comités ATTAC, féministes, syndicalistes de plupart langues, sur le site internet d'ATTAC :
V soant dent pas, quelque 120ontes
internationales organisées les 24, 25 et 26 juin à Saint-Denis, dans la région parisienne. Ces rencontres intitulées " La dictature des marchés ? Un autre monde est possible " ont été remarquables à plus d'un titre.
Ce furent le produit de l'effort commun de plusieurs réseaux internationaux. Elles furent coordonnées par l'association ATTAC (1), et co-organisées par la Coordination des comités contre les clones de l'AMI, le Forum mondial des alternatives, le Comité pour l'annulation de la dette du tiers-
ATTAC
monde, et le réseau féministe DAWN (Alternative de développement pour les femmes dans une nouvelle ère). Ces rencontres avaient été convoquées par plusieurs associations à l'issue de la réunion internationale organisée à Davos en janvier 1999 (2).
Ce furent des rencontres à proprement parler mondiales, grâce à une présence assez équilibrée des divers continents. Près de la moitié des participants ne venaient pas de France, et relativement peu nombreux étaient les délégués d'Europe occidentale et d'Amérique du nord. Parmi les plus importantes délégations nationales, on notait celles du Brésil, de l'Afrique du Sud, du Sénégal, du Maroc, des Philippines et de la Corée du Sud. La Russie était représentée par sept personnes. Le centre de gravité se trouvait dans les mouvements sociaux. Et la participation syndicale était particulièrement significative, en provenance d'Amérique latine notamment, mais aussi d'Asie, d'Afrique et de France. Outre ceux qui n'ont pu obtenir un visa pour la France, un nombre assez important de militants n'ont pu venir, victimes de la répression dans leur pays, ou retenus par des tâches urgentes.
Organisées essentiellement en ateliers, les rencontres de Saint-Denis ont été un formidable lieu d'échange entre militants et réseaux issus d'expériences et de pays différents. Mais par les décisions qui ont été prises, elles furent plus que cela. Il y a trois ans, la coalition française " Les autres voix de la planète " avait organisé à Lyon un sommet alternatif à celui des chefs d'État du G7. Quelques orateurs avaient alors avancé la nécessité d'une stratégie internationale face à la mondialisation du capital. Plusieurs initiatives, telles la conférence " intergalactique " tenue peu après au Chiapas, sont allées depuis dans le même sens. Les rencontres de Saint-Denis ont montré que cette idée avait indéniablement fait son chemin. Elles ont notamment adopté un calendrier d'actions à l'échelle mondiale pour les mois à venir.
Le dernier après-midi, des ateliers thématiques ont discuté et amendé les propositions contenues dans une " note sur les perpectives communes ". Lors de la réunion finale, le texte amendé a été à noupasse à l veau soumis à la critique et adopté par consensus. Ce texte (3) prévoit dès maintenant la tenue d'un nouveau rassemblement dans deux ans, afin de tirer le bilan des batailles menées d'ici là.
La première échéance concerne les projets que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'apprête à discuter. Des projets plus dangereux encore que celui de l'AMI (Accord multilatéral sur l'investissement), car ils signifieraient " la mainmise des sociétés transnationales sur tous les domaines de l'existence humaine ". On devrait en connaître la liste précise au début de l'été. Mais " il est probable que ces négociations vont porter sur l'investissement, les marchés publics et la concurrence, les services (santé, éducation, transports etc.), le brevetage du vivant... ". Les rencontres internationales demandent un moratoire sur le nouveau cycle de négociations de l'OMC (dit " cycle du millénaire "). Elles appellent les organisations de la société civile, et notamment les syndicats, à se mobiliser dès cet été et à entreprendre une évaluation de l'OMC " par un débat démocratique et une consultation populaire ". L'échéance suivante est fixée au mois d'octobre. Il est prévu que " partout dans le monde " se tienne " une semaine internationale de mobilisations, du 12 octobre (journée contre la colonisation et la néocolonisation libérale) au 17 octobre (journée internationale contre la misère) ". Une nouvelle journée de mobilisations devrait se tenir le 30 novembre, lors de l'ouverture à Seattle de l'assemblée générale de l'OMC. A la fin des rencontres de Saint-Denis, la délégation brésilienne (25 personnes :
la CUT, militant du Mouvement des sans terre, parlementaires du PT...) a fait connaître son point de vue : les projets de l'OMC représentent une telle menace pour l'humanité qu'ils peuvent être l'occasion d'une mobilisation et d'une unité sans précédent, permettant de forger " une nouvelle mondialisation, celle de la solidarité internationale "
Autres terrains d'action pour les mois à venir : la lutte " pour la taxation des transactions financières et le refus des paradis fiscaux " (pétition, manifestation au printemps 2000), la dette des pays du Sud et de
'attaque
l'Est (soutien à la rencontre Sud-Sud de Johannesburg en novembre, sommet du G7 à Okinawa en juillet 2000), les organismes génétiquement modifiés, les institutions financières internationales, les conséquences de la mondialisation subies par les femmes (soutien à la marche mondiale des femmes de l'an 2000).
Un des engagements les plus importants consiste " à faire connaître et soutenir les principales luttes et actions nationales et internationales de résistance à la dictature des marchés, notamment par des campagnes d'urgence en appui aux mouvements sociaux ". On en a eu une illustration au lendemain des rencontres de Saint-Denis. Elles avaient protesté contre la répression subie par un dirigeant syndical pakistanais qui, de ce fait, n'avait pu se déplacer. Quelques jours plus tard, ATTAC faisait connaître à travers Internet l'appel lancé par le PRD indonésien après la répression sanglante d'une manifestation (bientôt suivie de l'attaque d'un local du PRD). La première protestation parvenue à ATTAC vint justement du Pakistan. Un exemple à suivre.
Serge Conrad 1. ATTAC , 9 bis rue de Valence, 75005 Paris. Email d'ATTAC International: [email protected]. Sur les fondements d'ATTAC, voir l'article de Denis Horman, Désarmer les marchés financiers. Inprecor n° 436, juin 1999. 2. Voir l'important ouvrage " L'autre Davos -Mondialisation des résistances et des luttes ", François Houtart et Francois Polet (coordonnateurs), éditions L'Harmattan, Paris-Montréal, 1999. 3. Ce texte sera disponible prochainement, en