Femmes Déclaration du Sec «La femme du XXe siècle est devenue majeure politiquement, et elle revendique ses droits de citoyenne de manière décidée».
Ainsi débutait l'appel distribué à des dizaines de milliers d'exemplaires en Allemagne, lors de la première Journée internationale des femmes en 1911. "Debout, vous les femmes et les filles du prolétariat ! Levez-vous pour engager la bataille pour l'obtention du droit de vote ! Le 19 mars est votre jour, le jour où vous devrez exprimer combien vous en quez assez d'avoir les mêmes devoirs sans avoir les mêmes droits.»
Sur la proposition de Clara Zetkin, le principe d'une journée annuelle commémorant la lutte des femmes pour leur émancipation avait été décidé l'année précédente, lors de la deuxième Conférence des femmes socialistes à Copenhague. Si la bataille pour l'obtention du droit de vote fut à l'ordre du jour de la première Journée internationale, c'est pour protester contre la montée des prix et leurs bas salaires que les ouvrières du textile de Pétrograd décidèrent d'appeler à une sait le rôle que cela joua dans le déclenchement de la vague de grèves qui devaient aboutir au renversement du tsar.
Femmes
La journée
rétariat unifié de la
Près de trois quarts de siècle plus tard, les femmes continuent à lutter pour faire valoir leurs droits, et elles ont compris qu'il s'agirait d'une bataille de longue haleine. En dépit de toutes les déclarations prétendant mettre fin aux inégalités dont elles sont l'objet, les femmes continuent à subir des discriminations sur tous les plans. « Mal payées, dernières embauchées et premières licenciées» : cette affirmation n'a jamais été aussi vraie qu'aujourd'hui. Tout comme les jeunes, les travailleurs immigrés et ceux des minorités opprimées, les femmes sont les premières à faire les frais de la crise économique. Dans un pavs comme la France, le taux de chômage des femmes a augmenté plus vite que celui des hommes durant les deux dernières années. Aucun des pays affiliés à la CEE n'applique les directives sur l'égalité de salaire. En Grande-Bretagne par exemple, près de dix ans après l'adoption de la loi sur le salaire égal, les femmes ne gagnent toujours en moyenne que 65% du salaire des hommes. La politique d'austérité imposée par la bourgeoisie à la classe ouvrière se traduit non seulement par une limitation des salaires, mais par des réductions drastiques des crédits affectés aux secteurs sociaux. Fermetures d'écoles, de crèches, d'hôpitaux : autant de mesures touchant d'abord les internationale des femmes de 1979
IVe Internationale temmes, et en particulier les travailleuses, car elles sont non seulement considérées comme responsables des tâches domestiques, mais de la prise en charge des enfants, des vieillards et des malades.
Face au maintien de toutes ces inégalités, la tendance à l'augmentation du nombre de temmes salariées, dans les pays capitalistes comme dans les pays semi-coloniaux, est néanmoins un phénomène irréversible et gros de contradictions explosives:
Car c'est en 1978 que 100000 d'entre elles ont dû descendre dans la rue aux Etats-Unis pour crier leur volonté de voir enfin reconnus par la Constitution les droits égaux des femmes.
C'est en 1978 que les ouvrières de l'entreprise Fleck, au Canada anglais, se sont mises en grève pour faire reconnaître leur droit à s'organiser et à obtenir un contrat de travail.
C'est il y a quelques semaines enfin que, face aux homélies du Pape et des évêques menaçant de leurs foudres toutes celles et tous ceux qui «violent les valeurs chrétiennes» en ne respectant pas le «droit à la vie», 7000 femmes italiennes se sont rassemblées à Florence pour ré-
clamer l'application de la nouvelle loi sur l'avortement et le droit à décider librement si oui ou non elles veulent des enfants.
L'un des signes les plus évidents de l'extension de la radicalisation des femmes, c'est l'apparition d'un mouvement automone dans de nombreux coloniaux et semi-colopays niaux.
En Afrique du nord, comme en Afrique centrale ou en Asie, on assiste depuis quelques temps à la naissance de groupes féministes - certes encore limités sur le plan numérique - qui témoi
Il commence à être de bon ton de proclamer que le « féminisme, c'est fini ».
De fait, le premier mouvement féministe de masse qui ait surgi dans un pays capitaliste avancé, les Etats-Unis, ne semble plus en mesure de cendre dans la rue pour conquérir leurs droits, tous leurs droits.
De fait également, il suffit de lire les Cahiers du Féminisme et Inprecor pour se rendre compte à quel point, dans tous les pays où les femmes se sont battues, la contre-offensive de la réaction bourgeoise est générale : retour à la législation réactionnaire sur l'avortement, coupes sombres dans les crédits sanitaires et sociaux, propagande effrenée pour une politique nataliste, multiples de convaincre les femmes qu'en période de chômage aigu, leur place redevient le foyer, etc.
Le féminisme américain a pu se développer dans les années 1970 dans le cadre d'un processus général de radicalisation : luttes des Noirs;
mobilisation étudiante; mouvement contre la guerre du Vietnam. Comme ailleurs, le féminisme est né d'abord parmi les étudiantes et les intellectuelles. Plus qu'ailleurs, sans doute, le contraste entre les richesses et les potentialités du pays le plus puissant du monde et l'absence criante d'équipements collectifs a nourri la prise de conscience des femmes assumant seules les de conscience des tâches ménagères.
gnent de l'impact de la lutte des femmes au niveau mondial. En
Amérique latine, en particulier, et dans plusieurs pays, on a vu, au travers des premières luttes sur des revendications féministes, s'organiser des groupes capables de se coordonner et de mener des batailles en commun.
Témoin la première rencontre nationale des femmes de Colombie, qui s'est tenue en décembre dernier à Medellin, qui a réuni pres de 300 participantes venant de diverses villes et divers groupes récemment de constitués.
Nul doute que le processus révolutionnaire en Iran, qui a vu
FEMINISME ET SOCIALISME AUX ETATS-UNIS
Féminisme et socialisme aux Etast-Unis
13 articles du Socialist Workers Party traduits et présentés par Françoise Le Calvez
10/18 - Série Rouge, 250 pages pés ici ont un double avantage :
tentatives fensive bourgeoise, etc.
nationale.
les femmes au premier rang des mobilisations, contribuera renforcer le mouvement de radicalisation des femmes dans ce pays et à les amener à mettre en question, en même temps que les formes d'oppression de la société de classe, les aspects les plus réactionnaires de la religion islamique qui justifient les pires aspects de l'oppression des femmes. Le développement le plus important de l'année dernière pour la lutte de libération des femmes a été l'interpénétration croissante de la lutte des femmes et de celle de la classe ou-
Mais le mouvement féministe américain ne peut pas à lui seul venir à bout du système. Ce qui lui a manqué, une fois un certain seuil de développement franchi, c'est une articulation dans la lutte avec le mouvement ouvrier, dont le réveil politique lent et tardif a en permanence des conséquences incalculables au plan mondial. La dynamique anti-capitaliste du féminisme US ne pourra prendre toute sa dimension qu'avec un nouvel essor des luttes ouvrières, seul susceptible de fournir un débouché politique à la crise sociale. Les textes de nos camarades du SWP regrou- Ils présentent des aspects divers de l'oppression des femmes et des luttes menées depuis la fin des années 60 : analyses théoriques et générales de Toppression; dynamique d'un mouvement de femmes autonome; cas spécifiques des femmes noires et chicanos; l'anti-communisme dans le mouvement des femmes; analyse de la contre-of- Ils s'efforcent tous systématiquement d'articuler cette lutte spécifique des femmes au combat général contre l'impérialisme. Il ne fait aucun doute, comme le note la traductrice - préfacière de ce recueil, que l'axe du livre est « sans socialisme, pas de libération des femmes; sans libération des femmes, pas de socialisme!».
Un livre à lire, assurément, dans le cadre de la préparation du 8 mars 1979, de la campagne internationale pour l'avortement libre et gratuit... et de la discussion sur la lutte des femmes prévue pour le Xle Congrès mondial de la IVe Inter-
vrière. D'une part, on a assisté en 1978 à l'intensification, dans les pays capitalistes, des attaques contre le niveau de vie et les droits de tous les travailleurs et particulièrement contre ceux des femmes, des jeunes, et des autres couches particulièrement opprimées. D'autre part, l'année dernière a également vu se produire une réaction grandissante à ces attaques, de la part des secteurs les plus puissants du mouvement ouvrier - comme la grève des mineurs du charbon l'hiver dernier aux Etats-Unis, la grève des Ford en GrandeBretagne et les grèves sidérurgistes en Allemagne et plus récemment en France.
La montée des luttes de secteurs puissants de la classe ouvrière à travers le monde a ouvert de nouvelles perspectives à la lutte de libération des femmes. Elle donnera une plus grande confiance aux femmes travailleuses pour lutter pour leurs propres revendications dans leur travail et à l'intérieur des syndicats. Et elle peut aussi apporter une transformation du niveau de conscience à l'intérieur du mouvement de libération autonome des femmes, en révélant les possibilités d'une alliance entre le mouvement des femmes et un mouvement ouvrier revivifié et militant, qui pourrait amener la classe ouvrière au pouvoir, selon les revendications de tous les opprimés.
Un exemple de cette interpénétration croissante peut être observé dans les derniers développements qui se sont produits à l'intérieur du syndicat des travailleurs de la métallurgie en Italie, la FLM. La FLM a été au premier plan de la résistance contre la politique capitaliste d'austérité, organisant une manifestation de 100000 ouvriers contre le gouvernement, à Rome au début du mois de décembre. Sous l'influence du mouvement de libération des femmes et sous celle des femmes membres du syndicat, la FLM a refusé d'accepter l'introduction du travail à mi-temps dans les contrats négociés par les directions syndicales avec le patronat. Les déléguées femmes ont expliqué dans une conférence du syndicat que « le mi-temps ne peut pas être le premier degré permettant d'atteindre cet objectif (la réduction du temps de travail pour tous), dans la mesure justement où il divise les travailleurs au lieu de faire partager à tous le débat sur la question du rapport entre temps de travail et temps pour viure.» Dans les solutions alternatives qu'elles proposaient, elles avançaient notamment l'exigence de
Femmes iraniennes au travail l'accession des femmes à tous les types de travaux et celle de cours de formation professionnelle spécifique.
De leur côté, les déléguées syndicales des Commissions ouvrières espagnoles ont mené l'an dernier une bataille du même type, obtenant qu'un débat s'engage dans les congrès syndicaux sur la plateforme revendicative qu'elles mettaient en avant, sur la nécessité pour les directions d'impulser partout la création de commissions féminines syndicales, et sur les liens à établir entre le mouvement syndical et le mouvement autonome des femmes.
Un autre exemple de cette interpénétration croissante est les Etats-Unis, où depuis des années le mouvement ouvrier semblait présenter un aspect monolithique, conservateur, et hostile au mouvement autonome des femmes comme aux intérêts de ses membres - le militanla grève des mineurs a commencé à briser cette image et à inspirer d'autres secteurs du mouvement ouvrier, en leur montrant possibilité d'un nouveau rôle à jouer pour les syndicats. L'agitation dans les rangs de la classe ouvrière aux Etats-Unis a conduit des bureaucrates syndicaux comme
FEMMES ALGERIENNES
EN LUTTE (Numéro 2)
* Les femmes et la charte nationale
* A propos des statuts du 3e
Congrès de l'UNFA
* Pour les droits des femmes arabes
88 rue de l'Ouest 75014 - Paris Ronald Fraser, du syndicat Unified Auto Workers à soulever l'idée de la formation d'un a norde et publica parti ouvrier indépendant Démocrates et des Républicains, et à appeler à une alliance entre le mouvement ouvrier, le mouvement de libération des femmes et le mouvement de libération des Noirs. Bien que pour Fraser, ceci ne soit qu'un discours destiné à soigner son image de marque, il reflète les changements de niveau de conscience se produisant à la fois dans le mouvement ouvrier et dans le mouvement des femmes, changement qui est illustré notamment par la décision du NOW (Organisation nationale des femmes, plus importante aux Etats-Unis) de mettre sur pied en 1979 une conférence nationale sur la situation des femmes dans les syndicats et leur organisation sur le lieu de travail.
Un autre aspect de la radicalisation des travailleuses, c'est que leur lutte ne porte pas seulement sur des questions économiques, mais sur des thèmes beaucoup plus larges liés à l'oppression spécifique des femmes. C'est ainsi que le comité pour les droits des femmes de la Fédération du travail au Canada a fait voter, lors du dernier congrès de cette fédération, en novembre dernier, une résolution portant sur les tâches du syndicat dans la lutte contre les brimades sexuelles dont les travailleuses sont l'objet quotidiennement. Soulignant combien il est difficile pour des femmes -surtout lorsqu'elles ne sont pas qualifiées et craignent de perdre leur emploi - de s'opposer frontalement à l'agression sexuelle de leur patron ou des petits chefs qui les surveillent, ce document insistait sur la responsabilité du syndicat dans la dénonciation des cas concrets où les travailleuses sont victimes l'éducation de ses propres membres à ce sujet.
Cette prise de conscience des travailleuses de la nécessité de lutter contre leur oppression à tous les niveaux commence à porter ses fruits dans le mouvement ouvrier tout entier. N'a-t-on pas vu, il y a quelques mois en Grande-Bretagne, 500 délégués - hommes et femmes - assister à la conférence sur l'avortement organisée par le NAC l'avortement) et le LARC (Regroupement au sein du Parti travailliste qui lutte pour le droit à l'avortement) ?
Soutenue par cinq syndicats nationaux et de nombreuses branches syndicales, cette conférence rassemblant des déléguées et des délégués de secteurs aussi divers que la santé, les services publics, l'industrie mécanique, les transports, l'enseignement, le journalisme, le tabac, et même le secteur minier, a débattu principalement du type de campagne à mener pour lutter tions de crédit dans les services de la santé et imposer notamment l'ouverture de centres où les femmes puissent obtenir sans délai et sans être hospitalisées un avortement par aspiration, avec ou sans anesthésie, dans de bonnes conditions.
Autant d'exemples montrant que la radicalisation des femmes n'est plus l'apanage d'une coud'intellectuelles relativement privilégiées, comme ce fut le cas il y a une dizaine d'années au moment de l'émergence du mouvement de libération des femmes. Aujourd'hui, ce sont des dizaines, des centaines de milliers de travailleuses qui se battent contre tout ce qui fonde leur exploitation et leur oppression spécifiques.
Ce fait, ainsi que les combats croissants contre l'offensive bourgeoise menée par les secteurs les plus puissants de la classe ouvrière, ouvre de nouvelles possibilités aux militant(e)s révolutionnaires pour discuter de la stratégie nécessaire pour obtenir la libération des femmes. Les femmes peuvent maintenant voir plus clairement comment il est possible de transformer les syndicats en organisations de lutte qui s'allieraient aux combats de tous les opprimés. La stratégie à suivre pour obtenir la libération des femmes doit être une alliance entre le mouvement féministe mouvement ouvrier combatif. Les femmes travailleuses sont les futures dirigeantes du mouvement de libération des femmes, et leur rôle sera de forger cette alliance - et d'en être le centre - entre la grande puissance du mouvement ouvrier et les organisations autonomes qui, jusqu'à maintenant, ont été à la pointe du combat pour les revendications des femmes.