/ aux élections de l'Etat de Victoria (Australie).
Le premier fait majeur, c'est bien entendu la défaite de la "nouvelle droite", au gouvernement depuis 1992. Il s'agit d'une vraie défaite et d'une vraie rupture politique, après un règne de 7 ans, perçu comme une "dictature élue". Aujourd'hui, la Chambre-Basse comprend 43 conservateurs, 42 du Labour Party (social-démocrate) et 3 indépendants (de gauche). Ceux-ci ont décidé de donner leur appui à un gouvernement minoritaire du Labour. Les indépendants ont sorti une plateforme de revendications prioritaires, notamment l'arrêt des privatisations, la fin du secret comme méthode de gouvernement; et une enquête sur une série d'opérations financières frauduleuses de la part du gouvernement sortant. Ils ont aussi demandé une réforme constitutionnelle de l'État, le vote proportionnel à la Chambre-Haute, et un système d'élections simultanées aux deux Chambres de l'État. Les Indépendants craignent, à juste titre, que le Parti Conservateur n'utilise sa majorité dans la Chambre Haute pour bloquer le programme gouvernemental commun du Labour Party et des Indépendants.
Les élections ont également montré une percée électorale des Verts et des candidats des trois partis de la gauche socialiste-radicale. Le Progressive Labour Party obtenait 8 % à Northcote ; le Democratic Socialist Party (l'ex-section de la Quatrième Internationale) 5,8 % à Melbourne, et Militant, 12 % à Richmond. Voilà une nouvelle tendance dans l'électorat qui ressemble à ce qui se passe en Europe.
Signe des temps : ces organisations, ainsi que les Verts, ont évité le sectarisme et se sont présentées chacune dans une circonscription différente.
Ce nouvel esprit de coopération s'est poursuivi lors d'une réunion commune, le 21 octobre 1999, entre les Verts et les groupes de gauche. Participait également à la réunion, le groupe "Independant Australia". Lors de la dernière consultation électorale fédérale/nationale, celui-ci avait fait élire comme indépendant de gauche, (circonscription de Will, Melbourne) une ex-star du football, Phil Clearly, un sympathisant très connu du PLP.
La réunion a adopté à l'unanimité une motion qui plaidait contre « des divisions inutiles au sein de l'électorat de gauche », et demandait aux partis présents « d'augmenter les niveaux de collaboration en formulant des prises de position politiques communes ». Le représentant des Verts ne prenait pas part au vote mais exprima sa confiance que la majorité des sections locales de son Parti seraient certainement d'accord. Le représentant du DSP formula le souhait qu'aux prochaines élections il y ait une liste de gauche (unitaire) basée sur des principes « verts et de gauche ».
(d'après International Viewpoint n° 316)