Communique de presse de la LCR D ix ans après l'adoption du traité de Maastricht, l'Union européenne (UE) se prépare, au sommet de Nice, sous présidence française, à franchir une nouvelle étape, celle de "l'Europe-puissance".
En dix ans, l'UE a démontré à quel point elle est anti-sociale et antidémocratique, une machine de guerre contre les classes ouvrières et populaires en Europe et dans le monde.
L'UE manque désespérément de soutien populaire et de légitimité politique. Le récent « non » danois l'a encore montré. Comme le montrent les luttes sociales européennes qui se heurtent frontalement à la politique néolibérale, menée au nom de l'Europe. Comme le montre la résistance croissante contre l'impact de la globalisation capitaliste, incarnée par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Fonds monétaire international (FMI). La responsabilité politique incombe entièrement à nos gouvernements. La social-démocratie et certains Partis Communistes et Partis Verts qui l'ont rejoint au gouvernement (en France, Allemagne, Italie), ont appliqué cette politique néolibérale avec plus d'elficacité que les partis bourgeois conservateurs. Ils ont entraîné des secteurs entiers du mouvement syndical. La Confédération européenne des syndicats (CES), au lieu de développer un mouvement syndical actif et combatif, s'est alignée sur la Commission au nom de la politique du moindre mal.
Nous, partis et mouvements anticapitalistes d'Europe, nous luttons contre l'UE, ses institutions et sa politique. Nous sommes partisans d'une autre Europe, sociale, démocratique, pacifique et solidaire, d'une société socialiste démocratique.
Nous luttons pour un changement radical de politique, de perspectives
Et pour commencer, nous luttons pour arrêter cette machine infernale qu'est T'UE. Face au Conseil européen des Ministres, face Conférence intergouvernementale, face à l'autocratie galopante, nous
Nice ouvrira une nouvelle étape de l'histoire européenne. L'UE s'affiche désormais comme une puissance impérialiste qui détendra ses intérêts partout dans le monde. Le principe de ce changement a été décidé on passe maintenant aux décisions pratiques.
Premièrement, par la création d'une force armée européenne, intervenant au sein tionale. Mais la priorité est de stabiliser sa propre périphéranéen et à l'Est. Cette politique de remilitarisation ne réussira pas sans créer un climat euro-militariste. Comme nous avons toujours combattu le militarisme dans nos propres pays et l'OTAN, nous ferons de même face à cette montée en puissance militaire de
Deuxièmement, par l'annexion marchande des pays de l'Est, en les soumettant à l'acquis communautaire". Pour nous l'Europe va bien au-delà de l'UE. Nous sommes pour l'unification de notre continent, mais sur la base de la solidarité ouvrière et de la coopération. Nous tendons la main à ses peuples pour un combat commun contre la politique et les institutions de l'UE. Nous sommes pour la libre circulation des personnes et donc pour la libre entrée des immigrés et pour leur pleine citoyenneté dans l'UE
Troisièmement, par un rôle actif dans l'OMC. L'UE s'engage dans une compétition accrue avec les Etats-Unis, le Japon et les pays du Tiers-Monde. A cette fin, les gouvernements comptent réformer les traités (en particulier l'article 133), en donnant une plus grande liberté d'action à la Commission. Il est très clair que notre lutte contre | UE est partie prenante de la résistance croissante, depuis les mobilisations de Seattle, contre la globalisation capitaliste et de la solidarité internationaliste avec tous et toutes les oppriméles et
LA CRECHE AUX VACHES FOLLE
Quatrièmement, par une réforme des institutions (élargissement du domaine des votes à la majorité qualifiée, repondération des voix en faveur des grands pays au Conseil des Ministres, resserrement de la "coopérations renforcées" entre gouvernements) qui sont à la hauteur de ses ambitions impérialistes. Cette réforme vise en réalité la constitution d'un "directoire" l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Nous rejetons cette "réforme" antidémocratique qui ne vise qu'à renforcer le poids du pouvoir exécutif.
Cinquièmement, la Charte des droits fondamentaux qu'ils nous préparent est un recul sur tous les droits conquis de haute lutte par le mouvement ouvrier depuis 150 ans : le droit au travail est remplacé par "*la liberté" de travailler à n'importe quelle condition ; le droit à un salaire décent et le droit à un revenu viable seront remplacés par l'aide sociale et la philantropie. Le droit de grève n'est pas reconnu sur le plan européen. Or, cette Charte risque d'avoir force de loi. Elle sera contraignante. Elle prévaudrait sur la loi nationale ! La Commission aurait le droit de veiller à son application et d'intervenir. La Cour de Justice trancherait les litiges. Ce serait un instrument puissant pour le Patronat et les gouvernepartant, à son inclusion dans Nous luttons dans chacun de nos pays, et ensemble en Europe, pour un renversement de la politique néolibérale, en faveur du principe : profit ! Pour chacun et chacune, cela signifie : le droit à un emploi à plein temps et stable, un salaire décent, un revenu de rempla cement viable (en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de retraite). le droit à un logement pour tous et toutes, le droit à l'éducation et à la formation professionnelle, à des soins de santé de qualité. Cela implique le redéveloppement massif des services publics, une refonte du budget de l'Etat, une redistribution radicale des richesses du Capital vers le Travail, et à cette fin, toutes les mesures anticapitalistes nécessaires pour substituer la propriété sociale à la propriété privée
Paris, le 5 Décembre 2000