El Salvador L'avortement anticonstitutionnel! large majorité une modification de la constitution de la République de El Salvador. La première phrase de ce document qui avait été adopté en plein guerre civille en 1983 disait : « Le Salvador reconnait la personne humaine en tant qu'origine et but de l'activité de l'Etat, tant en ce qui concerne l'obtention de la justice, la sécurité judiciaire que le bien commun ». La précision suivante y a été ajoutée : « De même, tout être humain est considéré comme personne humaine dès l'instant de sa
Cette modification avait été adoptée le 30 avril 1997, le dernier jour de l'ancienne Assemblée Législative, comme partie d'un paquet de changearticles de la à l'initiative de l'Alliance Républicaine Nationaliste (ARENA), le très réactionnaire et néolibéral parti gouvernemental. Pour entrer en vigueur les modifications constitutionelles doivent être adoptées au Salvador Parlement lors de deux périodes législatives consécutives, ce qui fut le cas maintenant, en pleine campagne
Du point de vue juridique et dans la réalité matérielle rien ne changera pour les femmes salvadoriennes : l'avortement est interdit de toute manière par le code pénal, et ceci dans tous les cas, même les avortements dits thérapeutiques. Il y a très peu de débats dans la société salvadorienne sur ce thème. Avec des slogans comme « Oui à la vie, non à l'avortement ! », ce sont surtout des forces conservatrices qui avaient mobilisé quelques centaines de personnes le jour du vote devant le
Les organisations du mouvement des femmes ne soulèvent pas trop le thème délicat de l'avortement. Des thèmes comme la participation des femmes dans la vie politique et publique, les problèmes de survie économique ou la violence sont au centre de leurs activités et programmes de formation. Au sein de la société les thèmes et revendications féministes ont régressé en comparaison avec les années 1993 et 1994, quand il y avait un long processus Mujeres 94, en vue de l'élection présidentielle de mars 1994. La revendication de maternité libre et volontaire avait été inclue dans ce texte, qui avait l'appui d'un large éventail de groupes féministes et de secrétariats femmes d'organisations populaires.
La modification constitutionelle est censée fermer la porte a toute possibilité d'une éventuelle libéralisation de l'avortement. Il est significatif qu'elle ne fut possible que grâce à l'attitude de l'important parti de la
Farabundo Martí pour la Libération
Nationale (FMLN). Seconde force politique dans le pays, le FMLN dispose de 27 des 84 députés. Avec une attitude déterminée la fraction FMLN aurait pu empêcher la ratification de la disposition anti-avortement en entraînant avec elle quelques députés et surtout députées d'autres partis (ainsi par exemple Gloria Salguero Gross, députée d'ARENA et ancienne présidente de l'Assemblée, avait été présente lors de la session, mais s'est excusée juste avant le vote).
Cependant le vote du groupe FMLN fut "libre" et 15 députées et députés votaient pour la motion, les 12 autres s'abstenant...
La division dans le groupe parlementaire reflète exactement les options politiques : la majorité soutient les "rénovateurs", c'est-à-dire le courant de droite (qui pourtant ne réussit toujours pas à obtenir une majorité parmi les déléguées et délégués des nombreux congrès nationaux de la dernière période, mais est prédominant parmi les cadres intermédiaires et dans l'appareil du parti), tandis que la minorité des parlementaires FMLN soutient les "orthodoxes", c'est-à-dire les partisans de la direction historique, le courant
Federico Espina