Par Alan Thornett* râce au système électoral britannique
I grossièrement antidémocratique, le New Labour (1) de Tony Blair a remporté une « victoire écrasante » aux élections législatives du 7 juin 2001. Cette « victoire » a été obtenue avec le soutien de seulement 42 % des suffrages exprimés, c'est-à-dire de 25 % du corps électoral.
La participation - 59 % des inscrits — fut la plus basse depuis 1918. 41 % des inscrits se sont donc abstenus et de nombreux autres, non inscrits, ne sont même pas pris en compte par les statistiques. Parmi ces derniers, la proportion des jeunes et des Noirs est particulièrement élevée. On peut donc estimer que seulement un cinquième de la population en âge de voter a glissé dans l'urne le bulletin en faveur du New Labour. Les travaillistes de Tony Blair ont perdu trois millions de voix depuis l'élection précédente de 1997.
Il n'est pourtant pas exagéré de parler de « victoire écrasante ». D'un point de vue rationnel Blair n'a obtenu aucun mandat, même pas celui de former un gouvernement, mais pourtant selon le système électoral en vigueur il est le Premier ministre le plus fort depuis Margaret Thatcher dans les années 1980. Ce résultat fut obtenu en déplaçant la base électorale du parti travailliste vers les zones de classe moyenne — vers l'Angleterre moyenne, comme ils le disent. Blair a été élu avec moins de votes de la classe ouvrière et plus de votes des classes moyennes qu'aucun gouvernement travailliste de par le passé. L'abstention fut la plus forte dans les bastions travaillistes traditionnels. Pointe avancée de la dérive néolibérale
Le résultat, c'est un gouvernement du centre, appuyé sur la mobilisation électorale des classes moyennes — ce qui a été l'objectif de Blair depuis qu'il a pris la tête du parti travailliste - et représentant plus que
Blair vainqueur
A l'inverse de Robin des Bois, Tony Blair vole les pauvres pour distribuer aux riches... jamais le cœur du capital britannique. C'est comme si une grande caravane avait colonisé le terrain du centre de la politique britannique, en en expulsant les Tories (2) et en les dispersant.
Les conservateurs pourraient difficilement imaginer une situation plus complexe. William Hague a démissionné de son poste de leader et la lutte pour la direction du parti conservateur, qui a déjà commencé, est encombrée par les divisions historiques au sujet de l'Union européenne. Blair n'avait déjà que peu d'opposants sérieux dans le précédente Parlement, il en aura encore moins désormais.
Évidemment Blair en conclut que le résultat des élections est un encouragement massif pour accélérer le démantèlement des acquis sociaux et son second mandat est bien parti pour être plus réactionnaire que le premier. Le New Labour constitue la pointe avancée de la dérive droitière de la socialdémocratie européenne et la meilleure illustration du projet néolibéral mondial. Blair l'a * Alan Thornett fait partie de la direction de l'International Socialist Group (ISG), section britannique de la IVe Internationale, qui a pris part à la fondation de l'Alliance socialiste. Il est rédacteur de son mensuel Socialist Outlook. 1. Arrivé à la tête du Parti tra- me"), avec une connotation déjà annoncé clairement : il poursuivra le programme néolibéral avec encore plus de vigueur. La nouvelle attaque qu'il a prévue contre le secteur public est déjà connue. Le secteur privé devra prendre part à la gestion des hôpitaux. Les autres grands services publics - la santé, l'éducation et les transports — seront également restructurés, sans tenir compte, Blair l'a précisé, « des contraintes idéologiques ». Tout cela relève pourtant d'une idéologie : celle du marché
Le résultat en sera une nouvelle ronde massive de privatisations et de dérégulations. En même temps la nomination du partisan de la
"ligne dure", David Blunket, à la tête du
Ministère de l'Intérieur permettra de poursuivre la répression des demandeurs d'asile et leur transformation en boucs émissaires.
L'adoption de la monnaie unique par la
Grande-Bretagne sera sans doute le problème le plus difficile que le nouveau gouvernement devra affronter. Au cours de la campagne électorale Blair a commencé à parler de l'entrée dans l'euro, mais, depuis lors, le rejet du traité de Nice par l'électorat irlandais complique les choses. Le New Labour est divisé sur le calendrier de l'entrée dans l'Union monétaire, alors qu'un secteur important du capital britannique espère que le gouvernement profitera de sa victoire électorale pour aller de l'avant le plus vite possible.
Désaffection de l'électorat travailliste
Les résultats de ces élections permettent-elles d'envisager la construction d'une alternative au blairisme ? Autrement dit, la gauche est-elle parvenue à marquer la scène politique ? Une chose est sûre : la décision vailliste (Labour Party) en 1994, supposée "moderne" et donc
Tony Blair s'est attelé à le positive. Mal lui en pris, ses
"moderniser", c'est-à-dire à en opposants ont retourné contre faire un appareil politique crédilui l'étiquette, devenue aujourd'ble aux yeux de la bourgeoisie hui le symbole d'une rupture du financière britannique. C'est lui parti avec le passé idéalisé de la classe ouvrière britannique.
qui a lancé le slogan du "New
Labour" ("nouveau travaillis-
2. Les "Tories" est le surnom donné au parti conservateur.
----- photo credits and running heads -----
G
& Erdington l'Alliance socialiste a réalisé une peinture murale sur l'un des immeubles populaires.
SOCIALIST
ALLIANCE
PEOPLE BEFORE PROFIT
VOTE STEVE GODWARD>
de l'Alliance socialiste (3) de s'engager à fond dans la bataille électorale est absolument justifiée tant par le déroulement de la campagne que par les résultats électoraux.
Ce n'était pas seulement l'évolution droitière de la politique blairiste qui imposait une présence de la gauche lors de ces élections. Le caractère d'urgence de cet effort tient au fait que cette évolution provoque l'apparition d'un espace politique à la gauche du New Labour. Cet espace - dont témoigne la désaffection des membres et des électeurs envers le travaillisme revisité par Blair — devait être rempli, et ce par une 3. L'Alliance socialiste regroupe actuellement sept organisations de l'extrême gauche britannique : le Parti socialiste ouvrier (SWP), le Parti socialiste (SP, ex-Militant), le Groupe socialiste international (ISG), Pouvoir ouvrier (WP), Liberté ouvrière (WL), le Parti communiste de GrandeBretagne (CPGB) et le Groupe démocratique révolutionnaire (RDG) et nombre d'adhérents directs. Cf. Inprecor n° 446 d'avril 2000 et n° 457 de mai 2001. 4. Les Libéraux démocrates, le second parti bourgeois traditionnel, dont les racines remontent aux "Whigs" du XIXe siècle, sont le principal vainqueur de ces élections. Ils ont obtenu 19% des voix et 52 sièges au Parlement (sur 659 sièges, soit 8 %), contre 17 % et 46 sièges en 1997. Leurs propositions de campagne - augmentation de l'impôt sur le revenu de 1 % pour la tranche de base et de 50 % pour les revenus supérieurs à 100 000 livres sterling, afin de mieux financer les services publics — relèvent plus de la tradition social-démocrate que de la tradition libérale. 5. SLP, Socialist Labour Party d'Arthur Scargill alternative socialiste. Bien sûr, cela ne pouvait être réalisé au cours d'une courte campagne électorale. Cette désaffection est composite et elle s'est exprimée dans les élections tant au travers de l'abstention que par des votes de protestation. L'idée — lancée par les médias - que toute abstention peut être identifiée à de l'apathie, est une aberration. Nombre de ceux qui se sont abstenus l'ont fait en conscience, ne voyant pas de différence fondamentale entre le discours des deux principaux partis et ne voulant pas voter pour le "moindre mal"
La volonté de sanctionner la politique du gouvernement s'est exprimée diversement, ce qui était inévitable. L'abstention s'est arrogée la part du lion de ce mécontentement. Mais il y eut également des votes en faveur des Libéraux-démocrates (4), dont la campagne électorale fut à gauche de celle de Blair, en faveur des Verts (dont la campagne était également à la gauche du New Labour) et des deux propositions alternatives de gauche : celle des Alliances socialistes (en Angleterre et dans le Pays de Galles) et du Parti socialiste écossais (SSP) d'une part, et celle du Parti travailliste socialiste (5) de l'autre.
Les Libéraux démocrates ont le plus profité du vote sanction ce qui leur a permis d'accroître leur représentation au Parlement. Ils ont aussi bénéficié du vote "tactique" — du fait du scrutin uninominal à un tour,
Poussée fasciste locale
La déception de l'électorat populaire a aussi profité à l'extrême droite britannique dans certaines endroits. Dans deux circonscriptions d'Oldham (banlieue de Manchester) les candidats fascistes du Parti national britannique (BNP) ont dépassé 16 % des suffrages exprimés, totalisant plus de 11 500 voix. La ville avait été récemment la scène de batailles rangées entre les jeunes Pakistanais et la police, qui est intervenue pour mater les manifestants antiracistes. La communauté asiatique fut accusée d'avoir mis en place son propre contrôle de la circulation dans certaines zones. Les sondages indiquent que le vote fasciste a été le fait des quartiers blancs très pauvres, où le BNP obtient parfois 50 % des voix, et des banlieues habitées par les classes moyennes, où il arrive jusqu'à 30 % des suffrages. Le BNP a également obtenu plus de 1000 voix dans quatre circonscriptions londoniennes. Ces résultats rappellent le danger d'une montée de la droite radicale dans une période de déception envers la politique menée par le gouvernement. Dans le passé le vote réactionnaire profitait essentiellement aux Conservateurs. Cela peut changer dans le futur. La politique annoncée par Blair pour les cing ans à venir peut constituer un terreau fécond pour l'extrême droite fascisnombre de Britanniques votent en faveur de l'adversaire le mieux placé localement contre le candidat conservateur.
Les Verts, qui se sont présentés dans 145 circonscriptions, ont réalisé leur meilleur score historique dans une élection législative, obtenant 2,25 % des suffrages exprimés en moyenne et jusqu'à 9,3 % dans une circonscription. Il faut souligner que ce résultat a été obtenu malgré un profil peu clair de leur campagne électorale et peu d'activités électorales dans la majorité des circonscriptions où ils se présentaient. Leurs meilleurs résultats ont été obtenus à Londres, où ils bénéficiaient du soutien que Ken Livingstone, élu maire du Grand Londres, leur avait accordé lors de la campagne municipale de l'année passée. Débuts encourageants pour la nouvelle gauche
En ce qui concerne la gauche radicale, c'est le Parti socialiste écossais (SSP) - ayant fusionné avec le Parti socialiste ouvrier (SWP) de l'Écosse en mai et se présentant comme la première organisation socialiste unifié en Écosse depuis fort longtemps — qui a obtenu les meilleurs résultats. Dans les 72 circonscriptions écossaises en jeu il a obtenu en moyenne 3,1 % des suffrages exprimés, avec le meilleur score dans une des circonscriptions de Glasgow : 9,98 %. Il a obtenu au total 72 500 voix et dans dix circonscription a dépassé la barre des 5 % (6). En Écosse, le SLP d'Arthur Scargill, qui y a présenté quelques candidats tentant de concurrencer le SSP, a été marginalisé. Ces résultats mettent le SSP en situation de gagner plusieurs sièges lors des futures élections du Parlement écossais, qui ont lieu au scrutin proportionnel. Ce succès est un grand pas en avant pour le renouveau socialiste non seulement en Écosse, mais dans l'ensemble de la Grande-Bretagne. Le SSP reste ainsi le modèle à suivre.
L'électorat de la gauche radicale en Angleterre et dans le Pays de Galles s'est divisé entre l'Alliance socialiste et le SLP, qui s'était déjà présenté lors des élections de 1997.
Le SLP obtient 53 000 voix dans les 105 circonscriptions d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Écosse, où il s'était présenté (soit en moyenne 1,4 % des suffrages exprimés) et parvient à franchir la barre des 5 % dans l'une d'entre elles (à Warley dans la banlieue de Birmingham, 6,16 %). En dehors de la circonscription de Hartlypool, où Arthur Scargill (2,40 %) se présentait contre l'ultrablairiste Peter Mandelson (59,15 %), le SLP n'a fait que peu de campagne. Dans la plu-
part des circonscriptions où il se présentait, il s'est limité à faire inscrire un nom sur le bulletin de vote. En fait, depuis qu'il a consolidé sa politique archéo-stalinienne, c'est-àdire depuis que la fraction - dont le nom, Stalin Society, est en soi un symbole — s'est emparée de sa direction, c'est une organisation en déclin. En 1997 il comptait plusieurs milliers de membres. Depuis lors les divisions internes et les charrettes d'exclusions l'ont réduit à quelques centaines de militants. Il bénéficie de la reconnaissance acquise lors de la campagne électorale de 1997, de l'aura et des ressources de son chef, Arthur Scargill, dirigeant du syndicat des mineurs. Il a bénéficié, tout comme l'Alliance socialiste, de l'accès à la campagne officielle à la radio et à la télévision.
Au contraire l'Alliance socialiste a affirmé sa présence militante massive dans la plupart des circonscriptions où elle présentait des candidats : des meetings publics et des manifestations ont été organisés presque partout, des millions de tracts furent distribués. Dans la très grande majorité des circonscriptions au moins un tract a été diffusé dans chaque appartement (et en moyenne il y a 40 000 domiciles par circonscription) et dans nombre de circonscriptions ce furent deux ou trois tracts. Des stands se sont multipliés dans les rues et toutes sortes d'activités de campagne ont été tentées.
L'Alliance socialiste fait mieux que le SLP, mais pas de manière significative. Présents dans 93 circonscriptions, les candidats de l'Alliance totalisent 55 000 voix, soit une moyenne de 1,75 % des suffrages exprimés. Deux de ses candidats dépassent le seuil des 5 % : à St Helens South dans la banlieue de Liverpool (6,88 %), où les blairistes présentaient un ancien député conservateur en tant que candidat du New Labour, et à Coventry North East (7,08 %). Les résultats obtenus par l'Alliance dans la région de Londres sont en moyenne supérieurs à ceux du reste de l'Angleterre et du Pays de Galles - effet de la campagne menée l'an dernier pour l'élection du conseil du Grand Londres : ses candidats obtiennent 4,62 % à Hackney South & Shoreditch, 4,33% à Lewisham Deptford, 3,68 % à Tottenham, 3,12 % à Holborn & St Pancras. L'avenir de l'Alliance socialiste
Les résultats atteints en moyenne par l'Alliance sont inférieurs à ce qu'espéraient nombre d'activistes. Mais ils doivent être analysés avec objectivité. C'est la première fois que l'Alliance s'était engagée dans une campagne électorale en dehors de Londres et ses résultats sont comparables à ceux du
SSP lorsqu'il s'était présenté pour la première fois. De plus, l'ensemble des candidats de la gauche radicale (SSP, Alliance socialiste et SLP) totalisent plus de 180 000 voix, ce qui est unique dans l'histoire britannique depuis la seconde guerre mondiale et supérieur au score obtenu par le Parti communiste en 1950, lorsqu'il avait présenté 100 candidats. C'est le triple des résultats de la gauche radicale aux élections de 1997. Mais le fait que la gauche radicale soit apparue comme divisée en Angleterre et dans le pays de Galles,
E-NIONALISE SAPE NOT Mobilisation syndicale pour la re-nationalisation de la Santé malgré le remarquable degré d'unité réalisée par l'Alliance socialiste, reste une faiblesse. Cela d'autant que le SLP continue à refuser toute forme d'unité.
Beaucoup de ceux qui furent attirés par la campagne de la gauche radicale — c'est-à-dire, pour l'essentiel, par celle de l'Alliance socialiste et du Parti socialiste écossais — n'ont finalement pas voté en faveur de ses candidats. La pression pour voter en faveur de ceux qui ont une chance de former le gouvernement est considérable dans une élection qui se déroule au scrutin majoritaire à un tour. Et il est particulièrement difficile pour des candidats alternatifs d'apparaître comme crédibles lorsque, pour être élu, il est nécessaire de rassembler au moins près d'un tiers des voix. Ainsi certains ont décidé donner une « seconde chance » au parti travailliste — ce qui fut le slogan central de la propagande du New Labour durant les derniers jours de la campagne.
Cela peut changer la prochaine fois, lorsque le bilan de la « seconde chance » de Tony Blair aura été clair pour tous et lorsque l'Alliance socialiste aura eu le temps de se faire reconnaître comme une organisation qui mène des campagnes pas seulement durant la période préélectorale. Pour le moment l'Alliance s'est avérée capable de présenter des arguments en faveur du socialisme à des millions de personnes, au moment même où la gauche travailliste s'est dramatiquement affaiblie et présentait dans la campagne électorale un profil plus bas que jamais. Le résultat de la campagne permet d'installer l'Alliance socialiste sur la scène politique et surtout de poursuivre la construction d'une organisation en dehors de la campagne électorale — ce qui est un facteur décisif à long terme. Des organisations dynamiques se sont consolidées dans toutes les circonscriptions où l'Alliance s'est présentée, qui seront capables de poursuivre des activités politiques dans l'avenir.
L'Alliance a eu également un impact majeur sur le mouvement syndical, malgré la brièveté de son existence. Dans de nombreux syndicats les militants de gauche ont entamé des discussions sur l'unité, sous l'impact direct de l'exemple de l'Alliance. Le NOW syndicat des pompiers PROFIT fut le premier à prend-
Are la décision de changer son statut de manière à pouvoir aider financièrement des partis qui se présentent contre le Parti travailliste. Pour débattre de ces questions, l'Alliance a d'ailleurs convoqué une conférence de syndicalistes en automne.
A l'issue des élections l'Alliance socialiste a rendu publique la déclaration suivante : « Nos résultats électoraux ont été commentés par John Curtice, directeur adjoint du Centre de recherche sur les élections et les tendances sociales, qui fait autorité en la matière : "Le vote travailliste a reculé en moyenne de 4% dans les circonscriptions les plus ouvrières (...) Certaines de ses pertes semblent avoir bénéticié à une échelle qui n'a pas de précédent au partis de l'extrême gauche. L'Alliance socialiste a obtenu en moyenne 2,4 des voix (7), alors que le SLP d'Arthur Scargill en a obtenu 1,4 %. (...) La performance réalisée par l'extrême gauche indique qu'en évoluant vers la droite le Parti travailliste a dépassé la limite qui lui fait courir le risque de voir apparaître une concurrence sur sa gauche." » 6. La loi électorale britannique impose à chaque candidat de déposer une caution de 500 livres sterling (plus de 5 000 francs), qui n'est remboursée qu'à la condition de dépasser la barre des 5 % de suffrages exprimés. Ainsi, pour présenter des candidats dans toutes les circonscriptions écossaises (72) le SSP a dû déposer 36 000 £ (384 039 francs français ou 58 552 euros), qui s'ajoutent aux frais de la campagne elle-même. 7. John Curtice additionne les voix du SSP et celles de l'Alliance socialiste, les deux organisations ayant des relations fraternelles et n'ayant pas présenté de candidats concurrents, alors que son commentaire concernait toute la GrandeBretagne.
Un porte-parole de l'Alliance a pour sa part déclaré : « Dans notre première campagne pour les élections législatives, l'Alliance a dépassé tous ses buts. Avec peu d'argent et peu d'accès aux médias nous avons réussi en quatre semaines à apparaître comme une alternative sérieuse face au New Labour dans de nombreuses villes de ce pays. Au cours de notre campagne populaire, imaginative et énergique nous avons doublé le nombre de militants investis dans l'Alliance socialiste. En particulier, nous avons bénéficié de l'afflux stable d'anciens militants travaillistes, dont plus de 60 élus municipaux et plusieurs centaines d'ex-membres de ce parti. Nous avons également reçu un soutien ferme des conférences syndicales qui se sont tenues au cours de la campagne électorale : celle de NATHE, de FBU et du CWU (8). Ce week-end, alors que les grands partis sont revenus à leurs affaires habituelles, les militants de l'Alliance sont redescendus dans les rues. Nos stands et nos distributions de tracts étaient visibles. Notre message est clair : le New Labour a programmé l'introduction du profit privé au cœur du Système national de santé (9) et des autres services publics ; cela peut et doit être stoppé ! La réémergence de l'extrême droite et la montée de la violence raciste doivent se heurter à notre résistance. L'Alliance socialiste est là pour y demeurer. Au cours des prochains mois nous allons œuvrer au renforcement de l'unité de la gauche. Nous atteindrons les millions de travailleurs qui ont refusé de voter. Nous présenterons des candidats aux élections municipales de l'année prochaine et aux élections partielles et nous poursuivrons la campagne pour que l'être humain devienne plus important que le profit. »
Le bilan tiré par l'Alliance socialiste est très positif. Elle a déjà entamé la campagne contre la deuxième législature du New Labour. Les discussions avancent sur la façon de renforcer les structures de l'Alliance, l'impliquer dans les activités de campagne, consolider les succès obtenus et préparer les futures élections. 8. Il s'agit du syndicat des enseignants National Association of Teachers in Further and Higher Education, du syndicat des pompiers Fire Brigades Union et du syndicat des travailleurs des postes et télécommunications Communication Workers Union. 9. Inprecor a publié un bilan du round précédent d'attaques néolibérales contre le système britannique de santé dans le n° 448 de juin 2000.