Québec : Par dizaines de milliers contre la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA)
| out un symbole : la vieille ville de Québec tut encerclée par une barrière de béton et de barbelés, des milliers de policiers y furent concentrés afin de protéger le sommet des 34 chefs d'Etats des deux _ Amériques (sauf Cuba) pour négotier l'accord secret en vue d'abolir toutes les réglementations qui gênent encore la liberté d'exploiter le travail sur le continent. Ayant du remettre son projet d'Accord mondial sur les investissements, l'impérialisme dominant revenait à la charge.
Et la mobilisation contre la mondialisation capitaliste fut à la hauteur de l'enjeu : les manifestants étaient plus nombreux qu'à Seattle en décembre 1999 ! Dix mille le vendredi 20 avril pour tenter de traverser « le mur de la honte », à l'appel des regroupements d'action directe, finalement avec le soutien de plusieurs milliers de syndicalistes. Soixante-dix mille le samedi 21 avril, dans un cortège multiforme unissant les syndicats, les ONG et les associations ad hoc. Plus de deux mille, venant des 35 pays des Amériques, qui ont participé durant quatre jours aux forums du contre-sommet des peuples.
« Québec marque un réel pas en avant si on le compare à Seattle, par le nombre des manifestants, mais aussi par la participation beaucoup plus massive aux actions directes », estimait Russ Davies, président de Jobs with Justice du Massachusetts après la manifestation. « On peut dire - relève pour sa part Christophe Aguitton dans un compte-rendu d'ATTAC - que les manifestants de Québec ont gagné la guerre de l'opinion, mễme s'ils n'ont pu s'opposer au déroulement du sommet qui n'a été retardé que d'une heure. La symbolique du mur de la honte, derrière lequel sont obligés de se réfugier les chefs d'États, a joué un rôle important dans la conquête de lopinion. »
Après des années de reflux sous les coups du boutoir de l'offensive néolibérale, quelque chose change au Québec. Les manifestations contre la mondialisation capitaliste en témoignent, comme la mobilisation pour la Marche mondiale des femmes il y a six mois où encore, à un autre niveau, l'étonnant score électoral d'un candidat des « forces progressistes » dans l'élection partielle du canton de Mercier le 9 avril : 24 % alors qu'en 1998 la gauche y parvenait ditticilement à obtenir 3 % des voix
On en reparlera...