Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BELGIQUE

Choc électoral majeur

· Inprecor n° 437-438, juillet-août 1999, n° 437/438 · p. 13-15 · 2 962 mots

Belgique Écologie Syndicalisme

par Alain Tondeur* Le 13 juin, la Belgique renouvelait non seulement représentants Parlement européen, mais aussi ses députés, ses sénateurs et ses conseillers régionaux (1). Il s'agissait d'élections importantes étant donné la profondeur des événements qui ont secoué le pays et l'appareil d'État au cours des quatre dernières années, plus particulièrement lors de la "Crise blanche" de 1996-97. Au pouvoir depuis 1988, la coalition sortante entre sociaux-chrétiens et socialistes espérait toutefois surmonter son discrédit en valorisant la forte diminution du déficit, le retour de marges budgétaires et l'admission de la Belgique au club des pays membres de l'Euro. Par ailleurs, misant délibérément sur la composante "sécuritaire" de la Crise blanche plutôt que sur sa composante citoyenne, le gouvernement avait accouché d'un projet de réforme des polices élaboré avec la participation active de l'opposition libérale, dans le cadre d'un véritable projet de "normalisation". Mais tous ces espoirs ont été balayés par la "crise de la dioxine", qui a éclaté en pleine campagne électorale. Le verdict des urnes est à l'avenant : historique à plus d'un titre. Les partis gouvernementaux sanctionnés

Les quatre partis (2) composant le gouvernement dirigé par Jean-Luc Dehaene sortent durement sanctionnés. Le CVP perd plus de 15 % de son électorat (de 26,8 % à 22,1 % en Flandre), le PS environ 12 % du sien (de 35,2 % à 29,5 % en Wallonie), tandis que leurs coreligionnaires PSC et SP perdent respectivement 18 % et 22 % des leurs (ils passent de 21,6 à 17 % et de 19,4 à 15 %).

Le CVP et le PS conservent leur statut de premier parti respectivement en Flandre et en Wallonie (tandis que les libéraux francophones restent le premier parti dans la Région bruxelloise). Mais de justesse : le PRL (libéraux francophones) n'est plus qu'à 2,8

Choc électoral majeur de la points socialdémocratie en Wallonie, tandis que le VLD (libéflamands)

raux n'a qu'un dixième de point de retard par rapport au

CVP. Le choc politique est le plus dur à encaisser pour le CVP. Sonné, il a décidé, contrairement à l'usage, de ne pas prendre l'initiative des négociations pour un gouvernement flamand, laissant la main au

VLD (3).

Pour les deux "petits frères" PSC et SP, une crise existentielle est ouverte. Les sociaux- chrétiens francophones vivent depuis des années au-dessus de leurs moyens, avec une présence dans l'appareil d'État et une influence politique sans commune mesure avec leur poids électoral. Si le CVP les entraîne dans l'opposition, ils seront ramenés brutalement à la réalité de leur déconfiture.

Leur avenir est incertain.

La situation du SP est encore pire.

Surtout, elle est beaucoup plus inquiétante du point de vue du mouvement ouvrier. Car les socialistes flamands sont dépassés (de

* Alain Tondeur est membre du Bureau politique du POS-SAP (Parti ouvrier socialiste). section belge de la IV° Internationale, et rédacteur du bimensuel La Gauche. Il a notamment publié La crise Blanche. Bruxelles 1997 (un remarquable petit essai pour comprendre les blanches") et,

Réinventer l'espoir, un socialisme de la libération pour le XXIe siècle, Bruxelles 1995.

1. Conseil flamand, conseil wallon, conseil de la région de Bruxelles-capitale et conseil de la

2. PS et SP pour la social-démocratie, PSC et CVP pour la démocratie-chrétienne. Les partis belges des trois " familles " traditionnelles — social- démocrates, démocrates-chrétiens et libéraux — se sont scindés en deux sur une base "linguistique" il y a une vingtaine d'années. Par ailleurs.

certains partis n'existent qu'en Flandre, en région francophone (Wallonie + francophones de

Union Européenne - Belgique

DEMOKRATEN SOZIAL-

0,2%) par les fascistes du Vlaams Blok. Lors du précédent scrutin (1995), le SP, éclaboussé par un scandale de pots-de-vin (4), avait fait mieux que se sauver en se profilant comme un parti indispensable à la défense de la sécurité sociale des petites gens et en appelant à sa rescousse toute l'intelligentsia de gauche. Il a essayé de refaire le coup une deuxième fois, mais les électeurs n'ont plus été dupes. Aujourd'hui la social-démocratie flamande tombe en vrille. Le cours autoritaire-sécuritaire et populiste-néolibéral de son Bruxelles) ou dans la très petite région de langue allemande. Les plus importants sont le Vlaams Blok (fasciste), la Volksunie (démocrate nationaliste) et le Front Démocratique Francophone (parti bruxellois anti-flamand, allié des libéraux francophones). Seul la section belge de la Quatrième Internationale (POS-SAP) et le PTB mao-stalinien surbsistent comme organisations unifiées au niveau de l'État. 3. Le système politico-institutionnel belge est très complexe. Au niveau fédéral, le roi, en fonction du verdict des urnes, prend l'initiative de désigner un "formateur" qui lance les négociations en vue de la formation d'un exécutif (éventuellement on passe d'abord par un " informateur "). Au niveau des Régions, le Parti dominant mène la danse. 4. Dans le cadre du marché Agusta d'achat d'hélicoptères pour la défense nationale.

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Belgique - Union Européenne président, Louis Tobback, l'a poussée au fond d'une impasse fatale. Sans révision radicale et rapide, c'est la mort à moyen terme.

Il faut noter que la déroute des partis de la coalition sortante ne profite guère à l'opposition de droite traditionnelle. Les libéraux deviennent certes la première famille politique du pays, pour la première fois de l'histoire. Cela devrait leur permettre de tenir la barre du prochain gouvernement. Mais ils doivent ce privilège davantage aux pertes des autres qu'à leurs propres progrès. Le PRL gagne près de 1 % en Wallonie et perd 0,5 % à Bruxelles, tandis que le VLD gagne 1,8 % en Flandre. On est loin d'un raz-de-marée bleu. Cela s'explique en partie par la méfiance vis-à-vis du néolibéralisme et du surcroît de régression sociale qu'il entraînerait, en partie par le fait que le PRL et le VLD n'ont pas réussi à se débarrasser de leur image de parti de pouvoir, même après onze ans d'opposition. Les Verts, grands vainqueurs

Les grands vainqueurs du scrutin sont les Verts (dans les deux parties du pays) et, dans une moindre mesure, les fascistes (mais uniquement en Flandre). Les trois tamilles traditionnelles perdent globalement 525 908 voix. Les Verts en récupèrent la plus grosse partie : 380 547. Dans les arrondissements francophones, Ecolo est le seul vainqueur : il gagne plus de 200 000 voix, essentiellement aux dépens du PS. L'extrême-droite recule considérablement. Progressant de 7,8 % en Wallonie et de 9,3 % à Bruxelles Écolo fait un score historique et sans équivalent en Europe : respectivement 18,2 % et 18,3 %. En Flandre, le progrès du parti écologiste (Agalev) est proportionnellement le plus important (+ 4,5 %, soit 11,6 % de l'électorat), mais le Vlaams Blok progresse encore de 3,2 % (15,5 %). Le solde est récupéré par les démocrates nationalistes de la Volksunie.

La "petite gauche", comme on dit ici avec condescendance, est restée dans la marginalité électorale. Le POS (section belge de la Ive Internationale) avait décidé de ne pas déposer de listes autonomes et s'était dit 5. Rappelons que le mouvement unitaire Gauches Unies, associant le PC, le POS et des indépendants, avait fait 1,7% lors des européennes de 1994 dans la partie francophone. 6. Il s'agit d'un scrutin de liste, donc les électeurs choisissent une liste donnée, mais de plus ils peuvent marquer leur préférence pour un ou plusieurs individus sur la liste, ce qui, le cas échéant, peut rendre éligible ceux qui ne l'étaient pas, n'étant pas situés en tête de liste.

ouvert à toute proposition unitaire susceptible de prolonger les tentatives antérieures (5). Une décision difficile, car le POS a été présent à toutes les élections depuis 1977 — seul le plus souvent, parfois dans le cadre de regroupements pluralistes. Nous étions convaincus de l'existence d'un potentiel électoral de gauche radicale. En même temps, nous étions pratiquement certains que, faute d'unité, ce potentiel ne pourrait pas se matérialiser au niveau des votes. Les faits, hélas, nous ont donné raison. Le PTB mao-stalinien subit un dur échec. En dépit d'une forte campagne menée avec des moyens importants (5 millions de francs belges) et l'appui de quelques personnalités, il perd 10 % de son électorat (il fait 0,4 % à Bruxelles, 0,5 % en Wallonie et 0,6 % en Flandre alors qu'il espérait deux élus). Les listes du PC, présent dans tous les arrondissements francophones, ont eu à peine plus de succès (0,8% à Bruxelles, 1 % en Wallonie). Faute d'alternative crédible à gauche, les candidats de gauche sur les listes vertes (pas tous membres d'Écolo ou Agalev) ont raflé toute la mise. Certains font des scores intéressants. Les seuls scores à gauche de la gauche qui sortent de la confidentialité sont ceux de la liste européenne (francophone) "Debout" conduite par l'ex-dirigeant syndical des Forges de Clabeca, Roberto D'Orazio. "Debout" fait 2 %, avec des pointes de 4 % dans certains cantons du Hainaut, mais l'initiative risque de rester sans lendemain du fait de l'absence de démocratie interne et de plate-forme politique.

La "crise de la dioxine" a sans aucun doute pesé sur le scrutin. Elle a replongé le pays dans l'ambiance de la "Crise blanche" En moins dramatique, certes. Mais les ingrédients sont les mêmes : une question majeure pour la vie concrète des gens, des trafiquants qui sont comme des poissons dans les eaux glauques de la dérégulation, la quête sans scrupules du profit maximum. Et un pouvoir qui se désintéresse de la question d'abord, tente de dissimuler le scandale ensuite, puis feint de prendre le taureau par les cornes en s'enfermant dans sa tour d'ivoire sans faire de commentaires, comme si les citoyens étaient des imbéciles. Du coup, tous les acquis de la normalisation se sont évaporés. Et les électeurs ulcérés ont fait pleinement usage de l'arme que le hasard du calendrier avait mis entre leurs mains: le bulletin de vote.

C'est dire que le succès des Verts ne procède pas simplement d'un "effet dioxine" aussi médiatique que passager. Certes, les écologistes touchent les dividendes de leur dénonciation constante de l'agrobusiness et de ses aberrations. C'est normal et légitime. Mais il y a plus : face à une caste politique arrogante, hautaine et brutale, face à un appareil d'Etat opaque et autoritaire, face à une logique d'austérité imperturbable, à un pouvoir sourd même aux aspirations les plus fortes, le vote vert est apparu massivement comme un vote utile en faveur d'une alternative humaine, démocratique, sociale et citoyenne. Il n'est plus question d'un vote de protestation mais d'un vote rétléchi pour faire un pas en avant et, dans une certaine mesure, d'un vote d'adhésion à des idées et à des combats incarnés par des individus. Le taux élevé des voix de préférence (6) des candidat(e)s en apporte la preuve irrétutable.

On l'a dit: le succès écologiste est surtout impressionnant dans les arrondissements francophones. C'est le résultat d'un concours de circonstances exceptionnel. C'est en Wallonie que l'impact de la "Crise blanche" a été le plus fort. Grâce aux parents des victimes de Marc Dutroux, la mobilisation populaire y a pris un tour délibérément citoyen et démocratique. Seul parti démocratique non intégré à l'establishment au sein du parlement, Écolo était idéalement placé pour en tirer tout le bénéfice. L'excellent travail de Vincent Decroly, son représentant au sein de la Commission parlementaire d'enquête sur les "dysfonctionnement", l'y a puissamment aidé (dernier suppléant sur la liste Écolo aux européennes, Decroly fait plus de 108 000 voix de prétérence !). Très liés à Decroly et très populaires, les parents de la petite Melissa Russo ont apporté leur soutien " de l'extérieur" aux

A ce bilan positif face au mouvement blanc, les Verts ont su coupler des initiatives réussies sur le champ proprement politique. A travers une longue série de débats avec des organisations de la société civile (les « états-généraux de l'écologie politique ») ils ont réussi à étoffer leur programme tout en matérialisant leur slogan « faire de la politique autrement ». De plus, ils ont drainé vers eux les voix de socialistes opposés à l'accord de gouvernement "secret" conclu entre le PS et le PRL wallons. Les pertes de la social-démocratie sont d'ailleurs plus que compensées par les gains d'Écolo, de sorte que l'on peut parler en Wallonie d'une poussée électorale à gauche.

L'image est différente en Flandre, où le progrès d'Agalev - plus important que le recul du SP — ne doit pas escamoter la domination de la droite traditionnelle, ni surtout le fait inquiétant que le Vlaams Blok continue à marquer des points. Le parti fasciste était déjà la principale force politique à

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Anvers (28 %). Non seulement il consolide ses positions dans la ville de Rubens, mais en plus il conquiert la première place également à Malines (23,8 %), à Sint Niklaas (18,9 %), et dans quelques autres cantons. Jadis bastions socialistes, les vieilles régions industrielles des axes Anvers-Bruxelles et AnversGand se colorent en brun. A Gand, deuxième ville flamande, le Blok (19,4 %) n'est devancé — de peu — que par les libéraux. Par ailleurs, le Blok n'est plus un phénomène essentiellement urbain : il s'étend dans les campagnes et perce pour la première fois dans des arrondissements où il était marginal jusqu'à présent. Crise des mécanismes de contrôle social et politique

D'une manière générale, les résultats peuvent être considérés comme historiques par la conjonction de quatre éléments : la crise du CVP, la perte du monopole de la social-démocratie sur la gauche, l'affirmation des libéraux comme la première famille politique du pays et la fin des "grands partis" (avec, dans ce cadre, le phénomène écolo-Agalev). La place nous manque pour détailler ces différents aspects, mais il faut souligner l'importance de la crise du CVP. Ce parti populaire est l'axe du pouvoir politique de la classe dominante et, en même temps, un instrument décisif pour l'intégration du mouvement ouvrier à travers la collaboration de classe (7). Partis de notables, le VLD et le PRL sont incapables de quadriller et de contrôler la société en profondeur.

Cette crise du CVP se combine avec le recul de la social-démocratie, de sorte qu'il n'est pas exagéré de diagnostiquer un affaiblissement généralisé des mécanismes de contrôle social et politique du mouvement ouvrier et des autres mouvements sociaux par la bourgeoisie (8). En d'autres termes, le tremblement de terre de la Marche blanche s'est répercuté sur le plan politique électoral. Il faudra suivre attentivement les répercussions en retour sur la société civile, en particulier sur le puissant mouvement syndical : la social-démocratie gardera-t-elle son monopole politique de fait sur les instances de la FGTB, le syndicat socialiste ? Qui servira de relais aux travailleurs chrétiens ? Rompront-ils avec le CVP et le PSC ? La séparation en deux grands syndicats "pesant" chacun plus d'un million d'affiliés n'est-elle pas obsolète ?

La réponse progressiste à ces questions est malheureusement hypothéquée par la grave crise de perspectives d'un syndicalisme désemparé, incapable aujourd'hui de jouer un rôle politique autonome. C'est pourquoi les évolutions sur le terrain politique resteront sans doute décisives. Or, à cet égard, on va de surprise en surprise. Au lendemain du scrutin, la plupart des observateurs pariaient sur la mise en place d'une "coalition asymétrique" ', c'est-à-dire un gouvernement composé de partis différents au Nord et au Sud du pays. En toute logique, le SP, grand perdant, n'aurait pas dû en être, tandis que le PS restait incontournable. Inversement, le CVP aurait pu rester de la partie, pas son homologue le PSC. Mais ce n'est pas comme cela que les choses se sont passées. Un gouvernement "new look" ?

A l'heure où ces lignes sont écrites (5 juillet), les négociations battent leur plein pour la formation de majorités homogènes

Union Européenne - Belgique composées des libéraux, des socialistes et des écologistes... et il semble que les chances d'aboutir ne soient pas minces ! Le sommet de l'appareil d'État, regroupé autour de l'institution monarchique — dont le rôle n'est pas négligeable — a choisi cette solution audacieuse pour éviter que l'État central ne soit soumis à de nouvelles forces centrifuges, d'une part et, d'autre part, pour donner un signal fort que le message de l'électeur en faveur du changement a été compris... sans mettre en question la politique d'austérité. Les partis réunis autour de la table pourraient bien réussir cette quadrature du cercle, car le départ du CVP, véritable "parti-Etat" de la Flandre, crée un appel d'air, fissure des bureaucraties, casse des lobbies clientélistes et ouvre un espace pour la modernisation de la vie publique (en permettant par exemple de débloquer des dossiers "éthiques" comme l'euthanasie ou le mariage des homosexuels).

Les écologistes, dès lors, sont au beau milieu d'un carrefour stratégique. Les partis traditionnels veulent les "mouiller". La social-démocratie, en particulier, rêve d'en faire ses alliés structurels à travers une expérience commune de gouvernement. Pour être à la hauteur des aspirations au changement, les Verts devraient avoir l'audace de mettre sur la table un programme d'urgence sociale, écologique et démocratique, en rupture avec le néolibéralisme, comme condition de leur participation, et interpeller les mouvements sociaux pour qu'ils appuient cette perspective. Au lieu de cela, ils sont prêts à « prendre leurs responsabilités », sans exclusives vis-à-vis de quiconque. Dans le cadre de gouvernements avec les partis libéraux, cela ne pourrait déboucher que sur des expériences encore plus décevantes qu'en France ou en Allemagne. Avec le paradoxe que le rapport de forces initial est plus favorable aux Verts belges qu'à leurs amis étrangers. Et avec le risque que la désillusion offre de nouvelles chances de développement à l'extrême-droite, non seulement en Flandre mais aussi, cette fois, au Sud du pays. 7. Le CVP est un parti de "standen" (états), un parti interclassiste au sein duquel les différentes couches sociales sont organiquement représentées à travers leurs associations professionnelles. Le mouvement ouvrier chrétien flamand (ACW), dont le syndicat des travailleurs chrétiens (CSC flamande) fait partie, est membre du CVP à part entière. 8. La déstabilisation pourrait être aussi institutionnelle, dans la mesure où CVP et PS constituent les deux piliers du (pseudo) « fédéralisme d'union ».

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