Document
Déclaration du PST du 1 mai 2001
L'expression tras de du de ace i de repre -
Ones de milliers de jeunes face à une répression d'une brutalité inacceptable vient opportunément rappeler aux gouvernants qu'ils ne peuvent décider seuls du devenir de notre peuple. Les machinations savantes invoquées ici et là ne sont d'aucune utilité pour comprendre. On a raison de se révolter quand la situation est révoltante. Les responsabilités aussi, sont clairement établies. Car qui donc est responsable du désespoir de cette jeunesse privée d'avenir, sans travail, sans logement, sans vie sociale, sinon cette politique qui a décidé cyniquement de mettre en œuvre le suicide économique et la régression sociale décidés par le FMI des grandes puissances ? Qui a osé refuser "à jamais" l'officialisation du Tamazight, refusant l'appartenance nationale à toute une communauté de notre peuple ? Qui est responsable de l'étroitesse humiliante des moyens légaux et pacifiques d'exprimer sa colère, sinon ce pouvoir qui conteste la liberté de manifester même aux milliers d'ouvriers en grève, ce pouvoir qui régente le droit de s'associer et conteste celui de créer un parti même à ses anciens ministres, ce pouvoir qui monopolise les médias publics et menace la presse. Qui est responsable de l'absence de représentation crédible des préoccupations populaires sinon ce régime qui s'est attelé à défaire tous les acquis d'octobre 1988 et à démanteler les embryons d'organisation populaire au profit de représentations falotes qu'il humilie à loisir au sein de ses institutions discréditées, ce régime qui ose contester aux Algériens le droit à la diversité d'opinions sur la langue, sur la place de la religion et qui dénonce la lutte légitime pour la défense des intérêts sociaux de la majorité populaire
Les partis bénéficiaires du vote de la région payent aujourd'hui le prix de leur complaisance à l'égard des mesures vexatoires imposées par le régime. Mais ces jeunes qui protestent contre leur exclusion sociale leur font surtout payer leur complicité avec le libéralisme qui appauvrit, leur participation au concert de louanges unanime pour des réformes libérales odieuses, leur participation aux nouvelles élites sociales qui les écrasent avec arrogance. Et la ressemblance de leurs députés et de leurs élus locaux avec le reste du personnel politique soucieux de ses privilèges et de ses petites affaires a discrédité la pratique politique des notabilités bourgeoises.
La répression qui multiplie les morts et les blessés par balles prouve le mépris des gouvernants et aggrave la colère légitime des jeunes. Malgré son opposition à l'islamisme la jeunesse kabyle en désarroi se réfère aux groupes armés intégristes pour exprimer l'aspiration à un changement radical. Qu'on ne s'y trompe pas, si la tradition politique de la Kabylie est spécifique, le désespoir des jeunes est le même partout. Il s'exprime dans la violence des slogans politiques des stades, il couve dans la marginalité.
L'inquiétude des travailleurs, la détresse des retraités et des « compressés » se sont exprimées dans l'unanimité populaire autour des journées d'action des 20 et 28 mars. Elles se sont confirmées lors de ces journées tragiques par le refus populaire de se démarquer des jeunes malgré les conditions pénibles causées par les affrontements. Plus que jamais s'impose la nécessité d'un vaste mouvement représentant les aspirations populaires pour imposer le changement.
Après son plaidoyer pour la mondialisation libérale qui contredit mot pour mot ses promesses populistes du début, les promesses tardives et vagues de Bouteflika ne peuvent nous satisfaire. Puisque le pouvoir prétend reconnaître la légitimité de la révolte des jeunes, il doit satisfaire leurs revendications qui rejoignent celles des travailleurs en lutte et celles des masses populaires victimes de la hogra et de la misère. En annonçant l'arrêt immédiat du démantèlement du secteur public et de l'économie nationale et l'engagement d'un plan de relance sérieux avec une création d'emplois urgente et massive et la prise en charge des besoins sociaux impérieux. En s'engageant pour l'officialisation du tamazight par des mesures immédiates. En levant immédiatement toutes les entraves aux libertés d'expression, d'organisation, de réunion, de manifestation et de grève. En infligeant une punition exemplaire aux responsables de la répression identifiés par une enquête rigoureuse et transparente.
Alger, le 1 mai 2001