Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE BRETAGNE

Le cours nouveau du Socialist Workers Party

· Inprecor n° 458, mai 2001 · p. 7-10 · 3 255 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme IVe Internationale

Par Greg Tucker*

« Les miste protonder est ener les

, de rompre profondément avec les expériences qui ont formé nos membres au cours des deux décennies passées », écrit Chris Bambery dans un récent numéro de Socialist Review. Selon lui la nouvelle radicalisation implique pour le SWP d'abandonner son isolement relatif et une activité centrée sur l'apparition de ses sections et la vente de son journal et de se tourner vers l'extérieur «pour construire les Alliances socialistes en renouant avec /'expérience de IS/SWP (1) des années soixante-dix ».

Aux yeux de toute la gauche il est évident que le SWP a engagé récemment un changement majeur, dont témoigne en particulier son ouverture aux autres organisations ou individus au sein des Alliances socialistes, mais qu'on remarque aussi sur d'autres terrains. Au cours des deux dernières années un lent changement s'est dessiné à la direction de ce parti, avec les premières tentatives de recherche d'unité dans la campagne contre la guerre des Balkans, puis avec l'investissement opéré l'an dernier dans la London Socialist Alliance (2), et maintenant avec l'engagement massif dans la campagne des Alliances socialistes en vue des élections législatives. Une tentative générale de modifier profondément la pratique organisationnelle du parti est aujourd'hui engagee.

Les fondements politiques de ce cours nouveau ont été exprimés dans deux récents articles, l'un de John Rees paru dans la revue International Socialism, l'autre d'Alex Callinicos, écrit pour expliquer la scission survenue au sein du courant international dont le SWP fait partie - la Tendance Socialiste Internationale — avec l'organisation-sœur des États-Unis, présenté sur le site web du SWP (3). Le point d'inflexion

Pour Rees comme pour Callinicos la manifestation contre la mondialisation capi-

Le cours nouveau

taliste à Seattle en novembre 1999 constitue le point d'inflexion de la lutte de classes, en légitimant l'action directe et en fournissant un nouveau langage anticapitaliste. Si la IVe Internationale, pour sa part, met en lumière certains événements précurseurs de Seattle et le rôle des révolutionnaires dans les

Tony Blair en compagnie de ses richissimes soutiens : Lady Rothermere et Rupert Murdoch débuts du processus - les euromarches d'Amsterdam et de Cologne ou le développement de la campagne en faveur de la taxe Tobin lancée par ATTAC (4) - nous ne pouvons qu'être d'accord avec l'idée qu'un nouveau cycle de luttes a commencé. Un nouveau sentiment anticapitaliste se développe et John Rees a raison de souligner que c'est l'identification du système capitaliste en tant qu'ennemi qui caractérise l'actuelle vague de mobilisations et de campagnes. Cela tranche avec les luttes isolées autour de revendications catégorielles, connues précédemment, et permet à ceux qui sont engagés aujourd'hui dans de telles luttes d'avancer rapidement vers l'identification de la source réelle de leurs combats. Pour sa part Alex Callinicos note deux autres phénomènes nouveaux : l'apparition de nouveaux milieux politiques, tels le mouvement

ATTAC, et te développement de nouvelles critiques du capitalisme par des intellectuels tels Naomi Klein, Susan George ou Walden Bello. Quasiment seuls.... avec la IVe Internationale

Il faut se féliciter que le SWP britannique reconnaisse ces nouveaux développements. Ce qui est encore plus significatif, c'est que « quasiment seuls avec la IVe Internationale au sein de la gauche révolutionnaire » ils se donnent pour objectif de faire évoluer ce large courant encore contradictoire vers une conscience socialiste plus cohérente. En même temps Rees comprend parfaitement que, devant l'alignement des directions social-démocrates sur l'orthodoxie économique néolibérale, l'espace pour la conscience réformiste traditionnelle s'estompe et « une minorité croissante des réformistes de gauche se voit contrainte d'en tirer des conclusions », en se tournant vers le mouvement anticapitaliste

Ce mouvement anticapitaliste acquiert ainsi une importance qui dépasse de loin ce que sa taille encore limitée pourrait suggérer, devenant « le lieu où ceux qui rompent * Greg Tucker, secrétaire de l'Alliance socialiste de Londres, dirigeant du syndicat des cheminots RMT, est membre de l'International socialist group (ISG), section britannique de la IVe Internationale. Il est candidat de l'Alliance socialiste pour la députation dans la circonscription de Streatham (banlieue de Londres), où il s'oppose au ministre travailliste du Transport, Keith Hill. Cet article est paru dans le mensuel de F'ISG, Socialist Outlook, n° 44 d'avril 2001. 1. Le Socialist Workers Party, qui est aujourd'hui la principale organisation de l'extrême gauche britannique, portait au cours des années 1970 le nom d'International Socialism (Socialisme international). 2. Cf. Inprecor n° 446 d'avril 2000 et n° 448 de juin 2000. 3. Nous reproduisons en p. 10 de larges extraits de l'article d'Alex Callinicos, qui, espérons-nous, permettra à nos lecteurs de mieux connaître la pensée politique et les normes organisationnelles actuelles du SWP. 4. Cf. Pierre Rousset, ATTAC, un mouvement d'éducation populaire tourné vers l'action, Inprecor n° 453/454 de décembre 2000/janvier 2001.

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avec le réformisme sur sa gauche peuvent coopérer avec les révolutionnaires ». Tant Rees que Callinicos avancent cet argument subtilement. Pour eux c'est le potentiel du mouvement et son rôle symbolique qui sont importants. Mais il est clair qu'au sein du SWP certains autres n'hésitent pas à gonfler les chiffres, créant ainsi un mouvement imaginaire, bien au-delà de celui qui existe aujourd hul.

A la fin des années 1970 le SWP a eu recours à la "théorie du reflux" pour expliquer son incapacité à surmonter politiquement le poids de la gauche réformiste stalinienne au sein du mouvement syndical. Cela conduisait ses militants dans les syndicats à ne pas prendre part aux batailles de la gauche syndicale dans les congrès. Il semble que la "théorie de la montée" est actuellement employée pour réorienter le travail syndical du SWP, sans examen critique des erreurs du passé.

Un débat aigu est en cours au sein de l'Alliance socialiste et, plus généralement, au sein de la gauche, sur la nature du blairisme Si le New Labour est maintenant néolibéral, le parti travailliste a-t-il changé de nature, ou bien s'agit-il d'un nouvel avatar de l'adaptation d'un parti ouvrier aux exigences de la bourgeoisie ? Alors que certains — par exemple au sein du Socialist Party (5) -avancent que le parti travailliste est devenu irrémédiablement bourgeois, John Rees présente une analyse plus sophistiquée. Le gouvernement du New Labour réalise un programme qui a rendu la situation de nombreux travailleurs plus difficile que sous le gouvernement conservateur. Certains éléments de ce programme, telle la privatisation du métro de Londres, vont bien au-delà de ce que même Margaret Thatcher a osé entreprendre. Dans ce contexte une réaction tripale , « et à bien des aspects une réaction saine », est de dire que ce parti est aujourd'hui complètement étranger à notre classe Rees indique qu'aussi à droite qu'il soit, Blair n'est pas pire que ses ancêtres politiques. Quel que soit l'alignement du New Labour sur les politiques capitalistes, en pratique il n'est pas différent des gouvernements travaillistes qui l'ont précédé. Et bien que sa trésorerie déborde de dons offerts par la bourgeoisie, Blair reste confiant sur ses liens 5. Socialist Party (Parti socialiste) est le nom actuel de l'organisation britannique du Comité pour une Internationale ouvrière (CWI), connue précédemment comme la Tendance Militant, lorsqu'elle faisait partie du Labour Party. Après avoir été à l'initiative des alliances socialistes, le SP s'est recroquevillé sur lui-même et tente de privilégier son apparition propre au détriment de la construction unitaire de la gauche radicale.

financiers avec les syndicats. Si nous sommes, sans doute plus que Rees, prêts à croire que Blair s'oriente vers une rupture finale avec la base du travaillisme dans la classe ouvrière, nous sommes d'accord avec sa conclusion que le New Labour est encore, comme disait Lénine, « un parti ouvrier capitaliste » et qu'en conséquence notre mot d'ordre électoral doit être : « Votez socialiste là où vous le pouvez, votez pour les travaillistes là où vous n'avez pas le choix ». Crise du réformisme

Avec la dégradation de la situation économique des travailleurs, la crise du réformisme ira en s'accroissant. Comment les révolutionnaires devront-ils réagir à cette situation ? John Rees souligne qu'il n'y aura pas de tournant brusques, l'érosion de l'influence réformiste prendra du temps, mais « les possibilités [pour les révolutionnaires] sont plus fortes qu'elles ne l'ont été depuis longtemps ».

Dans les syndicats la question de leur indépendance dans l'action est vitale. Les bureaucraties syndicales ont été capables de tourner le dos à l'évolution des aspirations, serrant les rangs derrière "leur" gouvernement. Mais une gauche politisée se développe au sein des syndicats. Rees souligne à juste titre la nécessité de construire un nouveau mouvement des bases syndicales, indépendant des liens avec le Parti travailliste Mais alors qu'il a raison d'insister sur le fait que les socialistes, révolutionnaires ou non, doivent être au cœur d'un tel mouvement, il ne dit rien sur les formes d'organisation qu'un tel mouvement devrait avoir. Or, dans le passé le point de vue du SWP concernant l'organisation des bases syndicales conduisait ses militants à construire dans les syndicats des fractions partisanes " contrôlées par le parti" les opposant à d'authentiques tendances de gauche, larges et pluralistes. Suspicions

Si le SWP avait raison de critiquer les blocs électoraux pourris dirigés par les staliniens ou d'autres, les syndicalistes indépendants étaient pour leur part à juste titre soupçonneux envers les mouvements qui leur apparaissaient être subordonnes aux fantaisies des chapelles politiques. Un des aspects du récent tournant du SWP consiste dans le fait que ses militants syndicaux ont

Liz Davies (ici au meeting à Leeds), membre du Comité exécutif national du Parti travailliste, a rejoint l'Alliance socialiste commencé à agir en commun avec d'autres courants de gauche larges. Bien que cette nouvelle attitude semble variable selon le syndicat, il s'agit d'un signe positif.

Nous devons construire des organisations réellement inclusives qui ne seront pas contrôlées par telle ou telle fraction politique et où toutes les expériences seront respectées. Notre collaboration au sein de l'Alliance socialiste a montré qu'une telle inclusivité est possible.

Rees appelle de ses veux le travail en commun avec de nouveaux militants qui commencent leur activité politique, en vue de reconstruire la gauche. L'emploi de la notion de front unique est à nos yeux essentiel, avons-nous répondu. Le front unique n'est pas une manœuvre dans le but de mettre en évidence les vacillations des réformistes. Ce n'est pas au travers de la différenciation interne du front unique que les révolutionnaires peuvent gagner des recrues. Rees appelle les révolutionnaires à « démontrer dans la pratique que leurs méthodes de lutte sont supérieures ». Fort bien, mais cela étant dit, le cadre de référence reste à clarifier. Callinicos écrit dans son article que « l'orientation vers un travail systématique de front unique » a été expérimentée « plus ou moins empiriquement » par le SWP au cours de la campagne contre la Guerre des Balkans et développée lors de la campagne menée par la London Socialist Alliance lors de l'élection du Conseil du Grand Londres l'an dernier. Il poursuit en affirmant que « le succès des conférences de Globalize Resistance en février 2001 a été dû essentiellement à la diversité des sensibilités politiques impliquées à la fois dans les conférences et dans leur construction ».

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Il est vrai que le SWP a modifié de fond en comble ses rapports avec le reste de la gauche. Mais cela a été partiel et contradictoire. Certaines campagnes sont restées des "prés carrés du SWP" où d'autres courants organisés sont à peine tolérés. Que cela ne soit plus la norme doit être salué. Cependant le fait que le tournant initial ait été empirique signifie que ses implications théoriques n'ont pas été complètement saisies par l'organisation dans son ensemble et que ses conséquences pratiques n'ont pas encore conduit à une conclusion consistante. Un débat ouvert

Bien entendu le SWP « et, certes, d'autres révolutionnaires » sont autorisés à penser que leur stratégie et leur tactique sont la meilleure ligne dans chaque arène particulière. Mais alors il faut une lutte franche et ouverte, entrainant tous ceux qui sont investis, pour décider de la marche à suivre. Seules des structures démocratiques ouvertes au sein desquelles il y a une collaboration de tous les courants peuvent permettre d'apprendre de l'expérience et attirer des nouvelles forces.

Cela rend ces structures perméables à l'intervention fractionnelle des aut- CAMD res. Et il est clair que dans le passé le SWP n'a pas été seul à vouloir fermer "ses" campagnes par crainte de l'intervention disruptive des sectaires en leur sein. Mais de tels problèmes ne doivent être résolus que politiquement et non par des manœuvres bureaucratiques. Le SWP doit également comprendre qu'aussi longtemps que son « tournant » demeure inachevé, certains à gauche risquent de lui tourner le dos en se souvenant du mauvais passé, quand il s'isolait lui-même d'autres courants et d'autres idées. Si tourner son regard vers ce passé n'est pas aujourd'hui l'approche la plus constructive pour préparer l'avenir, une telle attitude n'est pas incompréhensible. En fin de compte le SWP a lui-même les moyens de prouver que de telles torces ont tort, en appliquant de manière conséquente la méthode du front unique.

C'est sur le terrain électoral, en participant à l'Alliance socialiste, que la pratique et les idées du SWP ont connu le plus grand changement. Il est clair que son attitude envers l'Alliance est le fruit d'un long mûrissement. Ayant pris la décision de soutenir la campagne de la London Socialist Alliance pour le Conseil du Grand Londres, le SWP a jeté tout son poids dans le projet. Mais à ce stade encore il pouvait paraître que — si la réussite n'était pas immédiatement au rendez-vous - l'intervention pouvait être remise en cause. Un nouveau parti ?

Dans l'article de Rees l'Alliance socialiste est présentée comme un « front unique d'une espèce particulière », unissant des militants réformistes de gauche et révolutionnaires dans une campagne commune autour d'un programme minimum. Bien que l'Alliance soit maintenant regardée comme une structure à long terme, il ne s'agit pas d'un « parti ». Mais dans les numéros récents de Socialist Review un débat a été ouvert et la possibilité d'un développement de l'Alliance vers un parti ouvrier dans lequel les révolutionnaires pourraient être minoritaires est envisagée. Il y a donc une possibi-

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ME NETWORK OF SOCIALIST ALL lité que le SWP y opère en tant que tendance, ce qu'il s'est proposé de faire en s'intégrant au sein du Parti socialiste écossais (SSP) le 1 mai 2001 (6).

Toutes ces idées sont en rupture avec la pratique passée du SWP. L'expérience de l'année écoulée a certainement déconcerté tous ceux qui pensaient que l'investissement du SWP au sein de l'Alliance socialiste de Londres ne serait qu'un raid sans avenir. Pour pouvoir approfondir cette analyse, le SWP doit changer sa culture d'organisation. A cette fin Rees reprend le concept gramscien de membre du parti en tant « qu'intellectuel organique ». Au lieu d'être des vendeurs de journaux qui présentent « les vérités éternelles de la politique socialiste à une audience relativement petite », il appelle les révolutionnaires à agiter et organiser sur une large échelle afin de construire « une relation organique avec les meilleurs militants de la classe [ouvrière], que nous attendions d'eux ou non qu'ils deviennent membres du SWP ». Un saut dans l'inconnu

Lorsqu'on parle à des militants ordinaires du SWP il est clair que leur organisation est sérieuse lorsqu'elle parle du changement. Mais en même temps pour beaucoup il s'agit de pénétrer dans des eaux inconnues. Il reste à voir quel en sera le développement au-delà d'un ensemble de formulations fondamentales nécessaires pour centraliser l'organisation autour d'une équipe de direction. C'est le sens des accusations portées envers l'Organisation socialiste internationale (ISO) des États-Unis (7), avec laquelle le SWP a récemment rompu. Callinicos insiste lourdement sur la nécessité pour une organisation d'effectuer un tournant fondamental lorsque les circonstances l'exigent. « S'adapter ou mourir » — tel est le message. Et il accuse l'ISO d'avoir failli à réagir rapidement et entièrement au changement de ligne. Bien qu'ISO soit la deuxième organisation la plus importante de la Tendance socialiste internationale (le courant international du SWP), il semble que le SWP préfère perdre des camarades NCE que de les laisser ralentir le mouvement. Et ceci fait apparaître deux problèmes fondaALE mentaux. D'une part Callinicos

NEES explique que le SWP ne devrait pas permettre le développement du fractionnisme permanent, qui est destructif et qui, selon lui, était le sort de la IVe Internationale au cours des années 1970. Mais d'autre part il considère qu'il est prématuré de lancer une organisation internationale avec sa propre direction et discipline avant que n'apparaisse une radicalisation massive de la classe ouvrière telle que celle 6. Les militants écossais du SWP, qui avaient été absents de la construction de l'Alliance socialiste écossaise puis du Parti socialiste écossais (SSP), ont rejoint ce dernier en tant que tendance organisée le 1 mai 2001. Sur le SSP on se reportera utilement à Inprecor n° 447 de mai 2000 et n° 456 de mars 2001. 7. Le lecteur trouvera le point de vue du SWP développé dans l'article d'Alex Callinicos reproduit en p. 10. Il va de soi qu'il s'agit là du point de vue d'une des parties prenantes du débat et non du point de vue d'Inprecor. Comme c'est souvent le cas dans les débats qui déchirent les organisations révolutionnaires, la façon de traiter les adversaire apprend à l'observateur extérieur plus de choses sur l'auteur des accusations que sur les positions de l'accusé.

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qui a permis aux bolcheviks de faire de l'Internationale communiste un pôle majeur d'attraction. Notons par ailleurs que, quelque aient pu être ses problèmes au cours des années 1970 et malgré la dégénérescence du SWP américain au cours des années 1980, il n'est simplement pas vrai de dire que la Ive Internationale a cessé d'être un forum politique efficace. La liberté dans l'organisation

Au contraire, sans la liberté de débat il n'aurait pas été possible de corriger les erreurs commises. Une liberté totale de critique et d'organisation interne des minorités est la seule garantie de la survie de l'organisation révolutionnaire à long terme, tant au niveau national qu'au niveau international. Et bien qu'il soit clair que les conditions qui ont produit l'Internationale communiste peuvent conduire à la formation de nouveaux rapports internationaux qui dépasseront la IV° Internationale telle qu'elle existe actuellement, la tentative de construire une Internationale ici et maintenant est la seule voie pour assurer le développement du mouvement révolutionnaire.

La IV° Internationale considère qu'il est nécessaire que ses sections nationales jouissent de la pleine liberté pour développer leur propre ligne de construction, façonnée par les conditions spécifiques de leur situation politique locale. Mais la collaboration et le débat international sont vitaux pour la santé des sections. L'ironie en fin de compte est de voir que ce que le SWP présente comme une tendance internationale lâche semble avoir une main plus lourde que la IVe Internationale qui prétend construire un parti mondial.

Tout en notant ces divergences, il faut insister sur le fait que le tournant du SWP tel que l'esquissent Rees et Callinicos doit être accueilli chaleureusement. L'expérience de notre collaboration au sein de l'Alliance socialiste est un autre élément positif. De même, dans les mobilisations thématiques et au sein des syndicats on note les débuts d'une activité commune plus saine. Au niveau international, malgré les petites piques occasionnelles, le travail commun — par exemple à Nice entre la LCR et le SWP et maintenant autour de la préparation de la mobilisation du 21 juillet à Gènes (Italie) contre le sommet du G-8— témoigne de l'émergence de nouvelles possibilités. Le tournant du SWP constitue une opportunité qui doit être saisie.

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