Inprecor 1974–2004

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PORTUGAL

Manifeste du Bloc de gauche (extraits)

Inprecor n° 439-440, septembre-octobre 1999, n° 439/440 · p. 3-6 · 3 773 mots

Portugal

« Il est temps d'être exigeants »

Manifeste du Bloc de gauche (extraits)

Constitue au debut de lan née 1999 par trois oraani sations de la gauche alternative — le Parti socialiste révolutionnaire (PSR, section portugaise de la IVe Internationale), l'Union démocratique populaire (UDP, ex-maoiste et un temps pro-albanaise) et Politica XXI (une organisation qui regroupe nombre d'intellectuels ayant rompu avec le PC portugais) - le Bloc de gauche a obtenu un score prometteur lors des élections européennes, dépassant les 3 % des voix dans les grandes villes (Lisbonne, Porto, Setubal, Coimbra, Faro...). Pour les élections législatives qui auront lieu le 10 octobre, les instituts de sondage laissent espérer l'élection d'un, voire de plusieurs, députés du Bloc. Nous publions ci-dessous des extraits de son manifeste électoral (1). DOCUMENT L eloc de gaucheoisticipe aux elections

• législatives du mois d'octobre prochain dans la clarté. Nous présentons un manifeste électoral qui ne prétend pas être un programme de gouvernement. Le Bloc estime que dans les quatre prochaines années il ne participera à aucun gouvernement ni ne pourra représenter une alternative au niveau gouvernemental. C'est pourquoi il présente un programme d'opposition. Comment la nouvelle gauche se positionne-t-elle ?

Nous ne sommes pas candidats au gouvernement mais au renouveau de l'opposition. Trois raisons expliquent une telle prise de position.

La première est que dans les quatre prochaines années les socialistes continueront à gérer l'exécutif. Nous prétérons qu'ils gouvernent sur la base d'une majorité relative, mais ce n'est pas la question principale de ces élections. La question fondamentale réside dans le fait que le

Portugal sera gouverné par une "Grande

Majorité". En 2003 s'ouvrira une période normale de révision constitutionnelle où les décisions doivent être adoptées à une majorité des deux tiers, ce qui signifie qu'au nom du

"régime" le Parti socialiste

(PS) et le Parti social-démocrate

(PSD) marchanderont sur les choix politiques concrets, comme, par ailleurs, ils l'ont déjà fait tout au long des quatre dernières années. De telles négociations devront commencer bien avant, à l'occasion de la nouvelle loi électorale qui doit être adoptée, elle aussi, à la majorité des deux tiers (...)

La deuxième raison est stratégique et concerne l'alternative. Si le Bloc fait un bilan très critique du gouvernement de ces dernières années, il n'en tire pas la conclusion que notre pays n'avait que le problème du gouvernement. D'un point de vue de gauche, le pays a surtout eu un sérieux problème concernant la qualité et la force de l'opposition. A cause de la faiblesse de l'opposition, la gauche ne serait pas en condition de se présenter comme une alternative de pouvoir.

La troisième raison est méthodologique et concerne la pratique politique. Un renouveau de la gauche politique — qui est le but du Bloc — comporte un engagement auprès des électrices et des électeurs sur le point de départ pour faire face à la "crise de la politique" en tant qu'exercice du pouvoir. Ce point de départ est celui de la société, des activités civiques, sociales et culturelles. où l'on exerce son droit à une citoyenneté active.

Le renouveau de la gauche est un long processus. Les courants de gauche ont accumulé des déficits de pensée critique; ils ont dû faire face à des développements historiques que beaucoup de gens n'ont pas encore digérés, en reculant devant l'offensive néolibérale à l'échelle planétaire. Dans le cas du Portugal il faut ajouter un facteur supplémentaire : le décalage qui s'est produit entre une présence dans les mouvements sociaux et la capacité d'atteindre efficacement sur le terrain politique et institutionnel les objectifs de changement corres(1) La place nous manque pour reproduire ce texte en sa totalité, comme il le mériterait. Les extraits présentés ici ne constituent que la moitié de ce document ; ils permettent néanmoins, nous l'espérons, de saisir la démarche de la nouvelle gauche portugaise.

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pondant aux exigences des secteurs les plus progressistes de la société portugaise. Voilà le principal défi auquel le Bloc devra faire face lors des élections et, par la suite, dans l'action parlementaire dans laquelle il s'engagera. L'horizon de la nouvelle gauche

La formule « il est temps d'être exigeants » exprime rigoureusement l'enjeu qualitatif de ces élections. Cela est d'autant plus évident que les socialistes visent à conquérir la majorité en mettant en exergue sur l'image du Premier ministre la phrase : « Le Portugal est entre de bonnes mains ».

Il y a quatre ans Antonio Guterres disait aux électeurs : « une majorité nouvelle, cela dépend de toi ». Quatre ans plus tard la promesse selon laquelle les citoyens devraient s'approprier la politique est oubliée et on nous dit que le pays est entre de bonnes mains. (...)

A la stratégie de conquête de l'électorat le plus conservateur le Bloc ne peut qu'opposer une idée refondatrice des meilleures traditions démocratiques et socialistes : l'idée forte que les citoyens, notamment les plus faibles, doivent prendre en main leur destin. Voilà ce qui s'est passé lors de la révolution qui a transformé le pays depuis 1974. C'est à une telle riposte que nous appelons aujourd'hui tous ceux qui sont conscients qu'avec des gens anesthésiés on ne construit pas un futur meilleur.

Notre manifeste part d'un bilan qualitatif des années de croissance économique et de ses effets sur le niveau de vie, le système de valeurs sociales et culturelles qu'elle a nourries et le mode par lequel elle a contribué au blocage du système politique lui-même. C'est une critique très dure d'où découlent les propositions que nous avançons et qui s'articulent dans trois grands combats, pour la justice, pour la qualité et pour la démocratie.

Dans l'ensemble, ces propositions donnent une expression politique à l'indignation et tracent un horizon de rupture de civilisation face à l'ordre néolibéral existant. Voilà le problème que le manifeste aborde : des propositions qui nous approchent d'un autre ordre, qui affirment l'urgence d'une société régie par des valeurs de solidarité, de respect des différences et de l'universalisme.

La gauche est le lieu d'où nous venons et où nous allons. Un lieu où l'égalité soit la condition de la liberté pour chacun. Un lieu où le pouvoir n'ait une valeur que pour le distribuer à ceux qui en sont exclus. Un lieu où il soit possible d'apprécier l'humanité sur la base de ce que chacun est et non de ce qu'il possède. La démocratie, l'écologie et le socialisme sont notre horizon. Dans nos mots et dans nos actions. Une autre Europe

« Il est temps d'être exigeants » s'applique aussi au Bloc de gauche et à sa façon de construire ses propositions et sa présence dans la société. Nous assumons une première limitation : le nouveau mouvement existe depuis moins d'un an et ne dispose donc pas d'un patrimoine de propositions politiques qui lui permette d'être à l'aise sur les terrains de la vie sociale. Cela se reflète dans notre manifeste.

Cela ne nous empêche pas de revendiquer un mérite : en l'espace de moins de six mois le Bloc a réussi à imposer à l'ordre du jour deux thèmes politiques d'importance majeure : la dépénalisation des drogues et la nécessité d'une révolution fiscale. Sur ces deux terrains nous avons été capables de formuler des obiectifs clairs et de les concrétiser techniquement. Nous pouvons garantır que nous ferons la même chose sur d'autres problèmes puisque le Bloc élabore ses propositions en partant de discussions publiques et en ayant recours à des idées, des opinions et des suggestions de spécialistes qui souvent n'appartiennent pas à notre mouvement, mais qui reconnaissent notre bonne volonté d'être ouverts et d'apprendre. Dans ce sens le manifeste que nous présentons est un document dynamique.

Nous ne renonçons pas à la mémoire et nous apprécions la cohérence. En matière de politique étrangère et d'Union européenne nous reprenons les propositions avancées lors des élections européennes dans notre "'Contrat pour l'Europe", qui restent fondamentales pour la lutte politique européenne de la gauche rénovée.

Le Bloc de Gauche se relie à la tradition européenne de contestation des pouvoirs lorsque ceux-ci abusent de leur force, favorisent l'exploitation des faibles ou excluent certains des bénéfices accordés à la majorité Cette tradition, qui est aussi vieille que l'histoire de l'humanité, subsiste dans toute la gauche qui, à l'époque moderne, a combattu et combat non seulement les dictatures, mais aussi les perversions du libéralisme, les inégalités dans les démocraties et l'aliénation découlant de la massification de l'économie.

Le Bloc de gauche s'inscrit également dans la tradition de la civilisation méditerranéenne qui survit péniblement en Europe du sud et qui reconnaît la valeur des petites communautés, leur autonomie et leur autogouvernement.

Il est évident à nos yeux que l'opulence, l'iniquité, le gaspillage des ressources naturelles et énergétiques et l'aggravation des inégalités constituent un problème mondial et non seulement national. C'est pourquoi nous voulons que le Portugal se place du côté des faibles et de ceux qui doivent s'agenouiller devant les plus forts. Nous voulons un pays qui considère prioritaires ceux qui sont faibles et soit solidaire de ceux qui souffrent sur toute la planète. Nous voulons un Portugal dans une Union européenne refondée sur la Charte des droits de la citoyenneté et des peuples. Une Union qui soit un espace de démocratie participative, de justice sociale, d'emploi et de combat contre la dégradation de l'environnement. Une Union élargie qui s'inspire d'une vision humaniste et solidaire des rapports mutuels où les politiques communes respectent les droits vitaux des nations. Un bilan critique

Ceux qui pensent que le pays est sur le bon chemin, n'ont qu'à voter pour le PS. Mais ceux qui pensent que le pays est anesthésié par l'illusion de la société de consommation et de la croissance économique doivent voter à gauche.

Contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, être propriétaire de son appartement, avoir une voiture et disposer d'appareils électroménagers n'est guère suffisant pour définir une vie de qualité. Et la croissance économique des dernières années, loin d'être le chemin du succès, a été injuste, déséquilibrée et très fragile.

C'est une croissance injuste parce que le décalage entre le groupe des plus riches et le groupe des plus pauvres n'a cessé d'augmenter. Voilà le fait marquant qui remet en question les options sociales des derniers gouvernements et la portée politique de certaines mesures. Par exemple, le revenu minimum garanti a permis d'améliorer les conditions de vie des personnes qui se trouvaient dans une misère extrême, mais n'a pas pu éviter, au cours des quatre dernières années, l'aggravation des injustices sociales. Pour l'essentiel, la réalité n'a pas changé : bas salaires assurant des avantages concurrentiels à l'économie portugaise et retraites sociales au dessous des limites de survie. (...)

La croissance qui intéresse le Bloc est celle qui comporte un développement et contribue à réduire les injustices sociales. C'est par là qu'il faut commencer si on veut que l'être humain soit au centre de l'économie.

La croissance est déséquilibrée parce que le monde rural ne cesse de se désertifier et

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de vieillir et que la précarité généralisée des conditions de travail représente la face cachée de la modernisation du littoral. (...)

Le Bloc de gauche défend l'idée d'une planification démocratique qui implique des objectifs sociaux et d'équilibre du territoire. II estime qu'il appartient à l'État de définir les droits de ceux qui travaillent et les compatibilités de l'économie avec la nature. Et il pense que ce sont l'État et l'économie sociale qui doivent avoir un rôle de direction dans les domaines de la vie économique et sociale qui doivent rester en dehors du marché.

La croissance est dépendante parce que le Portugal s'est transformé peu à peu en un pays spécialisé dans le tourisme et dans des services subsidiaires et que l'on a accepté passivement une logique de division internationale du travail. C'est un fait important qui remet en cause la stratégie « d'intégrer le peloton de tête à n'importe quel prix ».(...) La politique d'exemptions et d'avantages fiscaux favorise le secteur financier au détriment du secteur industriel, ce qui a aggravé les difficultés auxquelles le pays devait faire face à cause de son industrialisation faible et tardive. Et dans l'agriculture la politique agricole commune (PAC) favorise les propriétaires grands contre les petits et les monopoles de la distribution contre les producteurs. Le Bloc de la gauche lutte contre la dictature imposée à l'économie par le secteur financier et les formes sous lesquelles celui-ci s'approprie les produits de la création des richesses matérielles.

Le développement économique du pays doit se baser sur les seuls facteurs qui pèseront dans le futur : des niveaux élevés de formation et des salaires correspondants, une bonne recherche scientifique, une production de qualité et des investissements visant à satisfaire des exigences collectives, anciennes et nouvelles.

La croissance est perverse parce que l'accès de nombreuses familles à un ensemble de biens de consommation individuels, en proportion directe avec les possibilités d'endettement bancaire, n'a pas de correspondance avec la qualité de la vie collective. (...)

Le Bloc de gauche lutte pour que soient établies de nouvelles normes de civilisation. Nous voulons revoir les lois sur l'aménagement du territoire, séparer le droit de propriété du sol du droit d'édification. Nous sommes favorables à la création d'autorités de planification métropolitaine et régionale incluant l'État central, les communes et des processus de consultation des populations. (...) Le Bloc de gauche se prononce clairement pour que l'initiative privée n'ait qu'un rôle d'appoint. (...)|

Crise de la démocratie

Au Portugal s'est produite une fracture profonde entre la politique et la vie quotidienne des populations. Notre démocratie s'est transformée en un exercice de confirmation des premiers ministres ou des présidents des Chambres alors que par le vote on devrait choisir entre des idées et des programmes. C'est une démocratie de l'insulte qui cache l'absence de différences substantielles. C'est une démocratie du spectacle où toutes les complexités sont annulées au nom de l'efficacité de la communication et où les pires émotions sont exploitées. (...)

La démocratie pour laquelle nous luttons consiste à lier les mécanismes de démocratie représentative à la participation citoyenne. Le Bloc est favorable sans condition à des formes d'organisation à l'échelle humaine, qui puissent contrecarrer la dilution de l'individu dans l'économie, la politique et la communication de masse. Il défend la transparence, la présentation des comptes, une claire séparation des pouvoirs et la fin du monopole partidaire de représentation politique. Révolution fiscale

(...) La révolution fiscale commence par le combat contre la fraude et l'évasion fiscae. Trois mesures seraient exemplaires en la matière : il faut mettre fin à la protection assurée par le secret bancaire (...), il faut fixer une contribution minimale pour les entrepreneurs et pour les professions libérales(...). Il faut introduire un impôt exceptionnel sur les grandes fortunes pour le financement d'initiatives de solidarité (...) et un impôt de 0,1 % sur toutes les opérations internationales en devises. Cet impôt devrait être appliqué à l'échelle mondiale et notamment dans le cadre de l'Union européenne dans le but d'aborder et de résoudre les principaux problèmes de la faim sur la planète.

(...) Une première revendication de société concerne le nivellement des dépenses découlant de la réforme du salaire minimum national. De cette mesure bénéficient aujourd'hui plus d'un million de Portugais et elle comporte un coût additionnel important chaque année. Notre programme d'urgence pour la réforme fiscale est de créer les conditions pour faire face à cette obligation sociale et en même temps de garantir pour l'avenir le système de sécurité sociale (...) qui est l'un des principaux acquis du siècle.

Nous estimons qu'il est possible d'envisager une réforme fiscale qui comporte, entre autres, des mesures comme une contribution sociale générale du type de celle introduite en France, avec la contrepartie d'une amélioration de la situation fiscale des plus pauvres. L'État et les entreprises devront aussi amortir dans les dix prochaines années leur immense dette envers la sécurité sociale (...) Droit à un travail avec des droits

Dans notre combat pour la centralité du travail (...) nous défendons trois mesures décisives.

Tout d'abord, la durée des contrats à temps déterminé doit être réduite à un an et on doit éviter en même temps que les entrepreneurs aient recours à la rotation des travailleurs pour contourner cette nouvelle législation. Les entreprises de sous-traitance ne pourront pas échapper aux contributions patronales à la sécurité sociales. La politique

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salariale devra viser à récupérer le pouvoir d'achat, avec des augmentations supérieures au taux de l'inflation et une redistribution aux travailleurs des gains de productivité (...).

Deuxièmement, nous sommes pour une nouvelle distribution de l'emploi. Devront bénéficier de réductions de l'impôt sur le revenu les entreprises qui acceptent d'introduire dès maintenant les 35 heures sans réduction d'effectifs ou de salaires. La même mesure doit être appliquée aux dépenses pour la recherche et les innovations technologiques qui ne comportent pas de licenciements. La réduction du temps de travail à 35 heures devra être fixée sous forme de contrat et imposée par la loi en l'espace de quatre ans. (...) La richesse de la diversité

La défense de la pluralité raciale et culturelle est un critère fondamental pour définir la qualité de la vie collective du pays. Le maintien des conditions dégradantes pour les immigrés clandestins a été l'un des instruments d'exclusion sociale et de diminution du prix du travail, aggravées par l'exclusion culturelle de communautés condamnées au silence. Le Bloc se prononce pour la légalisation de tous les immigrés sans papiers, la libération des personnes emprisonnées n'ayant pas de papiers et par conséquent la fin des expulsions et la clôture des centres de détention pour immigrés. Une telle politique d'ouverture comportera la suppression du « délit de solidarité » et le droit de regroupement familial sans restriction. Le Bloc se prononce aussi pour l'octroi du droit d'asile aux personnes qui doivent quitter leur pays à cause de guerres, de persécutions politiques, religieuses ou ethniques ou de calamités naturelles. Valoriser le troisième âge

La population portugaise est en train de vieillir. (...) C'est pourquoi la qualité de la vie au troisième âge est une question du futur à laquelle il faut donner une réponse dès aujourd'hui. L'argent n'est pas tout; par lui-même il ne résout pas le problème de la solidarité, de l'isolement, de l'abandon des personnes âgées par les familles. Il ne résout pas non plus la dépendance totale d'un système de santé qui reste l'un des moins efficaces en Europe.

Nous soutenons toutes les associations et coopératives qui valorisent les connaissances des personnes âgées sous forme d'une économie sociale, le développement de services publics d'assistance aux handicapés et une collaboration avec des organisations non gouvernementales qui se chargent d'une formation et animation permanentes concernant les différentes générations des familles. L'éducation des personnes adultes, en plus d'accomplir des tâches d'alphabétisation, doit viser à une exploitation communautaire du temps libre. Les services d'aide à domicile créent de l'emploi pour des jeunes et indiquent dans quel sens on pourrait améliorer le système national de santé. De même que les personnes actives et les jeunes, les personnes âgées ont le droit de partager leur temps entre occupation et oisiveté. Place aux jeunes !

Une société où les jeunes restent à la maison jusqu'à 30 ans est une société malade. La pleine autonomie des jeunes est un choix de civilisation. (...) Le Bloc estime que l'autonomie doit être l'objectif des politiques es concernant. Nous sommes pour l'enseignement gratuit et pour un grand débat public sur la réforme de l'éducation. Nous sommes pour des contrats durables après un an d'expérience. Nous sommes pour des contrats d'apprentissage obligatoires et payés, en cas de chômage jusqu'à 21 ans. Nous sommes pour l'éducation sexuelle, la légalisation de toutes les formes d'union, indépendamment des orientations sexuelles. Et nous sommes pour une politique de logement pour les jeunes qui favorise l'indépendance par rapport aux familles. Dépénaliser les drogues

Récemment le gouvernement a décriminalisé la consommation de drogues. Ce n'est qu'une demi-mesure. Les héroïnomanes doivent toujours avoir recours au marché clandestin et continuent d'être emprisonnés pour des crimes liés à cette dépendance.

Selon le Bloc le problème doit être abordé sous une forme nouvelle. Il faut autoriser la vente de cannabis dans des établissements particuliers en séparant cette vente du marché des drogues dures.

Il faut dépénaliser l'ensemble de la consommation. L'État doit trouver les moyens pour éviter que les toxicomanes soient obligés de s'adresser aux trafiquants. Mais il ne faut pas confondre la distribution de méthadone, qui est un médicament opiacé, avec une politique de traitement. Il faut investir dans le traitement et la libre récupération par le truchement de services ambulatoires et de communautés thérapeutiques. Finalement, il faut concentrer les efforts de la police contre le trafic, mettre fin au secret bancaire et aux localités off shore de

Madère, où est blanchi l'argent provenant de la drogue. Une économie pour la vie et l'environnement

Le Bloc propose une utilisation de la politique fiscale pour réorienter la croissance économique et pour défendre la qualité de la vie et l'environnement.

En ce qui concerne le monde rural nous estimons nécessaire d'administrer selon des critères nationaux les subsides provenant de la politique agricole commune. Nous soutenons le recours à des stimulants et des crédits qui puissent créer des emplois (...), nous sommes pour la réduction des nitrates dans les cours d'eau à l'exemple de ce qui a été fait en Suède. Nous sommes pour l'introduction d'un impôt sur les pesticides. (...) Nous sommes favorables à des réductions d'impôts aux contribuables se déplaçant des zones urbaines à des zones rurales (...). Télévision et Internet

Nous soutenons les revendications des usagers d'Internet, notamment le paiement du service par abonnement et non en fonction du temps d'utilisation, et un programme de vente massive d'ordinateurs à 100 000 escudos (2) et sans profit pour tous les adolescents du pays .(...)

Le Bloc défend le concept de service public en matière de télévision. Nous sommes favorables à un canal de service public sans publicité. (...) L'idée de service public doit valoir aussi pour les réseaux généralistes privés dans le domaine de l'information. (...) Il faut en même temps diminuer le volume global de publicité autorisée par heure de programme. Droits civiques et droits politiques

La démocratie représentative en vigueur jusqu'ici n'est pas universelle. C'est pourquoi nous sommes pour l'extension du droit de vote aux jeunes dès 16 ans, âge où on peut travailler et être condamné comme les adultes. Nous estimons que le droit de vote doit être accordé pour toutes les élections à tous les étrangers qui le demandent et qui résident au Portugal depuis au moins 5 ans. Finalement, il faut que tout électeur et toute électrice puisse exercer son droit de vote dans n'importe quel zone du pays, indépendamment du lieu où il (elle) est inscrit(e). • (2) 100 000 escudos = 3 271,90 francs français = 498,80 euros.

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