Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GUERRE DES BALKANS

Le mouvement national albanais au Kosovo

· Inprecor n° 435, mai 1999 · p. 13-18 · 5 866 mots

Ex-Yougoslavie Europe de l'Est Grèce et Turquie Paix et armements

Par

Geoff Ryan* l'issue des guerres balkaniques et de la

• première guerre mondiale la nation albanaise fut divisée entre plusieurs états :

l'Albanie, la Grèce et le Royaume des Serbes,

Croates et Slovènes (qui devient le Royaume de la Yougoslavie en 1929).

1. Le Kosovo avant Tito

Le Kosovo fut affecté à la Yougoslavie.

Durant l'entre-deux-guerres le gouvernement yougoslave a mené une politique d'immigration

Serbes des et

Monténégrins au Kosovo, politique qui s'est heurtée non seulement à la résistance de la majorité de la population albanaise mais également à celle de beaucoup d'habitants slaves indigènes.

Au cours de la seconde guerre mondiale le Kosovo fut partagé entre l'Allemagne, qui occupa la partie septentrionale riche en minerais, la Bulgarie qui s'empara de la partie orientale, le reste revenant à l'Italie. La partie occupée par l'Italie fut intégrée à l'Albanie, envahie et rattachée à la monarchie italienne en 1938. Après la chute de

Mussolini, les forces allemandes occupèrent tout le Kosovo. Beaucoup de Kosovars avaient accueilli l'invasion italienne comme la réalisation du rêve d'unir tous les Albanais au sein d'un seul état.

Les accords territoriaux à l'issue de la seconde guerre mondiale laissèrent la majorité d'Albanais (environ 60 %) en dehors de l'Albanie. Près de 70 % d'entre eux vivant au

Kosovo, où, pour la première fois, l'albanais devient la langue d'instruction dans les écoles et fut largement employé à travers l'administration. Les colons serbes et monténégrins (qui avaient été déplacés au Kosovo durant la colonisation menée par le gouvernement yougoslave au cours des années

1920 et 1930) furent l'objet d'attaques des furent forcés de quitter le Kosovo. Notons cependant que les familles serbes installées au Kosovo depuis des générations furent l'objet d'une hostilité considérablement moins importante vu le jour parmi les Albanais du Kosovo : l'Alliance Nationale des Albanais, la Seconde tous les Albanais vivant en Albanie et en Yougoslavie, et Balli Kombetar. Cependant, BELGRADE *R MONTEN ALBANIE MASSACRES PAR LA POLICE SERBE nisme.

Albanais. Près de 10 000 familles slaves

Au cours de l'occupation nazie nombre d'organisations collaborationnistes avaient Ligue de Prizren, qui prétendait représenter à l'exception du petit nombre d'Albanais qui

SERBIE YKOSoVO .Prekaz * Srbica (Mors 1998) (Mars 1990) 21 Pristina Gornje Olrinje (Sept. 1998) Racak (jam. 1999 Prizren SKOPJE DI MACÉDOINE Massacres par la police serbe avant le 24 mars 1999 (carte : Le Monde) ont rejoint la division Skanderbeg des volontaire SS, la plupart de ces organisations, malgré leur collaboration, n'étaient pas en premier lieu pro-nazies. Elles étaient motivées essentiellement par le nationalisme albanais combiné souvent avec un fort anti-commu-

Le Kosovo fut l'une des régions où les Partisans furent les plus faibles. En été 1940 il y avait seulement 239 membres du Parti communiste yougoslave (PCY) au Kosovo, dont seulement 25 étaient albanais. Ce n'est qu'en janvier 1943 que la première unité partisane albanaise — le groupe Zejne Ajdini - réalisait une opération militaire d'envergure, en attaquant une colonne allemande au sud Pristina. Ce succès conduisit à Bretagne.

au Kosovo la formation d'une deuxième unité albanaise

(le groupe Emin Duraku), dont la première action fut l'attaque d'une colonne italienne

Pourtant en août 1943 un rapport du PCY jugeait sévèrement l'état des forces au

Kosovo : « Le mouvement au Kosovo est très faible, presque moribond. Il est complètement coupé des masses albanaises (...)

Parmi les masses albanaises, les communistes sont considérés comme étant à la solde des Serbes ». En réalité, le PCY était tout aussi faible parmi les Serbes du Kosovo, dont la plupart soutenaient le mouvement nationaliste serbe des Tchetniks.

Du fait de la faiblesse des Partisans la libération du Kosovo fut dans une grande mesure réalisée par les armées soviétique et bulgare, particulièrement à l'est de la province. Bien que les partisans tant yougoslaves qu'albanais se soient affrontés à la division SS

Skanderbeg au Kosovo occidental, dans la majorité des cas ils n'occupèrent les villes qu'après la retraite des

Allemands. Celle-ci fut également marquée par une recrudescence d'activités des groupes albanais opposés aux

Partisans, qui ont culminé dans le soulèvement albanais du début de 1945. Le Kosovo fut placé sous la loi martiale : des milliers d'Albanais furent tués par les Partisans.

2. Les parti communistes yougoslave et albanais face au Kosovo

Au cours de la guerre les positions des partisans tant albanais que yougoslaves en ce qui concerne le futur statut du Kosovo furent modifiées à plusieurs reprises. La question du Kosovo ne fut pas même soulevée au congrès de fondation du Parti com-

* Geoff Ryan, collaborateur du mensuel Socialist

Outlook, est un militant de longue date de la solidarité avec les Albanais du Kosovo en Grande

----- photo credits and running heads -----

A

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muniste albanais (PCA). En août 1943, à Mukje, un village au nord de Tirana, une réunion tenue entre le PCA et Balli Kombetar approuva la lutte commune «pour une Albanie indépendante et, par l'application du principe (...) de l'autodétermination des peuples, pour une Albanie ethnique ». Cette formule plutôt ambiguë sur l'avenir du Kosovo fut remise en cause tant par le PCY que par le dirigeant du PCA, Enver Hoxha, qui écrivait aux délégués du PCA à Mukje qu'ils « doivent proclamer une guerre contre le fascisme, et non l'indépendance ». Néanmoins certaines références à l'autodétermination, incluant le droit à la sécession, sont apparues dans les proclamations du PCA sur le Kosovo à la fin de 1943, avec l'approbation du PCY.

Ce changement politique fut renforcé lors d'une conférence de délégués des deux comités locaux du PCY au Kosovo. La conférence de Bujan (tenue entre le 31 Décembre 1943 et le 2 Janvier 1944, en présence de 49 délégués, dont 42 étaient de l'ethnie albanaise) acceptait dans une large mesure le droit du Kosovo à se séparer de la Yougoslavie et de s'unir avec l'Albanie. Cependant Tito s'opposa à cette décision.

En fait le PCY paraît n'avoir pas eu l'intention de permettre l'intégration du Kosovo au sein de l'Albanie. Bien qu' Edvard Kardelj considérât que cette unification serait la meilleure solution il ne l'avait pas proclamé car « ni les facteurs intérieurs, ni les facteurs étrangers ne favorisant cela, [le Kosovo] doit rester une province dans le cadre de la Serbie ». 3. Le Kosovo sous Tito

Le Kosovo fut incorporé à la Yougoslavie largement contre la volonté de ses habitants. La décision d'associer le Kosovo à la Conseil populaire régional du Kosovo en juillet 1945, où une « résolution pour l'annexion de Kosovo-Metohija à la Serbie fédérale » fut approuvée par acclamation. Notons que seulement 33 des 142 délégués à cette réunion étaient albanais. A ce moment il y avait quelques 50 000 partisans yougoslaves au Kosovo et l'opposition albanaise avait été écrasée.

Dans la Constitution de 1946 le Kosovo était reconnu comme une Région autonome de la Serbie, un statut inférieur à celui de la Province autonome de Voïvodine. Les Albanais, bien qu'ils eussent constitué le troisième groupe ethnique en Yougoslavie (derrière les Serbes et les Croates) n'étaient pas reconnus comme une nation mais seulement comme une minorité nationale. Seules les nations pouvaient avoir leurs propres républiques au sein de la fédération et donc le droit de sécession. De plus la population albanaise était dispersée entre différentes républiques —le Monténégro, la Macédoine, la Serbie (hors la région autonome du Kosovo), sans parler du Kosovo lui-même. A la différence de la Voïvodine, la région autonome du Kosovo ne disposait pas de pouvoir législatif ou judiciaire autonome. Ses unités administratives locales étaient sous tutelle de la république serbe.

On aurait tort cependant d'interpréter ces décisions comme relevant de la poursuite cynique de la politique grand-serbe ou d'un partage cynique des territoires. Dans l'immédiat après-guerre les dirigeants du PC albanais et ceux du PC yougoslave projetaient de bâtir une fédération balkanique plus large et il n'y a aucune raison de penser qu'ils n'espéraient pas que la question de l'avenir du Kosovo — et d'autres communautés albanaises en Yougoslavie — pourrait être réglé à l'amiable dans ce cadre. Il n'y a pas plus de raison pour supposer que Tito acceptait le point de vue cynique de Staline (rapporté par Milovan Djilas), selon lequel les Yougoslaves devraient « gober l'Albanie ». En fait, des mesures furent prises en vue d'affermir l'unité albano-yougoslave : en 1946 un traité d'amitié établissait un accord économique supprimant toutes les barrières douanières entre les deux pays. Il y eut une certaine immigration d'Albanie vers le Kosovo au cours de cette période — à une échelle sans commune mesure toutefois avec ce que prétendent aujourd'hui les nationalistes serbes — et surtout un considérable accroissement d'échanges frontaliers entre le Kosovo et l'Albanie. Enver Hoxha élabora des plans en vue de l'unification des armées albanaise et yougoslave. Encore en mars 1948 il exhortait Tito à prendre des décisions concrètes en vue de l'unification des deux Etats.

Après la répression du soulèvement albanais au Kosovo en 1945, le PCY avait pris des mesures en vue de réaliser quelques revendications des Kosovars. Bien que la décision initiale de refuser aux colons serbes le droit de retourner au Kosovo fut abrogée, dans la pratique peu d'entre eux — à l'issue de l'expérience traumatisante de la guerre - manifestaient un désir de retour. De ce fait près de 16 000 hectares de terres arables ont été distribués aux Kosovars albanais. La langue albanaise obtint, au moins en théorie, un statut égal à la langue serbo-croate dans les affaires administratives. En pratique le changement fut limité, étant donné que la plupart des officiels étaient slaves, alors que 74 % des Albanais du Kosovo âgés de plus de dix ans étaient illettrés. En 1945 il n'y avait qu'environ 300 enseignants albanophones au Kosovo, ce qui imposait le recrutement d'enseignants en Albanie. Ces mesures limitées mais d'un poids symbolique non négligeable furent remises en cause lors de la rupture Staline-Tito en 1948, quand la direction albanaise devint un des plus implacables adversaires des Yougoslaves. 4. Les effets de la rupture Staline-Tito

La rupture avec Staline, et conséquemment avec l'Albanie, ouvre une période de répression accrue de la population albanaise en Yougoslavie. Belgrade craignait que le PC albanais puisse tenter de mobiliser l'importante population albanaise Yougoslavie dans le but de renverser le regime de Tito. En même temps le régime Hoxha accusait ses dissidents d'être des agents titistes. La frontière entre les deux États fut fermée, conduisant a l'isolement des Albanais des deux côtés. En même temps la direction yougoslave prenait des mesures en vue de réduire la population albanaise. En particulier elle lançait une campagne de turquisation, au travers de laquelle les Albanais au Kosovo et en Macédoine étaient encouragés à se déclarer eux-mêmes comme Turcs ethniques. En 1951 les Turcs obtenaient le statut de minorité nationale, tandis que des écoles en turc étaient ouvertes au Kosovo. La réussite de cette politique apparaît dans les chiffres des recensements. Alors qu'en 1948 il y avait 1 315 Turcs au Kosovo, en 1953 ce chiffre avait atteint 34 583. En même temps l'émigration des Turcs de Kosovo en Turquie fut encouragée. Entre 1954 et 1957 quelque 195 000 Albanais partaient pour la Turquie, pour être remplacés par de nouveaux colons serbes et monténégrins.

La politique de turquisation semble donc avoir été un moyen de persuader un grand nombre de membres de la communauté albanaise (regardée comme suspecte) de quitter leur pays. L'effet ne se fit pas attendre : alors qu'un nombre significatif de Serbes, d'Albanais et de Turcs étaient trilingues, aujourd'hui la grande majorité des Serbes et des Albanais du Kosovo est presque totalement ignorante de la langue de l'autre communauté.

Au cours des années 50 la population albanaise est restée largement effrayée et soumise à une répression continuelle. Il y avait cependant des signes de résistance. Le 1 mai 1956 quatre jeunes Kosovars arboraient un drapeau albanais dans Djakovica. Au cours des mois suivants des drapeaux

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albanais fleurissaient sur des bâtiments publics, des écoles et des trains. Le résultat fut une répression renforcée et des milliers d'arrestations. Les maisons albanaises furent soumises à des fouilles sous prétexte de recherche d'armes et la police secrète supposait que chaque ménage albanais avait au moins une arme et que tous ceux qui ne pouvaient en présenter une devaient être arrêtés pour l'avoir cachée.

1956 fut certainement la pire année de cette décennie pour les Kosovars. En juin et juillet Nijazi Maljoku (rédacteur de Rilindja — journal kosovar en langue albanaise — et neveu de Mehmet Hoxha, ministre dans le gouvernement serbe) et ses camarades furent lourdement condamnés au cours d'un procès secret à Prizren. Ce procès fut cependant le point culminant de la répression, car

L'exode... le gouvernement yougoslave avait entamé une politique de normalisation de ses relations avec l'URSS. La police secrète avait également l'intention d'arrêter Fadil Hoxha (dirigeant partisan) et plusieurs autres dirigeants communistes mais le Ministère des affaires étrangères avait opposé son veto, voulant éviter un nouveau scandale de procès "kominformiste" pouvant gêner le rapprochement avec l'URSS et l'Albanie. Tous les accusés furent libérés 12 années plus tard et proclamés innocents.

Après 1956, la nouvelle orientation conduisit à d'importants changements pour les Kosovars lors de la décennie suivante, même si la répression ne fut pas abolie. Au cours de la période 1956-60 apparurent des cercles littéraires albanais au Kosovo, dans lesquels Adem Demaci (futur dirigeant de l'Armée de libération du Kosovo, UCK) se fit connaître. Dans sa nouvelle Les serpents de sang Demaci décrivait le retard économique et social consternant du Kosovo, dans lequel les inimitiés sanglantes étaient encore communes. La nouvelle connut un grand succès et fut interdite. Deux années plus tard

Demaci fut emprisonné pour avoir dénoncé la déportation forcée de milliers d'Albanais sous le prétexte qu'ils étaient Turcs. D'autres écrivains kosovars de cette période connurent également la prison et l'exil. 5. Les Constitutions de 1963 et 1974

Le Constitution de 1963 avait eu des effets contradictoires pour les Kosovars. D'une certaine manière leur situation empirait : à la différence de la Constitution de 1946, les régions autonomes n'étaient plus considérées comme des parties constitutives de la Fédération. Les républiques se voyaient accorder le droit de créer — ou d'abolir — les autonomies. Mais en même temps il y eut un accroissement du nombre de Kosovars à la Chambre fédérale des nationalités et le Kosovo obtenait le même statut que la Voïvodine (en fait c'est le statut de la Voïvodine qui était réduit). Ainsi la Constitution de 1963 peut être considérée comme le point culminant de la négation des droits des Kosovars en Yougoslavie. Pourtant la position des Albanais s'améliorait.

En 1966 Alexander Rankovic, dirigeant des services de sécurité, était purgé par Tito. Il fut notamment accusé d'avoir été le responsables du traitement brutal d'Albanais (et de Hongrois). Bien que la chute de Rankovic était probablement motivée par les luttes intestines au sein de la bureaucratie yougoslave et non par un souci des Albanais, son effet fut de stimuler l'activité et les revendications albanaises pour une plus grande autonomie. Rezak Salja, procureur provincial du Kosovo, avait même formulé la demande d'une république pour les Albanais de Yougoslavie, avec le droit à l'autodétermination et à la sécession. Naturellement Tito rejeta ces demandes, mais en 1967 il se rendit au Kosovo — une visite interprétée par les Albanais comme une prise en compte de leurs demandes.

Le slogan « Kosovo-République » apparut pour la première fois dans les rues durant les manifestations du 27 novembre 1968, à Pristina et dans plusieurs autres villes du Kosovo. Les autres slogans furent : « Nous voulons une Université », « A bas la politique coloniale au Kosovo », « Vive l'Albanie » et « Vive Enver Hoxha ». Les manifestations se sont rapidement propagées à travers le Kosovo et en Macédoine. A la suite du mouvement les Constitutions de la République de Serbie et de la Fédération de Yougoslavie ont été modifiées en 1968 et 1969 : les pouvoirs législatifs et judiciaires furent accordés aux provinces autonomes, qui obtenaient également une représentation directe au sein de l'Assemblée fédérale. Les provinces autonomes étaient maintenant définies comme « communautés socio-politiques », terme employé aussi pour définir les républiques.

De plus le Kosovo se voyait accorder une plus grande priorité dans la redistribution des aides économiques centrales, quoique es résultats de cette priorité furent très inégaux. Une université était crée à Pristina. Le Kosovo se voyait aussi accorder son drapeau (celui de l'Albanie). Enfin le nom de la province était changé : le « Kosovo-Metohija » redevenait le « Kosovo ». (Le terme « Metohija » vient du grec metoh, signifiant église. « Metohija » se réfère aux terres dont la propriété était garantie à l'église orthodoxe serbe et, depuis, il impliquait la propriété serbe de ce sol, ce qui était profondément offensant pour les Albanais).

Le soutien à l'Albanie et à Enver Hoxha ne fut plus considéré comme une trahison, comme c'était le cas auparavant. Il est douteux, en fait, qu'il y ait eu beaucoup de soutien réel pour Enver Hoxha au Kosovo. Le premier mouvement pro-Tirana connu au Kosovo - le Mouvement révolutionnaire

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Sur le chemin de l'exode, assassinés « par erreur » par P'OTAN... pour l'unification des Albanais - ne fut fondé par Adem Demaci qu'au début des années 60 et probablement n'a jamais compté plus de 300 membres. La plupart des Kosovars qui avaient visité l'Albanie n'éprouvaient certainement pas d'enthousiasme pour l'État d'Enver Hoxha. Cependant l'apparition des slogans pro-Tirana et leur tolérance par les pouvoirs yougoslaves marquait un changement des rapport entre Belgrade et Tirana à la suite de l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie. 1968 fut aussi le 500e anniversaire de la mort du grand héros national albanais Skanderbeg. Cet événement fut célébré tant au Kosovo qu'en Albanie. Des rapports plus étroits furent tissés avec l'Albanie en cette période. En même temps il y eut des encouragement pour l'adoption du dialecte Tosk (le dialecte officiel en Albanie) comme langue officielle du Kosovo, de préférence au dialecte Gheg parlé par la majorité des Kosovars. Cette mesure eut cependant un effet négatif sur beaucoup de Slaves du Kosovo, qui se plaignaient de ne plus pouvoir comprendre les Albanais locaux. Le tournant des relations avec l'Albanie se reflétait aussi dans le développement de l'université de Pristina, qui connut un accroissement énorme des étudiants, surtout en littérature et histoire albanaises. Il y avait aussi des efforts majeurs pour augmenter le nombre d'Albanais dans l'appareil administratit du Kosovo.

Ces gains ont été consolidés dans la Constitution de

1974, qui faisait du Kosovo

(et de la Voïvodine) une république en tout, sans lui en accorder le titre

L'albanisation de la province fut accélérée, le bilinguisme devenant une qualification nécessaire pour l'emploi dans les fonctions publiques et 80 % de postes disponibles furent réservés à des

Albanais.

La modification de la

Constitution en 1974 n'a pas pour autant signifié l'arrêt de la répression. En 1974 les étudiants de Pristina ont manifesté en faveur de l'intégration des régions à majorité albanaise de

Macédoine et du

Monténégro au Kosovo

L'année suivante de nombreux étudiants ont été emprisonnés pour avoir organisé un Mouvement national de libération du Kosovo, qui se prononçait pour l'unité avec l'Albanie. D'autres organisations pro-

Enver Hodja, le Mouvement révolutionnaire des Albanais et le Parti communiste marxiste-léniniste des Albanais de Yougoslavie furent interdites. En 1976 Adem Demaci et

18 de ses camarades, accusés de divers

"crimes" dont celui d'avoir créé le

Mouvement national de libération du

Kosovo, caractérisé comme étant « une organisation contre le peuple et l'État » se livrant à une « propagande hostile », étaient condamnés à 15 ans de prison. De nouvelles arrestations ont suivi, en 1978, la célébration du centenaire de la Ligue de Prizren, le premier mouvement national albanais des temps modernes.

6. Après la mort de Tito

En 1974 la Constitution accrut les espoirs des Albanais du Kosovo et leur conscience nationale, mais ne conduisit pas à une amélioration notable de leurs conditions de vie. L'expansion massive de l'enseignement supérieur à l'université de Pristina n'était pas liée à l'augmentation d'emplois correspondants, en partie à cause du fait que la majorité des étudiants avait étudié les matières littéraires.

En 1981-82 les manifestations d'étudiants albanais de Pristina s'élargirent à toute la province. Elles furent brutalement réprimées par quelques 30 000 soldats. Selon les sources officielles on dénombra onze morts, mais les opposants parlaient d'un millier de morts. Initialement ces manifestations étaient une réaction aux conditions déplorables dans les Universités, mais rapidement des forces pro-albanaises s'y sont impliquées, élargissant leur contenu à la question de l'oppression nationale. En nombre croissant les ouvriers albanais ont rejoint les manifestations qui prenaient une signification plus politique. La revendication d'une République du Kosovo apparaissait à côté de slogans tels : « Unification avec l'Albanie », « Pour qui travaillent les mineurs de Trepca ? », « Nous sommes Albanais et non Yougoslaves » et « Vive Adem Demaci !» (qui était à nouveau en prison). Cette fois encore il semble que l'enthousiasme réel pour Enver Hoxha ait été faible au Kosovo, même si le développement des échanges culturels avait stimulé un intérêt beaucoup plus grand pour l'État voisin. Malgré les allégations des autorités yougoslaves il n'y a aucune preuve que Tirana ait joué un rôle dans l'organisation du mouvement. Au contraire, le gouvernement de Tirana a plus d'une fois remis aux autorités yougoslaves des "subversifs" kosovars qui tentaient de trouver l'asile en Albanie

Par contre le sentiment pro-Tirana était plus fort au sein de la communauté kosovare en exil, particulièrement en Allemagne, où une organisation se réclamant d'Enver Hoxha — le Front National Rouge - est apparue. Mais même cette organisation revendiquait seulement une République Albanaise du Kosovo au sein de la Fédération Yougoslave. Plusieurs membres de cette organisation ont été assassinés par les services secrets yougoslaves au cours des années 80. Cependant, après 1981 des groupes orientés vers Tirana ont gagné un certain soutien, essentiellement parmi les étudiants du Kosovo mais aussi au sein de la paysannerie. L'agence de presse yougoslave Tanyug annonçait le 10 mars 1984, que soixante-douze organisations illégales avait été démantelées entre 1981 et 1983. Certaines de ces organisations ont perpétré des assassinats d'officiels et de politiciens yougoslaves en Europe.

Bien que loi martiale fut levée après deux mois, il y eut une érosion continuelle des droits des Kosovars. En Septembre 1981 une stricte censure fut imposée sur l'enseignement de l'histoire albanaise, tandis que les quotas pour les étudiants kosovars étaient graduellement réduits. La répression ne fut pas confinée au Kosovo. Des centaines d'Albanais ont été emprisonnés en

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Macédoine et une tentative de rendre illégal le drapeau albanais eut lieu, malgré le fait qu'il n'y avait pas eu d'émeutes en Macédoine. Les Albanais du Kosovo étaient partagés entre trois positions : les partisans de l'indépendance, les défenseurs de la direction de la Ligue des communistes yougoslaves et ceux — les plus nombreux - qui tout en soutenant les politiques de la LCY étaient solidaires des victimes de la répression. Mais au sein de la jeunesse l'enthousiasme envers Albanie se développait, les jeunes prétérant suivre la TV albanaise ou écouter Radio Tirana. On assistait à un tournant graduel des esprits, marqué par un désintérêt croissant pour les problèmes de la Yougoslavie et un espoir pour un avenir albanais. 7. La montée de la LDK

Le renversement de la position constitutionnelle du Kosovo par Milosevic en 1989 unifia tous les secteurs de la communauté albanaise du Kosovo. Les mineurs de Trepca se sont mis en grève, s'enfermant au fond de la mine et entamant une grève de la faim. Après un semblant de concessions à Trepca, les Albanais commencèrent à être expulsés de leurs emplois. En réponse à la décision du Parlement du Kosovo de capituler sur la question de l'autonomie (une décision prise alors que le siège du Parlement était entouré par des chars et survolé par les avions de guerre et les hélicoptères), 114 des 123 membres albanais du Parlement se sont réunis le 2 juillet 1990 dans la rue devant le bâtiment clos et ont déclaré que le Kosovo était une entité indépendante et égale dans le cadre de la Fédération yougoslave. Le 7 septembre les mêmes délégués se sont réunis à Kacanik et proclamaient la Constitution de la « République du Kosovo » qui posait les fondements pour de nouvelles élections du parlement et d'un président du Kosovo. En septembre 1991 un référendum était tenu qui ratifiait la décision du Parlement clandestin de proclamer une République du Kosovo, indépendante et souveraine. Il semble que 87 % d'électeurs ont participé au référendum, dont 99 % ont approuvé la proclamation. Conformément au vote le Kosovo fut proclamé indépendant le 19 novembre 1991. Le 24 mai 1992 avaient lieu des élections , les maisons privées servant de bureaux de vote.

La Ligue Démocratique du Kosovo d'Ibrahim Rugova obtint le plus de voix. Le nom de l'organisation faisait délibérément référence à l'historique Ligue de Prizren. Ses dirigeants proviennent pour beaucoup d'entre eux de l'Association des philosophes et sociologues du Kosovo et de l'Association des écrivains du Kosovo (surtout après que la majorité des Serbes l'aient quittée en 1988 pour une organisation purement serbe).

Aux élections de mai 1992 la LDK obtint 96 sièges, le Parti parlementaire du Kosovo (dirigé par Adem Demaci) 13 sièges ; le Parti chrétien démocrate albanais, 7 sièges ; le Parti paysan albanais, 7 sièges ; 2 sièges étaient gagnés par des indépendants. Cinq autres sièges allaient aux représentants des Musulmans slaves. Enfin 14 sièges furent réservés pour des représentants des populations serbes et monténégrines, mais ne furent pas attribués du fait de la très faible participation des Serbes et des Monténégrins à l'élection. Ibrahim Rugova fut élu président.

Les élections ont conduit à une domination totale du mouvement national par la LDK - d'autant plus que le Parlement n'a jamais réellement fonctionné. Les décisions furent donc prises par Rugova et ses associés les plus proches sans Jamais être débattues par les représentants kosovars. Malgré le fait que seulement un État - l'Albanie — reconnaissait le nouvel État du Kosovo, Rugova s'est comporté comme s'il contrôlait un État réel. Un gouvernement en exil fut mis en place, des écoles indépendantes ont été créés au Kosovo (dans des maisons, des garages, etc. car les écoles albanaises étaient fermées par les Serbes). Les cliniques albanaises parallèles opéraient aussi après le pillage massif du système de santé albanais par le système de santé serbe. L'argent pour la République indépendante du Kosovo était collecté au sein des communautés albanaises en exil, mais ces moyens étaient insuffisants pour assurer le fonctionnement de l'État parallèle. Le système de santé était particulièrement pauvre, voire en deçà des normes sanitaires minimales.

La stratégie fondamentale de Rugova était d'éviter le conflit avec Belgrade par une politique de résistance passive. Les actions plus militantes étaient dénoncées comme le fait de provocateurs, inspirés par Belgrade. L'espoir était que les gouvernements occidentaux récompenseraient la patience des Kosovars en reconnaissant l'indépendance du Kosovo. Cette espérance naïve fut grossièrement écrasée à Dayton, ce qui a encouragé de larges couches de la population kosovare à penser que la violence était l'unique moyen pour réaliser l'indépendance du Kosovo. Le projet de Rugova échouait non seulement au niveau international. Son échec eut de sérieuses conséquences au Kosovo lui-même

La LDK avait décidé de boycotter toutes les élections au parlement serbe. En conséquence le tortionnaire Arkan devient député du Kosovo et Milosevic restait au pouvoir. Les Albanais qui argumentaient pour la participation étaient dénoncés comme traîtres. La tentative de créer un Etat parallèle renforça le système d'apartheid. Les deux communautés n'employaient même pas les mêmes moyens de transport : les Serbes prenaient le train tandis que les Albanais utilisaient des autobus. La plupart des Albanais âgés de moins de vingt ans ne pouvaient ni parler ni comprendre le serbe. La responsabilité de cette situation incombe bien sûr à Milosevic. Mais la politique de la LDK, au lieu de le calmer le stimulait véritablement.

Une nouvelle Palestine dans les Balkans ?

La LDK espérait que l'élection de Sali Berisha à la présidence de l'Albanie en 1991 conduirait ce pays à s'engager davantage dans le soutien du Kosovo. Berisha était un Gheg d'Albanie septentrionale et devrait donc être compatissant envers la misère du Kosovo. Dans ses premiers discours il s'engageait certes à fournir toute aide possible au Kosovo. Les réalités de l'économie aux abois de l'Albanie — ainsi que les pressions des dirigeants occidentaux - l'ont forcé à modérer sa position et à déclarer l'inviolabilité des frontières albanaises avec le Monténégro et la Serbie. En juillet 1992 Rugova s'est rendu en Albanie et a rencontré le Premier ministre albanais Alexander Meksi. Bien que les réunions furent cordiales et aient eu certains effets bénéfiques dans le domaine de l'éducation, le gouvernement albanais était incapable d'offrir quoi que ce soit de plus concret que le soutien verbal à une éventuelle indépendance du Kosovo. La question de l'unification avec l'Albanie n'avança pas d'un pouce.

Un des premier partisans de l'unification était Rexhep Qosja qui critiquait Rugova pour son attachement à la résistance passive et insistait pour que Serbes et Albanais se séparent. Le même Rexhep Qosja fut l'un des signataires de l'accord de Rambouillet, qui imposa le désarmement de l'UCK et le maintien du Kosovo dans la Serbie.

Les attaques de Qosja contre Rugova

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étaient cependant une indication de l'opposition croissante à la politique de la LDK. En 1996 il y avait 15 différents partis albanais au Kosovo. Il était cependant difficile d'organıser une opposition cohérente à Rugova. Non seulement le Parlement du Kosovo ne se réunissait pas mais encore les élections prévues pour 1996 avaient été annulées. Une nouvelle fois, c'est Adem Demaci qui formula les critiques les plus dures envers la politique de la LDK. Il a caractérisé la démocratie du Kosovo comme une caricature et a dénoncé le monopole de pouvoir de la LDK. Il s'en est aussi pris violemment aux institutions de l'État parallèle. Demaci affirmait qu'il était plus utile de se lier à des forces d'opposition authentique de Serbie que de poursuivre le but désespéré d'attirer l'attention occidentale. Bien que Demaci eût cessé durant un temps d'argumenter en faveur de la lutte armée, il devait rapidement devenir le dirigeant d'une nouvelle force, qui défiait sérieusement la domination de la vie politique kosovare par Rugova : l'UCK. 8. L'Armée de libération du Kosovo (UCK)

Une partie de la direction de l'UCK provient des divers groupes pro-Tirana qui ont émergé au cours des années 80, parmi lesquelles le Mouvement national pour la libération du Kosovo (associé en ce temps avec Adem Demaci) était le plus important. Beaucoup de ceux qui dirigent les activités militaires sur le terrain sont d'anciens officiers de la vieille Armée populaire yougoslave et des Forces de défense territoriale du Kosovo, d'avant 1989.

A la mi-1998, l'UCK avait reconnu le parti de Demaci comme sa direction politique - un geste significatif étant donné que Demaci se prononçait pour un dialogue avec les Serbes non-nationalistes. Il expliquait qu'une République du Kosovo qui obtiendrait l'indépendance pourrait former une nouvelle fédération à égalité avec la Serbie et le Monténégro, qu'il appelait « Balkaniya ».

L'essor soudain de l'UCK à la fin 1997 était liée avec la mise en circulation de milliers d'armes récupérées en Albanie durant le soulèvement révolutionnaire contre le gouvernement Berisha. Les volontaires, les armes et l'argent sont aussi venus des 600 000 Albanais du Kosovo émigrés en Allemagne, en Suisse et dans d'autres pays - autrement dit des mêmes qui finançaient largement Rugova dans le passé. Un certain financement peut aussi provenir de la mafia albanaise et du trafic de drogue. Dans le passé Rugova était aussi accusé d'avoir été financé par l'argent de la drogue et nombre de mouvements de libération nationale ont, par moments, reçu l'argent de sources douteuses. Je connais cependant personnellement de nombreux membres de la communauté kosovare de Londres qui envoient des parts considérables de leur salaire pour aider l'UCK. Ce fut presque certainement la source majeure du financement.

Au début 1999, les USA relançaient les efforts pour forcer les Kosovars a accepter eur plan. Étant donné l'incrédulité (naturelle) des Albanais qu'ils pourraient se sentir en sûreté en Serbie, privés de leurs forces armées propres et avec une UCK désarmée, es USA offraient maintenant une « force de maintien de la paix » formée par l'OTAN, censée garantir l'accord.

Durant le premier mois de guerre, 735 000 Albanais ont quitté le Kosovo, prenant le chemin de l'exode.

De plus entre 100 000 et 300 000 erreraient à l'intérieur du Kosovo, à la merci des sbires de Milosevic et des bombes de l'OTAN. VOIVODINE CROATIE . Novi-Sad BOSNIE- BELGRADE HERZEGOVINE

RFY

31 500 SERBIE MONTÉNÉGRO -KOSOVO 140 000 375 000 réfugies

Malgré l'orientation gauche de la direction originale de l'UCK, celle-ci se déplaçait clairement à droite, comptant sur l'OTAN plutôt que sur ses propres forces. Il est, bien sûr, facile à comprendre pourquoi beaucoup de Kosovars voient l'OTAN comme leur salut en ce moment. Le manque de toute direction alternative du mouvement ouvrier — pour ne pas mentionner le pouvoir militaire de l'OTAN — les pousse très aisément dans cette direction. Malgré cela Demaci et d'autres forçaient la délégation Kosovare à Rambouillet à rejeter cette tentative de convaincre les Albanais d'accepter la capitulation, au travers des « illusions et des promesses creuses ». Dans un premier temps tant l'UCK que la Serbie rejetèrent l'accord de Rambouillet. Cependant, sous la pression massive des forces albanaises pro-occidentales, l'aile dirigeante de l'UCK capitulait enfin. Demaci démissionnait de la direction de l'UCK et s'exilait en Slovénie. Des rumeurs font état d'une menace de la nouvelle direction de l'UCK de l'exécuter en tant que traître.

Les « illusions » dont parlait Demaci relèvent de la faiblesse politique de la direction de l'UCK, qui fait preuve d'une tendance militariste, la conduisant à rejeter la lutte politique, identifiant l'orientation faillie de

Rugova avec la politique en général. Les déclarations de l'UCK appellent à un

« Kosovo indépendant et démocratique ».

Cependant, elle ne fait aucune mention de la minorité serbe, sauf à dire qu'il est « dans l'intérêts de la paix dans le Balkans, tant des

Serbes que

Albanais », de mettre fin à l'occupation du Kosovo.

En général, l'UCK n'est

ROUMANIE pas explicite dans le domaine de l'idéologie. En septembre dernier elle proclamait :

« Nous ne luttons pas pour des intérêts politiques ou

44° partisans, comme le font les partis politiques au Kosovo

BULG.

et en Albanie ». Là réside sa faiblesse réelle. Il est notable que la fraction militariste, supposée plus militante, a fini par accepter le deal de

Rambouillet alors que l'aile

"modéré" de Demaci, qui argumente en faveur d'un dialogue avec les Serbes opposants à Milosevic, l'a rejeté comme « une capitulation devant l'impérialisme ».

Si le Kosovo gagne l'indépendance, ce sera certainement en suivant la ligne proposée par

Demaci, plutôt que celle de la direction actuelle de l'UCK. L'OTAN a affirmé en de nombreuses occasions qu'elle n'acceptera pas un Kosovo indépendant. Ses troupes sont là aussi pour l'empêcher et pour appliquer un partage qu'elle aura négocié avec

Milosevic ou avec ses successeurs. L'OTAN a encore moins l'intention de permettre au

Kosovo de devenir un partie de l'Albanie.

Une ligne politique qui compte sur l'OTAN et échoue à entamer des discussions avec des

Serbes opposés à Milosevic ne peut que conduire au désastre.

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