La délégation du PST à Djakarta, en considérant :
1. Que l'accord du 5 mai déléguant à l'Indonésie la sécurité au Timor oriental a poussé le peuple timorais au bord de l'extermination ;
2. Que le gouvernement et l'appareil de sécurité indonésiens n'ont pas fait face à leurs responsabilités selon l'attente de la communauté internationale ;
3. Que la présence de l'armée et de la police indonésiennes aggrave la situation mettant en danger la vie de civils de plus en plus nombreux ;
4. Que l'armée et la police ont abusé de leur autorité et se sont rangées du côté des milices pour mener une politique de massacres et de terre brûlée :
5. Que l'état d'urgence déclaré par le gouvernement indonésien n'est qu'une mesure cosmétique visant à isoler le peuple timorais dans son propre pays, dans le but d'organiser un autre référendum sous la supervision de l'ASEAN et non de l'ONU ;
6. Que les réfugiés, et notamment les Timorais favorables à l'indépendance, qui sont en train de traverser la frontière, ne le font pas volontairement, mais y sont obligés par l'armée et la police indonésiennes sans être protégés par personne ;
déclare au nom du Comité central du parti :
1. Refuser la présence au Timor oriental des militaires indonésiens qui sont responsables de tous les massacres et de la destruction totale du pays et de son peuple :
2. Exiger que la responsabilité de la sécurité soit retirée à l'armée et à la police indonésiennes, qui sont en train de se venger des qu'elles prétendent avoir subies ;
3. Condamner l'attitude antidémocratique des forces favorables à l'autonomie soutenues par l'armée et la police indonésiennes ;
4. Condamner toutes les formes d'assassinat et de destruction systématiques contre le peuple timorais perpétrées par l'armée, la police et les milices indonésiennes ;
5. Condamner toutes les formes de violence à l'égard des Timorais pour les forcer à quitter leur patrie ;
6. Condamner les actions de vengeance de l'armée, de la police et des milices indonésiennes après leur défaite au référendum ;
et exige :
1. Que l'ONU et la communauté internationale prennent des mesures fermes, rapides et efficaces pour obliger l'Indonésie à retirer ses forces armées et sa police et dissoudre les milices ;
2. Que des sanctions économiques et diplomatiques adoptées contre l'Indonésie si la violence et les massacres continuent ;
3. Que soit concrétisé l'ultimatum de l'ONU sur l'envoi d'une force internationale de paix puisque les 48 heures se sont écoulées sans aucune amélioration de la situation ;
4. Que le gouvernement portugais, signataire de la déclaration du 5 mai, soit tenu responsable des dangers et des destructions dont le peuple timorais a souffert ;
5. Que le Portugal utilise tous les moyens diplomatiques pour convaincre les pays de l'OTAN à obliger l'Indonésie, son armée et sa police de se retirer du Timor oriental ;
6. Que toutes les ONG humanitaires sous les auspices de l'ONU assistent pleinement les réfugiés timorais et rendent possible leur retour au pays.
Djakarta, le 9 septembre 1999
Délégation du Parti socialiste du
Timor à Djakarta Antonio Lopes, président