Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EUROPE

Succès de la Conférence de la Gauche anticapitaliste européenne

· Inprecor n° 453-454, décembre 2000 / janvier 2001 · p. 3-4 · 1 058 mots

France Portugal IVe Internationale Grande-Bretagne

François Vercammen* Conférence européenne qui a rassemblé es 4 et 5 décembre a eu lieu, à Paris, une une série de partis et mouvements de la gauche radicale, à l'occasion du sommet de l'Union européenne (UE) sous présidence française. Faisant suite à une première réunion du même genre à Lisbonne au printemps 2000, celle-ci fut convoquée par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, section française de la IVe Internationale).

Avaient répondu à l'invitation : l'Alliance électorale rouge (RV, Norvège), l'Alliance rouge-verte (RGA, Danemark), le Parti socialiste écossais (SSP), l'Alliance socialiste de Londres (LSA) et les Alliances socialistes (Angleterre, Pays de Galles), le Parti socialiste des travailleurs (SWP, Grande Bretagne), La Gauche (Luxembourg), le Bloc de gauche (Portugal), Zutik (Pays Basque), Espacio alternativo (Espagne), Solidarités (Suisse), ÖDP (Turquie), et le Mouvement d'unité patriotique (Communauté chypriote turque). Zutik, Espacio Alternativo et l'ÖDP ne purent être présents, tout en marquant leur accord avec le but de la réunion et le projet de déclaration. Le MUP, dont le local venait d'être plastiqué par l'armée turque, s'était fait représenter par un camarade de la Gauche chypriote de la communauté grecque. Le Parti Socialiste (Angleterre), (l'ancien "Militant") qui fait partie d'une organisation internationale, le Comité pour une Internationale ouvrière (CIO), avait envoyé un observateur. Lutte Ouvrière avait décliné l'invitation.

Les objectifs de la réunion et les critères d'invitation avaient été initiés par les camarades du Bloc de gauche portugais lors de leur contre-sommet de Lisbonne : saisir l'occasion du sommet de l'UE pour prendre position à partir de la politique concrète de l'UE, et faire émerger un courant anticapitaliste nettement distinct de la social-démocratie, des Verts et des Partis communistes qui appuient la politique social-néolibérale. Pour donner force et crédibilité à cette démarche, européenne il fallait commencer par réunir des partis et mouvements représentatifs électoralement ou influents sur le plan syndical et social ou électoral. Pluralisme

En pointillé, il y avait bien entendu l'idée d'une vaste recomposition pluraliste, qui rompe radicalement avec le sectarisme et s'engage dans le rassemblement de courants et d'organisations dont l'origine, l'histoire, le programme et la pratique ont longtemps divergé mais qui ont compris que c'est par leur unité qu'ils peuvent occuper l'espace politique dégagé par FCE la dégénérescence néolibérale de la social-démocratie et l'effondrement du stalinisme.

Nice : dans la rue, ensemble, contre le sommet de | Europe-puissance

Ligur Comm

Si l'on regarde de plus près, on aperçoit bien cet aspect pluraliste. Les courants ex-maoistes sont très forts dans le RV norvégien, dans le Bloc portugais (UDP) et l'ÖDP turque. Au Danemark, le PC apporte sans doute le plus de militants, et au Luxembourg, il est de loin le plus fort dans La Gauche. Si le SWP trotskyste est fort en Angleterre, les Alliances ne pourraient se développer sans le soutien notamment du CPGB (une des branches de l'ex-PC). La forte visibilité des courants organisés ne devrait pas effacer le rôle des militants "'inorganisés" et des personnalités pour initier ou souder l'unité. C'est le cas par exemple de l'Angleterre, où Ken Loach, Paul Foot et Tariq Ali y ont contribué fortement. C'était

Europe d'autant plus indispensable parce qu'il ne s'agit pas d'unifier les révolutionnaires, mais de gagner des pans entiers de la gauche militante (syndicale, sociale et politique)

encore attachée à la social-démocratie néolibérale, et également des Verts et des PC social-démocratisés. Rappelons par ailleurs que le courant trotskyste international est à son tour très diversifié, avec Socialisme

International, le CIO et la Ive Internationale.

L'ordre du jour concret de la réunion de Paris visait Socialist Worke à aboutir à une déclaration politique et une conférence Dealisalion de presse communes. Mais PEOPLE BEFORE la LCR, pays-hôte, avait PROFIT tenu à élargir l'ordre du jour par un aperçu sur les proSon the rendans chaines échéances de la lutte contre la mondialisation capitaliste, avec en point de mire le Forum social mondial qui se tiendra en janvier prochain à Porto-Alegre et un débat sur la Charte des droits fondamentaux dès lors que la CES (Confédération européenne des syndicats) s'y était fortement engagée :

elle avait d'abord refusé d'avaliser un texte régressif sur le plan social puis s'était alignée par la suite. D'autant que ce débat trouve un écho notable dans le mouvement syndical français fortement mobilisé dans les rues de Nice.

Deux débats

L'essentiel, le vrai pas en avant, fut la déclaration commune (voir en p.4). La volonté politique a permis d'y arriver tout en abordant les débats contradictoires qui ont traversé la réunion.

D'abord, la construction très hétérogène que constitue l'UE - rassemblement d'Etats nationaux sous l'égide d'un proto-Etat supranational - pèse différemment dans chaque pays sur la société, le mouvement

* François Vercammen est membre du Secrétariat unifié de la IV° Internationale.

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Europe social et les courants politiques. Les anticapitalistes et révolutionnaires n'y échappent pas. Internationalistes en général, ils ont aussi à résoudre en pratique les grandes questions stratégiques et les menus problèmes qui découlent de deux siècles (ou plus) du développement de l'Etat bourgeois.

Pour les organisations radicales des pays scandinaves (et pour partie la Grande Bretagne), la lutte contre l'UE passe par la dissolution de celle-ci, avec une succession de "non" et une sortie ultérieure de chaque pays créant une vaste crise dans l'UE qui ouvre l'horizon d'une « coopération internatronale plus vaste ». des organisations de pays aujourd'hui horsUE (tels que Chypre, Suisse, Turquie): ils proposent l'entrée de leur pays dans l'UE, non pas pour les avantanges qu'elle apporterait à de rejoindre le combat commun avec le mouvement social mobilisé au sein de l'UE. de l'UE, se battre pour en sortir serait totalel'UE par une lutte unifiée pour des revendications européennes

Une stratégie inverse est avancée par leur population et classe ouvrière, mais afin

Dans les pays qui se situent au "coeur"

ment incompris : là, il s'agit de combattre communes sur le plan social, économique, environnemental, politique, culturel. Ce qui implique aussi des propositions institutionnelles alternatives. L'ouverture d'une crise de l'UE se ferait par ce combat commun et par une démarche radicalement démocratique qui arrache le processus constituant aux gouvernements.

La deuxième discussion dans la réunion, portait sur la formulation d'une exigence démocratique d'autodétermination : qui décidera - les peuples ou les classes ouvrières — lorsqu'il s'agit d'entrer dans l'UE (les pays de l'Est) ou bien dans le cas d'une crise institutionnelle majeure de l'UE ? Il ne

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