Inprecor 1974–2004

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ITALIE

A propos du livre de Fausto Bertinotti : Convergences et remarques

· Inprecor n° 452, novembre 2000 · p. 21-23 · 3 301 mots

Italie Économie mondiale

Par Livio Maitan* index du livre que Fausto Bertinotti vient de publier, sous forme de réponses aux questions posées, avec une argumentation ample et serrée, par son collaborateur Alfonso Gianni, révèle par lui-même l'ambition de l'auteur : La liberté -L'égalité - Le travail - La valeur- Le besoin - Le communisme. En fait, il s'agit d'une série de réflexions, générales et ponctuelles, sur des questions théoriques et des expériences capitales du mouvement ouvrier au XXème siècle, d'analyses du capitalisme à l'heure de la mondialisation et d'esquisses de perspectives sociales et politiques pour le mouvement ouvrier d'aujourd'hui. En d'autres termes, l'inspiration fondamentale du livre réside en même temps dans la réaffirmation d'une continuité nécessaire avec les acquis et les luttes de plus d'un siècle d'histoire et dans une prise de conscience lucide de la nécessité impérieuse d'un profond renouveau, voire d'un nouveau départ tout court. Tous ceux qui comme nous continuent de se réclamer du marxisme révolutionnaire, ne peuvent que partager une telle approche Qui plus est, nous sommes fondamentalement d'accord sur une série de conceptions méthodologiques et d'idées essentielles, qui, surtout au cours de la dernière décennie, ont été rejetées ou grossièrement distortionnées non seulement par les apologistes du capitalisme, chantres de la "pensée unique" mais aussi, à une échelle sans précédent, dans les rangs des partis sociaux-démocrates, des formations issues des anciens partis communistes et des syndicats sous leur influence Essayons dans ce commentaire de souligner les points à notre sens les plus importants. Convergences essentielles

D'abord, il est significatif que Bertinotti, qui déjà dans les débats d'il y a quelques années, avait réaffirmé l'actualité du marxisme et de l'idée de la révolution chez Marx, rappelle, y compris par des citations pertinentes, des textes comme La question juive, Les manuscrits économico-philosophiques de 1844 et L'idéologie allemande, en repre-

A propos du livre

Bertinotti :

, et remarques

nant les thèmes de l'aliénation, de la libération et des fondements mêmes d'une nouvelle société, la société communiste. Pour notre part, nous apprécions notamment une citation tirée de L'idéologie allemande qui implique par elle-même le rejet de l'idée de socialisme dans un seul pays. Bertinotti souligne aussi que ce même texte, pour ne pas mentionner les Grundrisse, avance des réflexions sur la dynamique du capitalisme qui aident à comprendre le capitalisme de l'heure de la mondialisation (pp. 170-171). Par ailleurs, de nombreuses pages sont consacrées à une réaffirmation de la théorie marxienne de la valeur, avec des références à la critique classique de Piero Sraffa et aux remarquables contributions de l'économiste marxiste italien Claudio Napoleoni que Bertinotti et Gianni considèrent leur principal point de référence, sous plusieurs aspects à juste titre (1). Conclusion : les nouvelles formes d'exploitation suggèrent de relancer la théorie de la valeur-travail qui permet de comprendre comment le capitaliste contemporain extrait de la plus-value des nouveaux travaux, quelle que soit leur définition juridique (pp. 125-138).

En deuxième lieu, on ne peut qu'être d'accord avec Bertinotti, quelles que puissent être les différences de formulation ou d'accentuation, lorsqu'il rappelle l'opposition dans le mouvement ouvrier depuis sa naissance entre un projet réformiste et un projet révolutionnaire et sur la constatation que l'un et l'autre ont essuyé un échec. Nous sommes d'accord aussi sur l'ampleur des défaites, sous plusieurs angles, sans précédent que le mouvement ouvrier a subies dans les années 1980 et 1990. Il est juste de souligner, par ailleurs, que les partis sociaux-démocrates en ont en tiré une leçon allant dans la direction diamétralement opposée à celle qui se serait imposée, en diluant à l'extrême, voire en effaçant complètement, leur nature d'organisations du mouvement ouvrier et en acceptant désormais le cadre de la société capitaliste comme incontournable et la mondialisation soit comme un progrès soit comme une sorte d'évolution naturelle (2). D'autre part, Bertinotti critique aussi, à juste titre, ceux qui, malgré tout, maintiennent une sorte de conception

« campiste », c'est-à-dire s'inspirent du schéma stalinien et post-stalinien de l'affrontement entre pays capitalistes et pays « socialistes » ou, tout au moins, susceptibles de constituer des bastions anti-impérialistes (3).

Troisièmement, le livre de Bertinotti exprime un jugement sans ambiguité sur l'échec du « socialisme réel » et indique dans cet échec l'une des causes de la profonde régression actuelle, politique et culturelle, du mouvement ouvrier. Mais son analyse se distingue non seulement de celle de la socialdémocratie, mais aussi des analyses développées par des formations issues des anciens partis communistes et par ces intellectuels qui s'efforcent d'effacer les traces de leur passé. Il ne se limite pas à dénoncer l'absence de démocratie, les différentes formes d'oppression etc., mais il explique que la « critique principale » doit viser la « pénurie * Livio Maitan est dirigeant de la IVe Internationale et membre de la direction du Parti de la refondation communiste (Italie). 1. Pour notre part, nous partageons l'idée de Napoleoni selon lequel « chez Sraffa il ne reste plus rien de la théorie de la valeur de Marx ni rien de ce qui découle comme conséquence de cette théorie » (Il valore, éd. Isedi, 1976, p. 175). Ernest Mandel va dans le même sens (cf. Late capitalism, Londres, 1976, pp. 12 et 290). 2. Dans un débat public avec Bertinotti, le secrétaire des DS (Démocrates de gauche), Veltroni, a prétendu que Nelson Mandela lui aurait dit qu'il est vain de s'opposer à la mondialisation comme de s'opposer aux phénomènes météorologiques. La comparaison est tout au moins boiteuse : la mondialisation est le résultat d'une dynamique et d'une entreprise de forces sociales et politiques et n'a absolument rien de fatal. Si on voulait être pointilleux, on pourrait ajouter que, comme tout bon écologiste le sait, les phénomènes météorologiques eux-mêmes ne sont plus tout à fait indépendants des comportements des sociétés humaines.

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de socialisme ». L'expression peut apparaître un peu sommaire, mais elle touche à l'essentiel.

Finalement, il va de soi que nous sommes fondamentalement d'accord avec une série d'analyses sur le capitalisme à l'heure de la mondialisation, les effets de la diffusion de l'informatique et des nouveaux moyens de communication, les processus de différenciation, de fragmentation et de recomposition de la classe ouvrière, plus généralement des travailleurs salariés, et le dépérissement progressif de l'État national. A plus forte raison, nous sommes d'accord sur le point capital : les travailleurs salariés, loin d'être en train de disparaître, comme certains le prétendent, sont à l'échelle mondiale plus nombreux que jamais et ce sont eux, de même que tous ceux et toutes celles qui doivent vendre leur force de travail, que ce soit sous la forme la plus traditionnelle ou la forme la plus « moderne », qui sont toujours les sujets irremplaçables de la transformation révolutionnaire vers une société socialiste. Quelques remarques critiques et points d'interrogation

Dans la phase actuelle du mouvement ouvrier à l'échelle internationale on ne saurait s'étonner qu'il existe des points de vue différents y compris entre ceux et celles qui partagent conceptions et approches sur les problèmes essentiels. De surcroît, même quand on est d'accord, il se peut que des problèmes soient abordés sous des angles différents, par des formules ou une terminologie différente, voire avec un autre appareil conceptuel. On ne saurait donc prétendre à une uniformité impossible dans les débats où nous sommes engagés. C'est pourquoi nous avons mis l'accent surtout sur les points de convergence. Cela ne nous empêche aucunement dans un but de clarification ultérieure, d'avancer maintenant des remarques critiques et de soulever quelques 3. Cf. p. 177. Un point de vue similaire est défendu encore aujourd'hui par des membres du PRC et a été exprimé dans une discussion sur la situation politique mondiale qui a eu lieu à la direction du parti en juin dernier. Sur la Chine les auteurs expriment des jugements critiques (p. 46). 4. Cf. p. 31. Dans un article assez récent Bertinotti a parlé d'une « absence », y compris chez Marx, d'une théorie de l'État (Liberazione, 3 septembre 2000). 5. Personne ne saurait prétendre que la bureaucratisation de l'URSS a été le produit de la thèse antimarxiste du socialisme dans un seul pays. C'est l'inverse qui s'est passé : cette thèse a été adoptée pour justifier le processus de bureaucratisation qui était en train de se dessiner.

problèmes.

Tout d'abord, le livre qui, rappelons-le, s'efforce de saisir la dynamique de l'économie capitaliste tant dans le passé qu'aujourd'hui, glisse sur un trait essentiel de cette économie, c'est-à-dire sur sa nature cyclique. Il est vrai qu'à un moment donné on rappelle que « la question de la crise » est « un élément lié à la société capitaliste et à son mode de production » (p. 134). Mais ce n'est qu'une allusion rapide et, plus généralement, se confirme dans ce livre une approche qui est présente dans le PRC et dans son entourage et qui consiste à sousestimer, en fait, cette question cruciale. D'où notamment une propension à présenter des traits et des tendances du capitalisme actuel comme indéfiniment acquis, alors qu'un nouveau cycle - que personne ne saurait exclure, indépendamment des échéances et des manifestations spécifiques éventuelles - pourrait remettre en question choix macro-économiques, options technologiques et formes d'organisation du travail imposés aujourd'hui par les classes dominantes et leurs gouvernements.

Une telle sous-estimation se répercute aussi sur l'analyse des événements des deux dernières décennies, plus particulièrement en Europe. A juste titre, Bertinotti souligne la multiplicité des facteurs qui ont déterminé l'actuelle régression du mouvement ouvrier. Mais, sauf erreur, il n'y pas la moindre allusion à l'événement qui a constitué un clivage majeur, la récession de 1974-75. En dernière analyse, c'est ce changement à long terme du cycle économique qui est à l'origine des nouveaux choix économiques et sociaux qui ont marqué les années 1980 et 1990 et des orientations politiques qui en ont découlé. Est-ce que nous avons besoin, par ailleurs, de rappeler ici toutes les conséquences de la crise des années 1929-32 sans laquelle il serait impossible d'expliquer de manière exhaustive aussi bien l'avènement de Hitler au pouvoir que, en fin de compte, l'éclatement de la Seconde guerre mondiale ? De même, il y a incontestablement une multiplicité de facteurs à l'origine des options sociales et politiques en Europe capitaliste dans les années 1950 et 1960, mais est-ce que ces options auraient été possibles sans l'onde longue d'expansion d'à peu près un quart de siècle ?

Qui plus est, seule une compréhension du caractère cyclique persistant de l'économie capitaliste permet d'anticiper et de saisir tendances qui mûrissent et fractures potentielles, tôt ou tard inévitables, dans ce cadre qu'on prétend nous présenter de façon apologétique comme fin de l'Histoire. Il ne s'agit pas du tout de relancer des approches catastrophistes. Mais tout simplement de ne pas ignorer que ce sont les principaux dirigeants des puissances économiques qui se posent, parfois avec angoisse, la question de savoir combien de temps la phase actuelle pourra se prolonger et comment éviter une crise majeure aux répercussions mondiales.

Deuxième question. Dans un passage du livre que nous reproduisons, Bertinotti fait allusion à des « vides » dans la pensée politique de Marx qui auraient « ouvert le chemin aux erreurs qui se sont produites par la suite » (4). Or, comme l'auteur lui-même le souligne ailleurs, Marx a eu parfaitement raison de ne pas s'engager dans une préfiguration détaillée d'un État socialiste du futur, ce qui aurait représenté une régression vers le socialisme utopique. Mais on ne saurait oublier que chez Marx, sous certains aspects encore plus chez Engels, il y une analyse de la nature de l'État qui reste fondamentalement valable jusqu'à aujourd'hui. Il y a aussi chez les deux théoriciens des analyses très pertinentes et pas du tout obsolètes sur des forme plus spécifiques de la domination politique bourgeoise (par exemple, à propos du bonapartisme). Qui plus est, si c'est surtout Engels qui insiste sur le concept de dépérissement de l'État dans la perspective d'une société communiste, des idées fondamentales sur le terrain d'une démocratie révolutionnaire et de l'égalité sont énoncées avec force dans l'essai de Marx sur la Commune de Paris. C'est significatif, par ailleurs, que Lénine ait repris ces idées dans L'Etat et la révolution quelques mois avant Octobre 1917.

Pour en venir finalement aux analyses esquissées sur les sociétés post-révolutionnaires, le processus de bureaucratisation n'a pas été, tondamentalement, la conséquence d'erreurs ou de carences théoriques, mais le produit de conditions économiques, sociales et politiques historiquement données. Bertinotti confirme à plusieurs reprises dans son livre sa critique radicale du stalinisme et cite, entres autres, sur la problématique de la transition, une page célèbre de la Critique du programme de Gotha. Certes, on ne saurait tout attendre d'un livre qui traite d'autant de sujets en deux cent pages. Toujours est-il qu'il ne souligne pas le fait incontestable que, au delà de ses dimensions politiques et culturelles, le stalinisme a représenté un phénomène social. C'est justement la cristallisation d'une nouvelle couche sociale privilégiée qui a poussé à l'extrême les dérives politiques et les mystifications idéologiques et permis qu'un régime despotique, instauré depuis la fin des années 1920, se maintienne pendant des longues décennies (5). A ce sujet, il paraît que Bertinotti,

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qui mentionne les « apports gigantesques des grands révolutionnaires » parmi lesquels Trotsky (p. 31), n'a pas, toutefois, suffisamment réfléchi sur l'œuvre de celui-ci, de même que sur celles d'autres théoriciens comme, par exemple, Preobrajenski et Rakovsky, qui depuis les années 1920 avaient développé une analyse clairvoyante des problèmes cruciaux de l'accumulation économique et des structures politiques dans une société de transition (6).

Pourtant, l'auteur défend une approche méthodologique absolument correcte, lorsque, en opposition à ceux qui rejettent toute idée d'une « histoire contrefactuelle », il affirme que dans l'histoire du mouvement ouvrier d'autres projets et d'autres choix auraient été possibles (7). Tout à fait d'accord : voilà pourquoi, si on revient sur la tragédie de la révolution russe, c'est une obligation y compris morale de revaloriser l'apport d'hommes et de temmes qui non seulement ont développé des critiques sur le terrain théorique mais se sont battus aussi politiquement, même au prix de leur liberté et de leur vie, pour que fussent faits des choix radicalement différents, voire opposés à ceux qui ont finalement prévalu avec les conséquences ravageuses à long terme que personne ne saurait nier aujourd'hui. Un problème stratégique qui reste ouvert

Les trois dernières pages du livre (207209) posent le problème crucial que nous appelons, dans notre propre terminologie, celui du programme de transition. On y esquisse une critique des conceptions des voies nationales au socialisme. Mais le passage le plus important se réfère à une page célèbre de Gramsci que l'auteur considère toujours comme une référence stratégique essentielle (8). Sans nier la valeur des réflexions de Gramsci, nous continuons à penser que deux mises au point s'imposent (9). La première est d'ordre historique : sa caractérisation de la Russie pré-révolutionnaire est excessivement simplifiée, même si la distinction entre Russie et sociétés d'Europe occidentale est incontestablement fondée. La deuxième est qu'il ne faut pas oublier que la réflexion de Gramsci sur la conquête des casemates se réfère à des phases de lutte où le mouvement ouvrier doit accumuler des forces et se structurer socialement et politiquement. Dans ce sens elle n'aborde pas la problématique de la rupture révolutionnaire. La falsification opéré par Togliatti et les autres dirigeants du PCI dans les années 1950 a consisté à présenter l'approche de Gramsci comme une approche réformiste gradualiste alors que chez celui-ci rien n'autorise l'idée qu'il avait renoncé à une perspective révolutionnaire.

Aujourd'hui, on peut justement dresser un bilan extrêmement négatif : les casemates du mouvement ouvrier ont été, dans une très large mesure, démantelées ou désertées. A plus forte raison on doit être conscient que sans la reconstruction de nouvelles casemates toute perspective révolu-tionnaire ne serait qu'un vœu pieux. Mais le problème des objectifs de transition, c'est-àdire d'objectifs susceptibles de stimuler une dynamique anticapitaliste en partant des positions conquises et du niveau de conscience atteint au niveau des masses, est loin d'être résolu.

Pour notre part, nous partageons le jugement de Bertinotti: la contradiction cruciale à l'heure actuelle réside justement dans le fait qu'il serait plus que jamais nécessaire de mettre à l'ordre du jour la perspective du renversement du capitalisme alors que le rapport de forces et la régression du niveau de conscience anticapitaliste constituent un obstacle majeur dans ce sens. Nous en tirons d'autant plus la conclusion que le Parti de la refondation communiste doit opérer des changements profonds dans ses approches stratégiques et sa façon de se construire, en sortant de l'impasse où il se trouve : c'est la condition sine qua non pour qu'il soit en état de contribuer effectivement au renouveau du mouvement ouvrier, à la reconquête des casemates perdues et à la conquête de casemates nouvelles.

5 octobre 2000 Post-scriptum

Le quotidien italien Corriere della sera (du 20 octobre) a publié une interview de Fausto Bertinotti sur son livre, sous le titre: « Bertinotti redécouvre Marx : oui, je crois à la révolution mondiale ». Que la révolution mondiale apparaisse dans un titre du plus important quotidien italien est, somme toute, sympatique. Nous voudrions, toutefois, faire un commentaire télégraphique sur le passage qui suit : « La révolution n'est pas une révolte et ne saurait être conçue comme conquête du pouvoir étatique. Et elle ne peut être accomplie dans un seul pays. Il faut revenir à l'idée de la révolution comme un processus mondial et à long terme ».

D'accord : la révolution n'est pas la conquête du « pouvoir étatique » existant. Elle implique une rupture du cadre politicoinsitutionnel donné et l'édification ex novo d'institutions démocratiques révolutionnaires. D'accord aussi sur le fait que la révolution ne saurait inaugurer la construction

En novembre 2000 la librairie La Brèche déménage... L'ARME DE LA CATIQUE NE SAURAIT REMPLACER LA CRITIQUE DES MMES A MAUX Librairie La Brèche 27, rue Taine 75012 Paris té : 01 42 38 04 14 e-mail: [email protected] Vente par correspondance Paris, province, étranger : envoi gratuit http://www.la-brechc.com d'une société qualitativement différente de la société capitaliste, c'est-à-dire une société socialiste, dans un espace national (laissons Staline se retourner dans sa tombe !). D'accord, finalement sur la nécessité d'envisager des échéances à long terme. Toutefois, un point d'interrogation : si la construction d'instruments de masses pour une lutte révolutionnaire (et la construction ou reconstruction de casemates) est nécessairement un processus et que l'édification de la nouvelle société est également un processus, comment faut-il concevoir la transition de l'un à l'autre ? Ici se pose le problème incontournable de la rupture révolutionnaire, quelles que soient les formes qu'elle pourra prendre. Voilà un point crucial sur lequel il est souhaitable que le livre de Bertinotti stimule la rétlexion.... 6. Nous regrettons également qu'alors que dans le livre on se réfère à juste titre à des théoriciens contemporains comme Sweezy et Marcuse, il n'y ait pas la moindre allusion aux contributions d'Ernest Mandel dont l'analyse du néocapitalisme ou capitalisme tardif, c'est-à-dire du capitalisme d'après la Deuxième guerre mondiale, ne devrait être négligée par personne 7. Cf. p. 176. Plus loin, comme exemple d'une «histoire contrefactuelle » possible, il se réfère au printemps de Prague qui aurait pu avoir un aboutissement tout à fait différent (p. 178). 8. - En Orient l'État était tout, la société civile était primitive et sans forme; en Occident, entre l'État et la société civile, il existait un juste rapport et derrière la faiblesse de l'État on pouvait voir immédiatement la solide structure de la société civile. L'Etat était seulement une tranchée avancée derrière laquelle se trouvait une chaîne solide de fortifications et de casemates : bien entendu, cela était variable d'État à État mais c'est justement pourquoi il fallait analyser attentivement ce phénomène au niveau national » (Cahiers de prison, t. I, pp. 183-84). 9. Cf. à ce sujet notre essai Il marximo rivoluzionario di Antonio Gramsci, Nuove Edizioni Internazionali, 1987 (en français, Quatrième Internationale n° 24, avril 1987).

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