nationale, ont approuvé la proposition d'une liste commune de la Ligue communiste révolutionnaire (secInternationale) et de Lutte Ouvrière pour les prochaines "européennes"

La conférence nationale a clos le débat ouvert au sein de la LCR depuis plusieurs mois, à la suite de la négociation entre les directions des deux organisations d'une profession de foi commune (1). Trois positions étaient en présence au sein de la LCR. Présentées par la position A, la motion approuvant le projet de liste commune recueilli 78,86 % des voix et celle concernant les modalités de la campagne, 76,42 %. Les motions présentées par la position B, qui rejetait la proposition 18,7 % des suffrages des délégués. La motion de la position C, qui mettait l'accent sur le projet européen de la Ligue, a recueilli 4 % et deux motions locales défendant des positions particulières, Enfin, une motion réaffirmant les orientations générales du congrès de la LCR quant à la perspective de la construction recueillait 67,74 % des voix.

A noter que le taux de participation militante aux contérences locales à été l'un plus importants dans I'histoire de la LCR — 13 % de plus qu'au dernier congrès - ce qui traduit une augmentation sensible des effectifs de la Ligue.

Ce même week-end les militants de LO ont approuvé à la quasi-unanimité le liste commune

A l'issue de la conférence dimanche 17 janvier, Alain Krivine (LCR) et Arlette Laguiller (LO) ont tenu une conférence

« Au moment où les courants politiques se divisent (le Front national en 2, la droite en 4 ou 5, la gauche plurielle en 3 ou 4...), la gauche anticapitaliste se rassemble » — déclarait A Krivine à la conférence de presse. « Si nous avons fait cette liste commune, c'est parce qu'il y a

« Urgence en Europe, face à une offensive patronale de grande envergure, qui se traduit par 20 millions de chômeurs, le développement partout de la précarité, de la flexibilité, des privatisations du service public, de l'exclusion, des attaques contre l'environMaastricht, d'Amsterdam l'Europe est discréEurope monétaire, l'on construit, sociale sur des critères sociaux comme les 35 heures, un SMIC (2) européen, une harmonisation par le haut des législations sociales. Et c'est une Europe non démocratique, sans aucun Europe nous la refusons, parce que nous sommes pour une Europe des travailleurs. Urgence en France, avec ses 6 millions de des minima sociaux, ses 3 millions de chômeurs déclarés, ses 2 millions de mal-logés, ses 60 000 sans papiers repoussés dans la clandestinité. La gauche plurielle se refuse à prendre les mesures radicales qui s'imposent, pour ne pas rompre avec les lois du marché et les pleins pouvoirs du patronat. concessions et ses reculs ont fourni la clientèle au Front national, notre principal adversaire. (...) Or, depuis les grandes grèves de 1995, un nouveau climat de résistance sociale se développe, radical et combatif, avec le développement géographique de nouveaux mouvements comme ceux des chômeurs, des sans-papiers, de presse annonçant la cam- temmes ou des comités antifascistes. Mais ce nouveau mouvement social est orphelin d'un moment où le PS satellise de plus en plus les directions du PCF et des Verts. (...) Notre but, lors de ces élections, est de construire une force électorale ancrée le plus à gauche possible, capable de montrer qu'il existe une alternative à la politique de résignation. En dépassant les 5 %, nous changerons les rapports de forces au sein de la gauche, avançant ainsi vers la construction d'une force anticapitaliste, féministe et écologiste. Un succès de notre liste serait un encouragement à la lutte pour les millions d'opprimés, d'exploités, d'exclus, souvent

Pour sa part, Arlette Laguiller écrit dans l'éditorial de Lutte Ouvrière : « La liste LO-LCR se situe sur le terrain de l'opposition radicale à la politique de tous les partis qui mènent leur action en fonction de la gestion capitaliste de la société. Cette politique, qu'elle soit menée par la droite ou, comme actuellement, par la gauche dite plurielle, a des conséquences désastreuses pour les travailleurs et pour la société. (...) Nous dirons qu'il est possible de mettre fin au chômage, immédiatement, à la seule condition de mener une politique qui n'hésite pas à prendre dans les profits capitalistes de quoi financer la création d'emplois utiles en nombre nécessaire. (...) Nous dirons aussi que l'Europe unie, sans frontières entre les peuples, c'est l'avenir. Mais l'Europe que les gouvernements prétendent construire est au service exclusif des industriels et des groupes financiers. Elle est conçues pour accroître les profits des multinationales européennes sur le dos de leurs propres salariés comme sur les peuples des pays pauvres. Même ce qui pourrait être un progrès, comme la suppression des frontières et une monnaie unique, sert de prétexte aux gouvernements pour imposer des sacrifices à la population laborieuse. Il faut que les élections européennes confirment le renforcement du courant qui se retrouve dans le langage d'opposition radicale à la politique de gestion de l'économie capitaliste. ce sera une censure claire de la politique du gouvernement de la "gauche plurielle" qui ne pourra pas être détournée au profit de la droite.

poids à l'influence électorale de l'extrême monde du travail qui pèsera sur la politique gouvernement. » (4) Il est à noter que la presse quotidienne et comptes rendus du lancement de la campagne de la liste LO-LCR (5), dont les sondages annoncent qu'elle pourrait franchir le seuil de 5% des voix en juin, ce qui lui permettrait d'avoir des élu(e)s au 1. Le texte du projet de cette profession de foi a été publié dans Rouge du 26 novembre 1998. 2. Le salaire minimum interprofessionnel de croissance a été créé en France par la loi du 20 janvier 1970, devant servir à éliminer la distorsion entre la progression du salaire minimal et celle de l'ensemble des salaires. Il a remplacé le salaire minimum interprotessionnel garanti, créé en 1956, qui entre 1956 et 1968 n'avait progressé que de 76,1 % contre un progression de 137,4 % 3. Cité dans Rouge du 21 janvier 4. Lutte Ouvrière du 22 janvier 5. Les lecteurs intéressés par le déroulement de la campagne peuvent consulter chaque semaine une revue de presse, les communiqués de la LCR et d'Alain Krivine etc. sur le site web de la

<http://www.lcr-rouge.org>

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