Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PORTUGAL

« Sortir le socialisme du placard »

· Inprecor n° 445, mars 2000 · p. 3-6 · 3 215 mots

Portugal Économie mondiale Femmes

Par Francisco Louçã* e voudrais commencer par saluer tous les invités qui ont pu venir pour écouter, pour débattre, pour échanger et pour converger. Mais parmi toutes ces organisations et personnalités, qu'il me soit permis de commettre une légère injustice en soulignant la présence de certaines personnes qui traduisent particulièrement ce que nous sommes aujourd'hui (1). (...) L'année zéro touche à sa fin et nous nous trouvons plongés dans cette perplexité magnifique où, à l'instar des débats sur le début et la fin du siècle ou du millénaire, nous ne savons plus si à la fin de cette année nous avons déjà un an ou si le temps ne fait que commencer pour nous. Pourtant, malgré cette célébration mathématique de l'ambiguïté, nous connaissons notre âge. Nous savons que notre première année a été celle de la lutte contre la guerre du Kosovo et contre l'ingérence de ceux qui prônèrent lâchement la non-intervention dans la guerre d'Espagne et qui pensent qu'aujourd'hui le monde est un champ de toutes les expérimentations pour le militarisme et les doctrines meurtrières, tout cela sous les auspices de l'OTAN. Nous avons également critiqué les accords de New York sur le Timor oriental et nous avons vécu pleinement ce mois de septembre de solidarité, un de ces mois trop rares qui donnent envie d'être fiers de notre pays. Nous sortons également d'une des grèves les plus longues qu'aient eu à mener des travailleurs au Portugal, la grève d'un groupe de travailleurs parmi les plus exclus, et à ce titre la première grande grève de l'exclusion, celle des marins-pêcheurs. Nous avons fait preuve d'un esprit européen de toutes les couleurs, d'un arc-en-ciel de toutes les solidarités, et avons pris part à des luttes sur le terrain qui auront marqué la vie du Bloc de gauche avant, pendant et après les élections. Nous avons été des luttes contre une décharge sauvage à Bigorne et Lazarim, contre le tracé d'autoroutes à Barcelos ou dans le Sud, contre des incinérateurs mais aussi contre l'idée du regroupe-

« Sortir le socialisme

du placard »

ment des ordures à incinérer à Coimbra et à Leiria. Qu'il s'agisse du combat des jeunes contre la pratique et le principe de la sélection à l'université ou du soutien aux marins africains du Tage, le Bloc a toujours su choisir son camp et continue de choisir son camp.

Voilà pourquoi nous avons gagné. Nous avons toujours été gagnants lorsque nous avons été nous-mêmes ou lorsqu'il a fallu faire entendre un discours fort et juste, parce que nous avons su apprendre de la diversité qui fait le Bloc de gauche — il est d'ailleurs temps de divulguer notre seul secret. La diversité est plus efficace que n'importe quel CAMPANHA CONTRA & FRAUDE FISCAL Quem mais ganha, menos paga

Até quando?

Affiche de la campagne contre la fraude fiscale.

« Plus on gagne, moins on paye. Jusqu'à quand ? » parti traditionnel, nous savons désormais que nous devons écouter pour apprendre et que c'est de cette diversité que naît la vie.

Dans certains partis, on pense que c'est de cloner ses positions politiques à partir de l'uniformité terne d'une opinion unique qui fait la force de l'unanimité. Et on en voit le résultat : des clones qui sont à l'image de leurs dirigeants rendent ces partis encore pire qu'ils n'étaient. Voici pourquoi nous au Bloc de gauche, fait trois choix fondamentaux. Le premier consiste à structurer le Bloc comme un réseau d'intervention politique cohérente, convergeant sur les grandes questions et sur des batailles politiques qui rénovent en profondeur et sans tabou la gauche portugaise. Voilà pourquoi les voix et opinions de toutes les personnes présentes aujourd'hui sont indispensables. De même que sont utiles celles de la multitude à qui nous devons étendre ce réseau et cette invitation à la lutte. D'ici à la prochaine réunion nationale du Bloc — en avril à Porto -, où il sera question de la nature de la démocratie nécessaire, nous devrons être beaucoup plus, des milliers. Il faudra faire venir des multitudes pour que le Bloc de gauche pèse encore plus et que l'on sache qu'il s'agit d'une force nouvelle.

La seconde décision que nous avons prise — et il ne pouvait en être autrement — est d'être cohérents avec nous-mêmes. Nous étions dans l'opposition, nous serons donc une force d'opposition. Pas seulement parce que le champ des ministères est un terrain miné, mais parce que nous savons que la seule politique réaliste - celle qui compte pour ceux qui souffrent, qui luttent ou qui réfléchissent —, est celle du combat au nom des idéaux de gauche que nous avons restaurés. C'est donc ce souci de cohérence qui nous place dans l'opposition, qui nous pousse à unir nos forces et nos idées, à en discuter. C'est également pourquoi nous proposons une table ronde de toute la gauche * Francisco Louçã est député du Bloc de gauche et dirigeant du Parti socialiste révolutionnaire, section portugaise de la IV° Internationale. Nous publions ici la retranscription de son intervention de clôture de la première Convention nationale du Bloc de gauche, le 30 janvier 2000 à Lisbonne. 1. Faute de place nous avons dû réduire légèrement l'intervention de F. Louçã, qui a commencé par remercier pour leurs interventions : João Martins Pereira, Mário Brochado Coelho, José Marreiros (sénateur du Bloc de gauche), António Borges Coelho (édition portugaise du Monde diplomatique ), Alípio de Freitas, les représentants d'organisations de France, du Danemark, d'Italie, de Galice (Bautista, vice-président du Parlement de Galice et représentant du Bloc de gauche de Galice) et aussi les co-fondateurs du Bloc : Luís Fazenda, Miguel Portas et Fernando Rosas et « celles et ceux qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes pendant ces derniers mois afin que le Bloc de gauche puisse exister ».

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sans exclusive - nous entendons par là les communistes, les socialistes, les sans-parti, les syndicalistes, les hommes et les femmes de tous les courants organisés et ceux qui animent les organisations non-gouvernementales. Nous appelons de nos vœux une table ronde, quelle que soit la forme concrète qu'elle pourra prendre, qui soit un point de rencontre auquel nous puissions nous croiser pour réfléchir, pour apprendre et aussi souvent que possible et autant de fois que nécessaire, pour agir.

Enfin, et c'est le troisième point, des grandes luttes qui sont à l'ordre du jour, nous tenons à affirmer à toute la gauche et à tout le pays, qu'elles constituent notre seul programme politique. Ce dernier peut se décliner en trois points fondamentaux :

— tout d'abord nous proposons le combat pour une véritable réforme fiscale.

Comme cela a été dit plus tôt, nous savons que dans ce pays plus on possède et moins on paye, et que le pouvoir est surtout le pouvoir de ne pas remplir ses obligations vis- à-vis du service public - ce der-

Au Parlementi les deux députés nier étant la raidu Bloc attendant qu'on leur attribue une place.

son pour laquelle il y a des impôts.

Dans l'injustice des impôts se croisent les injustices faites aux femmes, aux handicapés, aux jeunes et aux étudiants.

Y

BLOCO DE ESQUERDA cohabitent éga-

ELEGE 2 DEPUTADOS.

lement les injustices que subissent ceux qui n'ont pas de maison, ceux qui n'ont pas d'eau potable, ceux qui n'ont pas accès à l'éducation, ceux qui ne savent pas, ceux qui ne peuvent pas ou qui n'ont pas la force de vouloir. Toutes ces injustices sont omniprésentes dans le débat sur la réforme fiscale, il s'agit pour nous de les combattre et de l'emporter parce que ces questions décideront de l'avenir de ce pays;

- ensuite, nous luttons pour que chacun ait droit à un travail de qualité et pour cela nous sommes prêts à manifester. Par goût de la manifestation, par envie d'être ensemble pour dire ce que nous avons à dire le 23 mars prochain. Parce qu'une Europe forte, neuve et reconstruite, une Europe vigoureusement enracinée, solidaire et qui combat l'exclusion est une Europe qui défend l'emploi, qui se bat pour les grandes causes de gauche — comme le plein emploi pour toutes et tous, pour les droits, la qualité et la sécurité du travail, pour la transformation de l'industrie selon des critères de développement durable et de respect de l'environnement. C'est pour cette Europe que nous nous battons et que nous organisons la manifestation du 23 mars et le som-

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met alternatif (2) du 24 au 27 mars 2 000 Une des grandes causes du Bloc de gauche consiste à honorer sa devise qui affirme que le travail est créateur et qu'il est central dans la lutte contre toutes les discriminations. C'est au nom du travail que s'est constitué le Bloc de gauche et c'est en son nom qu'il va continuer de se développer dans ce pays ;

— enfin, le Bloc de gauche a initié de grandes batailles modernisatrices, même si elles n'en sont qu'à leur début. Après avoir lancé le débat sur la laïcisation de l'État, sur l'union libre avec des droits sans discrimination ni tabou, nous sommes à l'initiative d'une proposition de politique contre la toxicomanie qui abandonne complètement cette prohibition hypocrite qui a pour but de jeter dans les bras de trafiquants de drogues millionnaires, des millions et des millions de personnes. Le Bloc de gauche œuvre également pour une réforme politique qui introduise la transparence, des règles démocratiques, la responsabilité des élus et que ces règles soient discutées en plein jour. Pour finir, nous défendons le droit des femmes à décider de leur propre vie, même lorsqu'il s'agit de prendre la décision d'avorter, parce que c'est leur droit et que nous refusons à abdiquer de nos droits.

Ainsi, le Bloc de gauche a choisi de se structurer, de se développer et d'adopter des positions politiques cohérentes avec son histoire. De plus nous avons décidé d'ouvrir un grand débat programmatique que nous souhaitons public, car les grandes causes de la gauche sont d'intérêt public.

Il y a près de 250 ans, en 1727 exactement, les astronomes ont dégagé le concept de révolution. Pour ces derniers, la révolution est la rotation autour d'un corps, dans un mouvement toujours répété. Nous savons comment le mot a choisi un autre chemin et que révolution a commencé à vouloir dire "interrompre la monotonie", "ne plus faire la même chose" voire "ne plus être la même chose". Nous avons connu des révolutions dans cette acceptation du mot, mais C'est pourtant de contre-révolution que je voudrais vous parler. De la contre-révolution conservatrice, celle de la pensée unique, celle qui couvre de honte la politique internationale, au cœur de laquelle on prend François Mitterrand la main dans la poche du Chancelier Helmut Kohl. C'est dans ce

Bloco de Esquerda 29-30 Janeiro 2000 Lisboa (Aula Magna)

1ª Convenção Nacional

Novos tempos Nova esquerda Affiche de la première Convention du Bloc de gauche marais de la pensée unique que tout à coup la gauche ne connaît plus que des troisièmes voies, de nouveau centre en social-libéralisme rance.

Nous savons bien que la mondialisation que nous vivons, la mondialisation capitaliste, n'est pas innocente. Elle n'a rien à voir avec ce qui pourrait se produire si tout était différent. La mondialisation réellement existante n'est pas magique; bien au contraire, nous vivons un désenchantement de notre monde. La mondialisation capitaliste manipule le passé, s'approprie la mémoire, se banalise en une espèce d'espéranto bureaucratique qui confond toutes les langues. Elle recycle le mythe nuisible du progrès automatique et fait l'éloge du capitalisme prédateur de la nature et de l'industrialisation de la mort. C'est elle - cette mondialisation si arriérée —, qui a inventé le massacre en temps réel et l'holocauste prêt à servir, vu à travers un écran et mélangeant à loisir les éléments de fiction et de réalité Tout ceci est miniaturisé de telle façon sur le petit écran de notre télévision qu'on ne puisse plus distinguer une véritable agonie d'un mauvais film de série B. Elle transforme tout en spectacle, y compris sa propre banalisation internationale. La politique elle-même a été tellement transformée en produit de consommation au point qu'un acteur médiocre de série B ait pu devenir président des Etats-Unis. Mais je peux vous garantir que jamais Jerry Lewis ne deviendra président de la Banque fédérale américaine.

Cette mondialisation est un projet fait de pure brutalité et ses héritiers, les enfants de la mythologie du progrès, s'appellent Auschwitz, le Goulag et Hiroshima. 2. En même temps que le sommet européen sur l'emploi.

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Autrefois, le libéralisme s'était construit à partir des massacres coloniaux, de l'oppression des femmes et de l'exploitation du travail - jusqu'à engendrer le fascisme et le caudillisme durant la guerre civile espagnole. De la même façon, la mondialisation actuelle organise la bio-piraterie et, avec elle, nous perdons quelque chose qui nous est cher, l'idée d'universalité si fondamentale pour la gauche, qui lui a donné sens et qui l'a fait naître.

La mondialisation mercantile et impériale est mystificatrice et c'est pourquoi nous devons mener contre elle une véritable bataille de tranchées. A ceux qui spéculeraient sur les divergences pouvant naître de la diversité du Bloc de gauche, ne comprenant pas que la force même jaillit de cette diversité, je tiens à réaffirmer que dans ce combat sans concession contre la mondialisation, contre sa mystification et sa propagande de la consommation, le Bloc est absolument uni, capable de rassembler ses forces et de défendre ses idées d'une voix forte. Le Bloc se prononcera haut et fort dans la lutte pour le plein emploi, pour les droits des femmes, pour la défense du service public, contre les privatisations absurdes et au rabais ou contre des mascarades comme la venue du Pape au Portugal, dans quelques mois, pour béatifier les pasteurs de Fátima. Le Bloc de gauche se prononcera sur l'essentiel qui est justement cette lutte globale contre la mondialisation. La mondialisation englobe tout en tant que vaste mystification, elle voudrait contrôler notre temps; c'est justement d'une certaine conception du temps qu'est né le Bloc de gauche.

Il y a 25 ans, certains d'entre nous disaient : « ce n'est qu'un début, continuons le combat ! ». Pleins d'enthousiasme juvénile ou de sérénité, nous continuons le combat - ceux qui ont commencé cela ont fait 25 ans de concert avec ceux qui avaient commencé bien avant et continuent avec ceux qui commencent aujourd'hui. Et si aujourd'hui n'était effectivement qu'un début ? Et si la chute du mur de Berlin n'était justement que le signal marquant le début d'une réflexion nouvelle dont la gauche a besoin ? Hommes et temmes de la gauche pluraliste, hérétiques et rebelles, libertaires et dissidents, enfants du petit jour, rassemblonsnous ici même, avec tout notre bagage politique, parce que nous savons que ce n'était qu'un début et que tel est notre devoir. Nous ne savons pas de quoi sera fait l'avenir, nous n'en savons rien mais nous savons que sans aspirations, il n'y a rien à attendre, qu'il n'y a qu'à désespérer. Nous savons également qu'il ne faut pas se contenter d'attendre de l'avenir mais qu'il faut exiger pour le présent. Et de quelle force disposons-nous pour cela ?

Nous possédons la force que confère l'exaspération contre les humiliations de l'argent facile, du pouvoir absolu, du prosélytisme du marché et de l'arrogance de ceux qui ont tous ces pouvoirs. Laissez-moi vous conter une anecdote sur l'un des grands pères fondateurs du libéralisme moderne. Il s'appelle Tocqueville et est aujourd'hui cité comme l'un des premiers à avoir succombé à la beauté de l'Amérique, de l'esprit d'entreprise, de l'initiative privée et du capitalisme sauvage des "nouvelles frontières" Tocqueville raconte dans ses propres mémoires qu'en juin 1848, alors qu'il dînait en famille dans son appartement cossu du septième arrondissement parisien, on entendait au loin le bruit des canons de la troupe qui réprimait les travailleurs insurgés. Arrive alors à la maison un domestique, à moitié ébouriffé, avalant les escaliers pour aller remplir sa tâche à la table de ses maîtres. Il venait du Faubourg Saint-Antoine où avait lieu des échanges de feu entre le peuple et la troupe. Au bruit de la canonnade lointaine — nous dit Tocqueville, parce que la version du domestique ne nous est pas parvenue —, l'employé de maison souriait tristement. Tocqueville affirme l'avoir congédié sur-le-champ. Pour que l'insolent aille plutôt se faire tuer dehors !

Ce sourire triste aurait également dérangé un Salazar, ou tous les Savimbi de notre monde — qu'il s'agisse du sourire du Petit prince ou de celui du chat d'Alice au Pays des merveilles, quel que soit l'âge ou le sexe de la personne qui le porte. Mais il symbolise la force de l'espoir de résistance ; et cela ils ne pourront jamais nous l'enlever. Ils ne nous vaincront jamais car nous n'accepterons pas l'ordre des vainqueurs ou la paix des cimetières. Le poète Baudelaire, l'un des grands vaincus de 1848 - de cette guerre entre le héraut libéral et ces domestiques qui composaient la populace —, décrivait à ce sujet la façon dont le temps nous parle alors que la mécanique prétendait s'en emparer. Il écrivait : « Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible dont le doigt nous menace et nous dit : Souviens-toi ! Trois mille six cent fois par heure, la seconde chuchote : Souviens-toi ! - Rapide avec sa voix d'insecte, Maintenant dit : Je suis autrefois, et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde. Souviens-toi ! » (3).

Souviens-toi donc de notre temps, d'un temps que nous voulons nôtre et où les émigrants ne soient pas suspects, où les travailleurs n'aient pas à mériter des emplois trop rares, où les femmes n'aient pas à mériter la tolérance et où les jeunes n'aient pas à

1ª Convenção Nacional Lisboa (Aula Migna Novos tempos Novos caminhos . Bloco de Esquerda Affiche de la première Convention du Bloc de gauche mériter la patience. La liberté passe par ce seul chemin car nous n'avons besoin ni de charité, ni de tolérance ou de patience. Nous luttons comme l'a toujours fait la gauche pour l'idée d'universalité. C'est pourquoi quelqu'un a pu dire ce matin que le Bloc de gauche avait sorti le socialisme du placard. C'est clair. Que pourrions-nous faire sans sortir le socialisme du placard ?

Le socialisme, débarrassé des caricatures qui l'ont sali peut de nouveau revendiquer fièrement l'héritage du drapeau tricolore de la liberté, de l'égalité et de la fraternité Voici pourquoi il faut se lever pour des combats nouveaux où on apprend d'un monde qui reste à construire. Quelqu'un a dit, dans une splendide métaphore, que tous les fleuves se jettent dans l'océan. La personne qui a dit cela sait, comme nous tous, qu'un fleuve se jette dans un océan qui possède une multitude de courants et de couleurs, mais il s'y jette en restant fidèle à sa source. Et c'est ce que nous sommes - toutes et tous ici présents aujourd'hui —, fidèles à notre source. Voilà le chemin : nous savons ce que nous voulons et que l'émancipation sera auto-émancipation ou ne sera pas.

Vous pouvez désormais compter sur le Bloc de gauche, sans complaisance ministérielle, sans hypertrophie doctrinale ou sans esprit de secte, pour lutter, pour exister, pour raconter, pour écouter, pour discuter ou pour agir. Parce que le Bloc de gauche compte sur vous, parce que le Bloc de gauche c'est vous ! 3. Horloge, in Charles Beaudelaire, Les fleurs du mal., Gallimard, Folio classique n°3219.

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