bdou Diouf a perdu. Son rival depuis quatre scrutins à l'élection présidentielle, Abdoulaye Wade, a réussi ce que personne n'imaginait : battre le président sortant et par la même occasion mettre fin au règne de près de 40 ans du Parti socialiste. Ce changement historique a été rendu possible par la création d'un regroupement large (incluant presque toute la gauche) autour du candidat libéral Wade, la Coalition Alternance 2000, alors que le Parti socialiste, en crise, a récemment subi des scissions qui ont eu pour conséquence une présentation en ordre dispersé aux élections (3 candidatures issues de ce parti soumises au vote).
Cette coalition a permis de réunir le PDS de Wade (Parti Démocratique du Sénégal) et le pôle de gauche (And Jef/PADS de Landing Savané, 1. Nous renvoyons nos lecteurs aux articles publiés dans Inprecor n° 441 sur la gauche pakistanaise et le coup d'État militaire du 12 octobre 1999.
Abdoulaye Wade dans lequel se retrouvent les militants de la IVe Internationale, la LD/MPT d'Abdoulaye Bathily, le PIT de Amath Dansokho, le MSU de Mamadou Dia et l'UDF/Mboloo-mi) et trois autres petits partis qui se sont mobilisés pour les conquêtes démocratiques autour du thème du "sopi" (le changement en wolof). L'unité de cette coalition a été faite sur un programme de gouvernement de transition d'une durée d'un an, qui prévoit des réformes institutionnelles profondes : rédaction d'une nouvelle constitution qui sera adoptée par voie référendaire, suppression du sénat, dissolution de l'assemblée nationale et des conseils locaux et organisation de nouvelles élections (législatives et locales) libres et démocratiques grâce à un nouveau code électoral. Le programme de gouvernement de transition projette également des mesures sociales d'urgence pour soulager les classes populaires, des chantiers créateurs d'emplois pour les jeunes et surtout la "bonne gouvernance" et la lutte contre la corruption. Nous en publions ci-dessous des extraits.
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