Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

Le Parti de la Refondation Communiste en congrès

· Inprecor n° 434, avril 1999 · p. 17-20 · 3 329 mots

Italie

Par Livio Maitan* a convocation du quatrième congrès du Parti de la Refondation communiste avait été décidée avant la scission du mois d'octobre dernier dans le souci démocratique de donner à la minorité dirigée par Armando Cossutta une chance de renverser la décision de sortir de la majorité parlementaire qu'elle considérait désastreuse (1).

Une fois la rupture consommée, la question se posait de savoir s'il était toujours nécessaire de tenir à une échéance rapprochée un congrès visant à ratifier un passage à l'opposition désormais accepté par tout le monde avec le risque de déclencher des luttes sourdes pour la distribution des postes dans les instances de direction. L'exigence d'aborder des thèmes stratégiques et de débattre également sur la conception et le fonctionnement du parti était indéniable. Mais il était de toute évidence impossible de la satisfaire en l'espace de deux mois.

Finalement, la convocation avait été maintenue. Le projet majoritaire soulignait que le but du congrès était de mieux préciser la politique du parti dans la phase actuelle, alors que « la définition d'un programme général de la gauche antagoniste » serait abordée dans la période allant du congrès déjà convoqué au congrès suivant. Enjeu limité

Dans ces conditions l'enjeu du congrès ne pouvait qu'apparaître sensiblement moins important qu'aux deux congrès précédents : celui de 1994, axé sur des problèmes d'alliances à la veille des élections législatives, et celui de 1996 abordant surtout le problème de la participation à la majorité parlementaire (2). La conséquence était facile a prévoir : d'un côté, des interventions disparates avec très peu de confrontations politiques réelles, de l'autre, des affrontements très durs et prolongés, surtout au sein de la majorité, sur la composition des organismes de direction.

Au delà du texte du Comité politique national (CPN) sortant (3),sous certains aspects dépassé par des événements successifs, c'est presque exclusivement le rapport de Fausto Bertinotti qui a développé davantage l'orientation adoptée auparavant. Comme l'indiquent, entre autres, les passages que nous reproduisons par ailleurs, ce rapport reflète une radicalisation incontestable du PRC aussi bien dans l'opposition au gouvernement de centre-gauche et les critiques du principal parti de la coalition, les Democratici di sinistra (Démocrates de gauche, DS, auparavant PDS), que dans les orientations anti-impérialistes. Il est d'ailleurs significatif que Bertinotti ait commencé son discours par une citation du Che traduite en langue kurde : « Il faut surtout être toujours capables de ressentir au fond de soi-même toute injustice commise contre quiconque dans n'importe quelle partie du monde : c'est la meilleure qualité d'un révolutionnaire » (4). Cette tonalité internationaliste était accentuée par la présence, pour ainsi dire pluraliste, d'une centaine de délégations étrangères, allant des partis communistes des pays européens, de Cuba, de la Corée du Nord, d'Amérique Latine et de l'Afrique du Sud

COMUN SAN

à des organisations anti-impérialistes de nombreux pays sous-développés et à des organisations écologistes et d'extrême gauche, comme la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) de France. La IVe Internationale était représentée par le camarade François Vercammen.

Pour marquer le caractère de la bataille d'opposition dans laquelle le PRC s'est engagé, le projet majoritaire était * Livio Maitan, dirigeant de la IV° Internationale, est membre de la direction du PRC 1. Cf. le dossier paru dans Inprecor nº429 de novembre 1998. 2. Cela peut expliquer en partie le peu d'attention prêtée au congrès par les médias qui effacent de plus en plus le PRC. Par exemple, le Corriere della Sera, qui en octobre avait consacré des pages entières à la session du CPN, cette fois n'a publié que des compte-rendus succincts en ne mentionnant qu'une seule intervention en l'espace de quatre jours. 3. Le projet avait été rédigé par une commission du CPN et approuvé par cet organisme, mais il a été publié comme texte du Secrétariat. Il ne s'agit pas d'une distraction formelle, c'est un choix délibéré visant à réaffirmer le rôle absolument prépondérant attribué au Secrétariat. Celui-ci, tout en étant, selon les Statuts un organisme opérationnel, concentre en fait le pouvoir de déterminer les choix politiques et organisationnels, la Direction et le Comité politique n'ayant un rôle réel que dans le cas où le Secrétariat est divisé 4. La citation est le résultat d'une double traduction et nous n'avons pas la possibilité de faire les vérifications nécessaires.

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intitulé « Pour une alternative de société ». Cela impliquait donc un effort de formuler non seulement une orientation politique mais aussi une stratégie opposée à celle du centre-gauche. Le congrès, comme nous l'avons déjà mentionné, n'avait pas l'ambition de donner une réponse exhaustive aux problèmes stratégiques. Bertinotti s'est efforcé d'en préciser les termes. Il a expliqué notamment qu'étant donné le rapport de forces existant aussi bien à l'échelle nationale qu'à l'échelle internationale, il s'agit essayer, à l'heure actuelle, de dessiner une alternative qui, tout en n'impliquant pas un dépassement du capitalisme, constitue une rupture radicale avec le néolibéralisme et la "pensée unique". C'est dans ce but qu'il a avancé des réflexions aussi bien sur des choix économiques néo-keynésiens que sur la nécessité de combattre une dynamique allant vers l'instauration d'une démocratie autoritaire. Quelques formulations sont discutables et nous avons fait des mises au point critiques à ce sujet dans notre intervention au congrès. Mais c'est justement sur ce terrain qu'un débat s'impose. Pour utiliser notre terminologie traditionnelle, c'est la problématique des objectifs de transition qu'il faut aborder dans un contexte très défavorable. Echéances politiques

Quelques commentaires sur la partie du rapport concernant des échéances politiques rapprochées. Au mois d'avril aura lieu en Italie un référendum visant à supprimer toute représentation proportionnelle dans le système électoral italien Si les partisans de ce référendum gagnent et si, de surcroît, est adoptée telle quelle une nouvelle loi électorale formulée par le gouvernement D'Alema, le PRC pourrait être privé de toute participation parlementaire, même s'il obtenait 10% des voix. La bataille contre le référendum est déjà engagée : à l'heure actuelle son issue 5. Dans le congrès provincial de Rome une minorité de presque 30 % s'est prononcée pour une rupture immédiate avec Rutelli. 6. Bertinotti a proposé la candidature de Ciampi sans consultation préalable de la DN. 7. Cf. Inprecor n° 429 de novembre 1998. Comme nous l'avons rappelé à plusieurs reprises, il est abusif de caractériser aussi bien la minorité de 1996 que celle de 1999 comme trotskiste, la grande majorité des membres de ces courants ne se réclamant pas du trotskisme. 8. La minorité actuelle a obtenu en chiffres absolus 5300 voix alors que la minorité de 1996 en avait obtenu plus de 8000.

défavorable semble moins inéluctable qu'elle ne le semblait auparavant. Une deuxième échéance, en juin, est celle des élections européennes et breuses élections municipales et provinciales. A ce sujet, Bertinotti a confirmé que le PRC vise à réaliser des accords avec le centre-gauche à condition que n'y participent pas des formations du centre ou centre-droit et qu'une convergence programmatique soit possible. Pour notre part, à la différence de ce que pensent les camarades de la minorité, nous estimons qu'il serait erroné de faire découler automatiquement de la rupture avec le centre-gauche au niveau gouvernemental une rupture généralisée au niveau des administrations locales. Mais le critère programmatique, énoncé à juste titre, n'est pas toujours appliqué. L'exemple le plus spectaculaire est celui de l'administration municipale de Rome dont le PRC continue de faire partie, bien que les accords signés avant les élections soient restés lettre morte et que le maire, Francesco Rutelli, se soit engagé dans une série de privatisations rejetées par le PRC. Bertinotti s'est prononcé assez nettement contre toute rupture pour l'instant, en dépit du mécontentement croissant des citoyens de la capitale que ne cessent d'exploiter Gianfranco Fini et ses compères de l'Alliance nationale (AN) (5).

Finalement, le Parlement doit élire, dans les semaines qui viennent, le nouveau président de la République. Bertinotti a annoncé la disponibilité du parti à réaliser un accord avec le centre-gauche. Dans le contexte donné une telle éventualité ne saurait être écartée. On ne saurait écarter non plus un accord dans le but d'éviter l'élection éventuelle d'un candidat prônant une réforme de la Constitution dans un sens présidentialiste et autoritaire Nous ne partageons pas pour autant l'initiative prise par Bertinotti peu avant le congrès de se prononcer en faveur de la candidature de l'ancien premier ministre et actuel responsable de l'économie Carlo Azeglio Ciampi, dont le nom a été avancé

ENSEMBLE DETENDONS

MARCIA EUROPEA

CONTRO LA DISOCCUPAZIONE & MA MATO E L'EAN

comme ballon d'essai par des dirigeants des DS (6). Réalignements dans l'ancienne minorité

La phase préparatoire du congrès a confirmé le clivage qui s'était déjà produit au sein de la minorité du congrès précédent et qui avait débouché sur une attitude différente lors du CPN d'octobre. A cette occasion, une moitié des membres de la minorité, dont l'auteur de cet article et Franco Turigliatto, avaient voté pour la résolution présentée par Bertinotti en faveur de la sortie de la majorité parlementaire, l'autre moitié, dont Marco Ferrando et Franco Grisolia, tout en étant favorable au tournant, avait présenté sa propre résolution (7).

Par la suite, nous avons estimé qu'après le tournant du parti et tenant compte de l'option de centrer le congrès sur la ligne politique dans la phase actuelle en remettant à une échéance ultérieure le débat sur la stratégie et sur la nature du parti, il n'était pas justifié de présenter un texte alternatif. La priorité était de contribuer au renouveau du parti dans la mise en pratique conséquente du tournant dans les luttes quotidiennes, dans l'effort primordial d'enracinement social et de construction des organisations de base aux différents niveaux. Cela était d'autant plus légitime, que la nature pluraliste du parti était réaffirmée et, répétons-le, le débat sur les problèmes stratégiques, loin d'être tranché, restait ouvert. Il est vrai que le projet du CPN esquive le problème du bilan sur le soutien au gouvernement Prodi, qui, selon nous, ne pouvait être que négatif. Mais il aurait été erroné, dans le contexte donné, de déterminer notre attitude en partant des divergences passées plutôt que des convergences à l'heure actuelle

Les camarades de l'autre sensibilité

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ont estimé, par contre, qu'un bilan autocritique était une condition sine qua non ; qu'en prônant le passage à l'opposition, Bertinotti n'avait fait qu'un choix conjoncturel et qu'il s'efforcerait dès que possible de rentrer dans le giron du centre-gauche ; qu'il existait des divergence stratégiques majeures. Il fallait donc présenter un texte alternatif. Une série d'arguments avancée par ces camarades ne sont pas dépourvus de fondement. Mais la réaffirmation pure et simple de quelques vérités premières et l'inspiration générale confèrent à ce texte alternatif un caractère pour l'essentiel propagandiste alors que le véritable problème, dans le contexte actuel, est d'essayer de faire progresser le parti ou des secteurs de plus en plus larges du parti dans des luttes et des mobilisations concrètes.

Avec environ 16 % des voix la minorité a remporté un score important (8). Mais une simple comparaison avec les résultats du congrès précédent, tant du point de vue de la minorité que de celui de la majorité, ne serait pas fondée, ne refléterait pas la réalité. En effet, à la suite de la scission de Cossutta, la majorité de 1996 avait perdu une partie non négligeable de ses membres (9) et le score de la nouvelle majorité a été possible justement parce qu'il y a eu des réalignements importants. Quant à la nouvelle minorité, ses voix ne recoupent qu'en partie les voix de la minorité du congrès précédent. Ont voté pour la minorité, dans la mesure où il est possible de tirer un bilan forcément provisoire, des membres qui sont entrés ou rentrés dans le parti après le tournant et qui demandaient qu'un bilan autocritique soit dressé. D'autre part, il existe dans le PRC une frange assez large de militant(e)s radicalisé(e)s, des protestataires et des méconin MARCiA

PER IL LAVORO

tents, qui, souvent à cause de querelles locales, ont tendance à se ranger du côté de ceux qui s'opposent aux groupes dirigeants. Avec tout le respect pour ces militants, nous ne croyons pas qu'il soit possible de bâtir un courant révolutionnaire alternatif sur une telle base. Cela d'autant plus que parmi les membres les plus formés de la minorité il n'y a pas non plus une véritable cohérence. Pour ainsi dire, la minorité est pluraliste elle-même, ce qui est apparu dans des votes sur les organismes de direction plus clairement encore que dans les tonalités différentes de certaines interventions (10). Une zone d'ombre

Le congrès a connu ses moments les plus difficiles lors des débats sur la composition des organismes de direction. A notre avis, le bilan sur ce terrain est dans une large mesure négatif et, sauf changement assez radical, augure mal de l'avenir du parti.

Pour éviter toute interprétation abusive, réaffirmons encore une fois que le PRC est parmi les partis du mouvement ouvrier à l'échelle internationale un de ceux qui ont le fonctionnement le plus démocratique. Son pluralisme n'est pas qu'une proclamation statutaire et, en fait, tout le monde peut s'exprimer tout à fait librement y compris hors des structures et des publications du parti. Lors des congrès, les membres votent dans leurs branches ou cercles et peuvent choisir entre des textes alternatifs. Les minorités ont le droit d'être représentées proportionnellement aux différents niveaux et dans les organismes de directions (à l'exception des secrétariats) Mais tout cela ne saurait faire oublier une série de normes et de pratiques dont le caractère démocratique est pour le moins douteux.

D'abord, le fait que les voix exprimées à la base soient tout simplement additionnées au congrès national sans vote ultérieur comporte, en fait, une pratique de mandat impératif : ainsi le congrès risque de se réduire à un référendum. Deuxièmement, les amendements aux textes furent interdits lors du congrès de 1996. Cette fois un changement a été introduit. Des amendements ont été admis au niveau du CPN, mais ceux ou celles qui les présentaient n'avaient pas le droit de les représenter dans leur branches ni aux congrès provinciaux ou au congrès national. Qui plus est, contrairement aux engagements pris, les amendements repoussés au CPN n'ont pas été publiés dans le supplément du journal pour le débat préparatoire. Il est vrai que des amendements pouvaient être proposés dans les branches. Mais ils n'étaient pris en considération au congrès fédéral qu'à la condition d'être approuvés par une branche. De même, un amendement présenté au niveau provincial n'était transmis au congrès national que s'il obtenait la majorité dans l'instance provinciale (11). Résultat : sont parvenus au congrès national des centaines d'amendements les plus disparates que les infortunés membres de la commission politique, dans laquelle nous avons eu la malchance d'être inclus, ont dû examiner pour décider s'ils étaient

Sin COBAS

s. IN.CO acceptables ou pas. La presque totalité a été rejetée. Finalement c'est au moment où la plupart des délégués étaient déjà en train de ramasser leurs bagages que quelques amendements - que les présentateurs s'étaient refusés de retirer en faisant preuve d'une rare opiniâtreté - ont été soumis au vote et impitoyablement rejetés. C'est le sort d'un amendement sur la nature de l'opposition que l'auteur de cet article avait présenté au CPN et avait été repris et accepté dans une série de congrès provinciaux, dont ceux de Milan et Turin. Nous avions aussi présenté des amendements sur la démarche et la dynamique anticapitalistes que le parti devrait adopter et sur le fonctionnement du parti qui ont eu parfois un soutien non négligeable au niveau de branches mais sans obtenir la majorité dans des congrès provincIaux.

Finalement, la Commission électorale 9. Il faut préciser que des membres ont quitté le PRC sans pour autant rejoindre le parti de Cossutta. 10. Par exemple, des membres de la minorité ont fait des déclarations différentes lors de l'élection du secrétaire et du Secrétariat, les uns votant contre, les autres s'abstenant. Lors de l'élection du CPN une soixantaine des délégués se sont abstenus sur la liste minoritaire. 11. Une pratique généralisée consiste à faire élire par des congrès provinciaux des dirigeants provenant d'autres villes. Le "centre" national transmet aux fédérations une liste de personnes qu'il demande d'inclure dans la liste des délégues au congrès (dans la fédération de Rome on a demandé d'inclure 10 noms parmi les 26 délégués). A notre connaissance, lors du congrès dont nous parlons, une seule fédération s'est réservé le droit de choisir tous ses délégués sans suggestion du "centre".

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a travaillé jour et nuit avant de proposer pour le nouveau CPN une liste de 375 membres. Cette commission était présidée — pour utiliser un euphémisme - par le responsable de l'organisation, membre du Secrétariat. Celui-ci déclarait d'entrée que 62 places étaient réservées à l'appareil central (sic!) et refusait d'indiquer des noms aussi bien que les critères de sélection. Ce n'est qu'au dernier moment que les noms ont été communiqués de même que les noms des candidats à la Direction nationale et au secrétariat. Rien d'étonnant que la séance du samedi soir et celle Per i piu deboli, questa e una carezza.

Una alternativa di società.

V Congress « Pour les plus pauvres, ceci est une caresse. Une alternative de société »

(affiche du V° congrès du PRC) finale du dimanche après-midi aient enregistré des mouvements divers dans la salle.

Quoiqu'il en soit, toutes les propositions avancées par des délégués, notamment par des femmes et par le responsable des jeunes, ont été repoussées avec 12. L'auteur de cet article a été réélu au CPN et à la DN de même que Franco Turigliatto. A été élu pour la première fois le militant ouvrier et cadre syndical de chez Fiat, Rocco Papandrea, secrétaire régional du Piémont. Dans une déclaration de vote j'ai expliqué que je voterai pour la liste du CPN, le secrétaire et le secrétariat, tout en n'acceptant pas les méthodes bureaucratiques adoptées, et que je m'abstiendrai sur la liste pour la DN, certaines exclusions étant injustifiables. Ajoutons que la DN n'inclut qu'un seul jeune et que de nombreuses déléguées ont exprimé leur désaccord en ce qui concerne le pourcentage des femmes et le choix des candidates.

des explications soit acrobatiques soit carrément hypocrites. La sensibilité politique de l'auteur de cet article sera représentée par une trentaine de membres, ce qui ne reflète pas exactement son influence réelle. Au niveau de la Direction le déséquilibre est encore plus marqué : cela concerne aussi des sensibilités plus liées aux mouvements sociaux.

Les résultats des votes devraient faire réfléchir le groupe dirigeant. Bertinotti lui- même n'a pas fait le plein des voix au sein de la majorité ; le CPN a été élu avec presque 200 voix de moins sur les 600 voix dont disposait la majorité ; la

DN a été élue avec près de 80 abstentions et votes contre

(dans ce cas la minorité a voté pour puisqu'elle avait elle- même désigné proportionnellement ses représentants) et le

Secrétariat a connu un sort analogue (12). Le quotidien du parti n'a pas informé ses lecteurs sur ces résultats. La transparence laisse un peu à désirer...

En conclusion, si le congrès a confirmé le tournant d'octobre en créant ainsi des conditions plus favorables aux luttes futures du PRC et à son enracinement plus substantiel dans la réalité sociale, aucun pas en avant n'a été fait dans la conception et le fonctionnement du parti. Cela est d'autant plus grave que, comme nous l'avons mentionné, des échéances importantes approchent qui pourraient exiger des réajustements assez profonds.

Il appartient aux militants et aux militantes de surmonter par leur activité dans leur milieu social et dans les mouvements de masses les contradictions que le congrès a mis en relief et de contrecarrer des pratiques qui constituent un obstacle majeur à la relance d'une refondation conséquente.

23 mars 1999

Post scriptum : Nous avions terminé notre article lorsque l'OTAN a lancé ses opérations dans l'ancienne Yougoslavie.

Le PRC a fait preuve encore une fois de son esprit internationaliste et anti-impérialiste en se mobilisant activement contre la guerre. Fausto Bertinotti a fait une intervention magistrale à la Chambre des députés.

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