Par
Penelope Duggan*
Le 17 octobre, à l'occasion de la Journée mondiale de la pauvreté, 200 femmes représentant la Marche mondiale des femmes seront reçues par l'ONU à New
York, mettant ainsi en lumière l'importance particulière de la lutte contre la pauvreté pour les femmes de par le monde. Partout les femmes représentent la majorité des pauvres et le nombre croissant de celles qui sont chargées de familles - victimes des guerres, des migrations et des séparations - entraîne de plus en plus d'enfants dans la spirale de la pauvreté
Mais cette initiative représente plus que les femmes qui seront présentes à New York et plus que la seule lutte contre la pauvreté. Depuis qu'en
1995 la Fédération des Femmes du
Québec a lancé son appel, la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence a donné lieu à une série d'initiatives internationales, fondées sur une plate-forme revendicative qui englobe toutes les questions de la discrimination et de l'oppression dont souffrent les femmes aujourd'hui.
Lors de la rencontre internationale d'octobre 1998, 140 femmes de 60 pays ont adopté une plate-forme autour de trois axes :
• promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes;
développement d'un large mouvement de groupes de femmes dans le monde entier ;
• dénonciation du patriarcat et du capitalisme dans sa forme néolibérale actuelle, en lui opposant des solutions alternatives fondées sur l'égalité et la justice.
Cette même réunion a également défini les formes d'organisation du mouvement :
dirigée par les femmes, sa direction est également répartie entre toutes les régions du monde de manière à respecter et à valoriser au cœur du renou du mouvement s caractère pacifique de la Marche.
importance, par exemple la sexualité et le contrôle des naissances, les divergences n'ont pu être dépassées. Malgré cela la
Marche mondiale est devenue un symbole de la résistance mondiale contre le néolibéralisme et ses effets spécifiques concernant les femmes.
inégalités entre les pays développés et ceux en voie de développement, comme accroît les différences entre les divers secteurs de la force de travail et de la population à l'intérieur de chaque pays. Les inéga-
Iveau ocial les différences culturelles et à garantir le
De tous les continents les organisations de femmes les plus diverses se sont alliées pour soutenir la Marche. La collaboration entre ces organisations, les groupes fémi- femmes. nistes, les ONG et même des représentants des gouvernements ne fut pas chose aisée. Concernant des questions de première
La mondialisation capitaliste accroît les liste. elle lité entre les jeunes et les vieux, entre les salariés disposant d'un travail stable et les précaires, entre les immigrés et les indigènes s'accroissent et à toutes ces inégalités se combine l'inégalité entre hommes et
L'importance de la Marche mondiale tient au fait qu'elle fait des femmes et des revendications féminines un facteur spécifique de la résistance à la mondialisation capitaliste et, en retour, renforce le mouvement des initiatives internationales contre le néolibéralisme. Les manifestations à Seattle en décembre dernier, les mobilisations de Genève, de Melbourne, de Prague... et le rendez-vous pris à• Porto Alegre en janvier prochain, sont autant de signes d'une réactivation du mouvement social, largement absent de la scène au cours de la décennie passée.
Les mobilisations initiées par la Marche mondiale des Femmes dans 157 pays, depuis la
Journée internationale des
Femmes du 8 mars jusqu'a la mobilisation prévue le 17 octobre à New York et dans de nombreuses autres villes du monde, s'inscrivent dans ce renouveau du mouvement social. Des coordinations de femmes ont été créées dans 101 pays, de l'Australie au Pakistan, du Canada à la Bolivie, du Mozambique au
Sénégal, de la France jusqu'aux États-Unis
Le succès de leurs initiatives - dont la
Marche européenne le 14 octobre à
Bruxelles et celle du 15 octobre à
Washington — seront la garantie de la présence féministe dans le nouveau mouvement social contre la mondialisation capita-
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* Penelope Duggan est membre du Secrétariat unifié de la IVe Internationale.