Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PARAGUAY

Les six jours les plus longs

Inprecor n° 435, mai 1999 · p. 36 · 477 mots

Mercredi 24 mars. La Chambre des députés décide de prendre en compte les accusations contre le président Cubas et confie l'organisation d'un jugement politique au Sénat. Raul Cubas publie un décret ordonnant l'arrestation de Lino Oviedo. Des partisans armés d'Oviedo se regroupent sur la place du Congrès. A l'occasion de l'enterrement de Luis M. Argaña, des milliers de citoyens, ouvriers, paysans et membres du mouvement Jeunes pour la démocratie, se regroupent pour monter la garde face au Parlement, dans l'atten-

Jeudi 25 mars. Les sénateurs entament le jugement politique du président Cubas. Les États-Unis, l'Argentine et le Brésil se rencontrent pour analyser en commun la crise paraguayenne. Le Mercosur et le Groupe de Rio préconisent le respect de l'ordre constitutionnel. A minuit, sérieux affrontements sur la place du Congrès entre les par-

Vendredi 26 mars. Des membres du parti Colorado annoncent qu'ils n'accepteront pas la destitution du président et lancent des menaces de guerre civile. La police nationale essaye de prendre d'assaut la place du Congrès mais n'y parvient pas ; des tanks arrivent en renfort. A 22 h., des partisans d'Oviedo, dont des francs-tireurs embusqués sur les toits, tirent sur la foule des manifestants assemblés sur la place : on relève six morts et environ 190 te des résultats du jugement politique.

tisans d'Oviedo soutenus par la police et les manifestants rassemblés.

Mardi 23 mars. Le vice-président de la République, Luis Maria

Argaña, est tué par une rafale de balles tirée contre son véhicule.

Un dirigeant du parti Colorado

(au pouvoir) accuse Lino Oviedo de cet assassinat. Les trois centrales ouvrières appellent à une grève illimitée exigeant la démission du président Cubas. Le ministre de l'Intérieur démissionne. Première manifestation populaire dans le centre d'Asunción.

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Les six jours les plus longs

Samedi 27 mars. Après des négociations tendues à la suite du massacre de la nuit, les Jeunes pour la démocratie acceptent de quitter de la place du Congrès et de se regrouper devant la cathédrale. Le président Cubas lit un message où il déplore les morts de la veille mais accuse les deux camps d'avoir utilisé des armes. Il annonce qu'il acceptera le verdict du Sénat s'il est « légal » et dénonce le complot visant à le destituer. Le commandant de la police nationale est relevé de ses fonctions et arrêté pour complicité avec les meurtres de la nuit précédente.

Dimanche 28 mars. Dans la soirée, le président Cubas annonce qu'il renonce à sa fonction ; il est aussitôt remplacé par Gonzalez Macchi. A minuit, Lino Oviedo est arrêté à Buenos Aires alors qu'il était en fuite avec sa famille.

Lundi 29 mars. Le gouvernement argentin accorde l'asile politique à Lino Oviedo. Raul Cubas demande l'asile à l'ambassade du Brésil, qui le lui accorde. Les différents partis politiques parviennent à un accord pour former un gouvernement d'« unité nationale ». (Lire notre reportage p.33)

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