Présenté comme une voie pour résoudre la crise vieille de 24 ans au Timor oriental, le référendum a eu lieu. Ses résultats montrent que le peuple du Timor rejette l'autonomie spéciale octroyée par le gouvernement indonésien et a choisi d'être une nation libre.
Le peuple du Timor lutte pour la liberté depuis plusieurs siècles, contre le colonialisme portugais d'abord puis contre le gouvernement militariste indonésien, au prix d'immenses sacrifices. Depuis 1975 l'invasion militaire indonésienne a provoqué plus de 200 000 morts et d'innombrables violations des droits de l'homme. La réponse de la communauté internationale aux actes militaires de l'Indonésie dépendait des intérêts de chaque pays dans la guerre froide.
Après le référendum et le début des massacres en série des indépendantistes, du personnel de l'ONU et des journalistes par les milices prointégration (soutenues par la police et l'armée indonésiennes), la communauté internationale a encore pris position sur le problème du Timor oriental. Elle a condamné le gouvernement indonésien comme incapable d'assurer la sécurité sur le territoire.
La condamnation et la pression internationale sont venues d'Australie, de son gouvernement et des appels au boycott des produits indonésiens lancés par des syndicats australiens. Le drapeau indonésien a même été brûlé lors d'une manifestation devant un consulat indonésien. En réponse à cela certains ont brûlé le drapeau australien et occupé l'ambassade australienne en Indonésie.
Ces actions témoignent du bas niveau de compréhension de l'histoire de la lutte au Timor oriental et des tentatives de transformer le conflit issu des massacres au Timor en un conflit entre les deux pays. Pour répondre à la situation survenue depuis le référendum , le Front national indonésien pour le combat des travailleurs (FNBPI) déclare :
* Les résultats du scrutin au Timor oriental sont le reflet des aspirations de peuple à déterminer son sort ;
* Nous condamnons les actes antidémocratiques commis par les forces armées (TNI) et la police indonésienne (POLRI) ;
* Nous condamnons les meurtres et les destructions perpétrés par les TNI et la POLRI contre les civils innocents du Timor oriental ;
* Nous condamnons tous les actes de violence des TNI et de la POLRI qui ont conduit les Timorais hors de
Le FNPBI exige en conséquence :
* Le retrait immédiat des TNI et de la POLRI du Timor oriental ;
* La dissolution des milices qui sont soutenues et armées par les TNI et la POLRI ;
* La formation et l'entrée de forces internationales de maintien de la paix au Timor oriental ;
* Que toutes les forces s'engagent à respecter les résultats du scrutin qui est un reflet des aspirations des Timorais :
* L'arrêt de tout soutien du gouvernement indonésien aux milices ;
* L'arrêt de l'envoi de forces de sécurité indonésiennes au Timor oriental.
Nous déclarons notre soutien plein pour toutes les grèves et actions de solidarité conduites par des syndicats à travers le monde.
Nous appelons la communauté internationale, et surtout les travailleurs, à maintenir la pression sur le gouvernement indonésien par des grèves/actions industrielles, des sanctions économiques et d'autres formes de pression.
Djakarta, le 11 Septembre 1999
Front national indonésien pour le combat des travailleurs
Dita Indah Sari, présidente
Ilham Syah, secrétaire général