Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PORTUGAL

Temps nouveaux, gauche nouvelle

· Inprecor n° 445, mars 2000 · p. 7-10 · 3 425 mots

Portugal Femmes

De notre envoyé spécial François Vercammen* les 29 et 30 janvier 2000, dans le grand amphithéâtre de l'Université de Lisbonne pour « écouter, discuter, converger » et former une nouvelle formation politique : le Bloco de Esquerda, le Bloc de Gauche. Né au début de l'année 1999 et porté sur le devant de la scène politique par deux campagnes électorales réussies (juin et octobre 1999), le Bloc a réussi avec éclat son assemblée constitutive en adoptant les statuts, en approuvant son programme, en élisant sa direction. Personne ne s'y est trompé : le paysage politique a changé. La preuve, les médias n'ont pas été avares (même s'ils sont sou-

Université de Lisbonne, le 29 janvier 2000 vent opposés voire hostiles) de diffusions en direct, interviews de militants, comptes-rendus dans les informations télévisuelles, reportages et commentaires dans les grands quotidiens et les magazines hebdomadaires. Encore très minoritaire, le Bloc vient de briser le monopole politique que le Parti Communiste Portugais exerçait depuis un demi-siècle sur la gauche non social-démocrate. Aussi résolument moderne que radical, le Bloc semble - pour le moment - insaisissable et incontournable à gauche. Il innove dans le langage politique, tranche par son style militant, se saisit des questions de société les plus diverses, ouvre des chantiers de discussion politique, se distingue par la précision de ses arguments, invite et harcèle toutes les forces politiques, joue sur tous les terrain : parlementaire, intellectuel, sociétal, médiatique. « Exigeant » vis-à-vis de lui-même, il est « tranchant » dans le combat quotidien. Comme le titre un grand journal de Lisbonne : « Le Bloc dans les tranchées contre le Gouvernement, le Capital et le Pape » (1). Le mouvement d'adhérents et les partis politiques

La convergence entre les trois partis politiques (Union pour la démocratie populaire -UDP -, Parti socialiste révolutionnaire - PSR -et Politique XXI) est à l'œuvre depuis 1991 à travers les mobilisations sociales et une série de batailles électorales (2). Mais la réussite n'était pas fatale. Ce n'est que l'année passée entre juin et octobre, que l'unité entre les partis se soude "pour de bon". C'est à ce moment, dans le feu du succès aux européennes et aux législatives, que l'impact de la dynamique unitaire explose : une foule de militants et de sympathisants, chevronnés et néophytes s'emparent de ce nouvel instrument politique. Aujourd'hui, ils forment les deux-tiers des 2000 membres inscrits. Mais en même temps, ce sont les idées et les propositions des partis qui polarisent le débat politique en son sein. C'est cette double réalité qui transparaît dans la vie du Bloc et sa structure organisationnelle. Mouvement politique actif, il est basé sur l'adhésion individuelle : être membre d'un Parti qui a adhéré comme tel au Bloc, ne suffit pas pour être membre du Bloc. Mais les partis ne se dissolvent pas : ils gardent leur presse, leurs réunions, leur programme. Pour autant, ils n'ont aucun droit particulier dans la nouvelle organisation. Dans les faits, l'activité publique, c'est le Bloc : les élus, membres ou pas d'un Parti, sont ceux du Bloc. L'organisme qui agit et parle, c'est encore le Bloc. Au sein de celui-ci, la "Mesa" (la "Table" nationale, c'est-à-dire l'organe central) est composée paritairement : les indépendants d'une part, les partidaires de l'autre. Mais cela n'est pas inscrit dans les statuts ; cela vaut pour cette première étape De toute façon, tous les membres de la Mesa sont sans distinction élus par le congrès. Les Partis proposent, les membres du congrès disposent. Compliqué tout cela ? Tout est tributaire de la conviction politique et de la dynamique unitaire interne. Celles-ci ne tombent pas du ciel : il y a la force propulsive de la réussite initiale. Encore faut-il que le pluralisme s'enracine, que chaque courant s'y retrouve dans l'orientation politique et la distribution des responsabilités internes et publiques. Mais tout le monde en convient : ce n'est qu'en partie maîtrisable Avoir deux élus des deux principaux courants au Parlement national (permettant une rotation substantielle en cours de législature) est l'aubaine pour souder l'unité ! Un seul élu, et cela ne passerait pas sans grincements de dents... Assemblée Constitutive

Après un an d'existence (« l'an zéro » !), cette première Convention devrait être le vrai acte fondateur du nouveau mouvement politique. Jusqu'à présent, il y a eu des accords politiques entre les partis qui ont permis d'accumuler analyses, points de vue et propositions, et deux programmes électoraux; mais pas encore de programme fondamental. Et ce n'est que depuis deux mois que le Bloc a commencé par accueillir dans ses rangs ceux des militants et sympathisants qui ont participé à ses activités publiques. Selon les estimations provisoires, le Bloc compterait déjà environ 1600 adhérents dans 15 des 20 régions du pays (et cela avant un effort systématique de recrutement !). Dans ces conditions et en absence de statuts, comment organiser un congrès démocratique et "fusionnel" ? La Commission préparatoire avait proposé de * François Vercammen est membre du secrétariat unifié de la IVe Internationale. 1. Diario de Noticias du 31 janvier 2000. 2. ct. la petite chronologie d'unité en p.8 et aussi Inprecor n° 439/440 de septembre-octobre 1999 et n°441 de novembre 1999.

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convoquer directement une assemblée nationale où ceux et celles qui avaient adhéré (au plus tard une semaine avant le congrès, ayant rempli une fiche de membre et payé une cotisation minimum annuelle), auraient droit de parole, de vote, d'élire la direction et d'y être élu(e)s ; ceux qui se contenteraient de venir au congres, ayant seulement droit à la parole. C'est par des départs collectifs sur le plan local, que la participation effective fut réalisée.

Par ailleurs, l'ordre du jour fut sans surprise : installation du congrès (présidence, ordre du jour, règles de l'assemblée, commission des candidatures aux organes de direction), quatre rapports suivis de débats (l'activité de "l'an zéro", les statuts, la résolution politique, et l'élection des organes de direction). Temps nouveaux, vieilles questions !

On a beau vivre dans une époque nouvelle, les plus vieilles questions du mouvement ouvrier ne cessent de nous accompagner. Ainsi, la détinition du but final et de la nature du Parti ont dominé le débat sur les statuts. Socialisme ou capitalisme démocratique ? Parti militant ou parti d'assemblée ? En forçant le trait, on pourrait dire : Bernstein ou Rosa Luxemburg ? Martov ou Lénine ? Le courant réformiste, minoritaire au sein de Politique XXI, s'étant constitué en tendance par le document intitulé «. Réorientation », a présenté une série d'amendements aux principaux textes. Involontairement sans doute, il a contribué à un débat polarisé sur ces questions.

L'article 1, court et clair (proposé par la Commission et adopté par le congrès), dit notamment ceci : « Le mouvement défend

(...) la perspective du socialisme comme expression de la lutte émancipatrice de l'Humanité contre l'exploitation et l'oppression ». Dans un long amendement, le courant réformiste de

Politique XXI s'y opposait et dissolvait cette notion d'alternative au capitalisme, dans une série de considérations. Notamment : le

Bloc « considère le socialisme comme le principal facteur historique de démocratisation et de civilisation du capitalisme », et

« reconnaît l'importance du marché, sans attribuer à sa liberté inconditionnelle une quelconque valeur intrinsèque. (...) Sans sa subordination aux valeurs définies par la communauté, la démocratie est impossible ». Le Bloc « défend et promeut une culture civique de participation et d'action politique démocratique dans le cadre de l'Etat de droit et du respect pour les Droits humains. Socialisme est le nom que se donne la transformation sociale basé sur ces principes ».

L'autre débat-clé portait sur la nature du

Ecombatt*

pecano estatal aura a sais as seriates de intersace sars e setxisa perese. 10 9119 88988488 886381 ricte des sens arrans de lace. Auss a campasse INTE nuis saber 6 ans exgera ss heaxistes dexte Bless Revisão da Concordate DA BGM: 8 Sere marca passe d.5 Prolessores e novas formas de lota s.fl

Novo Combate, journal du PSR nouveau mouvement. Le lien avec le débat précédent est logique. Certes, on n'est plus au début du siècle précédent. Reste tout de même que le choix pour une vraie alternative de société au capitalisme a une implication forte sur le plan de la stratégie : gradualiste (parlementaire) ou "rupturiste". Et partant sur le type de mouvement ou de parti. Le radicalisme social et politique du Bloc postule un parti actif, organisé à la base et centralisé. La minorité de Politique XXI s'y opposait. Elle proposait ainsi la suppression d'un certain nombre d'articles de statut hautement symboliques et significatifs. L'article 4 traite des « responsabilités des adhérents » Si le courant oppositionnel approuvait deux des trois responsabilités des adhérents — « respecter les statuts » et « contribuer selon ses possibilités au financement des activités du mouvement » — il rejetait en revanche le devoir de « promouvoir [défendre] les objectifs politiques du mouvement et agir en conséquence ». En toute logique, il s'opposait aussi au principe même de la formation de « noyaux » (art. 6), ainsi qu'à leurs tâches concrètes : « Les noyaux se constitueront après ratification et dans le cadre de la structure du district, avec un minimum de cinq adhérents, en assemblée de tous les adhérents, convoqués en fonction des différents secteurs d'intervention, qui délibèrent dans leurs milieux respectifs et s'organisent comme ils l'entendent » (art. 11).

Le débat fut très fort et animé sur ces

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questions. Les objections portaient principalement sur les dangers du « centralisme démocratique » et « la manipulation » dans les rapports Parti-mouvement social. Elles furent nourries et opposées par des arguments théoriques, historiques, d'actualité, etc. Ce débat est légitime, car la méfiance d'un secteur actif du mouvement social vis-à-vis de tous les partis (et pas seulement les réformistes-gouvernementalistes) a pris une portée historique.

De toute façon, le Bloc peut remercier son aile "droite". Celle-ci a fortement contribué à transformer des idées "sur papier" en une réalité vivante, imprégné la mémoire de tou(te)s les présent(e)s et solidifié la cohésion interne.

Toute une série d'autres règles statutaires a été adoptée d'un commun accord. Ainsi le Bloc qui incorpore des partis politiques se définit comme « un mouvement politique de citoyens et de citoyennes » mais il est obligé par l'État d'être « légalisé sous la forme d'un Parti politique ». Il revendique hautement un pluralisme multiforme : « Le mouvement s'inspire des contributions convergentes des citoyens et citoyennes, de forces et mouvements, qui durant les années s'engagent à chercher des alternatives au capitalisme. Il se prononce pour un monde écologiquement soutenable [durable]. || combat les formes d'exclusion basées sur la discrimination de caractère ethnique, de genre, d'orientation sexuelle, d'idées, de religion, d'opinion, de condition ». Un programme nouveau

Le programme - « l'ouverture d'un chantier », comme le disait le rapporteur Miguel Portas, de la majorité de gauche de Politique XXI - mérite d'être traduit et lu dans les milieux de la gauche militante en Europe (et ailleurs). Certes, on y retrouve des analyses, des références et des propositions largement partagées. Mais l'innovation de langage et de style est frappante. Et cela traduit une démarche très volontariste pour refléter les problèmes de la vie quotidienne, à la fois des secteurs les plus avancés (notamment la jeunesse), mais aussi pour s'accrocher aux blocages historiques de la société (portugaise) avec ses retards culturels.

Il suffit de citer les têtes de chapitres : ouvrant sur « Une nouvelle réalité politique », le Bloc s'identifie comme « une Gauche solidaire et universaliste ». Son opposition radicale à la mondialisation est plombée par la dénonciation d'une « civilisation de l'injustice ». Le troisième chapitre — « Européanisme de gauche : un nouveau contrat » — qui rejette l'Europe du marché, est cadré par une stratégie de « refondation de l'Europe » essentiellement basée sur l'emploi et la Charte des droits humains. Suivent « La voie d'une nouvelle gauche », et « Un Bloc sous la forme d'un mouvement ».

Cette discussion sur le programme a surtout montré toute la richesse de la nouvelle organisation qu'aucun élément de la société ne laisse indiftérente. Surtout la solidarité avec le Timor oriental (le Bloc fut, en pleine campagne électorale, à la base d'un appel réussi pour paralyser la société portugaise pendant 5 minutes !) et le combat pour la dépénalisation de l'avortement (avec son référendum saboté par la direction du PS et l'Église) sont venus à l'avant-plan, à côté des droits des femmes, de la dépénalisation des drogues, de l'homosexualité, du Kosovo et de l'OTAN...

Il revenait à Fernando Rosas de présenter, au nom de la commission des candidatures, la proposition de la première direction du Bloc. Elle fut approuvée par 85 % des votants. Cette première direction nationale (la "Mesa'") est "englobante", elle crée un cadre fonctionnel unitaire qui devra permettre à toutes les opinions de s'exprimer, et aux multiples dialectiques et sensibilités de jouer : bases ouvrières-syndicales et organisation de jeunes, secteurs d'intervention multiples, préoccupations sociales diverses, rapport hommes-femmes (avec 40 % de mistério com Bolama Concentração ATTAC 6° 28/1 14 h

Bloco de Esquerda 49-20 3030350 2850 1160080 023 008 1ª Convenção Nacional TAP S/TAVA responsabiliza e adverte Jorge Coelho

Opção, journal de l'UDP femmes au sein de la "Mesa", le résultat est important, mais l'objectif de la parité n'est pas atteint), disparites régionales (le Bloc a une large implantation sur tout le territoire, ainsi qu'aux îles). En arrière-fond, il y a le PSR et l'UDP, « très complémentaires » c'est-àdire féconds mais différents. Cette situation se reflète sur deux problèmes cruciaux : la ligne syndicale et l'organisation autonome de la jeunesse. Et en perspective : la bataille pour l'élection du président de la

République !

Le rapporteur Rosas est une des figures indépendantes les plus connues et appréciées. Il a une longue expérience militante derrière lui (passant par le PCP et le MRPP maoïste). Et il incarne cette volonté d'unité du mouvement qui vient de naître, horsparti, autorité morale et ...radicale ! La grande presse le présente — avec les trois "partidaires" : Luis Fazenda (UDP), Miguel Portas

(Politique XXI) et Francesco Louçã (PSR) — dans le noyau dirigeant du Bloc.

Un Parti dans la société

Il faut insister sur les conditions politiques et institutionnelles relativement favorables (notamment dans le fonctionnement parlementaire et le degré de proportionnalité), comparées à la plupart des autres pays européens. Mais aussi sur le fait que le cadre dirigeant du Bloc — en gestation — a su les exploiter à merveille. C'est le produit d'une double expérience très contrastée. En premier lieu, celle de la révolution portugaise (1974-75), où PSR et

Deputado da FpD

UDP ont été de véritables acteurs du processus. Sa défaite a porté des coups douloureux à toute une génération massivement éveillée à l'activité militante. Ceux qui n'avaient pas renoncé ont pu opérer un parcours qui les a confrontés une seconde fois à la société portugaise, cette fois-ci par le suffrage universel et la présence dans les institutions élues (municipales et parlementaires).

Ce parcours, ainsi que la mutation politique par laquelle sont passées les trois composantes du Bloc la dernière décennie, explique leur capacité à créer cet espace de convergence. Mais aussi à occuper des niches sensibles et profondes de la société qui, à la fois, touchent la vie quotidienne de centaines de milliers de gens et interpellent vivement les partis établis.

Le projet de loi déposé par le

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Fernando Rosas, dirigeant du Bloc de Esquerda (BE), qui remplacera Francisco Louçã au Parlement dans le cadre de la rotation des mandats Bloc, sur « la liberté religieuse et la laïcisation de l'Etat » est exemplaire de ce point de vue, par son insistance sur la liberté de la conscience des personnes et des droits démocratiques de l'Église comme organisation privée, mais aussi le dégagement radical de la tutelle que l'Église exerce sur les institutions publiques. Il a provoqué un ample débat public, avec au centre le Bloc, et en position "réactive" l'archevêque, le gouvernement dont le premier ministre est socialiste et catholique, etc. En fait, le PS est littéralement divisé en deux.

Ainsi en va-t-il aussi pour la dépénalisation de l'avortement (torpillée par le PS) et la pénalisation de la violence "privée" contre les femmes.

C'est dès le premier jour que le Bloc s'est imposé. Tout le Portugal a pu voir les deux députés debout, sans chaise, au Parlement, car le PC portugais refusait de dégager dans l'hémicycle une place à sa gauche et sur la première rangée... Ou encore, le Bloc qui réimpose la règle démocratique qui veut que le programme du gouvernement soit voté par l'assemblée parlementaire, pratique tombée dans l'oubli depuis quelques années (à la grande surprise le PCP s'est ..abstenu sur le contenu !). La recomposition en marche

Résolument campé contre le gouvernement (résolution 9 : « nous sommes candidats à la rénovation de l'opposition, pas au gouvernement du pays »), le Bloc déploie ses ailes vers de nouveaux élargissements : la recomposition de la gauche ne fait que commencer.

Dans une série de résolutions (qui accompagnent les prises de position du Programme du Bloc), celui-ci se propose de prendre des initiatives parlementaires et extraparlementaires, au Portugal et en Europe.

Sur le plan international, le Bloc « valorisera des rencontres avec des courants et des formations de la nouvelle gauche, des socialistes de gauche, des communistes, écologistes et des mouvements démocratiques de l'affirmation nationale » (résolution 1), notaminent sous la forme « d'un séminaire international sur ce sujet [les Droits fondamentaux dans l'Union européenne] à organiser dans notre pays, par décision de la direction large ["Mesa"] à la date la plus appropriée se situant en 2001 » (résolution 2).

Dans la perspective des élections présidentielles, le Bloc s'attaquera à toutes les limites de la démocratie actuelle et « lancera une grande bataille dans l'opinion publique en taveur d'une protonde réforme du système politique portugais » et organisera, à Porto, une « conférence nationale sur la qualité de la démocratie » (résolution 3). En parallèle, le Bloc développera « un processus de Tables Rondes pour discuter avec la gauche sociétale sur une alternative, capable de converger sur le plan politique sans mettre en question l'autonomie de ses terrains d'intervention spécifiques » (résolution 4). Par ailleurs, le Bloc se déclare disponible pour étudier les cadres et les objectifs d'une grande rencontre de caractère électoral, sans fixer lui-même la date, l'agenda, les conditions et les objectifs. Il insiste justement sur la nécessité absolue que ce soit un processus ouvert, qui implique au-delà des forces de la gauche, des socialistes, des communistes (des différentes sensibilités communistes et "bloquistes"), les meilleures énergies de l'activité civile du pays (résolution 4).

Le Bloc annonce une série de grandes campagnes, notamment sur la fiscalité — déjà en cours dans les débats parlementaires, et qui vise plus directement l'évasion

МІТИТИ et la fraude fiscale, et la levée du secret bancaire (résolution 6), sur la dépénalisation de l'avortement et sur les droits sexuels (résolution 8). La dixième et dernière résolution procède à une première clarification (tant pour l'intérieur que pour l'extérieur du Bloc) sur « l'intervention et l'autonomie des mouvements sociaux ». Le Bloc y lance un appel à tous ses adhérent(e)s à lutter dans les mouvements pour « une citoyenneté élargie », et pour « une composition équilibrée des structures de direction et de coordination élues, au niveau national et régional, entre les sensibilités, les sexes, les origines sociales et les générations ». En ce qui concerne la jeunesse, le Bloc se refuse, pour les deux ans qui viennent, à lancer une organisation de jeunesse, mais se prononce pour une conférence sur ce sujet, en rapport étroit avec les jeunes. La même approche prévaut pour la question femme : le Bloc ne veut pas d'une organisation aux mains des hommes, mais un mouvement qui valorise la dimension féminine dans la politique, ce qui doit se refléter dans des rencontres et des conférences sur les problématiques féminines, ouvertes aux deux sexes.

Après un important paragraphe sur le mouvement antiraciste, le Bloc aborde prudemment la question syndicale : partant de la constatation qu'il existe « des traditions et des parcours différents que le Bloc considère favorablement, le travail de convergence devra respecter les rythmes différents, sans précipitation, vers une nouvelle tendance syndicale ». Il se prononce « en faveur des rencontres et conférences sur le monde du travail aujourd'hui et la société contemporaine afin de favoriser le renouveau des idées et des pratiques du syndicalisme portugais ».

« Écouter, discuter, converger », tel fut le mot d'ordre de la première Convention du Bloc de gauche. Un bon début pour rénover la gauche.

.713 La direction élue du Bloc

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