(départements) suivants : Bédjaia, Bordj Bou Arréridj, Bouira,
Boumerdes, Sétif, Tizi Ouzou et le Collectif des comités autonomes de l'Université d'Alger, tenue à l'Université de Bédjaia Le 11 juin, une nouvelle Assemblée générale des représentants des mêmes structures a décidé de la modifier à la demande de certains comités plus conservateurs de la région de Tizi Ouzou, pour
Plate-forme commune de revendications
(adoptée le 7 juin)
I. Contre l'injustice et l'impunité.
1. Pour la prise en charge urgente par l'État de toutes les victimes, blessés et familles des martyrs de la répression durant ces événements.
2. Pour le jugement par les tribunaux civils de tous les auteurs et commanditaires des crimes et leur radiation des corps de sécurité
3. Pour un statut de martyr à chaque victime de la [lutte pour la] démocratie.
4. Pour le départ immédiat des brigades de gendarmerie et des renforts des CNS [Compagnies nationales de sécurité].
5. Pour l'annulation des poursuites judiciaires et l'acquittement de ceux déjà jugés.
6. Pour une session spéciale des examens nationaux pour tous les niveaux d'enseignement.
7. Pour le départ immédiat des responsables et ordonnateurs de la répression et la protection des témoins des drames.
8. Arrêt immédiat des expéditions punitives contre la population, des
1. Berbère en tamazight (langue berbère).
2. "Hogra" est un algérianisme signifiant arbitraire et misère, "tamhegranit" signifie la même chose en tamazight.
3. Les "logements promotionnels"
sont des logements mis en vente avant leur construction, dont les prix définitifs dépassent fréquemment les capacités des acheteurs qui ont déja effectué des versements. Il y a de très nombreux logements de ce type qui sont vides, alors que la crise du logement est manifeste.
Les revendications des comités populaires en débat /l'Assemblée générale des comités populaires des six wilayas intimidations et des provocations.
9. Rejet des commissions d'enquête [initiées) par le pouvoir. II. Revendications démocratiques
1. Satisfaction de la revendication Amazighe (1) dans toutes ses dimensions (identitaire, civilisationnelle, culturelle et linguistique) sans référendum et sans conditions.
2. Mobilisation des moyens humains et matériels pour la consécration du tamazight en tant que langue nationale et officielle.
3. Liberté d'expression, d'opinion et de conscience.
4. Respect des libertés individuelles et collectives.
5. Liberté de manifestation, de réunion et d'organisation.
6. Levée immédiate de l'état d'urgence et l'ouverture des champs médiatique et politique.
7. Contre Tamhogranit (hogra) (2) et toutes les formes d'injustice et d'exclusion.
8. Abrogation du Code de la famille et la consécration de l'égalité entre les hommes et les femmes.
9. Retrait des amendements du Code pénal relatifs à la restriction de la liberté d'expression et d'information.
10. Mise sous autorité effective des instances démocratiques élues de toutes les fonctions exécutives de l'État ainsi que des corps de sécurité. II. Revendications socio-économiques
1. Contre les politiques de sous-développement, de paupérisation et de clochardisation du Peuple Algérien.
2. Pour une école publique, moderne, gratuite et ouverte sur l'universalité.
préserver l'unité des structures du mouvement populaire, certaines des revendications formulées le 7 juin — en particulier celle concernant le Code de la famille - apparaissant dépasser le niveau de conscience des comités dominés par des courants plus traditionalistes. C'est donc la seconde plate-forme qui a été adressée aux autorités par les manifestants du 14 juin à Alger.
Mais au sein du mouvement le débat se poursuit. Nous publions ci-dessous les deux plates-formes.
3. Pour une santé publique gratuite et de qualité.
4. Pour la réhabilitation des secteurs industriel et agricole et le lancement des projets de développement générateurs d'emplois.
5. Transfert immédiat des logements promotionnels (3) au social et lancement de nouveaux chantiers de construction pour la satisfaction des besoins du peuple en logements.
6. Institution d'une allocation de chômage pour tout demandeur d'emploi à hauteur de 50 % du SNMG
[Salaire national minimum garanti].
7. Pour un plan d'urgence socioéconomique pour toute la région de la Kabylie.
8. Non à la dilapidation des biens du peuple
La coordination Inter-Wilaya
Plate-forme commune de revendications
(adoptée le 11 juin en vue de la manifestation du 14 juin à Alger)
1. Pour la prise en charge urgente par l'État des victimes, blessés et familles des martyrs de la répression durant ces événements.
2. Pour le jugement par les tribunaux civils de tous les auteurs, ordonnateurs et commanditaires des crimes et pour leur radiation des corps de sécurité et des fonctions publiques.
3. Pour un statut de martyr à chaque victime de la dignité au cours de ces événements et la protection de tous les témoins du drame.
4. Pour le départ immédiat des brigades de gendarmerie et des renforts des Compagnies nationales de sécurité (CNS).
5. Pour l'annulation des poursuites judiciaires et l'acquittement de ceux déjà jugés.
6. Arrêt immédiat des expéditions punitives contre la population, des intimidations et des provocations.
7. Dissolution des commissions d'enquête initiées par le pouvoir.
8. Satisfaction de la revendication amazighe dans toutes ses dimensions (identitaire, civilisationnelle, culturelle et linguistique) sans référendum et sans conditions et consécration du tamazight en tant que langue nationale et officielle.
9. Pour un État garantissant les droits socio-économiques et toutes les libertés démocratiques.
10. Contre les politiques de sous-développement, de paupérisation et de clochardisation du peuple algérien.
11. Mise sous l'autorité effective des instances démocratiquement élues de toutes les fonctions exécutives de l'État ainsi que des corps de sécurité.
12. Pour un plan d'urgence socioéconomique pour toute la région de la Kabylie.
13. Contre Tamhogranit (hogra) et toute forme d'injustice et d'exclusion.
14. Pour un réaménagement au cas par cas des examens régionaux pour les élèves n'ayant pu les passer.
15. Institution d'une allocation de chômage pour tout demandeur d'emploi à hauteur de 50 % du Salaire national minimum garanti (SNMG).
Nous exigeons une réponse officielle urgente et publique à cette plate-forme de revendications.
La coordination Inter-Wilaya
préoccupations des jeunes révoltés mais l'unité se fait sur le minimum commun en restreignant les préoccupations démocratiques et surtout sociales. Le principal argument des aarouchs est de ne pas se substituer aux partis politiques. Exit, la liberté de la presse, les droits des femmes, le maintien de la médecine gratuite et de l'école publique, la revendication de l'emploi et du logement comme celle de la levée de l'Etat d'urgence.
Mais cette reculade pour la bonne cause, pour ne pas se couper des structures que s'est donné le mouvement réel, nous offre l'occasion d'une magnifique campagne pédagogique autour de ces mots d'ordre. La gigantesque manifestation du 14 juin, la plus importante de l'histoire du pays, commence avec cinq heures d'avance pour faire de la place aux nouveaux arrivants. Son ampleur renvoie les regroupements militants du RCD et du FFS à l'univers des anecdotes Le ministre de l'intérieur reconnaît 30 kms de cortège de bus. Et il est vrai que les moyens de transport disponibles constituaient la principale limite.
L'insuffisance de la mobilisation algéroise en était une autre car ils n'étaient que quelques dizaines de milliers. Les jeunes venus pour une marche pacifique étaient parfois armés. Déterminés à monter vers la présidence malgré l'interdiction, ils affrontent après douze kilomètres de marche un barrage policier privé d'armes à feu par précaution pour éviter une hécatombe sous les yeux de la presse internationale et du peuple d'Alger.(Des tirs par balles, à confirmer, auraient eu lieu). Mais alors que les habitants de divers quartiers d'Alger distribuent nourriture et eau, recueillent les blessés, le pouvoir réussit à mobiliser de jeunes pillards parmi les groupes de supporters locaux et joue à opposer les Kabyles et les Algérois. En fait cette marche d'un million de personnes, triomphe de la capacité de mobilisation de la coordination interwilayas, finit par des combats violents alors que
95 % des marcheurs ne sont pas encore arrivés.
Quel groupe de perturbateurs, quel barrage de police peut donc arrêter un million de personnes ?
La faiblesse de la direction du mouvement, encore en chantier, la remise en cause de la plate-forme qui a paralysé tout l'encadrement la semaine précédant la marche, et surtout l'inexpérience sur le plan de l'organisation du service d'ordre, ont empêché le triomphe. A l'annonce de la répression, les manifestations violentes reprennent partout en
Kabylie alors même que les marcheurs n'ont pas quitté Alger. Cette formidable combativité se fixe l'objectif d'une revanche dans les rues d'Alger pour le 29 juin ou le 5 juillet.
Alors que la direction cherche une perspective plus constructive que de faire déferler des centaines de milliers de Kabyles dans les rues d'Alger sans les
Algérois et les faire converger avec les d'Annaba, révoltés
Tarf,
Constantine,
Guelma... La rage des jeunes Kabyles blessés par la déconvenue d'Alger est immense.
Après la destruction l'avant-veille à Tizi du local fédéral du FFS, puni pour avoir osé diffamer la coordination, ils s'attaquent à ce qui reste de leur ville abandonnée par la police. La direction du mouvement, aujourd'hui en réunion, saura-t-elle offrir des perspectives à la mesure de l'enjeu ? Contrôle populaire ou double pouvoir ?
La revendication du départ des gendarmeries et des brigades anti-émeutes n'a pas faibli malgré le renouvellement des effectifs et le cantonnement des gendarmes dans leurs casernements. Depuis plusieurs semaines, des comités négocient des trêves temporaires avec le wali, obtenant le retrait des forces de police pour permettre à la population de dormir une nuit ou deux. Puis le comité de wilaya interpelle les autorités pour généraliser ses dispositions. A l'occasion des épreuves du bac, les gendarmes sont refusés par le comité de wilaya de Béjaia et ils sont remplacés par des policiers communaux tolérés. Parce que leur position est intenable, le pouvoir préfère retirer ses flics et gendarmes de la confrontation et jouer le pourrissement. A Béjaia, privée de téléphone, on menace de couper l'électricité. Partout des citoyens s'adressent aux comités pour des attributions habituellement dévolues aux gendarmes. Comme ce policier communal qui vient déposer une déclaration de perte devant des militants rigolards expliquant qu'il ne veut pas violer le boycott décrété par le comité ....
Mais les comités populaires ne sont pas organisés en contre-pouvoir, certes, leur autorité est immense et s'impose même aux représentants de l'État mais si la question du monopole des armes s'est posée dans les AG autour de la question des gendarmes, le comité ne s'organise pas comme autorité locale ni sur le plan administratif ni sur le plan militaire, évidemment. Il se conçoit