Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TIMOR-ORIENTAL

Déclaration du Parti socialiste de Timor (PST)

Inprecor n° 439-440, septembre-octobre 1999, n° 439/440 · p. 50-51 · 524 mots

Philippines et Asie du Sud-Est

La délégation du PST à Djakarta, en considérant :

1. Que l'accord du 5 mai déléguant à l'Indonésie la sécurité au Timor oriental a poussé le peuple timorais au bord de l'extermination ;

2. Que le gouvernement et l'appareil de sécurité indonésiens n'ont pas fait face à leurs responsabilités selon l'attente de la communauté internationale ;

3. Que la présence de l'armée et de la police indonésiennes aggrave la situation mettant en danger la vie de civils de plus en plus nombreux ;

4. Que l'armée et la police ont abusé de leur autorité et se sont rangées du côté des milices pour mener une politique de massacres et de terre brûlée :

5. Que l'état d'urgence déclaré par le gouvernement indonésien n'est qu'une mesure cosmétique visant à isoler le peuple timorais dans son propre pays, dans le but d'organiser un autre référendum sous la supervision de l'ASEAN et non de l'ONU ;

6. Que les réfugiés, et notamment les Timorais favorables à l'indépendance, qui sont en train de traverser la frontière, ne le font pas volontairement, mais y sont obligés par l'armée et la police indonésiennes sans être protégés par personne ;

déclare au nom du Comité central du parti :

1. Refuser la présence au Timor oriental des militaires indonésiens qui sont responsables de tous les massacres et de la destruction totale du pays et de son peuple :

2. Exiger que la responsabilité de la sécurité soit retirée à l'armée et à la police indonésiennes, qui sont en train de se venger des qu'elles prétendent avoir subies ;

3. Condamner l'attitude antidémocratique des forces favorables à l'autonomie soutenues par l'armée et la police indonésiennes ;

4. Condamner toutes les formes d'assassinat et de destruction systématiques contre le peuple timorais perpétrées par l'armée, la police et les milices indonésiennes ;

5. Condamner toutes les formes de violence à l'égard des Timorais pour les forcer à quitter leur patrie ;

6. Condamner les actions de vengeance de l'armée, de la police et des milices indonésiennes après leur défaite au référendum ;

et exige :

1. Que l'ONU et la communauté internationale prennent des mesures fermes, rapides et efficaces pour obliger l'Indonésie à retirer ses forces armées et sa police et dissoudre les milices ;

2. Que des sanctions économiques et diplomatiques adoptées contre l'Indonésie si la violence et les massacres continuent ;

3. Que soit concrétisé l'ultimatum de l'ONU sur l'envoi d'une force internationale de paix puisque les 48 heures se sont écoulées sans aucune amélioration de la situation ;

Page 51

4. Que le gouvernement portugais, signataire de la déclaration du 5 mai, soit tenu responsable des dangers et des destructions dont le peuple timorais a souffert ;

5. Que le Portugal utilise tous les moyens diplomatiques pour convaincre les pays de l'OTAN à obliger l'Indonésie, son armée et sa police de se retirer du Timor oriental ;

6. Que toutes les ONG humanitaires sous les auspices de l'ONU assistent pleinement les réfugiés timorais et rendent possible leur retour au pays.

Djakarta, le 9 septembre 1999

Délégation du Parti socialiste du

Timor à Djakarta Antonio Lopes, président

Une erreur sur cette page ?